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jeudi 19 mars 2015

Contraception, avortement, Méthode Billings

Il y a un peu moins d'une semaine, mon mari et moi sommes allés à Strasbourg pour une formation approfondie sur la méthode Billings. Alors d'abord, on avait tout faux depuis le début. Quand on fait une formation "approfondie", cela suppose qu'on a quelque part déjà été formé aux bases. Ce qui n'était pas notre cas.
Mais malgré tout, nous avons pu comprendre ce qui nous a été enseigné, parce que cette méthode est scientifique et reprend grosso modo le cours de biologie de première S (quand j'y étais en... 1991 ! Oui, je sais, ça date !).

Alors avant tout, il faut bien savoir de quoi on parle ici. La méthode Billings est bien connue en France et dans le monde pour être une méthode de régulation des naissances, qui plus est prônée par l'Eglise. Alors ça, déjà, c'était un bon point parce que depuis un certain nombre d'années, mon mari et moi cherchons à vivre en cohérence avec le message de l'Eglise sur le corps et la sexualité en particulier. Ce qui suppose qu'on n'est pas des "lapins", mais qu'on n'utilise pas non plus de méthode de contraception. Ce qui est quand même assez contradictoire dans les faits, vous l'avouerez. Comment, donc, résoudre la quadrature du cercle (en gros, comment faire en sorte que le couple se porte bien du point de vue intimité et que nous ne devenions pas parents de quinze enfants, sans pour autant avoir recours au préservatif, à la pilule, au stérilet ou à tout autre moyen de contraception/stérilisation) ? C'est là tout l'enjeu...

Alors dans un premier temps, il faut absolument savoir de quoi on parle quand on parle de contraception. Contrairement à ce que nous dit l'Etat et ce qu'il nous vante (pilule gratuite pour les jeunes filles, avortement libre et gratuit pour toutes, j'en passe et des meilleures), la contraception, ce n'est pas anodin. Ça comporte des risques, et pas des moindres. En allant sur le site de vulgarisation médicale Doctissimo, je suis tombée sur la Diane 35, l'une des pilules les plus connues. Au départ prescrite pour des questions d'acné, elle est largement utilisée dans un but contraceptif. Et la liste des effets secondaires indésirables est longue, très longue, et elle fait peur. Cela va de la baisse de la libido au cancer du sein, en passant par les AVC, embolies pulmonaires, troubles de l'humeur, prise de poids (ou perte de poids), infarctus du myocarde, hypertension artérielle et autres. Rien d'anodin, donc. Et les risques, bien sûr, sont amplifiés en cas d'obésité, ou encore de tabagisme... Tous ces effets secondaires, bien sûr, ne prennent pas en compte les risques de grossesse malgré la pilule, parce qu'il y en a quand même... Environ 1 à 2 cas pour 100 femmes qui utilisent la pilule. Soit un taux de 98 à 99%. C'est pas mal, mais n'enlève pas le risque. (En fait, le préservatif est bien pire de ce point de vue : le taux d'échec est de 14% selon les statistiques publiées en France et aux Etats-Unis !). C'est ça, la contraception. Qu'elle soit sous la forme d'une pilule à prendre 21 jours sur 28 ou d'un stérilet aux hormones, c'est la même chose...
Quant aux moyens radicaux que sont les méthodes de stérilisation (ligature des trompes en particulier), je ne suis pas certaine que créer un bouchon dans la trompe soit ce qu'il y a de mieux pour le corps de la femme. Quid du risque de kyste, de cancer... ? Non, vraiment, je ne vois pas l'intérêt...

