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jeudi 31 juillet 2014

Enfonçage de portes ouvertes

J'avais commencé ce billet il y a quelques temps (aujourd'hui, ma dernière va avoir 14 mois, alors qu'elle n'en avait que 8 quand j'ai commencé la rédaction de ces lignes). Depuis, il y a eu les élections municipales, Vincent Peillon a été remplacé par Benoît Hamon, qui a décidé de ne pas généraliser (ouf !) les ABCD de l'égalité... Mais je l'ai relu, et hormis ces quelques considérations temporelles, la réflexion derrière tout ça est toujours la même et a toujours sa cohérence. Je vous livre donc ce billet pour ce qu'il est : une réflexion sur la société, sur l'homme et la femme, l'enfant...

Euh... Comment dire ???
Je n'arrête pas de lire en ce moment [février 2014], un article m'entraînant vers un autre et "lycée de Versailles" comme disait je ne sais plus qui durant mon adolescence. Et ce que je lis est juste délirant, affligeant.

D'abord sur la fameuse théorie du genre. L'enseignement de la théorie du genre à l'école serait une rumeur. Soit. Quand on regarde les programmes scolaires actuels (version 2013 de Vincent Peillon, loi sur la refondation de l'école), effectivement, il n'y est jamais fait mention de la théorie du genre. Ouf ? Ben non. Parce que cette théorie sert de base aux enseignements de SVT en Première L et ES, sans bien sûr dire son nom. Elle est cachée, mais bien présente ("oubli" de certaines infos sur la puberté et le développement du jeune à l'adolescence, par exemple, insistance lourde sur l'homosexualité sur le mode "les pauvres, ce n'est pas de leur faute alors faut surtout pas les discriminer, ils n'y sont pour rien s'ils sont comme ça, c'est juste leur orientation sexuelle !", etc.). Quand on interroge Vincent Peillon sur la fameuse "rumeur", il prétend qu'il est totalement opposé à la théorie du genre dans les écoles, mais qu'il est tout à fait pour l'éducation à l'égalité entre filles et garçons. Chouette ! Mais... Monsieur Peillon, vous savez que l'éducation à l'égalité entre filles et garçons, c'est dans les programmes de l'école primaire depuis... 1989 ? Alors pourquoi vouloir mettre dans les programmes quelque chose qui y est déjà ? Ce n'était pas bien fait avant ? C'était lacunaire ? Ben il n'y a qu'à remplir les lacunes plutôt que de mettre en place les ABCD de l'égalité ! Sauf, bien sûr, si derrière ces ABCD de l'égalité, il y a une certaine théorie qui ne dira pas son nom !

Sur le genre et les études de genres maintenant. Les études de genre, c'est juste une discipline sociologique qui vise à étudier les comportements des personnes en fonction de leur genre et de voir quelles sont les attitudes liées à des stéréotypes (par exemple des comportements induits par l'éducation). Sans vouloir juger de ces études (apparemment fort complexes), je ne peux que constater certaines choses dans leur vulgarisation. Les plus grands poncifs se voient sur la toile. On veut prouver au monde entier que les garçons sont éduqués à être forts et à ne pas pleurer, à jouer aux super-héros et aux petites voitures, et que les filles sont éduquées pour être faibles, habillées en rose, vouloir être maîtresse plus tard et jouer à la poupée.
Euh... et si tout cela, c'était des belles c******** ? J'ai quatre enfants, une fille de 11 ans, un garçon de 9 ans, une fille de 7 ans et une fille de 8 mois. Vu la proximité d'âge, les trois aînés reçoivent grosso modo la même éducation. Eh bien, je vous le donne en mille : le garçon est celui qui range le mieux, qui fait le plus volontiers le ménage, et qui met le plus volontiers la table, m'aide le plus à la cuisine. La grande de 11 ans refuse de mettre des robes, déteste le rose, veut jouer avec les armes à feu factices qui ont été offertes à son petit frère. La troisième joue aux Playmobils (mais pas les fées, hein ! A midi, elle m'a expliqué très sérieusement qu'elle avait mis tout le monde dans l'avion et qu'en fait, il y avait deux bandes, les gentils et les méchants, et que les méchants voulaient faire la guerre aux gentils), aime les poupées, s'habille volontiers en jupe, mais aussi en pantalon, se déguise en princesse mais aussi en chevalier ou en Bisounours, veut du vernis à ongles pour être jolie et des bottes pour aller jouer dans les flaques d'eau. Bref, mes trois enfants sont normaux. Ce sont des enfants. Ah oui, et la petite dernière, c'est une fille. Et comme tous les bébés, elle pleure. Et elle rit. Et elle tire les cheveux. Parce que ça, ce n'est pas l'apanage d'un sexe ou d'un autre. Un bébé pleure parce qu'il (ou elle) a faim, mal, ou a besoin d'être changé parce qu'une couche pleine, c'est inconfortable. Un bébé rit quand il voit le visage de sa mère, de son père ou de ses frères et sœurs simplement parce qu'il les reconnaît. Un bébé tire les cheveux parce qu'un bébé essaie d'attraper tout ce qui passe à portée de sa main pour pouvoir le découvrir. Tout ça, ça n'a rien de comportements stéréotypés liés au genre, et tout à voir avec le développement normal d'un bébé normal.
Si un de mes enfants se fait mal et qu'il pleure, ou s'il a été victime d'une agression verbale à l'école, ou s'il a perdu un objet auquel il tient, est-ce que mon discours en tant que maman change en fonction du sexe biologique de l'enfant en question ? Heureusement que non ! Parce que si je commençais à dire à mon fils "Tu as perdu une carte Pokemon ? Zut alors ! Mais faut pas pleurer parce que tu es un garçon et que tu dois être fort !" et à ma fille "Tu as perdu ta poupée ? Ma pauvre petite, je comprends bien ta peine et tes larmes, elles sont tout à fait normales !", comment réagiraient mes enfants, à votre avis ? Très violemment sans doute, sur le mode : "C'est pas juste !!!" (oui, les enfants sont hypersensibles à l'injustice !). Donc face à une situation comparable, ma réponse est comparable : "Tu as bien cherché partout ? Tu es sûr(e) que ce n'est pas dans ton coffre à jouet, dans ta chambre, dans ton cartable (ou n'importe où ailleurs) ?" et il n'est jamais question de "tu ne dois pas pleurer parce que tu es un garçon". Ce type d'affirmations (on apprend aux garçons à être forts), c'est juste du grand n'importe quoi aujourd'hui (je ne peux rien affirmer pour il y a 50 ans, parce qu'il y a 50 ans, je n'étais pas née).

