Je me remets à écrire ici... comme si le confinement changeait tout. Et d'ailleurs, il change tout. Ou plutôt, la pandémie, la situation exceptionnelle que nous vivons est totalement différente de ce que nous avons l'habitude de vivre, qui fait notre quotidien, au point que nous trouvons normales des situations qui ne le sont pas, ou qui ne le sont pas pour tout le monde.
En ce moment, par exemple, je découvre la pénurie. Pénurie dans les magasins. Oh, rassurez-vous, nous ne mourrons pas de faim, c'est impossible. Mais les produits que j'ai l'habitude d'acheter en supermarché, par exemple, ne sont pas toujours présents, parce que les systèmes de distribution sont perturbés.
Pour les produits frais, par exemple, le magasin n'a tout simplement pas été livré en fin de semaine dernière, parce que la plupart des fruits et légumes viennent d'Espagne et d'Italie, deux pays gravement touchés par le Covid-19 et totalement confinés. Donc les marchandises n'arrivent plus chez nous, bien sûr. Ou au compte-goutte, de manière temporaire ou plus durable.
Alors j'apprends à découvrir d'autres produits, à chercher par quoi remplacer... Parfois c'est mieux, parfois c'est plus cher, parfois moins, parfois c'est moins bon, parfois il faudra attendre une autre semaine que le produit soit à nouveau disponible. En attendant, je peux prendre carrément autre chose, ou bien me priver de ce que je voulais acheter et que j'achète par habitude.
Ou comment le Covid-19 me rappelle le jeûne...
Deuxième aspect de ce problème de pénurie : son corollaire, le rationnement. À la maison, nous mangeons beaucoup de fruits et de légumes. Et bien sûr, en période de pénurie, surtout de produits frais, il y en a moins. Alors nous sommes obligés d'apprendre à manger moins, aussi. Mercredi, les enfants voulaient manger des pommes caramélisées à la poêle, avec beurre, sucre et cannelle. En ce 25 mars, solennité de l'Annonciation, j'ai autorisé ce dessert plus festif que d'habitude. L'une de mes filles, qui aime particulièrement ce dessert, m'a demandé si elle pouvait manger une deuxième pomme. J'ai du refuser, pour que tout le monde, à la maison, puisse avoir assez de fruits jusqu'au prochain ravitaillement, deux jours plus tard.
Nous vivons, par habitude, dans un monde et un pays où il n'y a qu'à se rendre dans un supermarché quand il n'y a plus de fruits, de légumes, de pâtes ou de sauce tomate. Et là, brusquement, nous découvrons ahuris ce que des millions de personnes vivent au quotidien : l'accès à la nourriture, même s'il est facile dans notre pays, y compris en temps de confinement, n'est pas infini. La nourriture a besoin de soins, des mains des producteurs pour terminer dans nos assiettes. Elle a besoin du travail de l'agriculteur, de celui qui va récolter les fruits, les asperges et les pommes de terre. Et si cet agriculteur est tombé malade, ou si son tracteur est en panne et que la pièce manquante ne peut être montée parce qu'elle n'a pas pu être expédiée de Chine, où elle est fabriquée, l'accès à la nourriture produite par cet agriculteur va être plus compliqué.
Ou comment le Covid-19 me rappelle la tempérance...
Et puis, la crise que nous traversons ne vient certainement pas de nulle part. En novembre 2019, nos hôpitaux faisaient déjà face à une autre épidémie, celle de la bronchiolite, durant laquelle certains enfants ont dû être hospitalisés à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs familles, faute de lits ou d'hôpitaux à proximité de chez eux. Et déjà, depuis plusieurs mois, depuis un an, en fait, les services d'urgences sont en grève pour réclamer du personnel, des moyens financiers, des lits, du matériel. Je m'en souviens parfaitement, parce que l'été dernier, avec mon mari, nous avons passé une après-midi entière avec notre fille à l'hôpital, en attente d'un médecin disponible pour réaliser une radiographie. Et encore, nous nous sommes estimés heureux de n'avoir pas trop attendu à l'époque. En plein mois d'août, nous n'avons patienté que trois heures dans la salle d'attente.
On peut déjà s'interroger sur les causes de la crise sanitaire que nous vivons. Son aspect le plus évident, c'est le manque de lits, de personnel, de matériel médical, de masques, d'équipements de protection (blouse, gel hydroalcoolique...). Pourquoi ?
Est-ce que nos hôpitaux ne savent pas gérer les stocks ? Est-ce qu'il n'y a plus assez de candidats aux professions médicales ? Est-ce qu'il n'y a pas assez de postes disponibles ? Les métiers du soin sont-ils trop durs physiquement ? moralement ? Nos soignants gagnent-ils bien et assez leur vie ?
On peut toujours gloser sur ces grands "pontes" des hôpitaux universitaires, qui gagnent largement de quoi vivre. Qu'en est-il du brancardier ? De l'infirmier ou de l'infirmière ? De l'aide-soignant(e) ? De l'interne ? Du ou de la secrétaire médical(e) chargé(e) d'accueillir les patients dans nos hôpitaux ?
On reparle beaucoup, en ce moment, de l'épidémie de grippe A H1N1 et des coups que Roselyne Bachelot a pu prendre quand elle a passé des commandes importantes de masques et de vaccins contre cette fameuse grippe. Face à un risque important d'épidémie, de morts, elle avait décidé de faire ce que n'ont plus jamais fait, depuis, nos responsables politiques : avoir les moyens de protéger la population face à un risque non négligeable d'épidémie.
À l'époque (et j'étais parmi ceux qui doutaient du bien fondé des décisions qu'elle avait prises), elle avait été vivement critiquée pour le coût financier de ces mesures de protection.
Et aujourd'hui, on voit où nous conduit la logique comptable qui fait office de politique de santé publique : le drame. Des milliers de morts dans le monde, plus de mille à l'heure où j'écris ces lignes, en France... des milliers de personnes en réanimation, des milliers aussi qui ne sont plus admis à l'hôpital parce que leurs chances de survies sont minimes et qu'il faut garder les respirateurs et les lits de réanimation pour les patients qui ont des chances de s'en sortir...
Ou comment le Covid-19 nous réapprend la valeur de la vie humaine...
J'ai entendu l'autre jour un scientifique, philosophe, qui commence à se faire connaître sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas assez calée en sciences pour savoir si ce qu'il dit est valable, mais il a émis une théorie qui m'a interpellée, où il soutient que ce virus ne vient pas de nulle part. Le virus lui-même est apparu en Chine, il aurait pu sans doute apparaître ailleurs. La théorie de ce scientifique, c'est que de nouveaux virus, plus ou moins virulents, vont suivre celui-ci, parce que la destruction de notre environnement favorise une plus grande promiscuité entre les espèces. Ce virus existait sans doute déjà auparavant. Il n'est pas né en décembre 2019. Il est arrivé à ce moment-là, parce que le "lieu" où il était s'est retrouvé en contact avec l'être humain à un moment donné, en décembre 2019, alors que ce n'était le cas auparavant. Ce même scientifique soutient, preuves à l'appui, que la crise que nous traversons nous semblera bien légère dans quelques temps, quand nous serons au creux de la vague, puisque nous sommes en train de vivre, dans le silence et l'indifférence quasi-totale, la sixième extinction de masse à l'échelle planétaire...
Ou comment le Covid-19 nous rappelle que notre "maison commune" est en train de brûler et que nous ne faisons rien pour éteindre l'incendie...
Alors, me direz-vous, et la foi dans tout cela ? Parce que c'est plutôt alarmiste, comme tableau, non ?
Je vois, actuellement, des élans de solidarité impressionnants, de personnes qui ne sont pas malades et qui font les courses pour les familles du voisinage, dont des personnes âgées, qui ne peuvent plus sortir de chez elles.
Je vois des messages de solidarité, des applaudissements, des initiatives de commerçants à l'égard des soignants, des médecins, des malades.
Eux ont compris la valeur de la vie humaine et ne se trompent pas quand il s'agit de savoir vers qui ils doivent se tourner et qui remercier pour la préservation de cette vie. De leurs vies, tout simplement.
Je me dis, ce soir, que l'être humain, en cas de coup dur, est capable de bienveillance, de solidarité, d'humanité tout simplement. Capable aussi, bien sûr, d'égoïsme, de repli sur soi, de mensonge... afin de sauver sa propre vie.
En l'homme, il y a toujours du blanc et du noir. Nul n'échappe au péché. Et il n'est pas du tout dans mon intention de critiquer telle ou telle personne pour telle ou telle attitude. Oui, il y a des réactions stupides. Et pourtant, chacun est capable d'avoir une attitude digne et bienveillante, altruiste.
Alors la foi ?
Ce matin, vendredi 27 mars, je suis allée prier dans l'église que j'ai pour mission d'ouvrir tous les jours, afin qu'elle reste ouverte durant le confinement, pour permettre à ceux qui le souhaitent de pouvoir s'y rendre, à tout moment de la journée, au cours de leur promenade. J'ai d'abord vécu un beau temps de louange, une sorte de joie intérieure d'être simplement devant le tabernacle de l'église. Alors que nous n'avons plus de célébration eucharistique depuis le 14 mars, je vis douloureusement la privation des sacrements. Et aujourd'hui, j'ai fait en quelque sorte l'expérience de la joie simple et de la consolation, devant le tabernacle, fût-il fermé.
Puis j'ai vu un SMS d'une de mes amies, aide-soignante à l'hôpital de la ville voisine de mon village. Elle y décrivait ce qu'elle vivait, comme tous les soignants. Des situations dramatiques et des conditions de travail qui lui font craindre, faute de moyens pour se protéger et protéger les patients dont elle a la charge, d'être elle-même vecteur de contamination et de devoir sans doute affronter, avec ses collègues, une vague de décès des personnes hospitalisées, y compris pour autre chose, au départ, que le Covid-19.
J'ai ressenti alors une vague de détresse, de tristesse m'envahir, qui m'a invitée à me tourner vers Marie, seul recours face à ces situations difficiles, dramatiques, que vivent nos soignants.
La foi ne guérit pas, ne protège pas contre le virus, ce n'est pas une assurance tous risques face à la maladie ou aux divers drames qui émaillent nos vies quotidiennes. Et pour autant, elle est loin, très loin d'être inutile. J'ai eu l'image, ce matin, d'une ligne de front. A l'avant, en première ligne, les soignants, qui prennent de plein fouet, chez nous, en Alsace, en particulier, l'épidémie qui n'en finit pas de faire des victimes. À l'arrière, les habitants de ce pays, confinés dans leurs maisons, espérant que cela suffira pour éviter la propagation de la maladie, avec des chances de succès tout à fait aléatoires. Enfin, parmi eux, des hommes et des femmes, pas plus protégés contre ce fléau, qui invoquent le ciel, les anges, les saints, Marie, Dieu, qui implorent le Seigneur de faire cesser cette épidémie, ces morts... Qui implorent l'Esprit Saint d'aider les chercheurs, de leur donner un coup de pouce, une inspiration, une idée, afin qu'ils trouvent rapidement un traitement, un vaccin ou au moins quelque chose qui puisse aider à vaincre cette maladie.
Ceux qui ne sont pas croyants diront sans doute que tout cela ne sert à rien.
Peut-être.
Et peut-être pas.
Peut-être que, justement, la prière est le seul secours que nous pouvons encore trouver. Implorer Dieu alors qu'on l'a mis dehors, qu'on l'a "viré" manu militari de nos mairies, écoles, hôpitaux... n'est-ce pas un peu hypocrite ?
Pourtant, il y a tous ces récits, toutes ces histoires de guérisons, d'épidémies stoppées grâce à la prière, à l'intercession de Marie auprès du Père pour arrêter l'expansion d'une épidémie de peste... Et puis, tous n'ont pas "viré" Dieu de leur vie. Il reste la troisième ligne, celle des priants, qu'ils soient religieux et religieuses, moines et moniales, cloîtrés ou non, prêtres, laïcs... qui prient inlassablement pour le monde, pour la paix dans le monde, pour plus de justice...Cette ligne-là tient. Et ne fait pas, d'ailleurs, que prier. Elle participe à sa manière à l'"effort de guerre". Les religieuses, cloîtrées pour certaines, se sont mises à fabriquer des masques, en Italie comme en Espagne, par exemple.
Quand on vit une situation aussi dramatique, aussi traumatisante, il faut bien sûr trouver des médecins qui vont soigner les corps. Qui vont soulager les souffrances, donner de l'oxygène, aider.
Et face aux décès, aux détresses d'ordre non pas physique mais d'ordre spirituel, il faut aussi prendre soin de ceux qui souffrent, de ceux qui ont peur... On peut faire appel aux psychologues, bien sûr. Mais quand on entre en période de confinement, est-ce encore possible ?