Par ailleurs, il ne faut pas oublier comment fonctionnent la pilule et le stérilet hormonal. Pour être certains que ça marche, les contraceptifs hormonaux agissent à plusieurs niveaux. Au niveau de l'ovaire, d'abord, dont ils bloquent le fonctionnement normal en empêchant l'ovule d'arriver à maturité (soit dit en passant, je me demande dans quelle mesure on peut imputer les kystes ovariens à l'utilisation de la pilule ?). Mais comme les premières pilules, très dosées, provoquaient des déséquilibres hormonaux, on a réduit les taux... et l'efficacité du même coup. Donc, aujourd'hui, les contraceptifs hormonaux agissent aussi sur les trompes, les détériorant pour ralentir la progression de l’œuf, une fois fécondé, pour éviter qu'il n'arrive à temps dans l'utérus pour s'y nicher. concrètement, dans les trompes, il y a des cils qui aident le déplacement de l’œuf et ces cils sont détruits par l'action de la pilule. Enfin, pour être sûrs que l’œuf fécondé ne pourra pas se développer, les contraceptifs hormonaux (mais aussi et surtout le stérilet en cuivre) détruisent la muqueuse utérine et la rendent impropre à la nidation. 
En gros, en vrai, le stérilet et la pilule provoquent un certain nombre d'avortements très précoces dont on ne sait absolument rien !
Personnellement, maintenant que je sais que la pilule ou le stérilet sont susceptibles de me détruire de l'intérieur et que la ligature des trompe peut éventuellement provoquer un cancer, je préfère m'en passer !

Dans un second temps, il faut quand même dire quelques mots de la méthode et de la philosophie qui la sous-tend.
Alors tout d'abord, la méthode est scientifique. C'est-à-dire qu'elle est basée sur des faits scientifiques prouvés, que toute femme peut observer, donc connaître et reconnaître. À condition de faire l'effort de s'observer. M. et Mme Billings, médecins australiens, ont découvert dans les années 1960-1970 l'importance du rôle de la glaire cervicale (celle qui est sécrétée au niveau du col de l'utérus de la femme) dans la fécondité. En gros, pour faire simple, plus la glaire est épaisse, moins la femme est fertile. Plus la glaire est transparente, liquide, et plus la période de fécondité de la femme (le pic d'ovulation) est proche. C'est très simple : la glaire épaisse forme un bouchon empêchant les spermatozoïdes de dépasser le col de l'utérus. La glaire liquide sert de réservoir nourricier et d'escalator aux spermatozoïdes pour favoriser leur migration jusque vers les trompes et ainsi permettre à la fécondation d'avoir lieu dans les meilleures conditions.
Le corps est vraiment formidablement bien fait, non ?

Alors le petit plus de cette méthode, c'est qu'elle met fin à l'indifférence de l'homme dans la question de la gestion de la fécondité du couple. Parce que là, pour le coup, il est forcément mis à contribution et il doit jouer le jeu. Le dialogue dans le couple en est favorisé, parce qu'il n'est pas question de ne faire que ce qu'on veut en période féconde, pour peu qu'on ne veuille pas ou plus d'enfants, parce que, forcément, un jour au l'autre, un petit bout de chou viendrait agrandir la famille. L'homme devient donc partie prenante dans cette question de la fécondité de la femme (et donc du couple) et ne peut plus se retrancher derrière la traditionnelle excuse de la plaquette de pilule dont il n'a que faire tant qu'il peut assouvir ses besoins sexuels. Autre bénéfice non négligeable : quand le couple s'unit, avec cette méthode, les deux sont d'accord. C'est-à-dire qu'on est loin, très loin, même, du travers de la pilule qui rend la femme inconsciemment disponible pour répondre aux instincts sexuels de l'homme n'importe quand. Bien sûr, les hommes sont plutôt civilisés en général et ne violent pas leurs femmes tous les jours, mais quand même, la seule excuse valable que les femmes ont trouvé pour ne pas répondre à l'envie de sexe de leurs maris quand elles-mêmes n'en ont pas envie, c'est... la migraine ! Là, au moins, quand il y a union, il y a forcément dialogue au préalable. Et ça change tout dans la relation.

Alors, bien sûr, cette méthode suppose une abstinence totale pendant la période féconde si on ne veut pas avoir d'enfants. Cette continence est un apprentissage pour certains, mais peut être aussi une occasion pour le couple de développer d'autres façons de se manifester son amour qu'au travers de l'acte sexuel... ou d'apprendre à jouer aux cartes.

