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jeudi 7 mai 2020

Covid-19 : Journal #2

Nous arrivons (enfin ?) à la fin de ce confinement qui dure depuis maintenant presque deux mois. Et vient maintenant le temps des questions.
Tout d'abord : comment allons-nous sortir de ce confinement ? Comment les enfants vont-ils retourner à l'école ? À quelles conditions ? Quand exactement ?
Et puis, il y a des questions qui me taraudent depuis quelques temps, à savoir la "responsabilité" des "citoyens", que notre cher Premier Ministre appelle de ses vœux. On en serait presque à se dire que la réussite du déconfinement ne sera une réalité que si les "citoyens" de ce pays font preuve de responsabilité. Contrairement au gouvernement ? Malgré le gouvernement ?

En fait, je me demande vraiment ce qu'il faut penser de toute cette crise.
Dans un premier temps, on nous a caché la vérité ("ce n'est qu'une grippette"). Puis on nous a infantilisés ("ce n'est pas la peine de porter des masques, de toute façon, c'est difficile de porter un masque et un masque qu'on ne met pas correctement, c'est contre-productif et ça risquerait d'aggraver la crise").
Et aujourd'hui, il faudrait qu'on soit responsables.
Soit.
Le gouvernement (Premier Ministre, Président, Porte-parole, Ministres de la santé, de l'éducation et/ou du travail en tête) me semblent être de véritables girouettes. Et ils me semblent prendre les Français pour des imbéciles.
Vous croyez vraiment, chères "élites", que nous, parents d'enfants, enfants de personnes âgées, sommes irresponsables au point de faire prendre des risques à ceux que nous aimons, et à nous-mêmes ?
Vous croyez vraiment que nous vous avons attendus pour savoir quoi faire et comment le faire ? Pour nous rendre compte que les masques sont tout simplement indispensables pour ne pas propager ce virus ? Pour comprendre la gravité de la situation, quand on comptait déjà le nombre de morts et de personnes en réanimation, alors que vous continuiez à nous chanter le refrain "Tout va très bien, Madame... " ?

Alors aujourd'hui, je me dis qu'il va falloir vraiment que les pendules soient remises à l'heure. Soit les Français sont des irresponsables et des imbéciles, et il nous faut alors des chefs dignes de ce nom (mais aussi des gens capables d'expliquer simplement à tous ces irresponsables et ces imbéciles que nous sommes l'importance des masques, des gestes barrières et de la reprise du travail dans des conditions complexes), soit les Français sont des gens responsables, et alors il faut que le gouvernement en tire toutes les conséquences. Et en particulier qu'on arrête de nous dire tout et son contraire en l'espace de quelques jours.
Parce que, en 48 heures, on a eu : "Il faut fermer les écoles" (le 13 mars) et, le même jour : "Il faut maintenir les élections municipales". Puis, le 16 mars : "Restez chez vous" (sans prononcer une seule fois le mot "confinement" : chapeau, l'artiste !)
Et puis on a eu aussi "Les masques ne servent à rien", "Tout le monde doit porter des masques", "Les masques FFP2 sont à réserver au personnel médical" et "Soyez responsables, faites vous-mêmes des masques" et "Des masques grand-public, en tissu, lavables, vont être livrés pour tout le monde".
Alors il faut savoir : on va avoir des masques, ou bien il faut les faire soi-même ? Je suis prête à me mettre à ma machine à coudre, mais je vais avoir un problème basique très simple : pour pouvoir faire mon masque, il va falloir que je puisse sortir et aller dans le magasin de tissu où je m'approvisionne habituellement pour y acheter... de l'élastique ! Ben oui, c'est aussi simple que ça. Je pourrais toujours commander par Internet, mais... en fait, non, parce que les délais postaux se sont considérablement allongés ces dernières semaines. Et si ça se trouve, je recevrai mon élastique une fois que nous serons de retour en confinement, si ça se passe mal. Bref. C'est assez ubuesque, semble-t-il...

Donc, partons du principe que les Français ne sont ni des imbéciles, ni des irresponsables. Oui, il y a des gens qui ne comprennent rien d'autre que la trique et le bâton, mais ma grande foi en l'humanité me fait penser que ces gens-là ne sont pas une majorité et que la plupart de nos concitoyens sont juste des personnes qui cherchent à vivre normalement, en prenant soin de leurs proches, enfants, parents, grands-parents, et, surtout, qu'ils n'attendent plus, depuis un certain temps, que l'Etat vienne à leur secours. Tout simplement parce qu'ils se sont bien rendu compte que l'Etat ne venait jamais qu'au secours des mêmes, toujours des mêmes depuis au moins dix ans : les grandes banques, les grandes entreprises, les grandes fortunes. Les autres, la plupart des autres, c'est encore et toujours la débrouille, l'inventivité et le bricolage en attendant que la situation s'améliore. Et heureusement, d'ailleurs, parce que sinon, la situation serait sans doute bien pire qu'elle n'est aujourd'hui, quand on voit la manière dont cette crise a été gérée depuis son démarrage.

Alors pour le déconfinement, j'ai en ce qui me concerne pas mal de questions, notamment à propos de l'école.
Les informations que j'ai eues, c'est que les enfants qui iront à l'école n'auront pas forcément cours tous les jours, mais sûrement à mi-temps (une semaine sur deux ou deux jours par semaine, ça a l'air de s'orienter, chez nous, vers un sondage des familles par la directrice de l'école. Je suppose que la formule qui emportera le plus de suffrages sera mise en place. Une manière démocratique, en somme, de s'organiser quand le flou artistique règne à tous les étages).
De plus, les enfants ne seront pas forcément avec leur maître ou maîtresse habituel(le), certain(e)s restant en télé-travail, d'autres assurant le présentiel (histoire, sans doute, de limiter le nombre d'adultes dans les écoles). 
Puis, les enfants seront sommés de ne pas s'échanger de matériel, que ce soit un stylo ou un jeu. Ils ne pourront pas non plus jouer à plusieurs, mesures de distanciation sociale obligent. De la même manière, la maîtresse, qui aura donc à gérer des élèves de plusieurs classes différentes qu'elle ne connaît sans doute pas très bien, n'aura pas le droit de toucher un objet qui sera passé entre les mains d'un élève (stylo, cahier, feuille de papier...). Ce qui veut dire aussi qu'elle ne pourra pas corriger un cahier. Tout va donc se passer sous forme d'auto-correction. Alors l'auto-correction, c'est bien quand la maîtresse utilise le tableau et écrit dessus ce que les enfants doivent avoir dans leur cahier. Mais quand il y a plusieurs niveaux, ça devient vite compliqué, même s'il ne faut pas négliger l'inventivité et la débrouillardise des institutrices et instituteurs dans ces cas-là. 
Et puis, les enfants, après deux mois, grosso-modo, où ils n'auront pas pu voir leurs camarades de classe et jouer avec eux, ce qu'ils attendent du déconfinement, c'est justement de pouvoir reprendre leurs jeux, dans la cour. Et ça, ben... ça va pas être possible !

Diantre ! Mais c'est quoi, alors, l'intérêt du déconfinement des enfants et de la reprise de l'école, si cette reprise doit se faire au détriment des élèves, de leurs apprentissages, de leur socialisation, de leur santé et de celle des adultes qui les accompagnent, si cela doit être plus problématique encore que l'école à la maison ?
Ah oui. J'oubliais. 
L'économie.

La reprise du travail pour les parents.
Mais... cela veut donc dire que l'école, c'est, finalement, un moyen hyper-pratique pour les parents de faire garder leurs enfants à peu de frais ?
Ou bien un moyen hyper-pratique pour l'Etat de faire travailler les parents sans qu'ils aient à se soucier de la sécurité de leurs enfants ?
Ou bien encore cela veut-il dire que la reprise de l'économie, du travail, est plus importante que la santé des personnes ?
Non.
Ça ne peut pas être ça ! Ce serait par trop cynique !!!

En tout cas, il reste beaucoup de flou dans toute cette histoire. 
Déjà, la première question, c'est "quand ?". Parce que si notre Premier Ministre s'est amusé à classer les départements français en fonction du nombre de malades et des capacités des hôpitaux à prendre en charge les malades en leur attribuant une couleur rouge, orange ou verte, ce n'est sans doute pas simplement pour décorer les murs du ministère de la santé ou pour passer le temps.
Donc ce "classement" implique forcément des modalités de déconfinement différentes en fonction des départements, ce qui me semble, pour le coup, parfaitement logique, en ce sens que la situation n'est absolument pas la même dans une région comme l'Alsace (oui, désolée, j'en suis restée à l'ancien découpage administratif avec 22 régions), où le nombre de cas, de décès et d'hospitalisations reste très importants, et en Bretagne, où les médecins n'ont vu que quelques cas de Covid-19 isolés et où la situation est bien moins critique que dans l'Est de la France ou la Région parisienne, par exemple.
Ah oui, mais alors ça va poser un vrai problème logiciel, ça.

Ben oui.
Parce que le logiciel de l'Etat, c'est celui qui met l'égalité du citoyen devant la loi, le droit et toutes les décisions prises au premier plan. C'est sans doute pour cette raison, d'ailleurs, que certaines décisions paraissent aujourd'hui totalement absurdes et incompréhensibles, sauf si on les observe avec ce prisme de lecture-là. Par exemple, pourquoi des départements qui avaient réussi à commander des masques ont-ils vu leurs commandes réquisitionnées par l'Etat et stockées ?
Sans doute pour la simple raison qu'à ce moment-là, l'Etat étant dans l'impossibilité de fournir des masques à toute la population a décidé que ce serait tout le monde... ou personne. Et que donc, ce ne serait personne.
Pour l'école, qui dépend du Ministère de l'Education, c'est la même chose. Il faut donc déconfiner tout le monde en même temps, en aménageant ce déconfinement non pas en fonction des régions, ce qui serait parfaitement logique, mais en fonction des niveaux. Les CM2 d'abord, puis les grandes sections de maternelle et les CP, puis les autres élèves du primaire... mais pas les lycéens. Eux, ils peuvent rester chez eux. D'ailleurs, le bac a déjà été aménagé, alors ils n'ont plus grand-chose à faire au lycée, hein !
Sauf que, du coup, on va se retrouver avec des familles, quand il y a plusieurs enfants en primaire et/ou en maternelle, par exemple, où certains pourront retourner à l'école, mais pas les autres. Ou bien pas tout de suite.
Donc, la logique qui va prévaloir dans la grande majorité des familles qui en ont la possibilité, c'est de ne déconfiner personne, de laisser les enfants à la maison, de continuer l'école à la maison, sous la responsabilité des parents qui pourront se permettre de ne pas aller travailler. Ou qui pourront profiter du télé-travail.