Donc l'égalité entre filles et garçons, en tout cas en famille, c'est simple : c'est une question d'harmonie dans la famille. Et une question de tympans. Parce que l'instauration d'injustices liées au fait d'être une fille ou un garçon, c'est juste une déclaration de guerre dans une famille. Donc autant éviter.
J'ai lu autre part que la manière de porter un bébé pouvait être différente selon que le bébé est une fille ou un garçon. Ah bon ? Personnellement, j'ai toujours porté mes bébés de la même manière, c'est-à-dire de la manière la plus confortable pour l'enfant et de celle qui m'assure au mieux une prise permettant de ne pas le faire tomber. Une fois que j'ai trouvé cette position avec mon aînée (oui, une fille !), je l'ai utilisée ensuite pour mon fils puis pour mes deux autres filles. En revanche, c'est vrai que j'ai noté une différence importante, non pas dans ma manière de porter les filles ou le garçon, mais dans la manière dont mon mari porte nos enfants, qui, elle, est très différente de la mienne. Ce qui d'ailleurs me fait penser que, l'enfant étant en contact avec son père comme avec sa mère (un peu plus avec sa mère au début, c'est dans notre cas une évidence pour la dernière, mais ce n'était pas vrai pour l'aînée), il y a de fait une relation différente qui s'installe envers la mère et envers le père. Est-ce dû au portage ? Au fait que la relation avec la mère est essentiellement de soin et nourricière, alors que celle avec le père est plus de l'ordre du jeu ? En tout cas, c'est peut-être ça que l'on appelle la construction dans l'altérité. L'enfant a un père et une mère (du moins, la plupart du temps) et la manière de s'occuper de lui est différente selon qu'on est un homme ou une femme. Mais si, justement, les rôles paternels et maternels sont différenciés, c'est peut-être une bonne chose pour l'enfant.


Alors on va me répondre "Mais non, t'as rien compris, les études de genre, c'est pas ça du tout, c'est pour permettre aux filles et aux garçons de ne pas être enfermés dans des choix liés à leur sexe mais de pouvoir choisir un métier en fonction de leurs goûts". Certes. Sauf que ça ne marche pas comme ça, visiblement. J'ai été étonnée de voir une vidéo (présentée ici même il y a quelques mois) mais que je me fais un plaisir de remettre ici, parce qu'elle me semble importante :



Dans cette vidéo, je ne sais pas exactement ce qui est vrai scientifiquement, ce qui peut être contesté ou infirmé. Mais ce qui me frappe, c'est le manque total de preuves scientifiques qu'apportent au débats les chercheurs qui soutiennent ces études de genre. J'en conclus donc que ces études de genre n'ont rien de scientifique et que la réalité est bien plus simple : le cerveau d'une femme et le cerveau d'un homme fonctionnent différemment et les différents comportements entre hommes et femmes peuvent simplement trouver leur source et leur explication dans ces différences cérébrales. Alors bien sûr, il faut aussi tenir compte des hormones, des gênes, puisque le comportement est aussi influencé par les hormones (il n'y a qu'à voir les comportements de nombreuses femmes durant leurs règles, moment où les taux d'hormones féminines changent. D'ailleurs, je me demande ce que je ferais si je vivais avec une femme et si nous avions nos règles au même moment : ce serait sans doute la foire d'empoigne à la maison tellement les susceptibilités peuvent être exacerbées durant ces périodes-là. Donc, chapeau, les lesbiennes !). Je ne suis pas en train de dire que tout est biologique, mais que la biologie semble expliquer bon nombre de ces différences comportementales. La part de l'acquis et de l'inné, là-dedans, est très difficile à apprécier, puisque pour supprimer l'acquis, il faudrait extraire la personne de la société, la priver de tout contact humain. Or des chercheurs avaient tenté de faire ça chez des enfants tout petits, et ces enfants avaient fini par mourir. Peut-on tuer des êtres humains au nom de la science ? Juste pour vérifier quelle est la part de l'acquis et de l'inné dans leurs comportements ? Ça me paraît absurde...

En tout cas, le résultat en Norvège de l'application depuis plus de vingt ans de cette éducation égalitaire est très paradoxal : finalement, les différences de choix de métiers sont encore plus radicales chez eux que chez nous !
Bref, tout ça pour dire, donc, que l'influence de l'éducation et de la société sur les comportements, ça me paraît moins important que ce qui est présenté dans les articles de vulgarisation scientifique dont le but est simplement de nous dire qu'une fille et un garçon, ben... c'est pareil, ma bonne dame !

Sauf que non, en fait, une fille et un garçon, ce n'est pas "pareil". Nous sommes égaux en droits, oui, mais nous sommes différents. Et là il y a un tout petit problème dans notre société avec le mot "différent". En fait, quand on parle de "différence", aujourd'hui, on comprend "inégal". Et donc "injuste". Donc insupportable. Autrement dit, on confond "égalité" et "identité" dans le sens "identique".