Pour ma part, vous l'aurez compris, je suis conquise, d'autant plus que cette méthode répond à 100% à notre désir, à mon mari et à moi, de vivre notre sexualité dans le respect de ce qu'en dit l'Eglise catholique. Et ce n'est pas rien !

dimanche 8 février 2015

Questions sur la contraception (le retour)

Ce billet fera sans doute grincer des dents. J'en suis totalement désolée. L'objectif de mon billet n'est pas du tout de culpabiliser, de jeter l'anathème ou de dire « oh les vilains !!! », mais de crier, devant un phénomène dont la plupart des gens semblent ne même pas avoir conscience : à quel point la vie humaine est devenue marchandise… à notre corps défendant d'ailleurs. Parce que je ne doute pas une seconde que les personnes qui ont recours à la contraception ou aux autres techniques dont il est question ici, ne le fassent pas pour de « bonnes raisons », en tout cas pour des raisons que la société juge bonnes et acceptables. Pardon par avance à tous ceux et toutes celles qui pourraient être choqués par ce qu'ils vont lire. Ne voyez ici aucun jugement envers des personnes (j'ai moi-même eu recours à la contraception, vous le savez si vous avez lu les divers billets de ce blog, je suis donc hyper mal placée pour émettre un jugement, et d'ailleurs, je n'en ai aucun droit). Il s'agit juste, ici, de dire autre chose que ce que les médias et la « société » nous dit et nous rabâche à longueur de temps...

J'ai terminé il y a quelques semaines le livre « Bonnes nouvelles sur le sexe et le mariage » de Christopher West, et ce livre m'interpelle fortement, y compris bien après la fin de ma lecture. J'y trouve énormément de réponses à mes questions et notamment sur le pourquoi de certaines choses.
Il y a quelques jours, je suis tombée sur un dessin de Martin Vidberg, en lien avec un article du Monde relatant la réaction d'une jeune femme danoise suite à la mise en ligne de photos d'elle, nue, sans son consentement, par son ex-petit ami. Elle répond sur Internet en faisant appel à une photographe et en postant des photos d'elle… nue… mais, cette fois, avec son consentement.

Ce « fait divers » somme toute, malheureusement, assez fréquent maintenant, me laisse quelque peu interloquée. Comment peut-on répondre à une sorte de viol par une exhibition ? Qu'est-ce qui ne va pas dans notre société pour qu'un homme en vienne à étaler sur la « toile » une partie de la vie privée, de l'intimité de la femme qu'il a aimée (on espère) pour se venger de l'avoir quitté ? Qu'est-ce qui ne va pas, pour qu'une femme publiquement « salie » de la sorte trouve normal et naturel de s'exposer nue, en réponse à l'injure subie ?

Mon mari, une fois de plus, dirait « C'est parce qu'il n'y a plus la foi ». Une fois de plus, je dirais que c'est un peu lapidaire mais, en l'occurrence, je suis maintenant persuadée qu'il a raison.

Ce fait divers me renvoie directement à ma lecture citée plus haut. Parce que de telles dérives, de tels comportements, semblent être directement le fruit de la culture de mort dans laquelle nous vivons depuis maintenant plusieurs décennies.
Le « monde » (la société, quoi, pas le quotidien) nous présente la pilule, la contraception, comme une avancée, un progrès pour la femme. Elle peut ainsi « choisir » d'avoir des enfants « quand elle veut » et « si elle veut ». Elle est donc libre… du moins en apparence. En apparence seulement, parce qu'en acceptant la pilule (et tous les autres moyens de contraception mis à notre disposition, tels l'implant, le préservatif, le stérilet, les spermicides, le diaphragme et autres), la femme a en quelque sorte accepté une nouvelle servitude, celle du sexe pour le sexe. Finalement, sous couvert de « libération sexuelle », pour « jouir sans entraves » (c'est-à-dire sans risque de se retrouver enceinte), les femmes sont devenues esclaves du désir sexuel des hommes… et du leur. Avec la contraception, les femmes n'ont plus d'excuses (sauf la « migraine ») pour ne pas accéder aux désirs des hommes et ne pas les satisfaire. Avec la contraception, si une femme ne veut pas « faire l'amour », c'est en gros soit parce qu'elle n'est pas amoureuse, soit parce qu'elle est malade (ou anormale, allez savoir!). Du coup, la seule entrave à la satisfaction constante du désir sexuel (de l'homme et/ou de la femme, à savoir la conception d'un enfant) a disparu. Et tout ça pourquoi ? Parce que la sexualité a été coupée de sa finalité première : la fécondité.