Alors, finalement, c'est le citoyen qui prend la décision. La décision de retourner au travail si son employeur lui laisse le choix. La décision de renvoyer son ou ses enfants à l'école. La décision de porter un masque à l'extérieur (parce que non, ce ne sera sans doute pas obligatoire, sauf dans les transports en commun). La décision de se signaler au médecin ou à la fameuse brigade spécialement formée pour ça (pour être intrusive tout en étant humble ! Mais comment ils vont faire ?) en cas de symptômes potentiellement liés au Covid-19. La décision de rester confiné chez soi ou bien d'aller à l'hôtel...
Si c'est le citoyen qui est responsable de tous ces choix-là, alors c'est banco pour le gouvernement. Parce que du coup, si le déconfinement se passe mal, si l'épidémie repart, nos chers dirigeants pourront toujours dire : "C'est pas de notre faute !"

Il y a des baffes qui se perdent, moi, j'vous dis !

La situation est insoluble, parce que le gouvernement n'est pas honnête depuis le début. Ni sur la gravité de la crise, ni sur la question des masques et des tests, ni sur la sortie de crise et du confinement. Face à ce chaos le plus complet, face à ces revirements multiples, à ces injonctions absurdes et contradictoires, il devient très difficile de savoir ce qu'il convient de faire.
Juste un exemple sur le port du masque :
Il est plus que recommandé d'en porter un dès qu'on sort de chez soi, mais ce ne sera pas obligatoire sauf dans les transports en commun, au supermarché... dans tous les endroits où on est susceptible de croiser du monde. Oui, mais je fais quoi de mon masque en tissu fait avec mes jolies petites mains, si je suis allée à la grande ville en bus pour y faire quelques courses et déposer des chèques à la banque ? J'ai mis un masque pour aller dans le bus, puis j'ai marché dans la rue et j'ai enlevé mon masque pour respirer un peu mieux (parce que je ne sais pas si vous avez essayé, mais c'est assez contraignant de respirer avec un masque sur le visage) et/ou pour profiter de la douceur de la météo en ce printemps que nous vivons en grande partie confinés pour l'instant. Puis j'arrive à la banque, je vais donc devoir remettre mon masque. Sauf que si j'ai croisé quelqu'un dans le bus qui était porteur du virus et que ce quelqu'un a pu projeter sur moi des gouttelettes contaminées (ce qui ne devrait pas arriver s'il portait un masque, mais on sait que les masques grand public ne protègent pas à 100%), alors mon masque est lui-même certainement contaminé. Je vais donc le remettre sur mon visage en rentrant dans la banque et, au choix, me contaminer moi-même pour avoir touché le masque contaminé avec mes mains que j'avais pourtant désinfectées au gel hydro-alcoolique avant de partir, ou bien contaminer la personne au guichet de ma banque où je vais déposer mes chèques en souffrance depuis le début du confinement, parce que j'ai fait les courses pour mes voisins depuis qu'ils ne peuvent plus sortir de chez eux...
Moi, je vous dis, ça va être coton.

Et la question que je me pose, aussi, c'est, finalement, qui sera responsable en cas de problème durant le déconfinement ? L'Etat semble avoir posé tous les jalons pour se défausser. Alors qu'Edouard Philippe n'y était pas du tout obligé, il a présenté son plan de déconfinement aux députés et aux sénateurs. Une manière de leur dire : "Voilà ce que nous prévoyons de faire. Si vous êtes d'accord avec ce plan, alors en cas de problème, vous en porterez la responsabilité autant que nous. Et si vous n'êtes pas d'accord, alors vous serez les responsables des multiples faillites d'entreprises qui ne manqueront pas d'arriver si la reprise ne peut pas se faire".
C'est la même tactique que celle qui consiste à en appeler à la responsabilité des citoyens.
Dans tous les cas, c'est "Face, je gagne, et pile, tu perds".

Aahh !!! Vivement 2022 ! (ou pas...)

mardi 13 octobre 2015

Ils deviendront des moutons bêlants...

Je ne sais plus comment faire, que faire, surtout, pour que les choses changent, pour que les gens ouvrent les yeux. Quand je lis les infos, je me demande comment il se fait que si peu de personnes se rendent compte de ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Sommes-nous vraiment si peu nombreux à avoir un cerveau et à nous en servir ? Ou alors... la grande majorité de la population de ce pays a d'autres préoccupations plus importantes ? Ou encore... la grande majorité de la population de ce pays est déjà tellement endormie qu'elle ne voit même plus ce qui se passe ?

Je pense à plusieurs choses concomitantes :
- mariage pour tous, enfants pour tous
- réforme de l'éducation
- laïcité à tous les étages
- arrivée massive d'immigrants
pour ne prendre que ces quatre sujets bien assez importants en eux-mêmes, sans parler du reste (enfumage total sur l'évolution du monde, sur sa naissance, économie, etc.).

J'ai longtemps hésité à en parler ici (en fait, pas trop, tout simplement parce que je ne suis pas lue par beaucoup de monde), surtout parce que je me demande à quoi cela peut bien servir. Et puis, il y a la certitude que tout est surveillé, que rien de ce qui est écrit n'est ignoré, d'une manière ou d'une autre. Vu la portée de mes écrits, je me dis que ça ne risque pas grand-chose, si ce n'est de m'attirer un peu plus l'incompréhension de certains, donc j'y vais.

Sur le mariage pour tous, des enfants pour tous... en bref, sur le gender (parce que c'est ça, l'idéologie qui se cache derrière tout cela) :
- J'observe que nombre des enfants dans les classes de mes propres enfants sont issus de familles où les parents ont divorcé, ou bien où les parents se sont remariés ou vivent en couple avec un autre parent que le père ou la mère de leurs enfants.
- J'observe aussi que ces enfants, en général, sont à la pointe de la technologie : j'ai été totalement sidérée d'apprendre, par exemple, qu'un garçon de l'âge de ma troisième (donc environ 9 ans), avait en sa possession un smartphone. Oui, vous avez bien lu : comme son frère de 11 ans, il a un smartphone. Et aussi une ou deux DS, une Wii et une tablette tactile. Alors le gamin en question a précisé que ce téléphone ne sert pas à téléphoner pour qu'il n'y ait pas de dépassement de forfait ou je ne sais quoi. Il sert à quoi, alors ? Tout simplement à jouer. Avec son frère, il y a téléchargé des jeux depuis Internet et joue avec en dehors des heures de classe (je tiens à préciser quand même que dans leur école, les téléphones portables, DS, tablettes et autres sont totalement interdits, pour d'évidentes questions de sécurité, l'école ne pouvant être tenue pour responsable de la casse ou du vol des objets technologiques apportés par les enfants). D'entrée de jeu, là, il y a quelque chose qui me chiffonne un peu : pourquoi un enfant de 9 ans a-t-il besoin d'un téléphone portable tactile (et dans nombre de cas, il s'agit même d'un Iphone, si, si !!!), si ce téléphone ne sert pas à téléphoner (honnêtement, en primaire, quand il y a un problème, c'est l'école qui appelle les parents) et si le même enfant a chez lui une tablette tactile qui fait aussi appareil photo, lecteur MP3 et lit, en plus, les vidéos sur Youtube ou celles qui sont enregistrées dans la mémoire de l'appareil ? Pourquoi, sinon parce que, comme beaucoup d'enfants, il lui faut, à lui aussi, un téléphone parce que les autres en ont ?
- Du coup, je m'interroge. Si on crée à 9 ans ce genre de besoins, qu'est-ce qui se passe pour l'enfant du point de vue de sa construction mentale ? Ce que j'ai observé chez mes enfants, au début de l'été, c'est que l'interdiction de la télévision (ou plutôt du visionnage de DVDs plus de deux jours par semaine pendant les vacances) avait formidablement stimulé leur imagination. Entre la fin des classes, début juillet, et le 22 août, mes trois aînés, à force de s'ennuyer, ont fini par écrire et tourner un film qu'ils ont ensuite monté avec l'aide de mon petit frère, qui travaille dans le cinéma à Montréal et sait donc comment monter un film, supprimer des séquences trop longues, ajouter des bruitages et de la musique, créer un générique, etc.
Le 22 août, ce film a été projeté à la maison lors de la fête de mon anniversaire, où nous avions réuni pas loin de 40 personnes. Et cela a été un grand succès.
Or il se trouve que le 14 août, après une très longue réflexion, nous avons accepté, mon mari et moi, que nos enfants s'offrent une tablette ou une DS chacun. Au final, nous avons donc deux DS (avec deux jeux différents) et une tablette tactile à la maison, dont ils ont tous été privés au début parce qu'ils se disputaient et avaient commencé par s'asseoir sur toutes les règles que nous avions mis en place, avec eux et avec leur accord, quant à leur utilisation. C'est dans cette perspective qu'ils sont allés jusqu'à la fin du tournage du film et qu'ils en ont assuré la finalisation avec mon frère.
En d'autres termes, ce film a vu le jour parce qu'ils s'ennuyaient pendant les vacances. Et uniquement pour ça. S'ils avaient eu leurs DS et tablette à disposition, ils y auraient passé leurs journées et vous pouvez être certains que nous n'aurions jamais transformé le salon en salle de cinéma.
- Donc, l'ennui stimule la créativité parce que le cerveau a besoin d'être occupé, de travailler. Vous allez me dire : "Il n'y a pas de différence : quand ils sont sur leurs DS, le cerveau est occupé et ils travaillent d'autres capacités, comme la concentration, la dextérité, la réactivité..." et je ne sais quoi encore. Sauf que non. Enfin, pour les capacités, je ne sais pas, mais ce que j'ai pu observer, c'est que quand je récupère les enfants après leurs heures de jeu sur les DS et la tablette, ils sont en général hyper-énervés, très agressifs, insultants et violents. Ils sont aussi hyper-individualistes, égoïstes, refusent de participer aux tâches qui leur incombent (mettre et débarrasser la table par exemple) ou simplement de prendre soin d'eux (prendre une douche), simplement pour pouvoir passer un peu plus de temps avec leur DS ou leur tablette. A contrario, quand ils n'en avaient pas, ils jouaient plus ensemble, lisaient davantage, prenaient part à des discussions en famille (pour les douches, c'était déjà compliqué avant, j'avoue...) et j'en oublie sûrement.