Autre poncif qu'on entend très souvent au sujet, justement, de l'égalité entre hommes et femmes : les femmes seraient moins bien payées que les hommes.
Ah.
Ben faudrait vérifier un peu. Ce que j'ai constaté, pour avoir travaillé pendant quinze ans dans une entreprise qui emploie plus de femmes que d'hommes, c'est que les femmes ne sont pas moins payées que les hommes et les hommes pas moins bien payés que les femmes sous prétexte que la directrice, c'est une femme. Même si elle était une perverse sadique et misogyne à l'envers, elle ne pourrait pas sous-payer les hommes du fait qu'ils sont des hommes, tout simplement parce que l'entreprise où je travaille est soumise, comme beaucoup d'autres en France, à une convention collective qui régit les grilles de salaires et d'avancement des personnels. Je précise que c'est une entreprise privée, il ne s'agit donc pas là de l'égalité salariale dans la fonction publique, qui est une réalité (et quand on voit le nombre de fonctionnaires en France, je pense qu'il n'y a pas à s'inquiéter de la question de l'égalité salariale), mais bien de la convention collective et de ses dispositions.
Donc, qu'est-ce qui se passe ? Pour deux personnes, un homme et une femme, embauchés sur le même type de poste (par exemple, deux formateurs), avec un même temps de travail (tous les deux à temps plein), avec un même diplôme et qui débutent en même temps, il n'y a aucune différence de salaire entre la femme et l'homme. 
S'il y a une différence quelque part, c'est que tous les éléments à prendre en compte (ancienneté, temps de travail, diplôme, type de poste) ne sont pas identiques. Si une femme décide de ne pas travailler le mercredi parce qu'elle trouve ça plus simple pour emmener ses enfants à leurs leçons de danse ou de piano, elle est libre de demander un temps partiel (80% par exemple). Mais si c'est le père qui veut emmener les enfants aux leçons de danse ou de piano, il peut aussi demander un temps partiel, même si c'est moins fréquent. Donc si une femme demande un temps partiel, elle sera payée partiellement (à 80% dans l'exemple plus haut), ce qui est juste, puisqu'elle travaille moins que son collègue qui travaille le mercredi et fait un temps plein.
Donc, quand on dit que les femmes sont moins bien payées que les hommes, c'est vrai, mais c'est parfaitement juste et justifié la plupart du temps. Il n'y a donc pas lieu de s'en offusquer et de crier à la discrimination de genre : il suffit d'observer les faits. Si les femmes sont en général moins bien payées, c'est parce que ce sont en général elles qui travaillent à temps partiel, ou qui ont arrêté leurs études plus tôt parce qu'elles se sont mariées et ont eu des enfants, ou ont des carrières plus chaotiques que les hommes parce que justement, elles ont eu des enfants et ont fait des pauses dans leurs carrières pour pouvoir être présentes auprès d'eux dans les premières années de leur vie. Il ne s'agit donc pas d'injustice, mais de situations différentes.

On pourrait effectivement dire que ce n'est pas normal quand même que les femmes soient plus à temps partiel que les hommes. Et c'est vrai que ce n'est pas normal si ce temps partiel est subi et non pas voulu. Mais si c'est la femme qui le demande parce que concilier vie professionnelle et vie familiale, c'est franchement compliqué, alors où est le problème ? Pourquoi se plaindre d'une situation que l'on a soi-même demandée ?

Le recul que j'ai maintenant sur certaines questions me fait penser qu'en réalité, le problème ne se trouve pas là. Ce n'est pas une question d'injustice, d'inégalité. C'est une question fondamentale d'identité profonde. Quand on réfléchit un peu à ce qu'on demande aux femmes, dans notre société, c'est assez hallucinant. Au nom de la libération sexuelle, on a fait croire aux femmes qu'elles allaient s'épanouir bien plus en travaillant, en "se réalisant" qu'en étant épouses et mères de familles. On a dégradé volontairement l'identité maternelle de la femme pour en faire une travailleuse comme un homme. Sans pour autant lui donner les moyens d'être "comme" l'homme. C'est-à-dire que quand elle rentre le soir de son travail, la femme a encore le linge à sortir de la machine à laver et à étendre ou à repasser, elle a encore le repas du soir à préparer, elle a encore les devoirs à vérifier et les cahiers de correspondance à signer, elle doit aussi faire un peu de rangement, de la vaisselle... Alors, me direz-vous, "oui, mais c'est ça qui est injuste : les hommes devraient aider plus !".
Sauf que.
Sauf que justement, on a tellement valorisé la femme en disant qu'elle pouvait tout assumer, que ce sont peut-être justement les femmes elles-mêmes qui refusent l'aide des hommes. Combien de fois me suis-je dit que mon mari étendait le linge n'importe comment et que je devais repasser derrière lui pour le remettre correctement en place sinon il ne sècherait pas bien ? Combien de fois je me suis dit que franchement, une couche, il fallait l'attacher autrement pour qu'elle tienne mieux et qu'il n'y ait pas de risque de fuite durant la nuit ou la sieste ?
La question que je me pose, c'est la suivante : Est-ce que les femmes sont vraiment prêtes à déléguer les tâches ménagères à leurs hommes (hormis sortir la poubelle et promener le chien) ?
Est-ce que, finalement, cette vie multiple (on parle souvent de la double journée des femmes, ce qui est une vraie réalité en soi) n'a pas pour objectif aussi d'envoyer un message très clair aux hommes, message du type "Vous voyez, moi, femme dite "faible", je me passe très bien de vous, les hommes ?"
Et après, on se demande pourquoi les pères "démissionnent" ?
Sans aller jusqu'à dire que la place de la femme est au foyer (franchement, ça, c'est une question personnelle et de couple et qui doit le rester, à mon avis, mais ce n'est que mon avis), je me dis que tout le monde aurait tout à gagner si l'on redonnait à chacun une vraie place. Et si la femme souhaite rester à la maison pour s'occuper des enfants et de son intérieur, pourquoi s'ingénier à toute force à la mettre au travail à l'extérieur ? Pourquoi l'obliger à être toujours plus performante, à être sur tous les fronts ? Je me demande parfois si ce n'est pas pour mieux l'aliéner. Pour l'empêcher de voir ce qui se passe chez elle. Pour mieux contrôler l'enjeu majeur de la société aujourd'hui : l'enfant.