Cette jeune femme a parfaitement raison : son « ex » l'a exhibée, telle un objet, au vu et au su de tout le monde. Mais, s'il a eu tort, comment s'en étonner, au fond ? En déconnectant la sexualité de la fécondité, l'homme et la femme ont fait du sexe quelque chose de l'ordre de la bestialité, la satisfaction des « besoins » sexuels de la personne (comme on a besoin de manger, d'aller aux toilettes…). [petit aparté pour expliquer un peu : lorsque la sexualité est vécue dans l'objectif de la fécondité, ou avec la fécondité en arrière-plan, un respect de l'autre s'instaure forcément. Celui ou celle avec qui j'ai des rapport sexuels est le potentiel père ou la potentielle mère de mes potentiels enfants. Donc l'ouverture à la vie du couple « oblige » en quelque sorte le couple à considérer l'autre comme un être humain et non pas comme le moyen d'assouvir un instinct ou un besoin sexuel.] Et si le but de la sexualité est de satisfaire des besoins sexuels, alors il n'y a aucune raison de ne pas se servir de l'autre comme d'un objet sexuel. Au même titre, à la limite, qu'un sex-toy ou que la masturbation (d'ailleurs, les sex-toys et la masturbation, s'il s'agit de satisfaire des « besoins », c'est peut-être même mieux et plus sain : pas de risque de grossesse, de transmission de MST… et pas besoin de les respecter, surtout pour les sex-toys!). Alors, bien sûr, il y a des couples qui vivent leur sexualité de manière authentique, même avec la contraception. Mais pour ma part, je me demande s'ils ont conscience de ce qu'ils font ? Je ne le pense pas, sans quoi ils ne le feraient sans doute pas. On nous a tellement « vendu » la pilule (et les autres contraceptifs) comme un « droit » et une chose normale qu'il est maintenant fort difficile d'avoir une parole différente. Ne pas prendre la pilule, c'est quasiment de l'ordre du délire, même et surtout pour les médecins…
Ne parlons donc pas, alors, de l'avortement…

Aujourd'hui, attendre un enfant est un vrai paradoxe. Selon la situation des parents, l'enfant peut être attendu et ne jamais venir (stérilité), il peut être désiré et programmé (grâce en partie à la contraception qui permet de décider du « quand », sans aucune garantie que cela « fonctionne », peut-être aussi, justement, à cause de la pilule?), il est souvent non désiré, donc avorté (et en plus, pourquoi s'en priver puisque c'est maintenant un « droit » remboursé à 100 % par la sécurité sociale?) et, parfois, il arrive trop tôt et on fait tout pour ne pas le perdre, quitte à risquer des séquelles (prématurés), ou alors on lui fait subir un avortement et il naît… vivant ! On le laisse alors mourir dans la plus grande solitude et la pire indifférence, sous prétexte que ses parents n'ont aucun « projet parental » pour lui (avortements tardifs)… Il peut aussi être congelé (à l'état d'embryon, comme un bout de viande qu'on se garde pour plus tard), histoire d'être certain qu'on pourra un jour le faire naître…

Mais alors, une question se pose… Cet enfant est-il une personne ou un objet, qu'il soit désiré ou non ? Est-il un être humain ? A-t-il, aujourd'hui, plus d'importance que le chien, le chat ou la maison, s'il est synonyme de gêne financière, de trouble-fête, d'empêcheur de tourner en rond, ou s'il est tellement indispensable qu'il en devient un droit ?
Comment se fait-il que notre société en vienne à considérer la maternité comme un fardeau, un poids ? Et l'enfant comme une gêne ? La vie a-t-elle si peu de valeur que l'on peut désormais la jeter sans aucun état d'âme ?