Alors j'ai un peu dévié, mais pas tant que ça. Parce que ce que j'observe, c'est que pour tous les enfants à peu de choses près, c'est la même chose. L'attrait des objets technologiques est phénoménal et il faut beaucoup de volonté et de renoncement pour y résister.
Vous allez me dire : quel est le lien avec le mariage pour tous et le gender ?
Cela ne semble pas évident, mais ce que je vois, c'est que la loi de 2013 sur le mariage transforme radicalement le sens du mariage lui-même dans la mesure où le mariage est lié à la filiation. Si dans le mariage "classique" seuls un homme et une femme peuvent se marier, c'est pour la simple et bonne raison qu'il faut un homme et une femme pour avoir des enfants. Il y a d'autres raisons, notamment dans la Bible, mais je ne voudrais pas que mon argumentation ne tourne qu'autour de la Bible, donc je vais vous donner cette raison purement biologique : il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant. C'est aussi bête que ça. Donc en autorisant deux hommes ou deux femmes à se marier, on modifie le sens du mariage dans son sens profond qui est celui de l'engendrement. On dissocie donc artificiellement le mariage de l'engendrement. Alors vous me direz : "C'est absurde, il a toujours été possible d'avoir des enfants sans se marier !" Oui. Bien sûr, les naissances hors mariage ont toujours existé. Oui, les "filles-mères" ont toujours existé, de même que les "bâtards". Mais si le terme de "bâtard" a un sens aussi péjoratif, c'est bien parce qu'il a été très mal vu, à un moment de notre histoire, de n'être pas issu d'une union légitime. En plus des questions évidentes liées à l'héritage, il y a la honte pour la mère en particulier d'être clairement en situation d'adultère (pour les femmes mariées) et donc d'avoir trahi le mari (c'est la même chose pour les hommes mais, bizarrement, c'est beaucoup moins problématique d'être le "bâtard du roi"...). Bref. Les naissances hors mariage ont toujours existé, mais pour autant, il n'a jamais été mis en doute qu'un enfant était issu d'un homme et d'une femme.
Or cette loi sur le mariage pour tous a décidé que ça, c'était terminé et que puisque deux hommes peuvent s'aimer, ils doivent aussi avoir le droit de se marier (ou deux femmes...). Donc d'avoir des enfants.
Petit arrêt sur cette question : la question des enfants. Elle est liée au mariage, forcément. Et on va me dire : "Pourquoi forcément ?" Très bonne question. Pourquoi, forcément ? Parce que si la procréation n'est pas liée au mariage, alors le mariage n'a plus aucun sens. C'est un fait, c'est aussi simple que ça. Si ce n'était pas le cas, nous n'aurions jamais eu ce débat sur le mariage pour tous. Parce que ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est que l'enjeu du mariage, c'est la possibilité d'avoir des enfants légalement. Donc si les lobbys LGBT se sont battus pour avoir le droit de se marier, c'est pour une seule et unique raison : se marier leur donne le droit d'avoir des enfants. Le DROIT. Pas la possibilité. Le DROIT.
S'il y a un droit, alors il faut que ce droit devienne possible. Comme il n'est pas possible naturellement à deux hommes ou à deux femmes d'avoir un enfant ENSEMBLE, alors il faut leur donner le droit d'en avoir de manière artificielle. Donc par l'adoption bien sûr, mais aussi et surtout par la PMA pour les femmes et la GPA pour les hommes. C'est juste logique. D'où les revendications et la question du DROIT A L'ENFANT qui, dans notre pays, remplace de plus en plus les DROITS DES ENFANTS... Mais ceci est un autre débat.

Cela va encore plus loin qu'une simple question de droit. Ou même d'enfant. Parce qu'on pourrait se dire aussi, comme certains me l'ont déjà opposé, qu'il n'y a pas de raison pour que deux femmes ou deux hommes soient de moins bons parents qu'un couple homme-femme. Oui, mais non.
D'abord, il faut comparer ce qui est comparable. Pour un enfant, il est indispensable de grandir dans l'altérité homme-femme, afin de pouvoir se construire correctement en tant qu'homme s'il est un garçon ou en tant que femme si c'est une fille. On pourra toujours objecter qu'il y a des enfants qui ont grandi dans des familles monoparentales ou dont le père est mort à la guerre et qui n'ont pas eu trop de problèmes à se construire en tant qu'homme ou femme. Bien sûr. Mais n'est-ce pas plus facile pour un enfant de se construire quand tout est fait pour l'y aider plutôt qu'en lui donnant directement un puzzle avec des pièces manquantes ou défectueuses ? N'est-il pas un peu hypocrite de dire qu'un enfant s'adaptera et qu'il vaut mieux qu'il soit aimé par deux femmes plutôt que pas aimé par un homme et une femme ou aimé par sa mère seulement ? Bien sûr que l'enfant s'adaptera ! Il y est de toute façon obligé : quel autre choix a-t-il que de s'adapter à la situation de ceux qui prennent soin de lui, le nourrissent, lui offrent un toit et des vêtements ? Il n'a pas le choix ! Donc la question n'a rien à voir avec l'adaptation ou non de l'enfant à la situation de ses "parents".

Et si on plaçait les choses sous un autre angle ? Si on commençait enfin à comparer ce qui est comparable, du genre : que vaut-il mieux pour un enfant ? être élevé par ses deux parents ou par un seul ? être élevé par deux parents (homme et femme) qui s'aiment ou par deux hommes (ou deux femmes) qui s'aiment ? être élevé par deux parents (homme et femme) perturbés psychologiquement ou par deux hommes (ou deux femmes) perturbé(e)s psychologiquement ?
Le biais dans les discussions que nous avons eues lors du faux débat sur le mariage pour tous, ça a été de comparer des situations qui n'étaient pas comparables. Or des études ont montré que dans tous les cas, même les plus tordus, il était toujours préférable pour un enfant d'être élevé par ses deux parents plutôt que par deux hommes ou par deux femmes (pour peu que les situations soient comparables : couple avec l'un des deux alcoolique vs duo homosexuel dont l'un des deux est alcoolique).
Donc, dans les revendications en rapport avec le mariage pour tous, la question n'est pas le bien-être de l'enfant, mais bien le droit des couples à avoir des enfants, d'une manière ou d'une autre.

Alors je me suis longtemps demandé pourquoi c'était si important d'avoir des enfants à tout prix. Le problème n'est pas dans le fait d'avoir des enfants, mais dans le "à tout prix". C'est-à-dire que le moyen lui-même devient prépondérant. La manière d'avoir des enfants devient fondamentale parce qu'en autorisant les duos homosexuels à se marier, on légitime automatiquement des pratiques qui n'étaient même pas tolérées auparavant. À savoir la PMA artisanale pour les lesbiennes (c'est-à-dire une insémination artificielle avec donneur pas du tout anonyme, faite à la maison, le plus souvent avec une simple seringue dans laquelle le sperme du donneur a été recueilli et qui est injecté ensuite dans le vagin de la candidate à la maternité) et la GPA à l'étranger pour les hommes. La meilleure preuve : la prolifération d'émissions de télévision qui vantent ces nouvelles "familles" qui ont su aller jusqu'au bout des galères pour réaliser leur rêve : avoir un enfant, même si, pour cela, elles devaient contourner la loi ou, pire, la transgresser (alors qu'il y a un moyen tout à fait simple : avoir des relations sexuelles avec un partenaire de sexe opposé, c'est-à-dire faire comme tout le monde. Mais cela, c'est aller contre le principe de la fidélité à sa ou à son partenaire du même sexe, et c'est profondément inacceptable (1)).
Donc, nous sommes maintenant au point où il est parfaitement toléré, sinon admis ou légal que deux personnes de même sexe qui souhaitent avoir un enfant puissent en avoir un. C'est non seulement toléré, mais c'est décrit aussi comme la "preuve" ultime que les homosexuels sont "normaux" (puisqu'ils ont les mêmes désirs que les couples hommes-femmes, il n'y a donc pas lieu de les stigmatiser et de leur rappeler en tout temps leur différence liée à leur sexualité, différence visible et évidente par le fait de leur impossibilité biologique à concevoir un enfant).
Ceci étant majoritairement admis dans notre société, la question de l'enfant va donc se poser avec de plus en plus d'acuité. La GPA et la PMA pour les célibataires sont toujours interdits en France, mais je ne doute pas que les choses vont très rapidement changer maintenant. Pourquoi ? Parce qu'il y a des intérêts énormes derrière ces questions.
On pense bien sûr tout de suite aux intérêts financiers, tant des mères porteuses que des laboratoires qui effectueront les inséminations artificielles. Tout cela ayant un coût énorme pour les couples, il va bien falloir les aider (sous peine de créer une discrimination insupportable entre les duos riches qui pourront s'offrir une PMA ou une GPA selon les cas et les duos pauvres qui, eux, n'en auront pas les moyens). On va donc arriver très vite à une autorisation et même à la légalisation de ces pratiques, assorties d'un remboursement par la sécurité sociale (au motif que, sinon, c'est pas juste), comme c'est déjà le cas pour les couples hommes-femmes stériles, qui peuvent être remboursés de 4 essais de fécondation si je ne me trompe pas.