Parce qu'elle fait quoi, la femme qui travaille toute la semaine et qui a des enfants ? Comment elle fait pour prendre soin d'eux pendant son absence, si les deux parents travaillent à temps plein ? Eh bien elle délègue. Alors oui, c'est bien parce que ça crée des emplois (périscolaire, assistante maternelle, crèche...). Mais... Mais il y a rupture dans la transmission de fait. Il n'y a plus de connaissance de ce qui est transmis aux enfants qui sont élevés par la société. Et si la société se met à aller de travers et à transmettre aux enfants des valeurs contraires aux convictions des parents, qu'est-ce qui se passe ? Où est la liberté éducative, la liberté de pensée des parents ? Où est leur liberté de transmettre leurs propres valeurs à leurs enfants si la société a tout organisé pour couper les enfants de leurs parents, et particulièrement de leur mère, dès le plus jeune âge ?

Je me dis parfois que le féminisme n'a fait que rendre les femmes encore plus esclaves. Et c'est vraiment pervers, parce que comme il s'agit de "féminisme", donc a priori favorable aux femmes, les femmes ne peuvent même pas se rebeller et dire qu'elles n'en peuvent plus, parce que ce serait comme dire "c'était mieux du temps du patriarcat" (alors qu'on est bien d'accord que le vote des femmes, l'égalité de droits entre les hommes et les femmes, c'est une bonne chose !). On est toujours, ici, dans un raisonnement binaire (c'est tout noir ou tout blanc), alors que la réalité est pleine de nuances. Mais les nuances, ça demande de la réflexion, donc du "temps de cerveau disponible". Et ça, c'est pas bon pour le gouvernement des masses. Il vaut mieux des moutons décérébrés incapables de réfléchir : c'est plus facile de les mener à l'abattoir s'ils ne savent pas où ils vont...

Allez, pour ne pas finir sur une note pessimiste : la vie est belle. Et, mine de rien, il y a quand même un certain nombre de personnes qui ont conscience de tout cela ! Hauts les cœurs, rien n'est perdu puisqu'il y a la vie. Et tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! 

...
C'est marrant, j'ai l'impression de faire un catalogue de proverbes, là... :)

vendredi 16 mai 2014

Euro-vision ???

J'ai été quelque peu sidérée, mais guère surprise, quand j'ai entendu le résultat de l'Eurovision. Conchita Wurst, vous le savez comme moi, a remporté le concours de chant. Bon. Et après ?

J'ai réfléchi à diverses petites choses depuis. Diverses choses qui ne laissent pas de m'étonner.
D'abord, je me suis souvenue que la France aussi, concourait à l'Eurovision. Et que bizarrement, j'étais incapable de dire qui représentait mon propre pays. Diantre ! C'est si grave que ça ?

Non, en fait, ce n'est pas grave du tout. Simplement, avant ce concours et le "buzz" créé par la présence puis la victoire de "Conchita", je m'en fichais totalement, c'est tout. Donc savoir qui représentait la France ne m'apparaissait pas du tout comme quelque chose de fondamental, et en fait j'éprouve tellement peu d'intérêt pour ce concours que je dois bien avouer que sans la présence de "Conchita", je n'aurais même pas prêté attention au concours lui-même (et je n'en aurais sans doute même pas connu la date !).
Du coup, après le concours, j'ai entendu deux choses : "Conchita Wurst a gagné" et "La France est dernière du classement". Wouah ! C'était si "pire" que ça ?? Et qui a eu l'honneur d'être si nul pour représenter notre pays aussi mal ?
Deux minutes plus tard, j'avais la réponse : Twin Twin. Bon sang. C'est qui, ça ?
Je viens de voir la vidéo de leur prestation sur Internet et... comment dire... c'est juste affligeant, effectivement. Comment s'étonner, une fois de plus, qu'avec des compétiteurs aussi nullissimes, nous arrivions à la dernière place ? S'il y avait un championnat des nuls en Europe, je pense que nous aurions toutes nos chances. Parce qu'entre Pisa et l'Eurovision, on est pas brillants-brillants, hein !
Et puis, tiens, au hasard des visionnages d'infos diverses et variées, je tombe sur le Rewind de 20 minutes, où il est justement question des Twin Twin qui se présentent sur un plateau télé, entièrement nus (ou presque). Ah. Donc, pour faire parler d'eux, ils doivent se mettre à poil, c'est ça ? Eh ben... (ok, la vidéo, c'est sur Métronews, mais promis, c'est sur 20 minutes que j'en ai entendu parler pour la première fois ! Mais évidemment, comme le but est de faire parler d'eux, ben, forcément, des mecs nus sur un plateau télé, ça fait le "buzz"... c'est le but !).

Et les autres, alors ? La Russie qui se fait huer à l'annonce de sa sélection, l'Ukraine qui présente un homme dans une roue, tel un hamster, et un travesti qui remporte le concours ? Euh... je n'avais pas vraiment compris qu'on était dans un débat politique...

Parce que, finalement, c'est bien de ça qu'il s'agit, non ? Pourquoi Conchita Wurst fait-elle le buzz avant même le concours ? Pourquoi, en France, n'a-t-on parlé que d'"elle" (ou plutôt de "lui" ? je ne sais plus trop comment dire, en fait !) ? Pourquoi, dans tous les commentaires entendus après l'Eurovision, on n'a parlé que de Conchita et de la preuve de tolérance que sa victoire a donné, plutôt que de ses capacités vocales ? Pourquoi, si ce n'est parce que la question vocale n'est qu'accessoire ? Pourquoi, si ce n'est parce que la grande question du moment, c'est de savoir si oui ou non on accepte les homosexuels, trans, bi, intersexes pour ce et tels qu'ils sont ? Pourquoi, sinon, la Russie se serait-elle fait huer ? On connaît les opinions des Russes sur l'homosexualité, la prise de position de la Russie par rapport à l'adoption d'enfants Russes par des couples venant de pays où le mariage entre deux personnes de même sexe est autorisé, on sait aussi en partie quel est le rôle joué par la Russie dans la crise en Ukraine. Bref, la Russie n'a pas "bonne presse" actuellement sur la scène européenne et internationale. Trop conservatrice sur le plan des moeurs, trop "dominatrice" ou hégémonique sur le plan géopolitique...
Et vlan, un transsexuel qui arrive sur la scène de l'Eurovision ! C'est du pain béni, ça, pour les tenants de l'égalitarisme à tous crins, de l'acceptation de l'autre dans toutes ses différences. 
Je me pose une question : que se serait-il passé si "Conchita" n'avait pas remporté ce concours ?
Quel est le message derrière sa victoire ?
On a célébré la tolérance, l'acceptation des "trans" et, avec eux, des autres "minorités" sexuelles dans la société ! Youpi ! Tout va donc pour le mieux et le monde est magnifique !