Je me souviens de mes grossesses, plus ou moins éprouvantes, fatigantes, difficiles ou douloureuses. Difficile, parfois, de rester allongée, obligée de se reposer alors qu'on n'est pas malade, mais juste enceinte. Difficile, aussi, de se voir changer, d'avoir les nerfs à fleur de peau, d'avoir des sautes d'humeur ou les larmes aux yeux sans raison autre que l'augmentation du taux d'hormones de grossesse… mais quelle sensation merveilleuse, aussi, que de se savoir enceinte, de sentir cette plénitude de la vie naissance, cette joie profonde, sereine, pleine et entière, de se sentir devenir mère, avec la fragilité et les doutes qui accompagnent cette période si particulière de la vie de la femme.

Quand à l'éternelle question de savoir si un fœtus ou un embryon est un être humain… pour ma part, bien sûr, elle ne fait aucun doute ! Pourquoi un enfant né prématuré à 7 mois de grossesse aurait-il plus le statut d'être humain qu'un bébé avorté à 7 mois parce qu'une anomalie congénitale, génétique ou autre, a été décelée in utero ? Dans un cas, il y a prématurité et dans l'autre interruption thérapeutique de grossesse… qu'est-ce que cela change, sur le fond ? Le « projet parental » y était dans les deux cas, sinon la grossesse n'aurait pas été poursuivie. Alors qu'est-ce qui fait la différence, sinon le droit que l'on s'est octroyé de décider que le petit prématuré devait vivre et que l'autre devait mourir parce qu'il risquait d'être handicapé ? Parce qu'on s'est donné le droit de simplement l'éliminer ? Cela en dit long sur l'enfant, malheureusement, que l'on s'arroge le droit de tuer (n'ayons pas peur des mots!) parce qu'il n'est pas « conforme » au projet parental, sans doute. Là encore, l'enfant est donc un objet. Un « objet » que l'on désire avoir, que l'on cherche à obtenir, parfois à un prix exorbitant (GPA)1, parfois au prix de manipulations cellulaires (PMA2…), un « objet » que l'on « doit » avoir pour avoir réussi sa vie, au même titre que la maison, le boulot et le chien.

Cynique, moi ? Non. Juste triste et réaliste.

Je pense à tous ces enfants qui ne naîtront pas parce qu'ils n'étaient pas « désirés ». À tous ceux qui sont morts avant de naître parce qu'ils sont arrivés « au mauvais moment » ou « pas avec le bon père ». À tous ceux, aussi, qui portent le poids immense de devoir être conformes aux désirs de leurs parents parce qu'ils ont le « droit » d'avoir un enfant « quand ils veulent » et « s'ils le veulent ». « Comme ils le veulent », aussi ?

Comment s'étonner que les hommes et les femmes se fassent du mal, s'ils sont capables de considérer ce qu'il y a de plus précieux, de plus sacré, de plus fragile, la vie, comme une marchandise ?

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1Entre le moment où j'ai préparé ce billet et le moment où je l'ai posté, la CEDH a donné raison à un couple italien qui s'est vu retirer l'enfant qu'ils avaient acheté 45000€ en Russie, au motif que la GPA est illégale en Italie. L'enfant est resté 6 mois dans la famille de ses « acquérants » avant d'être confié à une famille d'accueil, où il vit depuis 18 mois. Au final, « l'intérêt supérieur de l'enfant » prévaut : il n'a pas été rendu à ses « acquérants » parce que, je crois, il a passé plus de temps dans sa famille d'accueil. Mais l'Italie a quand même été condamnée à verser 30000€ au couple comme dommages et intérêts. Il est sans doute maintenant impossible à un État (dont la France) d'interdire la GPA ou, au moins, la transcription à l'état civil de l'acte de naissance à l'étranger de l'enfant conçu dans le cadre d'une GPA… (voir ici