C'est là que la foi, la prière peuvent jouer un grand rôle pour soutenir, aider, donner un autre sens. La prière se joue des murs, des distances, des confinements, du temps, des heures, des jours. Et elle est efficace, pour peu qu'on ait une once de confiance.
Où cela va-t-il nous amener ? Je n'en ai aucune idée.
Ce que je sais, c'est que, pour moi, la prière, la confiance en Dieu est un véritable réconfort. Oh je ne dis pas que si la situation venait à s'aggraver pour mes proches ou pour moi, je n'entrerais pas en véritable panique. Mais je garde l'espérance.
Ce qui arrive en ce moment est un drame, une catastrophe. Des centaines de morts chaque jour, en Italie, en France, en Espagne et partout ailleurs dans le monde. Plus de 170 pays atteints. Autant dire le monde entier.
Quel sens cela a-t-il ? Dieu peut-il être tenu pour responsable ? Certains justifient leur incroyance par le fait que Dieu ne devrait pas permettre de telles choses. Mais d'où viennent les problèmes, sinon de l'organisation humaine, de l'inconséquence de certaines politiques et prises de décisions ? Dieu peut-il réellement être tenu pour responsable quand une partie du problème vient du fait qu'il y a une pénurie de masques parce que, pour des raisons financières en grande partie, on n'a pas jugé utile de reconstituer des stocks suffisants ? Quand 80% des molécules de nos médicaments sont fabriqués en Chine pour des raisons d'économies ? Quand nos outils de production ont disparu parce que, toujours pour des questions d'argent, on a préféré délocaliser nos usines pour faire plus de profit ? Quand nos activités sont devenues internationales, multipliant les contacts, amplifiant les connexions, les importations d'insectes via les avions de ligne ou les conteneurs qui transportent biens et matériels sur tous les océans...
"Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent", dit Jésus dans l’Évangile. Cette épidémie, pour ceux qui y survivront, est sûrement une occasion de changer radicalement notre manière de vivre. De stopper notre arrogance, notre sentiment de toute-puissance sur notre environnement, sur nos lieux de vie. De revenir à des modes de vie plus sains, plus sobres, moins gourmands en énergie... et plus respectueux de la vie humaine, tout simplement.
En ce temps de Carême exceptionnel, nous sommes appelés à la conversion. Se convertir, c'est se retourner, à 180°, changer radicalement de vie. Et quand on voit, aujourd'hui, la fragilité de la vie humaine, il est sans doute plus que temps d'opérer cette conversion, de vivre tout simplement autrement.
Et d'y inclure Dieu, aussi...
Blog d'humeurs,
blog de textes personnels,
de recettes de cuisine ou de coups de gueule,
blog d'interrogations, de questions,
sur l'actualité ou la vie en général...
On pourrait le qualifier de "fourre-tout",
je préfère le penser... à mon image :
complexe, éclectique, et forcément fait d'un peu de tout.
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samedi 28 mars 2020
samedi 21 mars 2020
La foi à l'épreuve du Covid-19
Il y a un peu plus de dix jours, j'écrivais ici un billet de blog qui, rétrospectivement, me semble hallucinant de naïveté, d'incompréhension et de légèreté (je l'ai relu tout à l'heure, avant d'écrire celui-ci).
Depuis cinq jours maintenant, nous sommes passés à la phase de confinement, pas uniquement pour le Bas-Rhin, mais pour la France entière. Quand notre Président de la République a annoncé cette mesure, j'avoue avoir été à la fois rassurée et effarée. Rassurée, parce que cela semblait signifier que nos autorités avaient enfin pris la mesure du problème et décidé de prendre les choses au sérieux. Effarée aussi, parce qu'il me semble que c'était déjà bien trop tard pour prendre ce genre de mesures. Surtout dans un contexte où on nous dit en même temps de ne plus sortir de chez nous et d'aller voter.
Bref. L'objet de ce billet n'est absolument pas de fustiger le gouvernement, même s'il y aurait des choses à dire. Par exemple, sur le fait que le 15 du Bas-Rhin incitait à continuer à mener une vie normale, ce qui tend à montrer qu'à ce moment-là, la politique était de favoriser la fameuse immunité de groupe (1), celle qui permet à environ les deux tiers de la population de contracter la maladie et, pour ceux qui y survivront, de développer l'immunité spécifique à ce virus. Dans ce cas-là, il faut s'attendre à ce que la population tombe massivement malade, et donc avoir un système de santé capable d'absorber l'afflux des patients, donc avec suffisamment de personnel en bonne santé, de lits, de matériel de protection, de réanimateurs et de système respiratoires pour ne pas tous les condamner à une mort quasi certaine.
Sauf qu'en France, comme en Grande-Bretagne (où c'est la stratégie adoptée ouvertement par Boris Johnson, qui a fait machine arrière hier) et en Italie (où la situation est dramatique maintenant, dépassant en nombre de victimes le nombre de morts officiels de la Chine, avec une population nettement moins importante : 60 millions d'habitants en Italie, 1,3 milliards en Chine), la destruction massive des services de santé publique font que cette stratégie est suicidaire, puisque des personnes malades, qui pourraient être sauvées si les équipements étaient présents, ne le sont pas, faute de matériel...
Donc, maintenant, nous sommes confinés à la maison. Et mes projections naïves du 9 mars ont volé en éclats.
La réalité du confinement, c'est quatre enfants à la maison qu'il faut rassurer. Ce sont des symptômes divers et variés (maux de gorge, de dos, d'oreille, toux sèche ou grasse, fièvre ou pas, rhume qui vient et qui repart...). Tous ces symptômes sont temporaires, sans doute cycliques, pas graves en soi, mais dont on ne connaît ni ne maîtrise l'évolution dans le temps.
C'est aussi les angoisses des enfants face à l'engorgement d'Internet ("Maman ! Je n'arrive pas à me connecter à MBN (2) ! Comment je vais faire pour avoir les cours et les devoirs ?") et l'impossible accès aux ressources des enseignants, pourtant mises en ligne, quand il n'y a pas de bug, bien sûr.
C'est aussi l'école à la maison pour ma quatrième, en classe de CP, avec qui il est indispensable de rester durant tout le temps scolaire pour lui expliquer, lui réexpliquer, tenter de lui faire comprendre. Il faut être inventif quand on n'est pas enseignant, ou appeler des enseignants parmi les copains pour avoir des trucs pour contourner une difficulté.
Alors mes projets sont une fois de plus remis à plus tard. J'ai eu le temps de faire de la lessive et des tablettes pour le lave-vaisselle (parce qu'en 2019, j'ai décidé de réduire nos déchets, ce qui a été le cas d'ailleurs, puisque nous ne sortons la poubelle de recyclage qu'une fois par mois en moyenne et la poubelle des déchets non recyclables qu'une semaine sur deux). En revanche, je n'ai pas encore eu le temps de m'occuper des Tawashis. J'espère pouvoir profiter de ce premier week-end de confinement (où j'ai banni l'école !!!) pour me lancer.
Quant à mon roman, c'est pour l'instant de l'histoire ancienne, tant le quotidien est prenant.
Et la foi, dans tout ça ?
Ben ça aussi, c'est compliqué. D'abord parce qu'il n'y a plus de messe, ni en semaine, ni le dimanche. J'avais l'habitude d'y aller chaque fois que je pouvais, mais c'est terminé. Le premier dimanche, ça a été très bizarre. Le lundi 16, ça ne changeait rien, puisque c'est le jour de congé de nos prêtres, alors c'était comme d'habitude. Mais le mardi 17, jour du confinement, ça a été un peu plus dur.
J'ai la "mission", dans mon village, d'ouvrir l'église depuis le mois de novembre 2018, le matin. Or, cette mission, pour l'instant, est maintenue à la demande de l'archevêque, pour permettre aux gens du village de venir se recueillir dans la journée. Alors tous les matins, vers huit heures, je vais à l'église. J'y vais tôt pour que l'église soit ouverte le plus possible et aussi pour ne pas croiser trop de monde, confinement oblige. Et puis, huit heures, c'était l'heure à laquelle j'ouvrais, avant la fermeture des écoles le 16 mars, puisque j'y allais après avoir conduit ma fille à l'école. Donc j'essaie de garder le même rythme pour les gens du village.
Sauf que mardi, quand je me suis retrouvée seule devant l'autel, j'ai senti le manque. Manque de messe, de contacts, d'eucharistie, de salutations, de personnes, tout simplement. Je me suis tournée vers le tabernacle avec un sentiment étrange d'abandon. La communion, l'eucharistie, pour moi, c'est quelque chose de vraiment très important, une nourriture spirituelle encore plus importante que la nourriture terrestre. Or cette nourriture vient à manquer, non pas parce qu'elle n'est pas là (le tabernacle est là, les hosties consacrées y sont présentes) mais parce que la messe ne peut pas être dite. Il reste la communion spirituelle, et c'est ce que je découvre en ce moment. J'en reparlerai peut-être ici plus tard.
C'est compliqué aussi, parce que la situation inédite et difficile que nous vivons est anxiogène (surtout ici, en Alsace, où la situation sanitaire est vraiment très difficile) et invite plus au repli sur soi et à la colère et/ou l'accusation gratuite face à l'irresponsabilité de certains qu'à la bienveillance envers le prochain. Le confinement imposé est aussi un frein aux manifestations habituelles de solidarité et de soutien, qu'il faut du coup réinventer. Si, en ce moment, je suis plutôt bien portante, rien ne dit que je ne suis pas porteuse du virus. Je ne peux donc pas venir en aide à mes voisins et voisines âgés, puisqu'en venant chez eux, je risquerais de leur transmettre ce virus. Il faut donc contourner le problème, inventer d'autres moyens, parler aux voisins les plus proches par les fenêtres ouvertes, d'un jardin à l'autre ou depuis l'autre côté de la rue. De même, comme nous sommes potentiellement infectés, je découvre aussi le fait d'avoir besoin des autres. Habituellement, nous allons dans un village voisin, toutes les semaines, pour y acheter du beurre et du fromage. Juste à côté, il y a aussi notre AMAP, et nous y allons pour une autre famille, qui habite aussi le village, et parfois pour une troisième personne qui est infirmière et ne peut pas toujours se rendre sur place à cause de son travail.
Sauf que là, mercredi dernier, je me suis vue dans l'obligation de demander de l'aide. Demander à l'autre famille d'aller chercher beurre, fromage et légumes pour nous, par crainte de transmettre la maladie à ceux qui nous nourrissent au quotidien. Ce serait quand même le comble de les rendre malades !
Le manque de l'eucharistie, le besoin de l'autre et la demande humble d'un service essentiel à ceux qui peuvent nous le rendre.
Et puis, ce matin, toujours devant le tabernacle, je me suis rendu compte que mon cœur avait besoin d'être purifié pour que la rancœur, la rancune, la colère ne s'y installent pas. Tous ces sentiments négatifs sont présents quand je vois l'inconscience de certains, l'irresponsabilité d'autres qui ont profité du confinement pour aller se mettre "au vert" au bord de la mer ou à la campagne, avec le risque avéré de propager le virus, notamment dans les îles bretonnes, où les équipements sanitaires sont très faibles comparés à ceux qui existent sur le continent. Si ces personnes sont malades et transmettent le virus, il y a fort à parier que la situation là-bas va devenir très vite critique. La tentation est donc très grande de crier à l'irresponsabilité de ceux qui ont décidé de fuir la capitale et leur mini-appartement... ce qu'en plus, je peux comprendre, vu la réalité du confinement, surtout quand on a des enfants.
Seulement, si je laisse la colère ou la rancœur m'envahir, alors je risque fort de tomber dans la haine de mon prochain et le repli sur moi-même, la protection de mes proches uniquement, l'égoïsme et la déshumanisation. Or c'est justement le contraire du message évangélique, ça. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus le dit bien : "Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent". Et mon ennemi, en ce moment, c'est potentiellement tout le monde, y compris mon mari ou mes enfants, d'ailleurs. Alors si Jésus me demande de prier pour eux, ce n'est pas optionnel, normalement. C'est donc une nouvelle manière de comprendre ma relation aux autres que je dois entamer. Surtout en ces temps difficiles. Et ça, il n'y a que par la prière que c'est possible.
Parce que la dernière chose que j'apprends en ce moment, c'est aussi que ma foi est vraiment très petite. C'est facile de croire, quand tout va bien, à la limite. C'est beaucoup plus compliqué de faire confiance en Dieu quand on ne comprend pas ce qui se passe, quand on est potentiellement en danger (soi-même ou nos plus proches, mari, enfants, amis, voisins)... Et pourtant, c'est ça, la foi, finalement : la confiance, l'abandon à la volonté de Dieu. Dur, dur.
Certains se demandent où est Dieu. Certains pensent que c'est Dieu lui-même qui a envoyé ce virus pour punir les hommes de saccager la planète qu'il nous a confiée. Où est Dieu ? Pourquoi ne nous vient-il pas en aide ? Pourquoi permet-il ces morts, par milliers, innocents, simples personnes s'étant trouvées là et ayant contracté le virus en vivant, simplement, aux côtés d'autres personnes ?