Euh... pouvait-il réellement en être autrement ?
Si "Conchita" n'avait pas remporté ce concours, qu'est-ce qu'on en aurait conclu, alors ? Qu'à Copenhague, en Europe, les gens sont homophobes ? Intolérants envers les "minorités" sexuelles précédemment citées ?
Ouah !!! Quel pouvoir pour un simple concours de chant !
J'en reste même carrément pantoise, moi.
Parce que ça a quand même créé une sacré polémique, tout ça, avec M. Poutine qui veut créer son propre "Eurovision" et Mme Boutin qui se pose des questions sur l'avenir de l'Europe...

Donc, il y a un vrai malaise derrière tout ça. C'est en fait, il me semble, un tout petit peu plus compliqué que la question de l'acceptation de la "différence". Parce qu'on peut mettre tout et n'importe quoi derrière cette revendication-là.
Là, en l'occurrence, on sacralise la différence de cette personne qui, finalement, n'est ni homme, ni femme. "Conchita" n'est pas un homme, puisqu'"elle" a tous les attributs extérieurs d'une femme, mais n'est pas non plus une femme (ça se voit à sa barbe, d'ailleurs). "Elle" est "entre les deux", ni l'une, ni l'autre, quoi. Alors "elle" est quoi ? C'est ça, le nouveau "modèle" européen ? Une personne qui n'est ni homme, ni femme ? Mais "elle" est quoi, alors ?

Bon sang, c'est quoi cette société où on en arrive à nier carrément l'identité sexuelle d'une personne ? Qu'est-ce qui, finalement, me gêne le plus là-dedans ? Le fait de ne pas savoir si je dois dire "il" ou "elle" ? Il n'y a qu'à faire comme en Suède, alors, et "inventer" un "on" indifférencié ? Pour quoi faire, d'ailleurs, puisque le pronom personnel "on" existe déjà en Français ? On n'a qu'à l'utiliser pour "Conchita" et ça ira tout aussi bien, non ?
Non, ce n'est pas vraiment ça, le problème. Ce n'est pas une question de pronom personnel, de sujet. C'est surtout le fait que, une fois de plus, l'identité de l'homme en tant qu'homme, ou de la femme en tant que femme, leurs différences, justement, sont niées. Ce qui me pose réellement un problème, c'est de voir que ce qui fait la spécificité de l'homme par rapport à la femme, et la spécificité de la femme par rapport à l'homme est nié, comme si ces différences, ces spécificités d'un sexe par rapport à l'autre étaient honteuses ou problématiques. Comme si à force de vouloir l'égalité entre les hommes et les femmes, on en était venu à réclamer l'identité entre les hommes et les femmes, au sens non pas identitaire du terme, mais d'identique, même, pareil. Qu'en gros, un homme ou une femme, ce serait la même chose. Ce qui n'est absolument pas vrai d'un point de vu biologique et physiologique (même si hommes et femmes ont les mêmes droits, ce qui n'a rien à voir non plus avec le reste, mais qu'on cherche à nous faire croire que si, c'est une question de droits, alors que pas du tout. C'est bon, vous suivez encore ?)
Une fois de plus, la question et le problème ne sont donc pas une question d'égalité de droits, mais bien d'identité sexuelle.

Je me vois donc plus ou moins dans l'obligation de redire une fois de plus ce que j'ai déjà crié sur tous les tons (mais il faut croire que ce que j'ai déjà dit ne suffit pas ou n'est pas entendu, à voir), c'est-à-dire qu'il n'est pas question ici, au fond, des droits des personnes, hétéros, homos, bis, trans, inter ou autres, mais bien de nier les différences entre les êtres. Sinon, comment expliquer la victoire de "Conchita" ? C'est finalement cette "femme" qui symbolise aujourd'hui ce que cherchent tous ceux qui prônent l'égalité (pour ne pas dire l'identité) entre les hommes et les femmes : n'être ni l'un, ni l'autre. Être homme et femme, ou encore ni homme, ni femme. Affranchir une personne de son sexe biologique, est-ce cela le rêve de la société post-moderne ?

À quoi ça conduit, un truc pareil ? Nier l'appartenance à un sexe, c'est en terminer avec la nature (zut, je crois que j'ai dit un gros mot, là, pardon !) et avec le déterminisme qui l'accompagne. Oui, le déterminisme. J'assume. Oui, les femmes ont leurs règles chaque mois quand elles ne sont pas sous pilule ou ne portent pas de stérilet. Oui, ce sont les femmes qui sont enceintes, elles qui donnent la vie. Et oui, c'est comme ça. Parce que non, les hommes n'ont pas d'utérus. Et oui, ce sont eux qui décident du sexe de l'enfant à naître parce qu'ils ont des chromosomes qui permettent de le faire. Et oui, ils sont en général plus forts physiquement que les femmes et ont des centres d'intérêt différents qui font qu'ils choisissent des professions différentes que celles que choisissent les femmes. Et je ne vois pas bien comment ces données biologiques, physiologiques, génétiques, pourraient bien changer ? 
Alors oui, il y a une possibilité. Si tous les hommes et toutes les femmes deviennent, par je ne sais quelle incantation magique, identiques, alors on pourra réellement parler d'égalité. Mais ce sera simplement la fin de l'espèce humaine. Parce que si les hommes et les femmes deviennent identiques, à moins d'utiliser la parthénogenèse, je ne vois pas bien comment on va pouvoir continuer... puisque, de fait, il n'y aura plus de descendance possible. Pas pour l'espèce humaine, qui est sexuée, en tout cas. Pour une espèce "post-humaine" ?
En tout cas, je me repose la question : quel est l'intérêt de tout ça ? Quel est l'intérêt de nier la réalité de l'appartenance à un sexe biologique ou à un autre ? On va me dire que ce n'est pas ça le problème, que c'est une question de "genre". Et... je croyais que la "théorie du genre" n'existait pas ? C'est pas moi, c'est Najat qui l'a dit ! Soyons sérieux. Je pense vraiment que là, on se fait des noeuds au cerveau, pour rien.