2Toujours dans la même veine, des recherches entreprises en Angleterre pour permettre de créer des bébés dépourvus d'un gêne malade via un changement de mitochondries (j'y comprends pas grand-chose d'un point de vue technique, cela va de soi, mais c'est super intéressant !). Les recherches semblent avoir abouti, puisque ces actes, si j'ai bien tout compris, viennent d'être autorisés… On n'est pas sortis. À quand le « bébé à la carte » ? Vive le « Meilleur des mondes » ! (voir ici)

samedi 15 mars 2014

Contraception et stérilité

Ce matin, j'allume la radio quelques minutes avant 10h30, et je tombe sur une émission à la radio locale où l'invité dit quelque chose comme "... donc la pilule, on oublie, à cause des effets secondaires".
Vous savez comment marche le cerveau humain. En l'occurrence, il n'a pas fallu un quart de millième de seconde pour que cette phrase m'interpelle vivement. "Ah ??? Tiens ! Quelqu'un qui parle de la pilule pour dire autre chose que "c'est bien" ! ? Ça Existe ? C'est une première !"
La suite m'a bien vite fait déchanter. En fait, l'interviewé parlait de la pilule chez la chatte domestique. L'émission, je ne l'écoute jamais d'habitude, sauf de manière totalement fortuite comme aujourd'hui, a trait aux animaux de compagnie : les troubles du comportement chez le chien, son dressage ou, comme ici, les soins particuliers à apporter aux chattes au regard de la question de leurs chaleurs, des portées éventuelles et des solutions que l'on peut trouver pour éviter les portées trop fréquentes et tout ce que cela suppose.

Passée la première déception parce qu'il ne s'agit pas de la pilule chez la femme, j'ai quand même écouté la fin de l'émission (il ne restait que quelques minutes) et j'ai été sidérée par les propos du vétérinaire qui était interviewé. Non pas parce qu'ils étaient aberrants ou quoi que ce soit d'autre (je ne me permettrais jamais de remettre en cause la parole d'un professionnel sur un sujet que je ne connais absolument pas moi-même) mais parce que pendant toute la fin de cette interview, j'ai transposé ce qu'il disait à l'homme, et ce malgré moi ("à l'insu de mon plein gré", dirais-je...).
Donc, le vétérinaire parlait de la pilule en des termes plus que clairs : elle est à proscrire pour la chatte parce que la contraception chimique peut provoquer entre autres des inflammations de l'utérus, des infections... pouvant entraîner une stérilité définitive. Par ailleurs, en bloquant le fonctionnement naturel des ovaires, ceux-ci peuvent se mettre à avoir des "ratés" et ne plus fonctionner correctement, entraînant, là encore, la stérilité.
Il a ensuite parlé des autres solutions qui se présentent, en particulier la stérilisation. Selon ce vétérinaire, la stérilisation précoce (après la première portée, soit vers 8 ou 9 mois) est une bonne solution dans la mesure où elle évite (et c'est le but) d'autres portées, mais aussi permet de réduire de manière importante (environ 50%) la prévalence des cancers des mamelles. Par l'ablation des ovaires, la stérilisation de la chatte évite aussi, très logiquement, les cancers de l'ovaire et tous les troubles liés aux fluctuations hormonales. L'autre solution évoquée est celle de l'avortement, qu'il déconseille fortement à cause du risque important d'infections (de l'utérus, des voies vaginales) que cet acte peut entraîner.
La conclusion de l'émission a permis de récapituler les faits et les informations. Le vétérinaire est revenu sur la question de la pilule en disant combien elle pouvait être dangereuse pour l'animal et en précisant aussi que les hormones chimiques de la pilule agissent à des taux très faibles. Or ces hormones s'évacuent par les urines et se retrouvent donc très vite et de manière importante dans l'environnement. On ne saurait trop, selon lui, se méfier des effets de ces hormones dans la nature, puisqu'elles peuvent entraîner d'autres stérilités en chaîne (poissons ?) et que nous ne maîtrisons pas du tout le sujet.