Où donc est Dieu, dans cette crise mondiale, sans doute la plus grave que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre Mondiale ?
Où donc est Dieu ?
Et puis, il y a ces messages. D'un côté, ceux qui relaient l'égoïsme de certains, de l'autre, ceux qui montrent la bienveillance, l'altruisme, la reconnaissance, envers nos soignants, bien sûr, mais aussi envers les employés des services de ramassage des ordures, des supermarchés, envers les agriculteurs, ceux qui continuent de travailler pour que le pays continue à tourner, pour que nous n'ayons pas de problème d'approvisionnement, pour que nous ayons à manger tous les jours.
Pour moi, c'est tout simplement là qu'est Dieu. Il est dans ces personnes qui continuent à travailler chaque jour, pour soigner les malades, nourrir ceux qui sont encore debout mais confinés chez eux pour ne pas rendre encore plus de personnes malades. Il est dans ces policiers qui contrôlent sans relâche ceux qui sont dehors pour contrer cette épidémie qui se répand à une vitesse folle. Il est dans les applaudissements, bien dérisoires, que nous faisons résonner à nos fenêtres, à vingt heures, le soir, pour signifier à ceux qui sont en première ligne combien nous sommes reconnaissants des sacrifices qu'ils font pour nous. Il est, aussi, dans ceux qui recherchent activement des solutions pour combattre cette maladie : traitements, vaccin... Il est dans toutes ces initiatives que prennent nos prêtres pour continuer à garder le lien avec leurs paroissiens, dans ces bénédictions du haut des collines surplombant nos villes et nos villages, dans ces "drive-confessions" sur les parkings pour permettre à ceux qui le souhaitent de recevoir, en ce temps de Carême, le sacrement de la réconciliation depuis leur voiture, sans se mettre en danger ni mettre en danger le prêtre qui va recevoir leur confession et leur donner l'absolution de leurs péchés. Il est dans ces prêtres qui filment en direct les messes qu'ils célèbrent en privé pour que leurs paroissiens puissent prier avec eux.
Les êtres humains sont capables du pire. Mais ils sont capables aussi d'humanité, de bienveillance, de tendresse, même à travers un écran ou à distance. Ils sont porteurs d'espérance, de vie, de joie, de paix.
Seigneur, prends pitié de ton peuple, prends pitié de nous. Nous ne savons pas quelle est Ta volonté, mais nous savons qu'elle est bonne. Merci pour toutes ces marques de sympathie, de joie, de tendresse, de soutien, de bienveillance, d'humanité, d'amour. Donne courage à nos soignants et à tous ceux qui prennent soin de nous par leur travail quotidien. Donne courage aussi à nos dirigeants, afin qu'ils prennent les décisions indispensables afin de préserver le plus de vies possible dans la crise que nous traversons. Éclaire-nous, tous, par ton Esprit-Saint, afin que nous puissions tirer les leçons de cette crise et changer les comportements qui doivent l'être, afin de faire de ce monde un monde plus beau, plus juste, plus fraternel.
Et afin de nous tourner vers Toi, qui es notre Père et qui nous aime infiniment.
Seigneur, protège notre foi. Que nous ne lâchions jamais Ta main.
Amen.
______________________________________________________
(1) Voir la vidéo suivante pour une excellente explication : https://www.youtube.com/watch?v=-FHBgWZ3IU0
(2) Pour Mon Bureau Numérique, la plate-forme internet de l'Education Nationale, qui permet aux enseignants et aux élèves, ainsi qu'à leurs parents, de communiquer plus simplement (messagerie sécurisée, envoi de documents, cahier de texte avec les devoirs, relevé des notes, etc.).
Depuis cinq jours maintenant, nous sommes passés à la phase de confinement, pas uniquement pour le Bas-Rhin, mais pour la France entière. Quand notre Président de la République a annoncé cette mesure, j'avoue avoir été à la fois rassurée et effarée. Rassurée, parce que cela semblait signifier que nos autorités avaient enfin pris la mesure du problème et décidé de prendre les choses au sérieux. Effarée aussi, parce qu'il me semble que c'était déjà bien trop tard pour prendre ce genre de mesures. Surtout dans un contexte où on nous dit en même temps de ne plus sortir de chez nous et d'aller voter.
Bref. L'objet de ce billet n'est absolument pas de fustiger le gouvernement, même s'il y aurait des choses à dire. Par exemple, sur le fait que le 15 du Bas-Rhin incitait à continuer à mener une vie normale, ce qui tend à montrer qu'à ce moment-là, la politique était de favoriser la fameuse immunité de groupe (1), celle qui permet à environ les deux tiers de la population de contracter la maladie et, pour ceux qui y survivront, de développer l'immunité spécifique à ce virus. Dans ce cas-là, il faut s'attendre à ce que la population tombe massivement malade, et donc avoir un système de santé capable d'absorber l'afflux des patients, donc avec suffisamment de personnel en bonne santé, de lits, de matériel de protection, de réanimateurs et de système respiratoires pour ne pas tous les condamner à une mort quasi certaine.
Sauf qu'en France, comme en Grande-Bretagne (où c'est la stratégie adoptée ouvertement par Boris Johnson, qui a fait machine arrière hier) et en Italie (où la situation est dramatique maintenant, dépassant en nombre de victimes le nombre de morts officiels de la Chine, avec une population nettement moins importante : 60 millions d'habitants en Italie, 1,3 milliards en Chine), la destruction massive des services de santé publique font que cette stratégie est suicidaire, puisque des personnes malades, qui pourraient être sauvées si les équipements étaient présents, ne le sont pas, faute de matériel...
Donc, maintenant, nous sommes confinés à la maison. Et mes projections naïves du 9 mars ont volé en éclats.
La réalité du confinement, c'est quatre enfants à la maison qu'il faut rassurer. Ce sont des symptômes divers et variés (maux de gorge, de dos, d'oreille, toux sèche ou grasse, fièvre ou pas, rhume qui vient et qui repart...). Tous ces symptômes sont temporaires, sans doute cycliques, pas graves en soi, mais dont on ne connaît ni ne maîtrise l'évolution dans le temps.
C'est aussi les angoisses des enfants face à l'engorgement d'Internet ("Maman ! Je n'arrive pas à me connecter à MBN (2) ! Comment je vais faire pour avoir les cours et les devoirs ?") et l'impossible accès aux ressources des enseignants, pourtant mises en ligne, quand il n'y a pas de bug, bien sûr.
C'est aussi l'école à la maison pour ma quatrième, en classe de CP, avec qui il est indispensable de rester durant tout le temps scolaire pour lui expliquer, lui réexpliquer, tenter de lui faire comprendre. Il faut être inventif quand on n'est pas enseignant, ou appeler des enseignants parmi les copains pour avoir des trucs pour contourner une difficulté.
Alors mes projets sont une fois de plus remis à plus tard. J'ai eu le temps de faire de la lessive et des tablettes pour le lave-vaisselle (parce qu'en 2019, j'ai décidé de réduire nos déchets, ce qui a été le cas d'ailleurs, puisque nous ne sortons la poubelle de recyclage qu'une fois par mois en moyenne et la poubelle des déchets non recyclables qu'une semaine sur deux). En revanche, je n'ai pas encore eu le temps de m'occuper des Tawashis. J'espère pouvoir profiter de ce premier week-end de confinement (où j'ai banni l'école !!!) pour me lancer.
Quant à mon roman, c'est pour l'instant de l'histoire ancienne, tant le quotidien est prenant.
Et la foi, dans tout ça ?
Ben ça aussi, c'est compliqué. D'abord parce qu'il n'y a plus de messe, ni en semaine, ni le dimanche. J'avais l'habitude d'y aller chaque fois que je pouvais, mais c'est terminé. Le premier dimanche, ça a été très bizarre. Le lundi 16, ça ne changeait rien, puisque c'est le jour de congé de nos prêtres, alors c'était comme d'habitude. Mais le mardi 17, jour du confinement, ça a été un peu plus dur.
J'ai la "mission", dans mon village, d'ouvrir l'église depuis le mois de novembre 2018, le matin. Or, cette mission, pour l'instant, est maintenue à la demande de l'archevêque, pour permettre aux gens du village de venir se recueillir dans la journée. Alors tous les matins, vers huit heures, je vais à l'église. J'y vais tôt pour que l'église soit ouverte le plus possible et aussi pour ne pas croiser trop de monde, confinement oblige. Et puis, huit heures, c'était l'heure à laquelle j'ouvrais, avant la fermeture des écoles le 16 mars, puisque j'y allais après avoir conduit ma fille à l'école. Donc j'essaie de garder le même rythme pour les gens du village.
Sauf que mardi, quand je me suis retrouvée seule devant l'autel, j'ai senti le manque. Manque de messe, de contacts, d'eucharistie, de salutations, de personnes, tout simplement. Je me suis tournée vers le tabernacle avec un sentiment étrange d'abandon. La communion, l'eucharistie, pour moi, c'est quelque chose de vraiment très important, une nourriture spirituelle encore plus importante que la nourriture terrestre. Or cette nourriture vient à manquer, non pas parce qu'elle n'est pas là (le tabernacle est là, les hosties consacrées y sont présentes) mais parce que la messe ne peut pas être dite. Il reste la communion spirituelle, et c'est ce que je découvre en ce moment. J'en reparlerai peut-être ici plus tard.
C'est compliqué aussi, parce que la situation inédite et difficile que nous vivons est anxiogène (surtout ici, en Alsace, où la situation sanitaire est vraiment très difficile) et invite plus au repli sur soi et à la colère et/ou l'accusation gratuite face à l'irresponsabilité de certains qu'à la bienveillance envers le prochain. Le confinement imposé est aussi un frein aux manifestations habituelles de solidarité et de soutien, qu'il faut du coup réinventer. Si, en ce moment, je suis plutôt bien portante, rien ne dit que je ne suis pas porteuse du virus. Je ne peux donc pas venir en aide à mes voisins et voisines âgés, puisqu'en venant chez eux, je risquerais de leur transmettre ce virus. Il faut donc contourner le problème, inventer d'autres moyens, parler aux voisins les plus proches par les fenêtres ouvertes, d'un jardin à l'autre ou depuis l'autre côté de la rue. De même, comme nous sommes potentiellement infectés, je découvre aussi le fait d'avoir besoin des autres. Habituellement, nous allons dans un village voisin, toutes les semaines, pour y acheter du beurre et du fromage. Juste à côté, il y a aussi notre AMAP, et nous y allons pour une autre famille, qui habite aussi le village, et parfois pour une troisième personne qui est infirmière et ne peut pas toujours se rendre sur place à cause de son travail.
Sauf que là, mercredi dernier, je me suis vue dans l'obligation de demander de l'aide. Demander à l'autre famille d'aller chercher beurre, fromage et légumes pour nous, par crainte de transmettre la maladie à ceux qui nous nourrissent au quotidien. Ce serait quand même le comble de les rendre malades !
Le manque de l'eucharistie, le besoin de l'autre et la demande humble d'un service essentiel à ceux qui peuvent nous le rendre.
Et puis, ce matin, toujours devant le tabernacle, je me suis rendu compte que mon cœur avait besoin d'être purifié pour que la rancœur, la rancune, la colère ne s'y installent pas. Tous ces sentiments négatifs sont présents quand je vois l'inconscience de certains, l'irresponsabilité d'autres qui ont profité du confinement pour aller se mettre "au vert" au bord de la mer ou à la campagne, avec le risque avéré de propager le virus, notamment dans les îles bretonnes, où les équipements sanitaires sont très faibles comparés à ceux qui existent sur le continent. Si ces personnes sont malades et transmettent le virus, il y a fort à parier que la situation là-bas va devenir très vite critique. La tentation est donc très grande de crier à l'irresponsabilité de ceux qui ont décidé de fuir la capitale et leur mini-appartement... ce qu'en plus, je peux comprendre, vu la réalité du confinement, surtout quand on a des enfants.
Seulement, si je laisse la colère ou la rancœur m'envahir, alors je risque fort de tomber dans la haine de mon prochain et le repli sur moi-même, la protection de mes proches uniquement, l'égoïsme et la déshumanisation. Or c'est justement le contraire du message évangélique, ça. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus le dit bien : "Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent". Et mon ennemi, en ce moment, c'est potentiellement tout le monde, y compris mon mari ou mes enfants, d'ailleurs. Alors si Jésus me demande de prier pour eux, ce n'est pas optionnel, normalement. C'est donc une nouvelle manière de comprendre ma relation aux autres que je dois entamer. Surtout en ces temps difficiles. Et ça, il n'y a que par la prière que c'est possible.