Mais il y a d'autres intérêts financiers bien plus cachés et qui ne se verront que dans très longtemps, c'est-à-dire au plus tôt quand les enfants nés dans ces "familles" seront grands.
La question du "pourquoi" m'a longtemps posé problème, jusqu'à ce que j'observe les enfants dans les familles recomposées. Pas de bol pour eux, deux des copains de mon second ont vu leurs parents divorcer l'an dernier et j'ai pu suivre par l'intermédiaire de mon fils comment ils vivaient la chose. Alors certes, je ne suis pas dans leurs têtes et ce ne sont que 3 enfants au total (l'un des deux a un petit frère que je connais aussi). Qui plus est, les enfants réagissent tous différemment aux événements de la vie. Ce que j'ai pu observer, c'est que ces enfants avaient tout en double : deux chambres, deux maisons (ça, c'est normal), deux fois plus de jouets que les autres. J'y vois (mais ce n'est sans doute que de la psychologie de comptoir) quelque chose de l'ordre du rattrapage de la part des parents, qui, séparés, se rendent bien compte que la situation fait souffrir leurs enfants. Ils ont alors tendance à accorder plus facilement aux enfants ce qu'ils veulent pour les aider à supporter la situation. Seulement, les enfants ne sont pas dupes : certains sont allés jusqu'à dire aux enfants vivant avec leurs deux parents qu'ils n'avaient pas de bol, parce que c'est plus "cool" d'avoir des parents divorcés : on a tout ce qu'on veut, les parents sont moins regardants en général, on fait ce qu'on veut... bref, à les entendre, c'est la belle vie, celle d'enfants de divorcés.
Mais si c'est la "belle vie", c'est sans doute parce que les parents, eux, ont une vision plus réaliste des choses. Ils savent bien, eux, que c'est un choc pour un enfant de voir ses parents se séparer, même si c'est de plus en plus banal. Donc ils font tout pour arrondir les angles, de manière à ce que l'enfant en souffre moins. En bref, ils banalisent la situation. Et ils la rendent ludique en comblant le vide laissé par l'absent par une prolifération de jouets, jeux vidéos, activités diverses et variées... histoire d'endormir le cerveau de l'enfant et de lui faire oublier la séparation.
Vous voyez où je veux en venir ?
Non ? Toujours pas ?

Imaginez un bataillon d'enfants qui, comme c'est le cas actuellement, grandissent avec un seul de leurs parents (ou les deux, mais séparés), ou encore avec des parents dont l'un au moins des deux ne l'est pas réellement. Ces enfants sont gavés de biens de consommation (jeux, distractions diverses, activités variées, DS, tablettes, ordinateurs, télévision...) et n'ont pas d'autre solution, pour survivre à ça, que de s'adapter. À votre avis, que deviendront-ils plus tard ?

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(1) alors même que la fidélité, dans les duos homosexuels, n'est sans doute pas la première des vertus, même si, là encore, de nombreux exemples seront là pour dire combien je suis mauvaise langue et pour justifier le désir d'enfant et donc l'accomplissement de ce désir par la PMA ou la GPA, etc....

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Maintenant, parlons un peu de la réforme de l'éducation. Pas forcément la réforme actuelle, celle qui sera (ou pas) appliquée à partir de la rentrée 2016, mais les multiples réformes que nous subissons depuis des décennies.
En 2006 ou 2007, je ne sais plus exactement, Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, a supprimé l'école le samedi matin et créé les Aides Personnalisées, destinées aux enfants en difficulté. Chez nous, cela s'est traduit par une baisse du volume horaire (présence des enfants à l'école) de 3 heures (les trois heures du samedi) hebdomadaires pour les enfants qui n'avaient pas de difficultés et de 1 heure et demie pour les enfants en difficulté. Je m'explique.
Pour les enfants "normaux", ceux qui n'avaient pas besoin de "soutien", le samedi a été purement et simplement supprimé. Trois heures de moins dans l'emploi du temps, non remplacées par autre chose. Donc trois heures nettes de moins d'apprentissages ou de révisions (le samedi matin, notamment en maternelle chez nous, était destiné à consolider les acquis des enfants en reprenant certaines activités qu'ils avaient déjà faites durant la semaine, sans rien apprendre de nouveau pour ne pas pénaliser les enfants qui restaient à la maison pour profiter du week-end avec leurs parents, ce qui ne choquait personne étant donné que l'école n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans, donc du CP. En primaire, la situation était différente, mais n'ayant pas d'enfants en primaire au moment de la réforme, je ne sais pas exactement comment tout cela a été géré tant par les familles que par les enseignants).
Pour les enfants en difficulté, et ce dès la maternelle, des heures de soutien étaient proposées comme suit : Aide personnalisée de 16h à 17h le mardi et/ou le jeudi en fonction des besoins de l'enfant et des groupes formés par les enseignants qui avaient la possibilité de ne prendre que certains enfants pendant un certain temps et sur certains sujets seulement, histoire de consolider des acquis trop faibles, soit par discipline, soit par groupe de niveau (ou les deux à la fois). Au final, les enfants étaient en classe de 8h à 11h30 et de 13h30 à 16h puis de 16h à 17h s'ils allaient au soutien. Du coup, comme il y avait aussi la question de la sortie des autres et les questions des parents à 16h, une pause de 15 minutes a été accordée aux enfants avant d'aller au soutien pour qu'ils puissent s'aérer, prendre un petit goûter, courir un peu avant de retourner dans la classe. Tout cela est bien pour l'enfant et tient compte de ses besoins (dur dur d'être assis sur une chaise non stop de 15h à 17h quand on a 6 ans !). Mais au final, l'aide personnalisée, programmée pour 2 heures hebdomadaires, a été réduite à 1h30... sans aucune répercussion sur le salaire des enseignants d'ailleurs, qui ont donc gagné un même salaire pour 1h30 de travail hebdomadaire en moins. Alors je précise tout de suite que je ne suis pas en train de polémiquer sur le mode "les enseignants, c'est tous des planqués..." ou autre. La question n'est pas là. La question, c'est que je me souviens très bien qu'au moment où cette réforme est passée, le ministre de l'éducation de l'époque se trouvait face à une fronde des enseignants qui s'estimaient trop peu payés au regard de leur travail, de leurs missions et de leurs responsabilités. Ce en quoi ils avaient raison ou pas, je n'en sais rien. Mais ce que je constate, c'est qu'ils ont obtenu une augmentation substantielle sous la forme d'une belle réduction de temps de travail (passer de 27 heures de présence hebdomadaire devant les élèves à 25h30 pour le même salaire, c'est plutôt cool, même si la contrepartie c'était, je crois, des réunions pédagogiques le mercredi matin...

Et puis, l'an dernier, il y a eu le retour de la semaine de 4 jours et demi. Ou comment défaire ce qui avait péniblement été mis en place... en moins bien pour en faire quelque chose d'encore moins bien.
Chez nous, cette réforme a donc vu l'apparition du mercredi matin (surtout, ne pas retourner au samedi, on aurait trop l'impression de revenir en arrière et, surtout, ce serait un mauvais signe envoyé tant aux familles recomposées qu'il faut choyer (voir plus haut) qu'aux lobbys touristiques qui ont gagné quelques clients sur les week-ends...), mais seulement pour deux heures. Ces deux heures, il a bien sûr été hors de question de les ajouter à l'emploi du temps des enfants. Il a fallu les prendre ailleurs pour ne pas alourdir les choses. Donc on a supprimé trente minutes par jour (les enfants finissent donc à 15h30 au lieu de 16h), quatre jours par semaine, pour les mettre le mercredi matin, de 8h à 10h. Oui, vous avez bien lu. De 8h à 10h. Je rappelle à toutes fins utiles, que cette réforme est dite celle des "rythmes scolaires" et est basée au départ sur les observations de chronobiologistes qui ont déclaré que les enfants apprenaient mieux le matin et qu'il fallait donc revoir l'organisation du temps scolaire pour lutter contre l'échec des enfants à l'école. Soit. L'intention est certes louable, mais ce que j'ai observé, pour ma part, c'est que le mercredi, les enfants dormaient, avant la réforme, parce qu'ils étaient fatigués par deux jours entiers d'apprentissages. Ils profitaient donc du mercredi pour se reposer, faire autre chose, jouer, faire diverses activités (sportives, musicales...) ou ne faisaient rien d'ailleurs, avant de retourner en classe le jeudi et le vendredi. En fait, quand ils ont annoncé cette réforme, j'étais plutôt contente au départ, parce que le samedi matin, je trouvais ça sympa pour les enfants. Une matinée, courte (trois heures au lieu de trois heures et demie), consacrée à des révisions la plupart du temps, et, surtout, trois heures de plus dans la semaine pour apprendre... Las, cette matinée supplémentaire a été imposée le mercredi. Uniquement le mercredi (je ne suis pas loin de penser que c'est toujours en rapport avec les lobbys touristiques et les familles recomposées...). Et seulement deux heures, pas en plus, mais autrement réparties dans la semaine, donc. Alors on aurait pu penser que quitte à faire venir les enfants deux heures le mercredi matin, on aurait pu les laisser dormir un peu plus longtemps que les autres jours et les faire venir à 9h... mais non. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être pour pouvoir "caser" des réunions pédagogiques le mercredi matin, de 10h à 12h ? Ou pour "caser" les APC (Activités Pédagogiques Complémentaires qui ont remplacé les heures de soutien de la réforme de 2006-2007) ? Je ne sais pas. Ce que je sais, en revanche, c'est que le bénéfice pour les enfants est nul ou presque... En revanche, il est clair qu'il a renforcé les difficultés des élèves. Moins de temps pour approfondir, moins de temps pour apprendre... au final, la seule solution pour éviter le pétage de plomb des enseignants face aux programmes scolaires trop lourds au regard du nombre d'heures disponibles consiste à... alléger les programmes scolaires.
Quand je me remémore ce que je savais à la fin du primaire, j'avoue avoir le vertige. Rien qu'en Français, en CM2, je savais toute la grammaire sur le bout des doigts, je connaissais les conjugaisons des tous les verbes (des trois groupes) à tous les temps et à tous les modes. Nous avions une dictée par jour et les difficultés qu'avaient les enfants en orthographe étaient sans commune mesure avec celles des enfants d'aujourd'hui. À titre d'exemple, ma fille, en CE1, n'arrivait même pas à écrire phonétiquement... Quant aux grands, ils apprennent, en 6e seulement, les temps composés... de l'indicatif (sauf le passé composé, qu'ils ont appris en CE2 si mes souvenirs sont bons). Quant au subjonctif et au conditionnel, ils leur sont... inconnus...
Pour les mathématiques, c'est à peu près la même chose : je me souviens de peu de choses du programme de primaire, si ce n'est que c'est en CM2 que j'ai appris la règle de trois. Je crois bien que ma fille ne l'a apprise qu'en 6e. Donc, rien que sur ces deux exemples, il est clair que les enfants savent moins de choses que nous (qui en savions également bien moins que nos parents et nos grands-parents : j'aurais, je pense, été quelque peu en difficulté si j'avais dû passer le certificat d'études primaires comme l'ont fait mes grands-parents !) au même âge. Alors certes, ils savent des choses dans des domaines plus étendus que nous : ils utilisent l'ordinateur et doivent apprendre à le maîtriser dès le CE1, ils apprennent davantage de choses dans les domaines des sciences. Seulement, à diversifier trop tôt les matières, on en finit par négliger les bases, à savoir lire, écrire, compter. Simplement. D'autant plus que ces apprentissages "secondaires" ont besoin des bases pour se faire. Ce qui n'est possible que si on sait correctement lire, écrire et compter...