Certaines personnes ont des problèmes avec leur sexualité. Certains hommes sont attirés par des hommes, certaines femmes par des femmes, certains êtres humains par les deux sexes, certains se sentent homme dans un corps de femme ou l'inverse, d'autres sont attirés par des enfants, d'autres par des animaux, des hommes revendiquent le droit d'être mariés à plusieurs femmes... où cela va-t-il s'arrêter ? Jusqu'à quel point on va "tolérer" ce genre de choses ? Et l'homme amoureux de sa machine, c'est pour demain ?

Là, j'ai juste envie de dire : "Pfffff... n'importe quoi !"
(mais bon, si je dis ça, hein, on va encore me dire que je suis "homophobe"). (De toute façon, actuellement, on peut difficilement donner son opinion sur cette question sans être traité d'homophobe. C'est grave, quand même).


Et si on arrêtait là les imbécilités ? Et si on devenait enfin responsables de notre libido et qu'on arrivait à se contenir face à une personne pour laquelle on éprouve un désir sexuel mais que ce désir ne peut être assouvi ? C'est finalement ça le problème : "jouir sans entraves", ce n'est pas possible. Il va falloir se mettre ça dans le crâne un jour. Ce n'est pas possible. Parce que ça a des conséquences. Et pas des moindres la plupart du temps. 
Que l'on soit hétéro ou homosexuel, bi, trans ou même pédophile, le problème est toujours le même : la continence. Savoir se contenir. Savoir freiner ses désirs sexuels, ses pulsions. Parce que si tout le monde se met à vouloir les assouvir, alors où va-t-on ? 
Dans une société policée, où la notion de bien et de mal a (encore ?) un sens, où le respect de l'autre est érigé en valeur morale, où la fidélité est exigée au sein d'un couple (quoique...), qu'est-ce qui pose le plus de problème, sinon la question de la sexualité débridée, sans frein, sans entraves, sans limites ? Que se passerait-il si, un jour, on décidait que la fidélité dans le couple (marié ou non, hétéro ou homosexuel), c'est du passé ? Qu'est-ce qui justifierait encore la prohibition de la polygamie ? Que se passerait-il si on décidait de légaliser toutes les unions, y compris avec des enfants ou des animaux, au motif que "ça existe et qu'on ne peut pas le nier, donc il faut en tenir compte" ? A-t-on conscience que c'est exactement avec cet argument-là que le mariage "pour tous" a été légalisé ?
Ce qui se passe, c'est que nous avons d'un côté les tenants d'une certaine morale dans la société (on ne peut pas coucher avec n'importe qui, n'importe comment) et de l'autre ceux qui veulent voir reconnus comme "normaux" des comportements qui ne le sont pas. Alors là, la question de la "norme" se pose. En quoi est-ce "normal" d'avoir des désirs sexuels pour une personne du sexe opposé ? Pourquoi est-ce plus normal que d'en avoir pour une personne du même sexe ?
Je pense que ce que la société a édicté comme "norme" est lié au bon fonctionnement et à la pérennité de la société, ni plus, ni moins. Il est "normal" pour un homme d'épouser une femme parce que c'est dans ce cadre-là que naissent naturellement les enfants et c'est dans cette configuration-là que la société peut se perpétuer (parce que qui dit pas d'enfants, dit pas d'avenir). Donc la question n'est pas celle des "droits" des minorités sexuelles à se marier ou pas, mais bien la pérennité de la société, de notre civilisation.
Ce qui veut dire qu'en dehors du mariage (seule institution reconnue socialement qui légitime la paternité et donc la filiation), il n'y a pas de filiation. Et que donc quand on donne le droit aux personnes de même sexe de se marier, on leur accorde, qu'on le veuille ou non, le droit d'avoir des enfants. Donc d'en adopter ou d'en créer artificiellement, puisque cela ne peut se faire au sein d'un duo de deux personnes de même sexe, indépendamment de leur bonne volonté et de leurs capacités à les élever par ailleurs.

Donc quand on parle de mariage, on parle d'avenir de la société. Quand on parle d'homosexualité, de transsexualité, de bisexualité, on parle d'instincts, de pulsions. Et c'est bien ça le problème : la loi sur le mariage pour tous a créé l'amalgame.

Et voir "Conchita" devenir en quelque sorte la "norme" au niveau européen... comment dire ? Ca en dit long sur l'état de notre société...

vendredi 7 février 2014

Le gender


La modernité s'est donné pour but de désinscrire l'individu, le plus possible, de ses groupes d'appartenance et de ses caractéristiques identitaires, afin de le rendre libre de tout. Nos caractéristiques nous déterminent: elles nous marquent, nous affilient à un groupe, d'où l'on tire l'idée qu'elles nous aliènent et nous exposent aux jugements. Celui qui n'est rien, qui n'a pas de caractéristique, peut croire que tout lui est possible et qu'il est à l'abri des regards discriminants. Désinscrire permettrait donc d'échapper aux tentations et tentatives de la discrimination. Le gender met en œuvre la dernière désinscription possible, celle du sexe. Ici, on touche le socle. La différence sexuelle est la plus naturelle, la seule différence véritablement biologique.