Parce que la dernière chose que j'apprends en ce moment, c'est aussi que ma foi est vraiment très petite. C'est facile de croire, quand tout va bien, à la limite. C'est beaucoup plus compliqué de faire confiance en Dieu quand on ne comprend pas ce qui se passe, quand on est potentiellement en danger (soi-même ou nos plus proches, mari, enfants, amis, voisins)... Et pourtant, c'est ça, la foi, finalement : la confiance, l'abandon à la volonté de Dieu. Dur, dur.
Certains se demandent où est Dieu. Certains pensent que c'est Dieu lui-même qui a envoyé ce virus pour punir les hommes de saccager la planète qu'il nous a confiée. Où est Dieu ? Pourquoi ne nous vient-il pas en aide ? Pourquoi permet-il ces morts, par milliers, innocents, simples personnes s'étant trouvées là et ayant contracté le virus en vivant, simplement, aux côtés d'autres personnes ?
Où donc est Dieu, dans cette crise mondiale, sans doute la plus grave que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre Mondiale ?
Où donc est Dieu ?
Et puis, il y a ces messages. D'un côté, ceux qui relaient l'égoïsme de certains, de l'autre, ceux qui montrent la bienveillance, l'altruisme, la reconnaissance, envers nos soignants, bien sûr, mais aussi envers les employés des services de ramassage des ordures, des supermarchés, envers les agriculteurs, ceux qui continuent de travailler pour que le pays continue à tourner, pour que nous n'ayons pas de problème d'approvisionnement, pour que nous ayons à manger tous les jours.
Pour moi, c'est tout simplement là qu'est Dieu. Il est dans ces personnes qui continuent à travailler chaque jour, pour soigner les malades, nourrir ceux qui sont encore debout mais confinés chez eux pour ne pas rendre encore plus de personnes malades. Il est dans ces policiers qui contrôlent sans relâche ceux qui sont dehors pour contrer cette épidémie qui se répand à une vitesse folle. Il est dans les applaudissements, bien dérisoires, que nous faisons résonner à nos fenêtres, à vingt heures, le soir, pour signifier à ceux qui sont en première ligne combien nous sommes reconnaissants des sacrifices qu'ils font pour nous. Il est, aussi, dans ceux qui recherchent activement des solutions pour combattre cette maladie : traitements, vaccin... Il est dans toutes ces initiatives que prennent nos prêtres pour continuer à garder le lien avec leurs paroissiens, dans ces bénédictions du haut des collines surplombant nos villes et nos villages, dans ces "drive-confessions" sur les parkings pour permettre à ceux qui le souhaitent de recevoir, en ce temps de Carême, le sacrement de la réconciliation depuis leur voiture, sans se mettre en danger ni mettre en danger le prêtre qui va recevoir leur confession et leur donner l'absolution de leurs péchés. Il est dans ces prêtres qui filment en direct les messes qu'ils célèbrent en privé pour que leurs paroissiens puissent prier avec eux.
Les êtres humains sont capables du pire. Mais ils sont capables aussi d'humanité, de bienveillance, de tendresse, même à travers un écran ou à distance. Ils sont porteurs d'espérance, de vie, de joie, de paix.
Seigneur, prends pitié de ton peuple, prends pitié de nous. Nous ne savons pas quelle est Ta volonté, mais nous savons qu'elle est bonne. Merci pour toutes ces marques de sympathie, de joie, de tendresse, de soutien, de bienveillance, d'humanité, d'amour. Donne courage à nos soignants et à tous ceux qui prennent soin de nous par leur travail quotidien. Donne courage aussi à nos dirigeants, afin qu'ils prennent les décisions indispensables afin de préserver le plus de vies possible dans la crise que nous traversons. Éclaire-nous, tous, par ton Esprit-Saint, afin que nous puissions tirer les leçons de cette crise et changer les comportements qui doivent l'être, afin de faire de ce monde un monde plus beau, plus juste, plus fraternel.
Et afin de nous tourner vers Toi, qui es notre Père et qui nous aime infiniment.
Seigneur, protège notre foi. Que nous ne lâchions jamais Ta main.
Amen.
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(1) Voir la vidéo suivante pour une excellente explication : https://www.youtube.com/watch?v=-FHBgWZ3IU0
(2) Pour Mon Bureau Numérique, la plate-forme internet de l'Education Nationale, qui permet aux enseignants et aux élèves, ainsi qu'à leurs parents, de communiquer plus simplement (messagerie sécurisée, envoi de documents, cahier de texte avec les devoirs, relevé des notes, etc.).
lundi 14 mars 2016
De la tiédeur dans la foi...
J'ai reçu ce matin deux mails distincts, l'un faisant suivre avec joie une information assez étonnante pour notre pays, surtout quand on connaît le laïcisme dont il fait preuve : des catholiques priant à genoux dans la rue.
L'autre mail était en fait une réponse au premier, précisant que les images datent de 2012 et que les catholiques en question sont membres de l'Institut Civitas, soit un groupe proche de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (des intégristes catholiques, quoi).
Certes, ces images datent de 2012... il n'empêche que certaines choses me frappent, comme si ces manifestations (dans le sillage de La Manif Pour Tous, voire en marge de celle-ci) étaient quelque peu "prophétiques" dans la mesure où c'est après qu'a commencé la vague d'immigration massive que nous connaissons aujourd'hui, un peu plus de trois ans plus tard (l'immigration, notamment clandestine, est un fait récurrent dans notre pays, mais il a pris une ampleur inédite ces derniers temps). Le fait qu'il s'agisse d'une initiative de Civitas ne doit pas cacher un certain nombre de réalités : notre pays est en train de renier réellement ses racines chrétiennes en mettant les contingences économiques en premier plan, comme si l'économie était la seule question qui vaille la peine d'être examinée en ce moment. J'en veux pour preuve la polémique ahurissante autour de la légion d'honneur décernée il y a quelques jours au prince héritier d'Arabie saoudite, apparemment à sa demande.
[Petite parenthèse : Sophie Marceau, quant à elle, a refusé cette même légion d'honneur, au motif justement qu'elle avait été attribuée au prince héritier d'Arabie saoudite, pays responsable de plus de 70 exécutions capitales rien que depuis le mois de janvier... et des voix s'élèvent, nombreuses, quelques jours après les faits, pour demander à la France de retirer la légion d'honneur à ce prince héritier...]
Bref, il semble que notre gouvernement soit plus sensible aux pétrodollars et aux contrats que l'Arabie Saoudite pourrait encore signer chez nous qu'aux Droits de l'Homme, pourtant nés chez nous... Cette affaire semble très loin de ce qui nous préoccupe... et pourtant le lien est assez rapide à faire. Il semble malheureusement qu'aujourd'hui, on respecte plus, dans les hautes sphères de notre pays, des Musulmans que des Catholiques. Il n'y a qu'à voir le nombre de profanations dans les églises, sans aucune réaction de la part des autorités. Je vais enfoncer des portes ouvertes, là, mais si le même nombre de profanations avaient lieu dans les mosquées ou les synagogues, nous serions carrément en guerre civile... et ce serait plutôt normal, tant est importante la notion de respect des droits de l'autre à croire et à pratiquer sa propre religion. Mais bizarrement, ce droit est plus évident pour les Musulmans (et pour les Juifs, mais là, c'est comme une sorte de syndrome lié à la Shoah, sans aucun mépris d'ailleurs pour les Juifs : ils ont payé assez cher le simple fait d'être de cette confession) que pour les Catholiques ou que pour les Chrétiens en général. Alors est-ce que c'est parce que justement, la France est un pays chrétien à la base ? Et que du coup, on vit encore avec l'illusion que les Chrétiens sont les plus nombreux et qu'ils oppriment les autres ?
Plus je réfléchis à cette question, plus je me dis que là encore, on se trompe lourdement. D'un point de vue numérique, les Chrétiens sont loin d'être majoritaires en France, même si le nombre de baptisés est et reste important. Quand on sait que 63% des Français (selon diverses sources, par exemple celle-ci ou celle-là, les statistiques basées sur la religion étant interdites en France lors des recensements de population) se disent Catholiques mais que seuls 4,5% sont pratiquants, il est à se demander quelle est encore l'identité religieuse de notre pays. Mais c'est oublier un peu vite le poids de l'histoire et tout ce que l'Eglise Catholique en particulier a fait pour notre pays au cours de l'Histoire... En tout cas, si le nombre de Catholiques diminue, celui des Musulmans augmente et il est fort difficile de quantifier le phénomène. D'une part à cause de ces fameuses statistiques officielles où il est interdit de demander la religion et d'autre part parce que nombre d'immigrés originaires de pays à majorité musulmane résidant en France sont clandestins...
Pour en revenir à ce mail que j'ai reçu, il me pose certaines questions de fond. Sans aller jusqu'à souhaiter le départ de notre pays des migrants qui y sont arrivés depuis quelques mois, je me dis qu'il faut essayer de faire preuve de bon sens et discerner jusqu'où on peut aller : est-ce que, parce que Civitas est d'extrême droite et liée à la Fraternité St Pie-X, cette organisation a tort sur toute la ligne ? Sans vouloir dire qu'ils ont raison sur tout, je me dis pour ma part qu'ils ont au moins le mérite et le courage de faire ce que nous, catholiques plus "ordinaires" et moins traditionalistes n'osons parfois même pas exprimer à nos proches quand ils ne partagent pas notre foi. Ils ont le mérite et le courage d'assumer et de proclamer leur foi au vu et au su de tous, y compris en se mettant à genoux pour prier dans la rue. Combien d'entre nous oseraient faire la même chose ? Combien d'entre nous pensent encore que la foi est une affaire exclusivement privée et qu'elle doit donc rester cantonnée à nos maisons, à nos chambres, et parfois à nos églises (quand on arrive à se prendre par la main pour aller à la messe de temps en temps) ?
Notre pays souffre de culpabilité aiguë concernant son histoire. Tellement aiguë que l'on n'arrête plus de demander pardon pour telle ou telle chose qui s'est passé dans les siècles derniers, depuis la colonisation jusqu'à l'inquisition, j'en oublie et des meilleures sans doute. Il est vrai que l'Eglise a fait des erreurs, mais il est faux de mettre toutes les erreurs commises dans les siècles passés sur le dos de l'Eglise. De nombreuses idées reçues sont véhiculées par les médias en particulier qui montrent à quel point ces mêmes médias (et donc l'opinion publique nourrie et "éduquée" par eux) méconnaissent les réalités de l'Eglise, de ses dogmes et de ses actions.
Je ne vais pas refaire le laïus sur la prétendue misogynie de l'Eglise (l'hebdomadaire Famille Chrétienne a publié au mois d'août 2015 un excellent article sur le sujet). Mais en tout état de cause, il faudrait arrêter d'écouter tout et n'importe quoi, mais surtout pas l'Eglise elle-même, quand il s'agit de parler de ce que l'Eglise dit ou fait. Pourquoi serait-il plus légitime de lire un article du Monde ou de Libération que le Catéchisme de l'Eglise Catholique quand on veut connaître la position de l'Eglise sur les femmes, la contraception ou le pardon ? Zut alors, c'est vrai, ça !
Bref. Ceux qui veulent détruire la foi Catholique dans notre pays sont nombreux et ils utilisent pour cela les arguments classiques (misogynie, passéisme, liberticide...).
Ce que j'observe, c'est que l'Eglise en France est en train de bouger. Il y a eu les manifestations monstres de 2012-2013, mais il y a aussi et surtout un courant souterrain extrêmement puissant, silencieux et quasiment invisible pour ceux qui ne veulent pas voir. Je parle de toutes ces initiatives prises par des personnes qui ne revendiquent d'ailleurs pas expressément leur appartenance religieuse mais qui, pour autant, sont animées par les valeurs chrétiennes et les portent haut au travers de leurs actions. Ce sont ceux-là, surtout des jeunes d'ailleurs, que l'on voit dans les mouvements politiques récents (type Sens Commun par exemple) ou dans les mouvements apolitiques de résistance (les Veilleurs, les Mères-Veilleuses, les Sentinelles...) ou encore qui s'engagent dans l'enseignement pour tenter de renverser la tendance (certains professeurs, de philosophie en particulier, mais pas uniquement bien sûr, œuvrant dans le privé comme dans le public, ou encore les cours Griffon, sur Internet, ou le Cours Alexandre Dumas en banlieue parisienne, qui a donné des idées à d'autres et est à l'origine de nombre de créations d'écoles libres hors-contrat, créations qui se multiplient ces dernières années, preuves que la faillite du système éducatif français n'est pas une fatalité...).
Dans l'un de mes précédents billets, je vous disais que malgré tout ce que l'on observe, il y a matière à garder intacte l'espérance.
Mon espérance, elle est là. Elle est dans ces jeunes qui s'engagent. Parce que la réponse de cette femme (deuxième mail) à la joie du premier, c'est la réponse de la génération qui a connu la pratique religieuse avant Vatican II, qui a grandi et transmis la foi dans les années 1970 et 1980, autant dire qui n'a pas transmis grand-chose, faute d'avoir elle-même reçu assez pour redonner, ou à qui on a dit de mettre tout ce qu'elle avait reçu avant au panier...