Alors avec cette nouvelle réforme qui s'annonce, je ne peux m'empêcher de me poser exactement la même question que celle du mariage : Pourquoi ?
Pourquoi, alors qu'on voit bien où se situe le problème (l'apprentissage des bases), pourquoi s'acharner à baisser le nombre d'heures de classe, à diminuer le temps d'enseignement du français et des mathématiques, pourquoi diversifier encore les apprentissages secondaires au détriment des fondamentaux, pourquoi s'occuper d'éducation sexuelle ou morale, pourquoi imposer une charte de la laïcité (signée obligatoirement par les parents, c'est la nouveauté applicable directement cette année), alors même que le remède semble simple à trouver : revenir aux bases, aux bases, aux bases ?
Pourquoi, mais pourquoi, s'acharner à demander encore moins aux enfants qui en savent déjà si peu ? Pourquoi crier au loup quand on voit le naufrage de l'éducation, quand on voit le niveau désastreux de nos enfants en matière scolaire (niveau que l'on peut comparer périodiquement au niveau mondial grâce à l'enquête PISA, dans laquelle la France ne cesse de régresser) et identifier les problèmes en leur donnant des solutions qui vont à l'inverse de l'effet recherché ? Qu'est-ce qui ne va pas chez ceux qui pondent les programmes scolaires pour qu'ils ne comprennent pas que moins on apprend aux enfants, et moins ils apprennent ? Que plus on baisse le niveau d'exigence et plus ils sont nuls ?
N'y a-t-il pas une once de bon sens chez ceux qui décident de l'avenir intellectuel de nos enfants ?

À force de tourner la question dans ma tête, j'ai fini par comprendre quelque chose : tout cela n'est pas fortuit. Rien de tout cela n'est dû au hasard ou à l'incompétence des personnes chargées de créer et de réformer les programmes scolaires. Parce que cela voudrait dire qu'ils ont mis des gens incompétents aux postes clés de l'avenir de notre pays. Et je ne pense pas que nos chefs d'état successifs soient des imbéciles. Ils roulent pour eux, certes, mais pour arriver là où ils sont arrivés, ils sont loin d'être des imbéciles, au contraire. Je pense qu'ils sont particulièrement intelligents, redoutables, même, et qu'ils sont prêts à sacrifier l'avenir du pays (la formation intellectuelle de nos enfants) à leurs ambitions personnelles. J'aimerais avoir tort. J'aimerais pouvoir me dire que nos élites sont là pour le bien de notre pays, pour le bien de nos enfants, pour notre avenir. Mais il y a une chose (et j'en parlerai dans un autre billet, sinon celui-ci sera beaucoup trop long) qui me fait dire que ce n'est pas le cas et que nos élites, au lieu de voir à long terme l'avenir de notre pays regardent le très court terme, leur avenir électoral immédiat, à savoir s'ils seront encore président de la République ou ministre d'Etat dans un peu moins de deux ans maintenant (tout comme les autres ont pu le faire avant eux...).
Finalement, et c'est là que l'on rejoint mon premier questionnement autour du mariage, je me dis que la raison majeure, l'intérêt premier de nos dirigeants à faire ce qui semble aller à l'encontre du bon sens sur des sujets aussi fondamentaux que la famille ou l'éducation, c'est d'assurer leur pérennité à eux. Leurs intérêts personnels. Il n'y a pas de complot, rien d'ésotérique ou de mondial là-dedans (encore que...), juste une question de pouvoir et d'argent.
Seulement toute cette question de pouvoir et d'argent (en fait, c'est un peu redondant, pouvoir et argent, quand on y regarde de plus près), c'est la question de l'opinion, de la masse, des consommateurs de base, c'est-à-dire de ceux qui, par leurs achats, leurs centres d'intérêts, font tourner l'économie et "engraissent" ceux qui en sont les magnats.

Je sais, c'est répugnant. C'est incroyable et répugnant. Mais logique.
Si vous faites en sorte que les enfants dont vous avez la charge ne soient plus capables de bien lire et donc de bien comprendre le monde dans lequel ils vivent, alors vous avez en face de vous des bataillons de futurs consommateurs prêts à acheter n'importe quoi, pour peu que vous leur vantiez les bienfaits de ce n'importe quoi et que vous leur démontriez par a+b que ce que vous leur dites est vrai. Or il y a un moyen très simple de faire avaler ce n'importe quoi à n'importe qui : il suffit de l'empêcher de penser et de développer son esprit critique.

Je me suis posé la question de savoir où se développait l'esprit critique. Est-ce que c'est à l'école ? Je ne le pense pas. À l'école, on y est, normalement, pour apprendre. C'est-à-dire que le discours est descendant du haut (le professeur) vers le bas (l'élève). Et c'est la meilleure façon de le faire, parce que le professeur sait ce que l'élève ne sait pas et qu'il doit apprendre. Toutes ces histoires de l'enfant qui doit construire son savoir par l'expérience ne sont que perte de temps et fadaises. Pourquoi demander à un enfant de réinventer la roue alors qu'il suffit de lui expliquer comment elle est et pourquoi il est important qu'elle soit ronde et non pas carrée ? Pourquoi vouloir à tout prix que l'enfant soit à l'origine de la construction de son savoir ? Pourquoi, sinon pour l'enfermer dans des savoirs primaires qui l'empêcheront après, faute de temps, d'aller plus loin ? Pourquoi, sinon pour le maintenir sous la dépendance de ceux qui savent et qui se gardent bien de partager ce qu'ils savent ?

Donc, l'esprit critique, ce n'est pas à l'école qu'il se développe. Entre pairs, alors ? Entre enfants ? Mais les enfants sont grandement influençables. Ils apprennent, spontanément, en faisant comme l'adulte. En copiant. Donc, quand les enfants discutent entre eux à l'école, dans la cour pendant la récréation, (s'ils discutent ?), c'est sûrement en adoptant le point de vue qu'ils entendent le plus, à savoir celui de leurs parents.
L'esprit critique, les opinions diverses que l'on rencontre dans notre société se forgent donc en famille. Si l'on détruit la famille, on empêche cette transmission de l'opinion, on empêche la formation de l'esprit critique des enfants et on en fait... des moutons bien dociles prêts à avaler n'importe quelle bêtise pondue par la télévision, que ce soit la dernière publicité vantant la meilleure soupe en sachet ou le téléphone tactile dernier cri qui vient de sortir... ou ce que l'on doit penser face à un catholique, un homosexuel, un immigrant de Syrie ou d'Irak ou encore ce qu'il convient de faire quand on se retrouve dans un isoloir pour élire un maire, un député ou... un président de la République.

En détruisant la famille, on détruit la cohésion entre personnes, on détruit aussi la transmission entre les générations. On détruit également la capacité à vivre ensemble, à se confronter à l'autre que l'on n'a pas choisi mais avec qui on est obligé de vivre. On détruit la capacité à aimer gratuitement.
Or on a tous soif d'aimer et d'être aimé. C'est même le principal moteur dans la vie. Aimer, être aimé, faire quelque chose pour celui ou celle qu'on aime.
Que se passera-t-il pour ces enfants privés de leurs parents "naturels" et conçus artificiellement à l'aide d'une PMA ou d'une GPA ? Que se passera-t-il quand les "parents" de ces enfants se rendront compte que l'enfant rêvé ne correspond pas à celui qu'ils ont si chèrement payé, même si c'est avec l'aide de la sécurité sociale ? Que se passera-t-il quand ces enfants, coupés de leur famille, devenus adultes, se retrouveront seuls simplement parce qu'ils n'auront pas connaissance de ceux qui les auront conçus ou, pire, parce qu'ils auront été conçus par intérêt financier ?
Il y a fort à parier que cette boule dans le ventre que l'on ressent quand on est seul, quand on vient de rompre avec son petit ami ou sa petite amie, quand on vient de voir une amitié de longue date voler en éclats, les accompagnera au quotidien et qu'elle ne trouvera aucun soulagement. Que ce vide affectif ne pourra pas être comblé parce que, simplement, ces enfants auront grandi dans un monde où ils ne sont que des objets de désir et non pas des personnes.
Privé de cet amour inconditionnel, est-il possible d'être heureux ?

J'en arrive à me dire que ce qui peut combler, bien imparfaitement, certes, un enfant lors du divorce de ses parents pourrait devenir le moyen de combler aussi ce manque affectif primordial. Au point, peut-être, de voir ces enfants qui n'en seront plus se perdre dans la course à la consommation, dans la recherche éperdue du produit dernier cri qui leur donnera l'illusion d'exister pleinement...