 Extrait de Le "gender" ou l'individu transparent, de Chantal Delsol, paru dans le Figaro du 3 juillet 2013.

Vu sur le site du Comité de la jupe :

La vraie question n’est donc pas ce que l’on pense de la notion de genre, mais ce que l’on pense de l’égalité homme/femme. Et, de fait, la lutte pour les droits des femmes remet en cause la conception traditionnelle, patriarcale, inégalitaire, des rôles attribués aux hommes et aux femmes au sein de l’humanité. Dans les sociétés en développement en particulier, la situation des femmes est encore tragiquement inégalitaire. L’accès des femmes à l’éducation, à la santé, à l’autonomie, à la maîtrise de leur fécondité se heurte à des résistances puissantes des sociétés traditionnelles. Pire encore : c’est le simple droit des femmes à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique qui est dans certains lieux constamment menacé. On ne peut pas, comme le fait le pape dans ses interventions à ce sujet, prétendre que l’on salue comme un authentique progrès l’accès des femmes à l’égalité des droits, et continuer néanmoins de défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes. Il y a là une contorsion intellectuelle insoutenable.
Anne-Marie de la Haye et l’ensemble du bureau du Comité de la Jupe  27 janvier 2013

Bon. Soit. Je n'ai rien compris depuis un an, alors. Seulement, le problème, c'est que je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qui est affirmé dans l'article de Mme De la Haye, loin s'en faut. Mais c'est vrai que, pour ma part, je ne suis qu'une maman, qu'une femme, qu'une catholique, donc forcément influencée par les hommes, sous la coupe de mon patriarche de mari et du pape, tant qu'on y est...
Bon, alors reprenons. Parce que même si je ne suis qu'une femme catholique, j'ai aussi, semble-t-il, un cerveau. Ca au moins, c'est une caractéristique que j'ai en commun avec les hommes (même s'il paraît que les cerveaux masculins et féminins ne sont pas connectés de la même façon... mais ça aussi, ça pourrait être lié à l'éducation et à la société, sans doute...).

Donc, la "vraie question n'est donc pas ce que l'on pense de la notion de genre, mais ce que l'on pense de l'égalité homme/femme". Soit. Si j'écris "je ne suis pas pour l'égalité homme/femme !", là, bien sûr, ça confère à l'absurdité. Bien sûr qu'on ne peut pas être contre l'égalité entre hommes et femmes ! Ce serait débile ! Ce serait comme si dire qu'un Africain et un Européen ne sont pas égaux en droits ! C'est absurde. Vraiment. Et la lutte pour les droits des femmes (et surtout pour qu'ils soient respectés partout) est un combat important, faut-il le rappeler ? Que les filles n'aient pas le droit d'aller à l'école ou de se promener dans la rue juste parce qu'elles sont des filles, c'est franchement révoltant. Sauf que la question du genre ne se pose pas en ces termes, en tout cas pas de mon point de vue (qui n'engage que moi, rappelons-le. Mais l'avantage, c'est que je suis ici sur mon blog, alors je dis ce que je veux du moment que je n'enfreins pas la loi).

Ce qui me choque, c'est ce passage-là :

On ne peut pas, comme le fait le pape dans ses interventions à ce sujet, prétendre que l’on salue comme un authentique progrès l’accès des femmes à l’égalité des droits, et continuer néanmoins de défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes. Il y a là une contorsion intellectuelle insoutenable.
Ben si, justement, on peut. Je ne prétends pas en savoir autant que le pape sur le sujet, ni, surtout, avoir étudié la question de manière aussi approfondie que lui. Et puis, pour ma part, je n'ai pas sa sagesse. Mais saluer le progrès de l'accès des femmes à l'égalité des droits d'une part et de l'autre dire que la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes, ça ne me paraît pas choquant du tout, au contraire. Parce que ce qui est dit là, c'est tout simplement la spécificité et la complémentarité des sexes. Et la vocation pharticulière de la femme et de l'homme, en premier lieu dans la conception, dans l'enfantement et dans l'éducation des enfants. Biologiquement, je le répète une fois de plus, parce que ça a l'air d'être difficilement audible aujourd'hui, un homme et une femme ne sont pas identiques. Un homme a un pénis et des testicules lui permettant de concevoir un enfant, une femme a un utérus et des seins lui permettant d'accueillir en son sein un enfant, de lui donner la vie puis de le nourrir. Point. C'est comme ça, et ce n'est pas parce qu'on est pour l'égalité entre les personnes qu'on va pouvoir s'affranchir de cette réalité biologique. Et j'écris volontairement "l'égalité entre les personnes" parce que pour moi, c'est bien de cela qu'il s'agit. Donc quand je lis qu'il s'agit d'une "contorsion intellectuelle insoutenable", ça me fait bondir parce que c'est nier totalement les spécificités de la femme et de l'homme en tant qu'être humains sexués (et donc différents, mais pas inégaux pour autant !). Que cette réflexion vienne, en plus, de femmes se disant catholique me plonge dans des abîmes de réflexion et m'interpelle : le message du Pape et de l’Église est-il donc à ce point inaudible jusque pour les croyants ou les croyants sont-ils à ce point contaminés par l'esprit du monde (dont, pourtant, ils ne sont pas) que le message de l’Église en devient incompréhensible ?

Bien sûr que les comportements sociaux sont influencés par la société. Mais ils ne sont pas qu'influencés. Ils sont innés aussi. C'est exactement ce que démontre la vidéo sur l'expulsion de la théorie du genre en Norvège. Et qui prouve que cette idéologie est d'autant plus dangereuse qu'elle ne change en rien le problème de fond de l'inégalité entre les hommes et les femmes. Pour ma part, j'y vois une raison : ce n'est pas une question de genres, de stéréotypes, mais bien d'éducation au respect de l'autre. Et ça, il n'y a pas besoin d'études de genre pour le faire. Il suffit d'un peu de bons sens et surtout de bienveillance. Mais ça, ce n'est pas "porteur" pour les lobbys LGBT...

lundi 8 avril 2013

De l'honnêteté intellectuelle... ou pas !