Je ne suis pas en train de faire une critique de Vatican II : je ne connais pas assez la question pour me le permettre. Je suis en train de dire que j'observe actuellement un truc proprement hallucinant car assez inexplicable, sauf à compter sur la Grâce et sur l'efficacité de la prière de ceux qui ont tenu bon dans les années 1970 et 1980 : Il y a actuellement un renouveau de la foi chez les jeunes âgés de 18 à 30 ans (c'est-à-dire nés après 1985) et qui donc n'ont pas reçu grand-chose parce que leurs parents eux-mêmes ont soit été invités à virer le bébé avec l'eau du bain, soit ont fait partie du contingent qui a été catéchisé par ceux-là mêmes qui avaient invité les premiers à virer le bébé avec l'eau du bain. Du côté de la transmission, c'est donc un zéro pointé pour tous, que l'on voit d'ailleurs aujourd'hui chez les couples qui se marient à l'Eglise puis qui viennent demander à la même Eglise le sacrement du baptême pour leurs enfants : ils ne savent rien ou presque, et pourtant, la transmission de la foi est importante pour eux. Seulement, ils ne savent pas du tout comment faire et font donc appel à l'Eglise pour cela.
Et pourtant on observe par ailleurs un phénomène curieux, très minoritaire encore, mais bien établi : un renouveau dans la foi venant des jeunes générations. Ces jeunes sont plus fervents, vont plus souvent à la messe (y compris en semaine), prient davantage que leurs aînés (et utilisent pour cela les réseaux sociaux voire créent eux-mêmes des applications sur internet pour le faire et pour inciter d'autres à le faire)... et s'engagent aussi davantage, en particulier en politique. Ils sont de la génération Jean-Paul II, Benoît XVI ou François, ils sont croyants, pour certains issus des communautés charismatiques ou y ont fait un passage... en tout cas, ils s'engagent.
Contrairement à Civitas, ils ne montrent pas grand-chose dans la rue (ce ne sont pas eux qu'on voit prier à genoux dans les rues de Paris). Mais ils n'en sont pas moins efficaces et engagés.
Alors mon espérance est là. Parce qu'on a beau dire ce qu'on veut : si les églises sont remplies de têtes blanches le dimanche, toutes ces têtes blanches finiront par disparaître un jour puisque la mort fait partie de la vie. La relève qui se prépare et qui est déjà engagée aujourd'hui a sans doute une autre façon de pratiquer que ceux qui vont à la messe aujourd'hui (à l'exception notable de quelques familles, adultes jeunes (entre trente et quarante ans) avec des enfants qui font partie de ceux qui ont continué à recevoir la foi de leurs parents, durant ces mêmes années 1970 et 1980), mais elle est solide sur des bases saines car nourrie aux enseignements de l'Eglise et de ses trois derniers papes qui se sont tous les trois spécialement adressés à elle (notamment durant les JMJ qui ont marqué tant de chrétiens depuis plusieurs décennies maintenant).
Cette nouvelle génération (qui prend naturellement la place de celle qui est absente, entre les jeunes et les têtes blanches) est un défi à l'Eglise catholique en France, parce qu'elle est en dehors des schémas classiques des pratiquants. Mais cette génération a la foi et elle est sans doute plus nombreuse qu'on le croît et sûrement plus nombreuse que les 40-60 ans qui, eux, manquent à l'appel... Alors s'il y a un véritable recul de la pratique dominicale dans notre pays, ce n'est pas pour autant que la foi, et en particulier la foi catholique disparaît.
En tout état de cause, je pense de plus en plus souvent maintenant qu'il est dorénavant indispensable de ne plus cantonner notre foi à la chambre à coucher ou au domicile. Nous sommes dans un pays libre et laïc. Laïc certes, mais si nous continuons à penser nous-mêmes que notre foi doit rester dans le domaine privé, alors nous donnons raison à ceux qui considèrent que ce n'est qu'une question privée et que ce n'est donc pas grave si on détruit les lieux de culte ou si on démolit les statues comme ça a failli être le cas avec celle de Jean-Paul II. Si la France est un grand pays, c'est aussi grâce à son histoire, profondément chrétienne. Preuve que la foi est tout sauf uniquement privée. En privatisant la foi (et notamment la foi catholique parce qu'il y a vraiment deux poids - deux mesures en la matière selon la confession à laquelle on fait allusion), on ne fait que nier et faire oublier notre histoire. Or d'autres portent hautes les couleurs de leur religion, n'en ont pas honte, la proclament et la pratiquent, avec, pour certains, l'objectif de l'imposer à tous. Réaffirmer notre appartenance à notre religion et à notre pays, avec son histoire, c'est aussi dire non à cette dictature qui se prépare et affirmer notre amour pour notre pays.
Alors sans forcément aller prier à genoux dans la rue, je ne veux pas, pour ma part, être "tiède" dans la foi. Il est de notre devoir d'en vivre. Parce que c'est sur nos actes que nous serons jugés au dernier jour.
samedi 11 avril 2015
Vous êtes dans le monde, mais vous n'êtes pas du monde...
J'ai de plus en plus souvent l'impression de vivre dans un monde "à part", ou plutôt de m'éloigner de plus en plus des "valeurs" de ce qu'on appelle "le monde", ou encore des "valeurs" du monde dans lequel je vis. J'ai tout plein d'exemples tirés de l'actualité pour dire le décalage entre cette vie que nous propose "le monde" et ce que je vis et ai envie de vivre au quotidien. Parfois, je me dis que je suis un peu un dinosaure, ou bien un alien... mais non, je suis bien née au 20e siècle (ce siècle que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaître) et sur cette bonne vieille Planète Bleue.
Alors ?
Alors j'ai lu aujourd'hui (mais le sujet était déjà abordé hier sur un autre site, puisque la loi était votée ces jours-ci), cet article sur les salles de shoot. Qui me laisse sans voix. Surtout quand on sait que des initiatives existent qui permettent d'aider les toxicomanes à sortir de l'enfer de la drogue. Là, c'est carrément de la non-assistance à personne en danger (voire de l'incitation), mais c'est légal ! Youpi. Allez-y, vous allez pouvoir continuer à vous détruire, et en plus, ce sera avec la bénédiction du gouvernement...
Euh... je croyais que les effets des drogues étaient vraiment, vraiment problématiques pour la personne qui en consomme ? Je croyais que la drogue détruisait les neurones, altérait la perception de la réalité, brisait des familles entières... et, accessoirement, pouvait aller jusqu'à tuer le consommateur...? C'est faux, alors ?
Ou bien peut-on se poser la question de la raison pour laquelle le gouvernement, au lieu d'encourager à la sortie de la drogue, encourage à y rester, mais "en sécurité" pour avoir moins de risques d'attraper l'hépatite C ou le Sida en échangeant les seringues usagées à la sauvage ? Et je croyais que justement, on pouvait se procurer des seringues propres en pharmacie si on était sous méthadone ?
En fait ben... la méthadone, ça ne change sans doute pas grand chose au problème, si on considère qu'on remplace une drogue par une autre... Bref, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, mais ce que cette nouvelle loi a de terrifiant, c'est que, pour le coup, la drogue devient quasiment légale... C'est moi, ou bien il y a comme un léger problème, là ?
Deuxième exemple, toujours tiré de l'actualité d'aujourd'hui, la suppression du délai légal de réflexion quand on souhaite avorter. Alors tout est dans l'article, je ne vais pas le réécrire, ce serait ridicule. Pas plus que je ne me reposerai la question de la pertinence du délai de réflexion quand il s'agit d'acheter un tapis suite à un démarchage à domicile ou de signer un contrat de prêt quand on va prendre un crédit... Mais tout de même... S'est-on posé la question de ce que c'est qu'une IVG ? Quand on sait que le cœur d'un bébé (oui, j'emploie volontairement le terme "bébé" et non pas "embryon" ou "amas de cellules" !) bat au bout de quelques jours, comment peut-on dire que le bébé à naître n'est pas un être humain ? Que je sache, quelques semaines plus tard, sur l'échographie, on verra bien le visage d'un futur homme ou d'une future femme, pas celui d'une vache ou d'un oiseau... Il n'y a aucune confusion possible ! Selon le document mis en lien, le cœur bat à la 6e semaine, c'est-à-dire moins de 4 semaines après la fécondation. La semaine suivante, le cerveau commence son développement ainsi que tous les organes vitaux. Et on autorise, voire on incite fortement les femmes enceintes de nos pays soi-disant développés, à avorter jusqu'à 12 semaines, et en plus, on voudrait étendre ce prétendu droit à 14 semaines ? Mais... je ne sais pas, moi... sommes-nous devenus des barbares, pour tuer ainsi, avec le consentement non éclairé de la mère (puisque maintenant, il existe un délit d'entrave à l'IVG qui a été étendu à l'information) et sa complicité, plus de 200.000 enfants chaque année ? Vous savez comment ça s'appelle ?
Un génocide. Tout simplement. Mais il est silencieux, celui-là. Et fort bien accepté par la société. C'est que nous ne sommes pas au Rwanda...
Dans le même ordre d'idées, je me rappelle une discussion récente avec une de mes connaissances (en vrai, pas en ligne !), à propos de la contraception. Et elle me disait qu'elle vivait tout à fait différemment les unions avec son mari quand elle voulait avoir un enfant que maintenant qu'elle en a deux et qu'elle et son mari n'envisagent pas d'en avoir d'autres... et que ces unions, dont elle se souvient parfaitement, étaient bien plus belles que les autres (non pas, je suppose, que les autres ne sont pas belles, mais que celles qu'ils avaient quand ils voulaient un bébé avaient quelque chose en plus)... Et elle me dit qu'il faut s'y résigner : on ne peut quand même pas avoir 15 enfants, ce n'est pas raisonnable !
Sur ce dernier point, je suis plutôt d'accord : il faut avoir une santé de fer pour pouvoir mettre au monde 15 enfants, sans parler du fait qu'après leur naissance, on en prend quand même pour quelques années à les élever, les nourrir, les habiller, les loger, les soigner... et tout le reste.
Il n'empêche. Qu'est-ce qui fait que ces unions sont différentes ? Je pense que la réponse est simplement dans la question : elles sont différentes parce que l'accueil de la vie est possible. Pas forcément tout de suite, pas forcément demain, mais possible dans la mesure où si un enfant survenait dans les mois qui suivent, il serait désiré et accueilli dans la joie par le couple. Donc, ce qui rend ces unions si belles, c'est le lien automatique qui se crée entre l'union de l'homme et de la femme et la fécondité possible de cette union. Donc du lien entre l'union et la procréation.
Eh ! Ça me rappelle quelque chose, ça ! Ça me rappelle la position de l'Eglise catholique sur la contraception. L'Eglise dit en effet qu'il ne faut pas séparer l'union de la procréation. Tiens ! C'est marrant ! L'Eglise, donc, dit en quelque sorte : "En séparant l'union de l'homme et de la femme de la procréation, vous vous privez de la joie et de la communion de l'amour conjugal". Diantre ! L'Eglise est pour le plaisir sexuel !!! Si, si ! Et même qu'elle l'encourage !
Donc il y a un léger problème avec notre société qui promeut la contraception pour toutes. Parce qu'elle est contraire, cette contraception, au bonheur du couple, tout simplement.
Personnellement, je vis mieux les unions avec mon mari depuis que je n'ai plus de contraception (quelle que soit la contraception d'ailleurs). Et je peux vous dire que ça change tout dans le couple ! Alors pourquoi, au nom de la sacro-sainte pensée unique de notre société pro-contraception et pro-IVG (anti-vie, quoi), pourquoi me priverais-je de la joie de l'amour dans mon couple ? Je n'ai pas envie de vivre cette joie simplement quand je veux un bébé ! Parce que si c'est le cas, je peux dire adieu à mon couple et à mon épanouissement au sein de celui-ci, puisque nous avons déjà quatre enfants et pas vraiment l'intention d'en avoir un autre ! Cela veut-il dire qu'il faille attendre d'être ménopausée pour retrouver la joie de l'union conjugale ? Ben zut alors ! J'en ai encore pour 15 ans au moins... Non, heureusement, dans le monde dans lequel je vis, Dieu a créé la sexualité humaine, et Il l'a créée bonne pour le couple, pour son épanouissement. Et Il a en plus, dans sa grande sagesse, donné à l'homme et à la femme la grâce de pouvoir maîtriser leur fécondité par la régulation naturelle des naissances (méthode Billings en particulier, mais ce n'est pas la seule existante). Tout simplement parce que, si l'homme est fécond toute sa vie et tous les jours, la femme, elle, ne l'est que quelques jours par mois et ce pendant quelques années seulement. Apprendre à repérer ces jours, c'est la possibilité de contrôler la fertilité du couple. Et ça, même si c'est contraignant (on se pose plus de questions que de savoir si on a pris ou pas sa pilule...), c'est tout bénéfice pour le couple (et c'est 100% naturel en plus ! À l'heure du bio, c'est plutôt une bonne nouvelle !). Et en plus, ça fonctionne. Si. Au moins aussi bien que la pilule quand c'est bien compris et utilisé. Encore faut-il être formé.