Outre les questions que tout cela pose pour nos animaux de compagnie (j'imagine que c'est sûrement un peu la même chose pour les chiennes), je m'interroge quand même, une fois de plus, sur le soin et l'attention que l'on porte aux animaux par rapport à l'attention que l'on porte à l'homme.
J'imagine bien que la pilule pour chat n'a pas grand-chose à voir, en termes de prise, de forme... avec la pilule pour la femme. Il n'en demeure pas moins vrai que ce que décrivait ce vétérinaire, c'est tout simplement le fonctionnement classique de la pilule destinée à la contraception chez l'homme (ou plutôt chez la femme) : la pilule empêche la nidation, bloque la fécondation. Et certaines formes provoquent des avortements très précoces (la fameuse "pilule du lendemain").

La question que je me pose, c'est la suivante : si la pilule est si dangereuse pour la chatte, ne l'est-elle pas pour la femme ? Si la pilule peut provoquer des stérilités chez la chatte, n'est-on pas en droit de se poser la question des stérilités chez la femme ? Sans aller jusqu'à dire qu'il faut supprimer la pilule, je me pose quand même certaines questions au regard de ce que j'ai pu observer. Le corps humain fonctionne merveilleusement bien au naturel. Le corps féminin, en particulier, a tout ce qu'il faut pour porter la vie et pour assurer la subsistance de l'enfant dans ses premiers mois. Que l'on pense en particulier à l'appareil reproducteur de la femme, à l'utérus, au fonctionnement des ovaires, au rôle des hormones (en particulier des hormones de grossesse) qui permettent non seulement la modification de la morphologie du corps féminin au fur et à mesure de l'évolution de la grossesse, mais aussi le déclenchement des contractions et la modification du col de l'utérus qui permettra au bébé de sortir du ventre de sa mère, en passant par le déclenchement de la lactation permettant de nourrir l'enfant une fois qu'il est né... Tout cela sans parler du côté "psychique" qui permet à la mère de s'attacher à son bébé et donc de le protéger du monde extérieur à un moment où il est particulièrement vulnérable et dépendant de l'adulte qui va s'occuper de lui. La "machine" humaine est réellement une merveille, extrêmement bien faite et particulièrement complexe.
Si on agit artificiellement sur les fonctions reproductrices du corps, en particulier en bloquant la production hormonale ou en la modifiant, en bloquant les processus physiologiques naturels par une pilule hormonale chimique, est-ce qu'on ne dénature pas la femme elle-même ? Est-ce que les effets de la pilule sont uniquement visibles sur la fécondité de la femme ou sont-ils plus durables et plus profonds ? Dans ce billet, je faisais part de mes étonnements quant aux effets du retrait du stérilet (hormonal, donc au fonctionnement similaire à celui de la pilule) sur mon comportement par rapport à mes enfants déjà nés et à mon sentiment profond d'être "devenue" mère au moment où ce stérilet a été retiré. Il me semble donc que la pilule ou les hormones chimiques, de manière plus générale, ont sur moi (je ne voudrais quand même pas généraliser) un effet plus global, en particulier sur mon psychisme. Ce qui paraît logique quand même, la pilule étant faite pour éviter les grossesses, elle rend, de fait, stérile. Or on sait bien qu'une bonne part des stérilités observées n'ont strictement aucune explication médicale. Il n'y a qu'à voir le nombre de grossesses spontanées chez des femmes qui ont été déclarées stériles par la médecine et qui se tournent vers l'adoption... Le phénomène est connu. 

Donc je me pose quand même des questions sur les effets de la pilule, non pas sur la chatte (bien que le sort de ces petites bêtes si attachantes m'importe, celui de l'être humain me semble un peu plus important) mais sur la femme. Et si l'augmentation des stérilités féminines était liée (au moins en partie) d'une certaine manière à la prise de la pilule sur le long terme ?