Ce que sont en train de créer nos gouvernements successifs, c'est très simple : des enfants sans familles, avec des liens affectifs très pauvres, sans éducation ou presque et en tout cas sans possibilité de penser par eux-mêmes, sans esprit critique, qui deviendront des adultes sans repères, sans opinion personnelle autre que le prêt-à-penser délivré par les médias officiels qui n'auront d'autre but dans la vie que de s'offrir le dernier gadget inutile dont on leur aura vanté les mérites...

Vous croyez que je déraille ? J'aimerais bien... Seulement, je vois fleurir sur Facebook des "statuts" à pleurer... Je vois de jeunes adultes de 15 ou 20 ans de moins que moi considérer les biens matériels comme bien plus essentiels à leur vie que l'amour de leur conjoint ou de leurs enfants (quand ils en ont... mais pourquoi continuer à en avoir quand on prend conscience qu'avoir des enfants, c'est renoncer à sa sacro-sainte liberté de sortir, de faire la fête, de partir en vacances où on veut quand on veut... ?)
Je ne suis pas pessimiste. Parce qu'il y a quelque chose qui me permet de garder l'Espérance. je vous en parlerai un peu plus tard, parce que j'ai déjà suffisamment abusé de votre patience. Et puis, j'ai aussi pitié de votre vue ! La suite, donc, au prochain épisode...

mercredi 22 janvier 2014

Questions sociétales, défouloir de la gauche ?

Et si c'était plus que ça ? Et si, au contraire, les questions économiques n'étaient que secondaires dans ce gouvernement ? Et si le but (non avoué, bien sûr !) n'était pas de contenter la gauche de la gauche avec l'euthanasie et l'avortement (et ça marche très bien), tout en faisant une politique économique de droite, mais bien de démolir les bases morales de notre société ? Est-ce qu'on ne se trompe pas de "cible", là ?
Parce qu'on le sait bien : quand les gens ont faim, ils cherchent du pain. Ils y mettent même toute leur énergie. Et du coup, ils s'interrogent moins sur les questions essentielles de leurs vies. Et pourtant, c'est sur l'essentiel que l'on se retrouve et que l'on peut se regarder en face. Si je "lâche" sur ce qui est essentiel pour moi, même si c'est temporaire, pour trouver de quoi manger, alors je ne peux plus me regarder en face sans en éprouver de la honte. Or on sait bien que l'essentiel, pour François Hollande et consorts, ce n'est pas forcément l'économie, la justice sociale ou l'emploi pour tous. Sinon, ils auraient d'abord attaqué le problème posé par la crise. Non. Qu'ont-ils fait ? Le remboursement à 100% de l'avortement et de la contraception. Le mariage pour tous. La baisse du quotient familial. La fin des cotisations familiales pour les entreprises. L'augmentation des impôts pour tous, et pour les familles en particulier. L'euthanasie. La modification de la loi Veil. La refondation de l'école, dont la seule mesure facilement applicable est l'affichage de la charte pour la laïcité.

Alors, devant ce tableau d'ensemble, qui attaque les enfants à naître, les personnes en fin de vie, les familles (et notamment les familles nombreuses), les droits des familles à élever les enfants selon leurs convictions, je me demande si le vrai but de François Hollande n'est pas simplement de déconstruire la société. Pour rebâtir une autre société ensuite. Et ce que je vois de cette future société ne me plaît pas du tout. Mais pas du tout. Une société où les enfants "appartiennent" à l’État, dès deux ans. Où la priorité est donnée aux crèches au lieu des assistantes maternelles (bien plus difficile à contrôler, une assistante maternelle, qu'une crèche !), à l'éducation sexuelle dès 4 ans plutôt qu'à l'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul, pourtant la base de tous les autres savoirs enseignés par la suite. Où le lâchage au niveau de l'instruction va créer une génération entière d'enfants qui n'auront plus aucun esprit critique et ne sauront plus penser par eux-mêmes.

Les questions sociétales sont présentées dans les médias comme des leurres, des questions sans importances destinées à endormir la partie de la majorité la plus à gauche pour mieux faire passer des évolutions dans la politique économique qui ne leur plaisent pas. Mais on sait aussi que les médias sont loin d'être neutres dans cette histoire. Et si ce n'était pas la gauche de la gauche, qu'on essayait d'enfumer, mais les citoyens qui s'opposent à cette déconstruction sociale ?

lundi 3 décembre 2012

Ça m'horripile !


Ce texte est né d'un sujet d'atelier d'écriture (de fiction donc), chez Gwen, dont voici le sujet. "Ça m'horripile !" et comment ! Des tas de choses m'horripilent en ce moment... Seulement, je suis un peu embêtée : elle dit dans son billet qu'elle ne veut pas finir au tribunal pour diffamation... et que nous devons donc masquer le nom de la personne (si on s'en prend à une personne) dans le flou artistique. Soit. Je veux bien essayer. Mais vu ce qui m'horripile en ce moment, ça va quand même être un sacré défi de le "masquer"... A moins de l'appeler "Zorro" ? Soit.

Zorro est donc arrivé, sur son fier destrier, au printemps dernier (bon, va falloir que je trouve des rimes plus riches que ça, parce que franchement, la poésie de bazar, ça va bien cinq minutes... !), et a décidé de tout réformer, vite fait, bien fait. C'est normal, il paraît que c'est pour ça qu'il est arrivé. Pour réformer. Pour régler les problèmes de ceux qui l'ont fait venir.
Alors Zorro s'est attelé à la tâche. Il s'est entouré de conseillers, d'alliés, de gens de confiance, histoire sans doute de pouvoir s'attaquer à beaucoup de ces problèmes qui gênent tant ceux qui l'ont fait venir, et ce en même temps. C'est normal : Zorro est humain, simplement, et un humain étant faillible, il a fort raison de s'entourer d'autres humains pour le conseiller.

Alors gentiment, tranquillement, Zorro a commencé son travail. Et pour cela, il est grandement aidé par la liste des choses qu'il avait promis de faire avant son arrivée. Parce qu'il est gentil, Zorro. Il avait dit avant même d'être là ce qu'il ferait si les gens le faisaient venir. Pour être certain que si on le faisait venir, on le laisserait faire ce qu'il disait qu'il ferait, histoire de ne pas après se retrouver avec des tas de gens mécontents qui hurlent dans les rues à la trahison. Je l'aime bien, Zorro. Il est prévoyant. Comme tous ceux qui voulaient venir à sa place, d'ailleurs. 
Simplement, je me pose quand même des questions sur ses priorités. Ca fait environ six mois qu'il est arrivé, dans un endroit où les gens qui y vivent ont beaucoup de mal à trouver, ou à garder un travail. Et quand ils en ont un, beaucoup ont du mal à en vivre, parce que c'est souvent un travail précaire, ou alors à temps partiel (et qu'en plus, les gens, ils aimeraient bien travailler plus pour gagner plus, mais que les gens qui donnent le travail, ils ne veulent pas les payer plus parce que ça leur coute trop cher, alors ils les font travailler moins. Peut-être qu'ils se disent que, comme ça, ceux qui veulent travailler plus, ils pourront trouver un autre travail partiel pour compléter le premier et que comme ça, ils gagneront plus ?). Alors notre Zorro, il a promis qu'il aiderait les gens à travailler, qu'il ferait tout pour ça. C'est bien. Et puis il a promis aussi qu'il aiderait le pays à sortir de la crise, parce que ça, c'est drôlement important, pour pouvoir mieux vivre. Parce que la crise, c'est pas bon, ça, pas bon du tout : ceux qui ont des choses à vendre, ils ne peuvent plus les vendre parce que ceux qui voudraient bien les acheter, ils n'ont plus d'argent pour le faire. Alors il faut aider tout le monde, ceux qui veulent vendre, et aussi ceux qui veulent acheter, pour que tout le monde aillent mieux. C'est vrai, quoi ! On a demandé à Zorro de venir aussi pour ça !