Bref, ces trois exemples me conduisent à me poser de nouvelles questions (oui, vous savez maintenant que je n'arrête jamais !) et surtout, à faire de nouvelles constatations :
Le monde dans lequel je vis, dans lequel nous vivons tous, ne cherche pas à nous rendre libres. Loin de là. Les politiques mises en places nous cachent la vérité et, ce faisant, nous privent de notre liberté. Liberté de choix en particulier. Liberté de choisir la vie plutôt que la mort. Et ça, je trouve ça vraiment terrifiant.
L'euthanasie nous cache la réalité de la mort et de la souffrance.
L'avortement nous cache la beauté de la vie naissante, le miracle de ce mystère de la vie à naître, de cet être minuscule et dépendant qui attend tout de sa mère et de son père, en particulier, aujourd'hui, le droit de vivre.
La contraception nous cache la beauté de l'amour conjugal, de l'amour entre l'homme et la femme, amour gratuit, don total de soi à l'autre, don absolu de l'autre à soi. La contraception cache simplement la joie de l'abandon total dans les bras de l'être aimé, la joie aussi de la plénitude du don mutuel dans l'amour.
Les salles de shoot cachent la beauté de la vie réelle, condamnent les toxicomanes à la vie sous psychotrope sans aucun espoir d'en sortir. Et, encore plus sûrement, elles les condamnent à la mort.
Ce monde sent la mort.
Personnellement, je préfère la Vie ! Et vous savez quoi ? J'ai une excellente nouvelle !
La semaine dernière, nous avons fêté Pâques. Pâques, c'est la fête de la Résurrection du Christ. Pour ceux qui ne connaissent pas, cela signifie simplement que le Christ était mort (Il a été crucifié le Vendredi Saint), mais qu'Il a vaincu la mort et le mal. Il est sorti du tombeau et Il est Vivant pour l'éternité. Et la bonne nouvelle, c'est qu'Il veut nous faire participer à Sa Vie éternelle. Il veut nous sauver, nous aussi, de la mort et du péché.
Vous attendez quoi, vous, pour vivre ? Il suffit de Le suivre ! Il est le Chemin, la Vérité et la Vie ! Et ça fait au bas mot 2000 ans que ça dure ! Alléluia !
jeudi 15 janvier 2015
Questions autour du baptême
L'année
2015 est entamée depuis quelques jours maintenant, et les fêtes
semblent déjà très loin, au regard de l'actualité de la semaine
dernière et de la plongée dans l'horreur que nous avons tous vécue,
par l'intermédiaire des médias. J'ai longtemps hésité avant
d'écrire un billet à ce sujet, mais je me rends compte avec le
temps que d'autres le font bien mieux que moi et expriment de manière
plus efficace et parlante pourquoi ils (et moi avec) ne « sont
pas Charlie ».
Être
Charlie ou ne pas être Charlie, c'est un peu comme si on me disait :
« Si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi » (ça, c'est
une citation de l’Évangile...), ou bien encore « Si tu n'es
pas Charlie, alors tu es d'accord avec les terroristes et tu es aussi
une terroriste ». D'où mon dilemme : Je suis horrifiée
par les attentats et les meurtres (et puis, Cabu, c'est toute mon
enfance avec Récré A2, quand même!), mais pour autant, j'ai du mal
à « être Charlie » parce que je ne me reconnais pas du
tout dans un journal qui, sous couvert d'humour, se permet de choquer
les croyants (et ce, quelle que soit la religion). Alors non, je ne
suis pas Charlie, et pourtant, je compatis à la peine des familles
des personnes tuées la semaine dernière. Parce qu'un dessin, à
l'humour plus ou moins douteux et peut-être pas compris par tout le
monde ne sera jamais un mobile, pour moi, pour tuer un homme, a
fortiori pour faire régner la terreur de cette manière.
Mais
l'objet de mon billet n'était pas celui-là. Malgré cette actualité
douloureuse, difficile, je voulais quand même souhaiter à tous ceux
et celles qui passent par ici une très belle et heureuse année
2015, en espérant qu'elle se déroulera sous de meilleures auspices
que cette deuxième semaine. L'espérance, d'ailleurs, est une vertu
chrétienne et ça me plaît bien, de commencer cette année avec
l'espérance comme souhait !
Ceci
dit, voici quel était le sujet de mes réflexions ces derniers
jours, et plus particulièrement depuis ce matin :
L'an
dernier, après avoir envoyé le journal de notre famille à ma
grand-mère, je recevais une lettre de sa part où elle me présentait
ses vœux et me disait son désaccord par rapport à ma manière de
parler du baptême de notre fille, Louise-Marie.
Cette
année, comme je le fais parfois, j'ai ajouté à notre journal
annuel une petite rubrique « courrier des lecteurs » où
je réponds justement à ma grand-mère, puisque je n'ai pas eu
l'occasion de le faire par écrit au cours de l'année. Voici le
texte :
« À
la suite de notre édition précédente, une de nos plus fidèles
lectrices a interpellé
la rédaction sur un point précis concernant le baptême de
Louise-Marie. En effet, nous y mentionnions le fait que, par le
baptême, notre fille était « devenue enfant de Dieu » et notre
lectrice nous écrivait qu’elle n’était pas tout à fait
d’accord sur ce point dans la mesure où nous sommes tous créés
par Dieu et donc tous ses enfants.
Je
dois avouer que cette question m’a plongée dans des abîmes de
réflexions. En effet, à quoi sert-il d’être baptisé si la
dignité d’enfant de Dieu est conférée à tout le monde, dès
lors qu’il est né ? Qu’apporte donc le baptême dans ce cas ?
Je
me suis donc interrogée et j’en ai profité pour interroger un
prêtre de nos amis qui m’a donné la réponse suivante : Nous
sommes bien tous créés et voulus par Dieu, mais le baptême fait de
nous des enfants de Dieu dans la mesure où il nous configure au
Christ, faisant de Lui notre frère.
D’après
ce que j’ai pu comprendre, le baptême relevant d’un choix
personnel (ou fait par les parents si l’enfant est baptisé très
jeune), il s’agit bien de quelque chose de différent du fait
d’être « créés par Dieu ». Un « enfant de Dieu » est donc
plus qu’une « créature de Dieu », il est connu et aimé de Lui
dès sa conception, certes, mais le baptême est en quelque sorte une
réponse à cet amour originel, réponse donnée par les parents lors
du baptême de leur enfant (sorte d’adhésion et d’acceptation de
cet amour) ou par le baptisé lui-même s’il l’est à un âge où
il peut comprendre.
Bien
entendu, tous ces débats n’ont de sens que pour ceux qui y
croient… »
Alors
bien sûr, je n'ai pas été complète dans ma réponse. Bien sûr,
entre le moment où j'ai interrogé ce prêtre et le moment où j'ai
écrit la réponse dans notre journal, il s'est passé plusieurs mois
et je ne doute pas que je n'ai pas tout compris de la réponse du
prêtre en question. D'ailleurs, je ne comprends décidément pas
grand-chose et ce n'est que petit à petit que certains aspects de ma
foi s'éclairent dans mon esprit… sans doute sous l'influence du
Saint-Esprit d'ailleurs.
Toujours
est-il que j'ai envoyé mon journal cette année encore, avec cette
réponse dans le courrier des lecteurs à la page 2. Et ce matin,
j'ai reçu une lettre d'une de mes tantes à propos de ce fameux
« courrier des lecteurs ». Je me permets de citer
quelques passages de sa lettre :
« Baptême :
voir p.266 « Catéchisme de l’Église Catholique »
Le
Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu.
Tout
d'abord, c'est un DON de Dieu et, comme pour tous les sacrements,
c'est Dieu qui propose… et chacun est libre de l'accepter ou non.
Mais
quelle grâce ! Quel engagement ! Quelle illumination !
Quelle purification !
J'ai
l'impression que, par le baptême, on prend conscience d'être
« Enfant de Dieu » (Rien que ça!!) et on entre dans la
famille des chrétiens, etc...
Mais,
bien sûr, tout être humain est Enfant de Dieu ! C'est une
évidence : car les Chinois, les Africains et autres, qui n'ont
jamais entendu parler de Dieu, ne seraient pas ses enfants ?
C'est absurde. »
Rhââ.
Oui, bien sûr. Dieu a créé tous les êtres humains, il les aime
tous et donc il ne peut en exclure certains du Salut (parce que c'est
quand même de cela qu'il s'agit) sous prétexte qu'ils sont nés
dans un pays et une culture où on ne connaît pas Dieu… alors même
que je viens de lire dans la Bible que Dieu veut sauver tous les
hommes, toutes les âmes ! Donc y'a un truc qui ne va pas ou
bien quelque chose que je n'ai pas compris.
Comme
je sais bien que je ne comprends pas grand-chose à toutes ces
questions théologiques, je suis revenue, comme me le conseillait ma
tante, au Catéchisme de l’Église Catholique. J'y ai trouvé des
tas de choses (bien sûr, normal, me direz-vous) fort intéressantes.
Et en particulier sur le baptême. Effectivement, à la page 266, je
trouve l'article 1 sur le Sacrement du Baptême (chapitre sur les 7
sacrements de l’Église), et voici ce qui est dit en introduction :
« Par
le baptême, nous sommes libérés du péché et régénérés comme
fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes
incorporés à l’Église et faits participants à sa mission »
(n°1213)
Bon,
pour l'instant, ça ne contredit en rien ce que je disais, à savoir
que le baptême fait de nous des Enfants de Dieu. Donc, si c'est le
baptême qui fait de nous des enfants de Dieu, cela veut dire que
ceux qui ne sont pas baptisés ne sont pas Enfants de Dieu. C'est
logique, il me semble.
D'ailleurs,
c'est confirmé au numéro 1243 (toujours du CEC, page 271) :
« Le nouveau baptisé est maintenant enfant de Dieu dans le
Fils Unique. Il peut dire la prière des enfants de Dieu : le
Notre Père. » Donc, si je sais bien lire, c'est bien par le
baptême qu'on devient Enfant de Dieu. Pas autrement. Et il est alors
parfaitement logique que ce ne soit qu'à partir de ce moment-là que
nous puissions dire la prière du Notre Père, puisqu'en étant
devenu enfant de Dieu, nous Le reconnaissons comme notre Père et
Créateur…
Ce
point étant éclairci, il y a quand même des difficultés,
soulevées très justement par ma tante et ma grand-mère dans leurs
deux lettres : quid de ceux qui n'ont pas entendu parler de
Dieu ?
(Pendant
que je réfléchissais à tout cela, je me suis dit qu'il était
quand même parfaitement logique que le fait de recevoir le baptême
soit un choix de la part du futur baptisé (ou de ses parents s'il
s'agit d'un enfant en bas-âge). Même si le baptême, comme tous les
sacrements, est effectivement un don de Dieu, Dieu ne nous le donne
pas sans nous en avoir au préalable demandé la permission, si je
puis dire. Parce que sinon, nous ne serions tout simplement pas
libres. Dieu s'imposerait à l'homme et il n'y aurait plus aucune
liberté pour l'homme de Le suivre ou de ne pas Le suivre.
D'ailleurs, c'est exactement pour cette raison que certains, il y a
quelques années, ont demandé à être « débaptisés »,
c'est-à-dire à voir leurs noms rayés des registres de baptêmes.
Je suppose que cela ne change strictement rien pour Dieu, mais pour
ces personnes qui ont décidé de renier Dieu, cela change sans doute
beaucoup de choses, sinon elles n'en auraient pas fait la demande
auprès des autorités religieuses de leurs diocèses respectifs.)
Fin de la parenthèse.
En
poursuivant ma lecture, je tombe sur un paragraphe intitulé « La
nécessité du Baptême » (n° 1257 à 1261), qui dit :
« Le Seigneur Lui-même affirme que le Baptême est nécessaire
pour le salut. Aussi a-t-Il commandé à ses disciples d'annoncer
l’Évangile et de baptiser toutes les nations. »
Donc
le baptême « sert » bien à quelque chose. Il est
« nécessaire pour le salut », c'est-à-dire, si je
comprends bien, que seuls les baptisés seront sauvés. Rien que ça !
Le
numéro 1257 précise toutefois : « Le Baptême est
nécessaire au salut pour ceux auxquels l’Évangile a été annoncé
et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement. L’Église
ne connaît pas d'autre moyen que le Baptême pour assurer l'entrée
dans la béatitude éternelle : c'est pourquoi elle se garde de
négliger la mission qu'elle a reçue du Seigneur de faire « renaître
de l'eau et de l'Esprit » tous ceux qui peuvent être baptisés.
Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême mais Il n'est pas
Lui-même lié à ses sacrements »
Quand
on parle de « béatitude éternelle », il faut
comprendre, je suppose, la Vie éternelle, c'est-à-dire la joie de
la résurrection d'entre les morts. C'est donc encore une fois très
clair : ceux auxquels l’Évangile est annoncé et qui ont la
possibilité de demander le sacrement du baptême ne seront sauvés
que s'ils demandent effectivement le baptême. On est donc bien là
dans la liberté de l'homme : la Vie éternelle est proposée à
tous, ceux qui l'acceptent sont baptisés, ceux qui la refusent ne le
sont pas, c'est tout. Pour le coup, c'est plutôt simple.
Du
coup, le reste est parfaitement logique lui aussi. Les numéros 1258,
1259, 1260 et 1261 déclinent différents cas :
-
« ceux qui subissent la mort en raison de leur foi, sans avoir
reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le
Christ » (c'est le Baptême du sang, qui « porte les
fruits du baptême » (la rédemption) « sans être
sacrement »).
-
ceux qui se préparent au baptême mais qui meurent avant de l'avoir
reçu : « leur désir explicite de le recevoir [...] leur
assure le salut qu'ils n'ont pas pu recevoir par le sacrement »
-
celui qui, « ignorant l’Évangile du Christ et son Église,
cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu'il la
connaît, peut être sauvé », c'est-à-dire que, même si
quelqu'un n'est pas baptisé (il est né dans un endroit ou une
famille où Dieu est inconnu et n'a jamais pu demander le baptême),
s'il vit selon la volonté de Dieu, selon sa conscience, alors il
peut lui aussi être sauvé. C'est une belle espérance !
-
enfin, les enfants morts sans baptême sont « confiés par
l’Église à la miséricorde de Dieu ». C'est-à-dire que
l’Église croit que Dieu sauve, qu'il y a « un chemin de
salut pour les enfants morts sans baptême ».
Après
avoir posé encore une fois la question à un prêtre (un autre,
c'est bien d'avoir plusieurs avis), la réponse très rapide qu'il ma
donnée est la suivante : Nous sommes tous et toutes créés par
Dieu à sa ressemblance, à son image, et nous sommes donc, de fait,
enfants de Dieu. Mais le baptême instaure entre le baptisé et Dieu
une relation filiale : Dieu devient Père du baptisé, le
baptisé devient Fils de Dieu, tout comme le Christ est le Fils de
Dieu. [en me relisant, je me rends compte de ce qui fait confusion
pour moi : c'est le terme « enfant de Dieu » et
« Fils de Dieu ». Il faut prendre ici le mot « enfant »
comme « engendré » ou « créé par ». Il y a
une notion de parenté, disons « biologique » qui
n'entraîne pas forcément une relation. Mais si on est « Fils
de Dieu », par le baptême, alors il y a plus qu'une relation
« biologique », il y a une relation filiale qui est
créée, dans le sens amoureux du terme : Dieu aime ses enfants,
et Il les aime tellement qu'il est prêt à se sacrifier pour eux…].
D'ailleurs,
dans le rituel du baptême lui-même, le baptisé entre par trois
fois dans l'eau du baptême. Ce geste symbolise la mort du baptisé
et sa renaissance à une vie nouvelle : celle de Fils ou de
Fille de Dieu. C'est quelque chose de vertigineux, quand on y pense
un tout petit instant : par le baptême, le baptisé meurt et
ressuscite, en quelque sorte, tout comme le Christ. Il partage donc
avec Jésus sa mort et sa résurrection et renaît à une vie
nouvelle, une vie pendant laquelle il va s'efforcer de se conformer à
la loi de Dieu et à son plus grand commandement : « Aimez-vous
les uns les autres, comme Je vous ai aimés ». (Le baptême
change donc tout, radicalement, dans la vie du baptisé !) Et
pour cela, il a l'aide de plusieurs autres sacrements : le
sacrement du pardon, qui guérit l'âme du mal que la personne a pu
faire à d'autres, ou encore le sacrement de l'eucharistie, qui unit
le Christ à l'homme dans ce don de sa personne pour nous sauver (ça,
c'est encore quelque chose que je n'ai pas bien compris, il va
falloir que je regarde au chapitre trois de cette partie sur les 7
sacrements…).
Le
baptême est une grande grâce. Par cette vie nouvelle, tous les
péchés sont pardonnés, comme si le baptisé était lavé de toute
souillure. C'est vraiment un être entièrement neuf qui sort du
baptistère, et c'est symbolisé par le vêtement blanc que l'on
remet au baptisé. La grâce du baptême, c'est aussi devenir capable
de croire en Dieu, d'agir et de vivre par les dons de l'Esprit Saint,
ou encore grandir dans le bien par les vertus morales (n°1266).
En
fait, en lisant cette partie du Catéchisme de l’Église
Catholique, je prends un peu mieux conscience du don immense qui m'a
été fait le jour de mon baptême et je me rends compte aussi, une
fois de plus, que seule, je ne suis rien. Tout m'est donné par Dieu,
au moment du baptême et des sacrements qui ont suivi (première
communion, première confession, confirmation) et à chaque fois que
je communie, que je me confesse, à chaque fois, Dieu me redonne
encore et encore, inlassablement, son amour. C'est pour cette raison
que la messe du dimanche est indispensable (en fait, plus j'avance,
plus je me dis que ce n'est pas seulement le dimanche qu'elle est
indispensable, mais tous les jours… si c'est possible!). Dieu
m'aime. Il m'aime tellement qu'Il a donné son fils pour me sauver,
pour me délivrer du mal ! (c'est vertigineux, une fois
encore...) Et chaque jour, à la messe, Il se donne à moi. Chaque
jour, Il m'attend, tel un ami qui m'invite à sa table pour le repas
de fête auquel je suis invitée. Si je viens, je partage sa joie à
table. Si je ne viens pas, Il ne m'en voudra pas parce qu'Il m'aime
et qu'Il peut comprendre, mais je me prive de Sa nourriture, de Sa
vie en moi. Finalement, je me punis moi-même en ne venant pas à Sa
table prendre le pain de vie… C'est dommage, hein ! Depuis que
j'ai compris ça, la messe du dimanche n'est plus une contrainte mais
une joie, tout comme j'éprouve une grande joie à partager un repas
avec des amis ou à passer du temps avec eux, simplement.
De
la même manière, la prière devient aussi un moment où je peux
être avec Jésus et avec mon Père. C'est LE moyen qu'Il m'a donné
pour passer du temps avec lui, tout comme, fiancée, je passais du
temps avec Jean-Luc en allant au restaurant ou en discutant avec lui
sur mon canapé, dans mon appartement.
En
définitive, ce que je vis dans ma journée, avec la prière, la
messe (quand je peux) c'est simplement une relation d'amour. Du coup,
les choses sont renversées. Ce n'est pas Dieu qui n'est pas là
quand il nous arrive une crasse ou quand il y a des souffrances qui
semblent n'avoir aucun sens. Ce n'est pas Dieu qui ne fait rien quand
les hommes se font la guerre en son nom… C'est l'homme qui oublie
que Dieu est là et qui ne lui fait aucune place dans sa vie. Les
guerres, le terrorisme… ne sont pas voulus par Dieu. Ils sont le
résultat de la liberté de l'homme, utilisée à des fins
meurtrières, contre d'autres hommes.
Voilà.
Par mon baptême, je suis devenue Fille de Dieu. Je suis aimée de
Lui, comme toutes les personnes qu'Il a créées. Je suis moi-même
créée à Sa ressemblance, et Il me donne la liberté de me tourner
vers Lui ou de me détourner de Lui si je le souhaite. Je n'ai aucun
doute là-dessus : si je décide de Le suivre, Il en sera
heureux. Si je décide de ne plus Le suivre, Il en sera malheureux
mais Il me laissera libre de partir. Parce qu'Il m'aime tellement
qu'Il est capable de souffrir pour moi. De mourir, même, pour moi.
Un tel amour, moi, ça a plutôt tendance à me faire fondre… et à
me précipiter dans Ses bras !
samedi 13 septembre 2014
De l'actualité la plus abjecte (et la plus drôle aussi !) à la Volonté divine (oui, je sais, c'est un peu le grand écart...)
Je suis assez sidérée en ce moment par ce que je vois passer aux informations. Heureusement que je n'ai pas la télévision, parce que je crois que ce serait bien pire...
Bref, il y a quelques événements qui m'ont marquée ces jours derniers, et j'ai beau vouloir lâcher sur l'actualité, il y a des fois où il faut vraiment, vraiment que je l'ouvre sous peine de ressembler à une cocote-minute.
Donc, premier événement : la sortie du livre de Valérie. Alors ça, c'est plutôt un non-événement, en fait, mais qui me laisse pantoise quant au succès de librairie que ça devient. Valérie Trierweiler sort un bouquin et moins d'une semaine plus tard, elle concurrence les Guillaume Musso et autres auteurs de fiction à gros tirage ! Ce qui me fait me poser une question : ce qu'elle a écrit serait-il une pure fiction ? Parce que, pour le coup, ça expliquerait beaucoup de choses !
Malheureusement, je pense qu'en plus, ça ne l'est pas. Ce qui veut dire qu'un nombre non négligeable de nos concitoyens, tout en déplorant le manque de sérieux de notre président et en souhaitant massivement qu'il quitte le pouvoir avant la fin de son mandat, sont prêts à dépenser 20€ pour se repaître des déboires de sa défunte vie de couple. Je ne sais pas trop que penser de tout cela, si ce n'est que c'est assez révoltant. Et que ça explique bien des choses. Parce que je ne peux pas penser à ce livre sans revoir la photo de François Hollande sur son scooter, lorsqu'il allait voir Julie Gayet dans son appartement de la rue d'à côté. Ce que ça dit de l'image du président de notre pays, et donc de la fonction présidentielle, ça fait un peu peur quand même. Finalement, ces jours derniers, qu'a-t-on retenu de l'action de notre président de la République ? Pour ma part, pas grand-chose, si ce n'est qu'il est "choqué" par ce qu'a écrit son ex-compagne à propos des pauvres. Qu'il soit sincère ou pas, qu'il fasse partie de la "gauche caviar" ou qu'il soit réellement concerné par le sort des plus pauvres de notre pays, ce n'est pas le vrai problème, finalement. Parce qu'il y en a eu, et il y aura toujours, des gens pour mettre en doute l'engagement d'une personne. Mais le vrai problème, à mon avis, c'est que notre président fait tellement peu pour aider réellement les Français que la seule chose qui fait parler de lui, ce sont les déboires de sa vie conjugale et les morceaux choisis qui ne doivent pas manquer d'être croustillants (ceci expliquant sans doute le succès de librairie) de sa relation avec Valérie. Comment dire ??? C'est juste affligeant, quoi. Si encore il y avait quelque chose à dire sur la politique, si encore il faisait quelque chose qui ait une réelle portée sur la vie des gens, mais même pas. Enfin, si, je suis injuste. Il paupérise la population, ça, c'est une réalité. Les impôts sont de plus en plus élevés, on parle d'augmentation du taux de la TVA, les salaires français sont les plus ponctionnés d'Europe... Sans que tout soit exclusivement de sa faute, pour un président qui "aime les pauvres" selon ses dires, c'est quand même assez dérangeant...
Alors oui, aujourd'hui, il est parti en Irak assurer le nouveau gouvernement de son soutien. Il aura attendu combien de temps, pour faire quelque chose ? Si j'ai bonne mémoire, les Chrétiens de Mossoul ont été obligés de quitter leurs maisons et leur ville il y a 3 mois déjà. Même les plus hautes instances internationales parlent de "Crime contre l'humanité", mais en France, le président ne fait et ne dit rien avant 3 mois ? Ou alors j'ai loupé beaucoup de choses dans l'actualité ?
Deuxième événement : la "phobie administrative" de notre ex-ministre.
Alors ça, franchement, ça m'a fait hurler de rire au sens propre du terme. C'est gigantesque, un truc pareil ! Bien plus qu'énorme !!! Phobie administrative. Fallait la trouver, celle-là ! C'est exceptionnel, venant de quelqu'un qui navigue depuis quand même pas mal de temps dans les hautes sphères administratives justement ! Non, lui, c'est un vrai, un beau, un magnifique champion du monde !!! Et du coup, il y a maintenant un formulaire pour faire une déclaration de "phobie administrative" en ligne ! Ça, c'est bien. Parce que c'est vrai, hein, pourquoi lui, il aurait une excuse pour ne pas payer ses impôts (et son kiné, et son loyer) et pas nous ??? Comme ça, au moins, ses neuf jours au gouvernement auront quand même servi (un tout petit peu) à quelque chose !