Et vous savez ce qui m'horripile ? C'est que Zorro, au lieu de s'occuper de ceux qui ont perdu leur travail, de ceux qui veulent acheter mais n'ont pas d'argent ou de ceux qui voudraient vendre mais n'ont pas d'acheteurs, eh bien Zorro, lui, il s'occupent de demander à ceux qui font les lois de refaire des lois pour régler des problèmes que la loi règle déjà ! Et ce qui est le plus drôle, c'est que c'est exactement le reproche qu'il faisait au Zorro d'avant, celui qui était là mais qu'on a mis dehors parce qu'il a plus aidé ceux qui n'ont pas de problèmes que ceux qui en ont.
Mais peut-être que je vais trop vite et que vous ne comprenez pas ce qui m'horripile.
Zorro a décidé, et c'était une de ses promesses d'avant de venir, qu'on allait donner à tout le monde le droit de se marier. Parce que oui, ici, il y a des gens qui ont le droit de se marier, et des gens qui n'ont pas le droit de se marier. C'est bizarre, et c'est injuste, paraît-il ! Pourquoi un homme et une femme ont-ils le droit de se marier, mais pas deux hommes, ou deux femmes, ou un père et sa fille, ou encore une femme et un homme qui est déjà marié à une autre femme ? C'est vrai, quoi ! Y'a pas de raison ! C'est injuste, et puis c'est inégalitaire, ça. Alors que là où on est, il y a une jolie devise qui dit : "Liberté, Égalité, Fraternité". Si le deuxième mot n'est pas respecté, il paraît que c'est plus une devise. Ben mince alors.
Soit. 
Alors Zorro, comme il est bon et gentil et qu'il veut que tous les gens soient égaux, il a dit qu'il allait les autoriser à se marier. Et puis il s'est paraît-il rendu compte que bon, c'est pas tout à fait vrai : un père et sa fille n'auront pas le droit de se marier entre eux, ça ne serait pas correct, normal ou moral. Et puis si un homme (ou une femme) est déjà marié, il n'a pas besoin de vouloir se marier encore. Il n'a qu'à divorcer d'abord et se remarier ensuite, après tout, il faut mettre un peu d'ordre là-dedans. Donc finalement, il n'y a plus que les femmes entre elles et les hommes entre eux que ça concerne, cette histoire de mariage. 
Mais la question de savoir pourquoi exactement ils veulent se marier, ceux-là, reste posée ! Parce qu'on peut se demander à quoi ça sert, d'être marié ? J'ai regardé une définition, dans le droit, qui dit que :
Le mariage crée un rapport d'alliance entre chaque conjoint et les parents de l'autre. Il légitime sous certaines conditions de preuve les enfants naturels que les conjoints auraient pu avoir ensemble antérieurement. Il émancipe le conjoint mineur. Il crée des rapports de droit entre les conjoints : devoirs réciproques de cohabitation (communauté de vie), fidélité, assistance et, sur le plan patrimonial, devoir de secours. Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille ; pendant le mariage, ils exercent en commun l'autorité parentale ; tous deux choisissent d'un commun accord la résidence de la famille (1).
Sauf qu'il y a là un tout petit problème, qui semble avoir quelque peu échappé à Zorro : deux hommes ensemble, ou deux femmes ensemble, ça ne peut pas avoir un bébé. Exit donc les question de légitimité des enfants naturels nés du couple, ou bien encore l'exercice en commun de l'autorité parentale (puisqu'en théorie il n'y a pas d'enfants). Ah oui, mais on me répond qu'en vertu du fait qu'un homme peut se marier avec une femme, avoir des enfants avec elle, puis divorcer et se remarier, s'il se met en couple avec un autre homme, c'est cet autre homme qui devrait partager l'autorité parentale. Euh... ben non, puisque la maman, elle existe toujours, non ? Sauf si elle est morte, et que les pauvres petits, ils n'ont plus que leur père et son conjoint pour prendre soin d'eux.
Mais justement, ce qui m'horripile, c'est que la loi l'a déjà prévu, ce cas de figure : les parents peuvent déléguer l'autorité parentale ! 
Alors ceux qui veulent se marier entre hommes ou entre femmes veulent aussi pouvoir protéger leur conjoint en cas "d'accident de la vie" comme on dit maintenant. C'est louable, généreux, gentil, toussa et toussa encore. Mais il n'y a pas besoin de se marier pour ça : il suffit d'aller voir un notaire et de l'écrire noir sur blanc : "À ma mort, je veux que mon conjoint soit protégé, et pour ça, je lui donne ceci, et cela, etc.". Donc ça m'horripile parce que en fait, on ne veut créer cette loi que pour piquer leur boulot aux notaires. C'est ça ? Faire des chômeurs de plus ?
Bon, je m'égare.

Ceux qui veulent se marier entre hommes ou entre femmes demandent aussi, puisqu'ils ne peuvent pas avoir d'enfants naturellement, à avoir le droit d'en avoir autrement (par l'adoption, par la PMA). Et pour avoir le droit à l'adoption ou à la PMA, ici, il faut être marié. C'est pour cela qu'ils veulent avoir le droit de se marier. Vi, vi, j'ai bien compris, c'est vrai. Ils veulent des enfants ! Super !!! Tant mieux pour les pauvres petits orphelins qui n'ont pas de parents et qui là, vont en trouver des gentils, super-aimants, qui vont bien s'occuper d'eux. C'est formidable. Mais ce qui me chagrine un tout petit peu, là, c'est que l'enfant, celui qui n'a pas de parents et à qui on va donner des parents, en fait, il est un tout petit peu oublié. On pense surtout aux adultes qui veulent avoir des enfants, et non pas aux enfants qui n'ont pas de parents. D'ailleurs, ceux qui veulent se marier ont bien dit qu'ils voulaient aussi un "droit à l'enfant", que ce soit par l'adoption ou par la PMA. Et ça, ça m'horripile aussi un tout petit peu. Parce que c'est un peu comme si on disait que l'enfant est une télé, ou un congélateur, ou encore une maison : "j'ai droit à un logement, je fais ce que je veux avec mon argent et mon pouvoir d'achat, si je veux m'acheter une télé ou un congélo, je ne vois pas pourquoi je n'en aurais pas le droit !"
Ben oui, bien sûr que n'importe qui peut aller dans un magasin s'acheter autant de télévisions et de congélateurs qu'il veut, ça, par contre, ça ne m'horripile pas du tout. Mais il y a juste une petite chose qu'on semble avoir oubliée : un enfant n'est pas un objet, mais un sujet. De droit en plus. Il a des droits, ce cher petit. Si. Il a le droit de vivre dans une famille, mais en plus, il a le droit de vivre avec son père et sa mère, et encore en plus en plus, il a le droit de savoir qui sont son père et sa mère. Et que même beaucoup de psychologues et de psychiatres, d'éducateurs, disent que c'est drôlement important pour un enfant d'être élevé par un père et une mère (mais pas par deux pères ou deux mères, voire par trois ou quatre, si jamais il prend à l'un des parents de divorcer et de se remarier encore après l'arrivée du "petit" dans le foyer familial). Donc ça m'horripile, cette histoire de "droit à l'enfant". C'est comme pour la PMA, ça. C'est même encore plus horripilant, la PMA, parce qu'en plus, ça ajouterait une vraie inégalité à une égalité de fait : actuellement, les couples de femmes et d'hommes sont égaux devant la PMA : aucun n'y a droit. Mais si deux hommes ont le droit de se marier entre eux, et deux femmes ont le droit de se marier entre elles, la PMA pourra être autorisée pour ces couples. Sauf qu'en réalité, il n'y a que les couples de femmes qui pourront avoir la PMA, puisqu'il n'y a que les femmes qui ont un utérus. Et qui donc peuvent porter des bébés. Les hommes, ils n'en ont pas. Alors pour régler cette inégalité de fait, on va en créer une autre encore, en autorisant les couples d'hommes à utiliser la GPA (vous savez, ce sont ces femmes qui se font payer pour louer leur utérus à des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, dans certains pays). Et là, je vous le donne en mille : on va donc faire des femmes des objets, et qui plus est, des objets qu'on peut acheter ou louer par petits bouts. "Vous m'mettrez un utérus et les z'ovaires qui vont avec, m'dame Michu, siouplé !" 
Alors ce qui m'horripile, là, c'est qu'après avoir fait des enfants des objets, on va faire des femmes aussi, des objets. C'est marrant, hein ? De tout temps, les femmes ont été dénigrées, jugées comme inférieures... et ce qui est encore plus drôle, c'est que c'est au nom de l'égalité entre hommes et femmes qu'on en arrive là. Il y a un truc qui me pose question quand même : est-il possible de faire de l'homme un objet, pour rétablir l'égalité ?
Pis y'a autre chose encore : Zorro, il a bien dit qu'il fallait à tout prix que les hommes et les femmes soient égaux. C'est pour ça qu'il y a autant d'hommes que de femmes parmi les gens qui le conseillent. On appelle ça la "parité". C'est bien, la parité. C'est noble.
Ben vous savez quoi ? Zorro, il veut mettre la parité partout, sauf dans les familles, dites ! Il veut qu'il y ait des familles 100% hommes, ou 100% femmes ! et 0% parité.
Et ça aussi, ça m'horripile.

Il y a encore d'autres choses qui m'horripilent au plus haut point, comme le fait que Zorro soit d'accord tacitement pour que la presse ne montre qu'un côté des choses : ceux qui sont d'accord avec lui. Ou encore qu'il tienne tellement à marier les hommes entre eux et les femmes entre elles qu'il a dit (par la bouche de sa ministre de je ne sais plus quoi) que d'accord, on écouterait tout le monde, ceux qui sont d'accord comme ceux qui ne sont pas d'accord, mais que de toute façon, ça se fera comme ça, un point c'est tout ! (un peu de discipline dans les rangs, voyons !).
Et pour être sûr et certain que ceux qui font les lois prendront les décisions dans le sens qu'il veut, il a demandé à un autre de ses conseillers, Monsieur Erwann Binet, de convoquer tous ceux qui ont quelque chose à dire, mais surtout ceux qui sont d'accord. Histoire d'éviter les longs et fastidieux débats avec "ceux qui n'ont pas d'arguments". C'est quand même bien plus simple comme ça.

Alors ce qui m'horripile finalement, c'est que Zorro, il a décidé de décider tout seul. C'est plus notre sauveur, c'est notre nouveau dictateur.

Va nous falloir vite fait un autre Zorro pour rétablir un peu de démocratie, là. Non ?

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Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/mariage/68271#383985

mercredi 9 mai 2012

Elections


Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de sortir de ma réserve et de faire part ici de mes inquiétudes et de mes doutes quant à l'avenir de notre pays, au regard des élections qui viennent de se dérouler en France. Je vous rassure tout de suite, je suis parfaitement consciente de la partialité de mon propos, et, surtout, des lacunes que j'ai en matière de connaissances économiques, de santé, de politique sociale, européenne et tout et tout. Je ne parle là qu'en tant que citoyenne lambda, avec les convictions qui sont les miennes et, surtout, mes doutes et incertitudes.

Plusieurs choses me turlupinent, certaines me semblant bien plus graves que d'autres.
Tout d'abord, je tiens à préciser que j'ai eu le sentiment, cette année, de n'avoir pas réellement le choix, malgré le nombre de candidats aux élections présidentielles au premier tour. 10, c'est déjà pas mal, et pourtant, entre les extrêmes dont je ne veux pas, qu'ils soient de gauche ou de droite, et les partis "classiques" type PS et UMP, dont je ne veux pas non plus, mais pas pour les mêmes raisons, il ne restait que le MoDem, et pourtant, pour des raisons éthiques, je répugnais à voter pour M. Bayrou.
C'est pourtant ce que j'ai fait, tant la politique menée depuis 5 ans me posait problème et l'alternative proposée par le PS ne me semblait pas crédible et efficace à long terme non plus.