Sérieusement, c'est quand même délirant, cette histoire. Un homme qui fait partie de ceux qui demandent des comptes à Jérôme Cahuzac et qui n'est pas plus "propre" que celui qu'il accuse... C'est moi ou on vit dans un pays où les hommes politiques sont tous pires les uns que les autres ? Parce qu'à ce rythme-là, il n'y a même plus besoin d'opposition au gouvernement : ils sont tellement forts qu'ils se sabordent tous seuls... Blague à part, ça fait quand même peur. Je n'ai pas osé regarder les titres de la presse étrangère, mais j'imagine que notre beau pays doit être l'objet d'une franche rigolade. Comment, après ça, être digne sur la scène internationale ? Comment s'étonner que l'Allemagne et l'UE ne nous prennent pas au sérieux sur les questions internationales et européennes, budgétaires et autres, si nos représentants sont infoutus de payer leurs propres impôts, dans leur propre pays ? Comment se dire un interlocuteur sérieux au niveau européen ou international quand on n'est même pas capable d'être crédible dans le pays qu'on administre ? Cette histoire de phobie administrative, c'est vraiment, vraiment drôle (j'ai guetté tous les jours depuis le début de la semaine les articles de presse pour savoir ce qu'il avait encore omis de payer, c'est dire ! je n'ai que rarement été aussi assidue à la lecture de la presse sur Internet, moi !) mais, franchement, qu'est-ce que ça dit de notre gouvernement ? Quelle image donnons-nous de nos dirigeants, et comment demander aux citoyens lambdas de payer leurs impôts et leurs factures après ça ?
En fait, même si on prend le cas de ce cher ex-ministre pour ce qu'il est, à savoir rien de plus que l'ego surdimensionné d'un homme qui se croît tout simplement au-dessus des lois depuis qu'il a été élu, cette histoire en dit long sur l'état de la vie politique en France. Nicolas Sarkozy avait déjà bien entamé l'image présidentielle en faisant son jogging sous l’œil des caméras et en ayant un style présidentiel à la fois bling-bling et tapageur, mais au moins, il avait une présence à l'extérieur qui en imposait. François Hollande a juste terminé de saborder l'image de la fonction présidentielle en France en multipliant les bourdes et en confondant gravement la vie publique et la vie privée. Et une image, tout le monde le sait, ça se défait très vite. Mais pour la reconstruire, ça prend des années, le plus souvent. On n'est pas rendu, comme on dit en Bretagne !
Enfin, bien plus grave sûrement, bien moins anecdotique et drôle, la relaxe des Femen. Alors là, ça me laisse un peu pantoise, non pas parce que je m'attendais à autre chose, mais parce que le fond du problème semble être qu'elles ont été accusées de dégradation de biens (les cloches ont été abimées durant l'exhibition des neuf femen) au lieu d'avoir un chef d'accusation adapté. Non, le problème n'était pas que les cloches aient été abimées, ça, ce n'était qu'un dégât collatéral. Le fond du problème, c'est l'incitation à la haine envers les chrétiens, envers l'église catholique. Il ne faut pas oublier que cet événement a eu lieu juste après l'annonce de la démission du Pape Benoît XVI et que l'une de ces femmes portait sur elle l'inscription en noir "Pope Game over". C'est on ne peut plus clair. Là où il y a un vrai problème, c'est qu'au lieu de leur faire un procès pour incitation à la haine, on leur a fait un procès pour dégradation de biens, ce qui est bien moins grave (pardon pour l'intitulé, je ne suis pas juriste, loin de là). Donc s'il n'est pas possible de prouver que les dégradations sur les cloches sont le fait des activistes, ce qui est plus que probable étant donné que les cloches en question ont quelque 850 ans et que, même nouvellement restaurées, il reste inévitablement une vraie usure du temps, il va de soi que ces femmes n'ont pas pu être condamnées. Alors je me pose une question : J'ai lu dans je ne sais plus quel article que c'était le parquet de Paris qui avait qualifié les faits. Pourquoi ne s'être attaché qu'à l'aspect matériel des choses au lieu de regarder l'ensemble de l'événement ? Pourquoi ne pas prendre en compte le fait que c'est une vraie profanation et une manifestation hostile envers l’Église qui a eu lieu ce jour-là ? Parce que les Femen ne se sont pas attaquées aux cloches, mais réellement à l’Église catholique ! Pourquoi, sinon parce que, dans notre pays, les Chrétiens n'ont plus vraiment droit de cité, même si la liberté de culte existe toujours officiellement ? Quand je me remémore ce qui s'est passé en cette fin d'année 2013 et le début de l'année 2014, où il y a eu la profanation de la Madeleine juste avant Noël et celle de Notre-Dame de Paris, quand je me souviens que Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur (et donc aussi Ministre des Cultes !) n'a rien dit, n'a pas immédiatement condamné ces actes alors même que quand il y a profanation d'un cimetière juif ou une attaque envers les musulmans de France le même ministère des Cultes réagit au quart de tour, je me pose quand même des questions : serions-nous, nous, chrétiens, et catholiques en particulier, des sous-citoyens qui comptent pour rien et qui n'ont aucun droit d'être défendus quand ils sont attaqués ? Qu'est-ce que ça dit aussi du ministère de la Justice ? Si c'est bien le parquet de Paris qui a qualifié les faits, pourquoi, alors que l'incitation à la haine est punie par la loi, n'a-t-il pas ajouté ce chef d'accusation à celui de dégradation de biens ? Y aurait-il impunité pour ceux qui luttent contre l’Église catholique ? Je ne connais, bien sûr, pas tous les tenants et aboutissants de cette affaire. De l'extérieur, c'est-à-dire du point de vue de la citoyenne catholique de base que je suis, c'est en tout cas ce qui me vient comme questions. Il y a eu l'histoire du mur des cons, quand même. Et il y a eu les auditions des responsables religieux pour la loi sur le mariage pour tous au Parlement, dont on sait avec quel mépris ils ont été "écoutés", en particulier Monseigneur Vingt-Trois... De sorte que, même si tous ces faits n'ont rien à voir entre eux, je me pose quand même la question de la partialité de nos dirigeants politiques et de notre justice sur les questions religieuses, et en particulier catholique.
Il y a, dans tout ceci, certaines choses qui me font penser que le retour du Christ est proche. Certes, il est annoncé depuis deux mille ans. Alors on pourrait être tenté de se dire que bon, depuis le temps qu'il doit revenir, il attendra sans doute encore une bonne centaine d'années et que donc on n'est pas prêts de le voir. Eh bien je n'en suis pas si certaine que ça. Parce que quand je vois ce qui se passe (destruction des familles, fragilisation de l’Église catholique, culture de mort à tous les stades de la vie par l'avortement, l'euthanasie des personnes âgées et, maintenant, des enfants, génocide des plus fragiles par l'avortement thérapeutique de la grande majorité des enfants trisomiques, destruction de l'éducation parentale par l'obligation de scolariser les enfants très jeunes dans des établissements où on prône l'indifférenciation entre filles et garçons, et donc destruction de l'identité même des plus jeunes enfants sur du long terme, baisse du taux de natalité, instauration d'un état islamique dans de plus en plus de pays, police de la charia en Allemagne...), je me dis que Satan se déchaîne vraiment en ce moment. Et s'il se déchaîne, c'est peut-être tout simplement pour perdre le plus d'âmes possibles. Je me demande pour ma part si le diable ne veut pas, tout simplement, gagner le maximum d'êtres à sa "cause" et qu'il le fait vite, en ce moment, par tous les moyens à sa disposition, parce qu'il sait que le Christ va revenir très vite maintenant et que toute âme perdue pour le ciel sera gagnée pour lui... Quand on y réfléchit, c'est vraiment une évidence, en fait. Combien y a-t-il de croyants aujourd'hui en France ? De personnes qui font l'effort de se rendre à la messe dominicale très régulièrement ? De personnes qui se confessent, qui communient, qui prient chez elles, avec leurs conjoints et leurs enfants ? Combien, parmi les prêtres, sont-ils à voir et à croire que Satan est à l’œuvre en ce monde ? Combien sont-ils à croire que le Christ fait encore des miracles, qu'Il guérit vraiment, qu'Il est réellement le Médecin dont nous avons besoin ? Pour ma part, j'avais témoigné de ma guérison et j'étais allée me présenter à mon curé quelques temps après pour lui annoncer la bonne nouvelle. Je ne suis pas du tout convaincue qu'il m'ait crue... Mais, comme Bernadette, je n'étais pas chargée de le lui faire croire, juste de le lui dire. Mais si même certains prêtres ne croient pas aux miracles et aux guérisons, comment peuvent-ils annoncer la Bonne Nouvelle de la vie et de l'avènement du Christ ? Comment peuvent-ils parler de l'Amour infini du Père s'ils ne pensent pas qu'Il est le Dieu de l'impossible, et qu'Il peut donc tout nous donner, y compris, et surtout, ce que notre esprit limité ne peut même pas imaginer ? Je ne jette pas la pierre à ce prêtre. J'espère qu'il aura été touché par quelqu'un d'autre, par un autre témoignage (peut-être que le mien n'était pas assez parlant ? Peut-être qu'il n'a pas voulu cautionner un événement qui n'a pas été "reconnu" officiellement par l’Église ?) ou qu'il entendra la Bonne Nouvelle autrement. Après tout, mon cas n'est ni unique, ni essentiel. Ce qui est essentiel, c'est l’Évangile. Si l’Évangile me permet de mieux vivre, alors je ne peux que m'en réjouir ! Mais si mon témoignage ne parle pas à certains, tant pis, puisque l'essentiel n'est pas là. Mais en tout cas, ce que je vois, c'est qu'apparemment, l’Église est en chute libre partout dans nos sociétés occidentales. Partout, chez nous, on vit sans Dieu, on n'a plus besoin de Lui, on ne fait plus appel à Lui, on ne compte que sur ses propres forces... sans comprendre que Dieu peut tout et qu'il est bien plus simple et rapide de Lui faire confiance et de Lui demander son aide !
Il y a quelque chose que j'ai fait il y a quelques mois, en constatant que ma volonté m'emmenait directement dans le mur, et ce très régulièrement. À chaque fois que je voulais quelque chose, à chaque fois que je faisais quelque chose de mon propre chef, ce que je mettais en place était voué à l'échec à plus ou moins long terme. Du coup, j'ai tout simplement décidé d'abdiquer. Abdiquer, oui, ma volonté, au profit de celle de Dieu. Ne plus décider seule. Essayer de me mettre à Son écoute pour faire Sa volonté. Ce n'est pas toujours facile et il y a souvent des "loupés". Mais en tout cas, depuis, je me sens mieux, ce que je fais arrive plus souvent à son terme et "marche" mieux. C'est valable pour l'instant surtout dans les petites choses du quotidien. J'offre souvent le repassage (j'en avais déjà parlé dans un autre billet, du repassage !), la préparation des repas, les soins à apporter aux enfants, le temps passé avec eux, ma fatigue, mon rhume, mes découragements, mes espoirs déçus... En tout cas, tout ce que j'ai offert est un poids en moins pour ma journée qui, du coup, est plus simple à vivre. Alors je ne sais pas du tout comment ça "marche", ni même si on peut appeler ça "marcher", mais en tout cas, ma vie est bien plus simple comme ça. Considérer que tout vient de Dieu, que je peux et dois tout attendre de Lui, c'est avancer en humilité (tout ce que je réussis, du coup, n'est pas à porter à mon crédit mais à celui de Dieu) et se laisser combler par la Providence. Parce que, du coup, ce qui est marrant, c'est que Dieu pourvoit à tout ! Des dettes à rembourser, un frigo qu'on peine à remplir, une maison à vendre, des vêtements à trouver pour les enfants... tout arrive par la Providence, parfois avec des chemins détournés, mais enfin, la vérité est là. Donc je n'ai plus de raisons de m'en faire pour des raisons financières, puisque nous avons tout ce dont nous avons besoin, au moment où nous en avons besoin ! C'est pas beau, ça ?
Donc je n'ai qu'un conseil : essayez de considérer l’Église et Dieu autrement que comme une liste d'interdits et une morale qui ne vous plaît pas. Parce que, ça aussi, il faudra qu'on en reparle. La "morale" de l’Église rend libre ! Lisez les Écritures et vous y verrez l'Amour du Père pour ses enfants, vous y verrez aussi le don radical du Christ pour nous sauver. C'est pour cette raison que je n'ai pas peur malgré tout ce que je décrivais ci-dessus : même si Satan et ses sbires se déchainent pour nous perdre, nous ne craignons rien. Parce que, sur la Croix, le Christ a déjà vaincu la mort ! Il est mort pour nous sauver du péché, Il est ressuscité et Il a promis de nous préparer une place au Ciel. Encore faut-il qu'au jour de Son retour, nous soyons prêts à Le voir, à Le reconnaître pour notre Dieu, Père, Fils et Esprit.
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