Est arrivé le 1er tour, avec les résultats que l'on sait. J'ai finalement été soulagée de ne pas voir M. Bayrou dans les trois premiers ou, pire, en challenger de M. Hollande, comme cela avait pu être brièvement évoqué il y a plusieurs mois maintenant. Mais effarée devant les résultats de Madame Le Pen : décidément, la mémoire est quelque chose de très, très éphémère...

Arrivés au 2e tour, nous avions un choix à faire, qui, pour moi, s'est traduit en un "ni..., ni...", avec une forte attirance pour l'abstention ou le vote blanc. Je m'explique.
Voter pour M. Sarkozy était équivalent à donner ma caution à sa politique, alors que depuis le jour de son élection, je sais que ce fut une erreur monumentale que de mettre cet homme au pouvoir. Les faits, tout le monde les connaît : une politique migratoire détestable, une politique fiscale honteuse, une politique de santé scandaleuse quant aux choix faits pour combler soi-disant le trou de la sécurité sociale (c'est bien plus simple de taper toujours sur les mêmes en dé-remboursant les médicaments plutôt que de s'attaquer aux vrais problèmes, à savoir les fraudes venant des professionnels qui surfacturent des actes qu'ils ne pratiquent pas par exemple, ou de demander aux entreprises, qui en sont exemptées pour je ne sais quelle raison, de payer réellement les charges sociales qu'elles doivent (et je ne parle pas là des emplois aidés, mais de toutes les ristournes qu'obtiennent de grandes entreprises pour leur permettre de rester "compétitives" sur le marché mondial où le coût du travail est moins élevé qu'en France). Forfait d'un euro par ci, médicaments non remboursés par là, suppression d'un fonctionnaire sur deux "à l'aveugle" ailleurs, en particulier dans les hôpitaux, où les soins se retrouvent déshumanisés parce qu'il faut faire de plus en plus vite avec de moins en moins de personnel... vous savez tous de quoi je veux parler), et une politique sociale qui, sous couvert d'aides qui seraient indues, met le doute sur l'honnêteté des plus démunis et ne fait que diviser les populations en instaurant une défiance insupportable. Une politique abjecte donc, dans certains domaines, mais qui a porté ses fruits dans d'autres : même si c'est en partie dû aux conditions extérieures (hausse des prix du gaz et du pétrole et grand froid en hiver qui ont dopé artificiellement la croissance économique au premier trimestre, soutien artificiel à l'industrie automobile par la prime à la casse...), il faut avouer que la politique économique de M. Sarkozy a, à mon sens, limité la casse, même si on ne peut nier le nombre incroyable de personnes nouvellement au chômage. Par ailleurs, il y a eu des avancées en matière de droits des malades, et la loi Léonetti n'est pas la moindre dans ce domaine. J'y reviens tout à l'heure.

Voter pour M. Hollande, alors ? En ce qui me concerne, c'est non, définitivement. Ce qu'il propose, c'est ni plus ni moins d'augmenter encore les dépenses d'un État déjà exsangue, et cela sans vraiment pouvoir s'attaquer aux causes de la dette, faute d'une véritable politique économique cohérente au niveau européen. Pire, à mes yeux : il va bouleverser totalement les repères sociétaux concernant la vie même. Je ne parlerai pas ici de la famille, pourtant grande future perdante à mon sens de la politique prônée par notre nouveau président, mais uniquement de la bioéthique qui est la seule chose qui a pour moi réellement fait pencher la balance du côté de M. Sarkozy au second tour, au détriment de M. Hollande. S'il y a quelque chose qui est sacré, je pense, c'est bien la Vie. Or ce que nous promet notre nouveau président, c'est tout simplement de légaliser le fait de donner volontairement la mort par l'euthanasie. La loi autorisant l'avortement était bien pensée, au départ, pour les cas extrêmes et les situations exceptionnelles, tout comme la proposition de loi qui sera faite très bientôt sur l'euthanasie. Mais on le voit aujourd'hui, 37 ans après : le nombre d'avortements ne baisse pas (je n'ai les chiffres que depuis 10 ans, on peut penser qu'ils étaient moins élevés au début des années 80, où la mentalité n'était pas encore "prête" à banaliser cet acte). Aujourd'hui, et depuis 2002 au moins, le nombre d'avortements oscille entre 200.000 et 220.000 par an. Pour qui, comme moi, pense que la vie commence à la conception (on ne me fera pas croire qu'un fœtus dans le ventre de sa mère n'est pas un être vivant, sous prétexte qu'il a besoin du corps de sa mère pour vivre ! Il n'y a qu'à voir les échographie de fœtus de quelques semaines pour se rendre compte qu'ils ont déjà tout ce qui fait un être humain !), il s'agit ni plus ni moins d'un véritable génocide. Vous imaginez, dans notre pays, 200.000 personnes tuées par an ? Est-ce acceptable ? Si ces personnes étaient ailleurs que dans le sein de leur mère, on serait sans doute scandalisés, mais du moment que ce sont des êtres qui n'ont aucun droit à la parole et pour qui tout le monde prétend savoir où se trouve leur intérêt, alors on peut se permettre de ne pas leur donner le droit de vivre... 
La question que je me pose, c'est, au sujet de l'avortement, où sont passées les personnes qui doivent "éduquer" les jeunes, leur donner un minimum de valeurs et de sens moral, de discernement tout simplement, afin de leur permettre d'agir avec bon sens pour éviter une grossesse trop précoce ? Où sont passées les personnes à qui les femmes peuvent parler quand elles sont en détresse ? Comment se fait-il que le Planning Familial ait retiré des informations qu'il dispense toutes les autres alternatives à l'avortement en cas d'impossibilité d'élever l'enfant ? Comment une loi prévue pour des cas exceptionnels permet-elle aujourd'hui à des femmes d'utiliser l'avortement comme moyen de contraception, non plus exceptionnel, mais habituel ? En plus de la loi, les associations pro-avortement font de la désinformation, laissant supposer qu'il n'y a pas d'autre alternative. Et M. Hollande propose de rembourser les avortements. Si on voulait en faire la promotion, on ne s'y prendrait pas autrement. Or un avortement fait toujours des dégâts sur celle qui le subit. Dégâts psychologiques, physiques aussi... On marche sur la tête quand même : quel bien y a-t-il à se faire du mal ?
Avec la prochaine loi sur l'euthanasie, on touche là à un nouveau tabou, celui de la mort.
Finalement : un avortement ou une euthanasie, même remboursés à 100%, coûteront forcément moins chers à la société que de financer l'accueil d'un enfant abandonné à la naissance ou d'apporter l'aide financière nécessaire à la maman pour prendre soin elle-même de son enfant, et à l'autre bout de la chaîne, de financer un accueil pour une personne très dépendante, âgée, dans des maisons de retraite de plus en plus chères ou de construire des lieux de vie pour les personnes lourdement handicapées... Et n'allez pas me dire qu'il n'est pas question d'euthanasier les personnes âgées ou handicapées. Pour l'heure, bien sûr, l'intention n'y est pas. Mais l'homme est ce qu'il est et l'économie aussi : la loi Léonetti permet déjà de soulager la souffrance de la personne en fin de vie, quitte à avancer un peu l'échéance, puisque c'est comme ça que fonctionne la morphine en particulier et que nul ne l'ignore. Mais la différence avec l'euthanasie, c'est que l'intention n'est pas de donner la mort, mais de soulager la souffrance. Certains objecteront que c'est hypocrite, il n'empêche que l'intention de donner la mort ou de soulager la souffrance, ce n'est pas pareil.
Vous l'avez lu plus haut, la politique menée par M. Sarkozy ne me plaît pas dans de nombreux domaines, mais au moins, il a cherché à préserver la vie et donné un cadre légal à sa fin. Mieux, il l'a protégée en refusant d'aller dans le sens de ceux qui, de plus en plus nombreux, demandent à obtenir le droit à l'euthanasie. Ce que ne fait pas M. Hollande. Pour moi, c'est rédhibitoire. Et je ne suis pas loin de penser que le pire est à venir.
Il y a fort à parier qu'avec un discours pareil, je sois taxée de "réac", mais tant pis : j'ai bien plus peur de ce qui va venir que de ce qu'on peut dire de moi. La vie est sacrée, à mes yeux. Et nous avons déjà les moyens de "mourir dans la dignité" avec les lois existantes. Pourquoi une nouvelle loi ?
Ce qui me fait le plus peur, c'est de savoir que des jeunes de 17 ans se demandent pourquoi on garde en vie des jeunes de leur âge polyhandicapés et grands dépendants, en posant la question : "Mais qu'a-t-il de la vie ?" Pour avoir une sœur handicapée (heureusement, pas autant que d'autres), je sais que la question de savoir ce que ces personnes attendent de la vie n'a pas de réponse évidente. Personne n'est dans la tête d'un handicapé. Et que dire de ces personnes qui vivent prisonnières dans leur corps, sans pouvoir bouger ni parler, mais qui, pour autant, voient leurs facultés intellectuelles intactes ? Ne faudrait-il pas plutôt chercher comment les soigner, relancer les programmes de recherche sur ces maladies plutôt que de chercher comment contourner le problème d'un médicament perdant son monopole et étant donc promis à la copie à moindre coût, pour le plus grand bonheur (ou malheur, c'est selon), des laboratoires pharmaceutiques ? 
La loi sur l'euthanasie passera, parce que la nouvelle génération n'a plus les repères moraux suffisants pour s'y opposer. Les responsables, ce sont les adultes qui n'ont pas su ou voulu leur montrer l'importance de la Vie. Nous passons dans une société de mort, où la mort elle-même s'inscrit dans la loi. Pauvre France.

Maintenant, que ceux qui ne sont pas d'accord s'expriment ici : je serais ravie d'être rassurée !
M. Hollande est notre président, pour les cinq années à venir. Je lui souhaite toute la sagesse nécessaire pour gouverner de manière juste. L'avantage d'avoir un autre président, c'est que tout espoir est permis et que rien n'est encore écrit. A lui de prendre les bonnes décisions, pour le bien et le respect de tous, en particulier des plus petits, des plus fragiles et des plus démunis, quel que soit le sens de ce que l'on met derrière ces mots.