J'ai enfin trouvé le temps de regarder jusqu'au bout une vidéo sur laquelle j'étais déjà tombée il y a quelques jours, un peu par hasard. Et c'est drôlement intéressant.

Cette vidéo a été tournée dans le cadre d'une chaîne de télévision norvégienne, pour tenter de comprendre un paradoxe qui veut que, malgré le fait que la Norvège est un pays très égalitaire, les hommes et les femmes y font des choix très différents, notamment en matière de choix de métiers. Par exemple, le journaliste se rend dans une entreprise où seuls 10% des ingénieurs sont des femmes, alors même que rien n'empêche les femmes, et surtout aucune discrimination quelconque, d'exercer ces métiers. De même, il se rend dans un hôpital où la quasi-totalité des infirmiers sont des infirmières, et aux dires de ces dernières, il n'y a plus d'hommes, et s'il y en a eu, ils ne sont pas restés très longtemps.
Toute la question est donc de savoir quelle peut bien être la cause de ces choix très genrés, pour employer une expression bien à la mode, alors même que tout est fait, dans ce pays, pour favoriser l'égalité entre hommes et femmes, et notamment en matière d'études et d'emploi.

Loin de se cantonner à de simples constatations sur le terrain, le journaliste va chercher des informations auprès des décideurs politiques, mais aussi des chercheurs de son pays. Et comme ça ne suffit pas, qu'il n'a pas d'explication valable, il va plus loin, jusqu'aux Etats-Unis et en Angleterre, où il rencontre d'autres chercheurs qui lui fournissent, eux, des explications fondées sur des recherches scientifiques et des expérimentations, des observations notamment sur de très jeunes enfants (voire des nouveaux-nés).

Les conclusions sont assez édifiantes, de la part de ces chercheurs, qui n'hésitent pas à parler d'influence génétique, mais aussi de la part de la culture dans les choix des hommes et des femmes. En gros, pour les chercheurs américains et anglais, ainsi que pour l'un des chercheurs norvégiens, la part du biologique est évidente dans la différenciation des centres d'intérêts entre hommes et femmes, même si on ne peut pas exclure une part de culture et d'influence sociale (dans la manière d'élever les enfants, par exemple).
Pour les autres chercheurs norvégiens, en revanche, la part du biologique ne peut être invoquée, tout étant lié à la manière d'élever les enfants, forcément sexuée, selon eux, et donc porteuse, dès la naissance, de différenciation et d'inégalité induite, acquise au fil du temps.


J'ai été sidérée par un fait simple et flagrant : les chercheurs "pro-gender" ne semblent pas avoir basé leurs recherches sur autre chose que la certitude que tout était lié au culturel et à l'éducatif. Quand le journaliste les interroge, à la fin, sur les bases de leurs théories, les réponses sont floues, partielles, ou faites uniquement de présupposés : "Je pars du principe que c'est lié à l'éducation et je m'en tiens là tant que l'on ne m'aura pas prouvé le contraire". Ce pourrait être en gros le credo de ce chercheur sur la théorie du genre... Ce qui est assez marrant finalement, puisque cela oriente toutes ses recherches dans un seul sens et fait fi des principes de base de la recherche scientifique qui veut que l'on parte d'une hypothèse, que cette hypothèse soit confrontée et que les résultats soient interprétés pour valider ou invalider l'hypothèse. Là, on a l'impression que la démarche est à l'inverse de la démarche scientifique consacrée, et qu'il faut absolument faire rentrer les faits dans le postulat de départ, au lieu de faire des expérimentations pour vérifier si le postulat est juste ou erroné... De la même manière, une autre chercheuse explique très sérieusement qu'elle part d'un corpus théorique, et que, d'après elle, le but des sciences humaines devrait être de prouver que le biologique n'a rien à voir dans les comportements des êtres humains... Comme si le but de la recherche était d'exclure la biologie plutôt que de vérifier si la théorie en question est valide ou non.

Je ne suis pas scientifique, mais les démarches utilisées par les "pro-gender" dans ce reportage me sidèrent et me semblent relever purement et simplement du déni. Sur quoi, exactement, se basent leurs convictions, à part sur les théories fumeuses en vogue actuellement, et à l'origine de toutes ces politiques ahurissantes que l'on voit fleurir dans nos pays ?
Ce qui est marrant, c'est que le titre de la vidéo, "La théorie du genre expulsée de Norvège", ainsi que les conclusions des recherches du journaliste semblent dire que, finalement, la théorie du genre, dans les pays où elle a été mise en application très tôt, pourrait être une erreur et conduire non pas à l'égalité entre les sexes mais bien plutôt à une inégalité flagrante entre les hommes et les femmes, conduisant les uns et les autres à écouter leurs envies et leurs désirs plutôt qu'à se conformer à un modèle particulier. En gros, il est question là de la liberté de choix, et cette liberté conduit les hommes et les femmes, dans les pays où le choix est réellement libre, à privilégier les métiers où, naturellement, ils sont plus à l'aise... 

Il y aurait donc une sorte de malhonnêteté intellectuelle flagrante de la part des partisans de la théorie du genre qui, malgré des preuves scientifiques sérieuses montrant qu'il y a bien une différence biologique, génétique, entre les hommes et les femmes (et pas uniquement au niveau des organes génitaux), continuent à prétendre que le biologique n'a rien à voir là-dedans.
Il serait temps, à mon avis, que nos décideurs en France regardent, là encore, ce qui se passe à l'étranger. Et notamment dans les pays où la théorie du genre a été appliquée depuis déjà longtemps, histoire de voir où ils en sont. Ce serait logique, puisque c'est justement sur cet argument ("ça se fait ailleurs, notre pays doit progresser") que l'on veut nous imposer la théorie du genre dans les écoles et le mariage pour tous, au nom d'une égalité qui n'en est pas une réellement. Et on n'irait pas jusqu'au bout de la logique ?
C'est d'ailleurs quelque chose qui m'a souvent frappée en France : on s'inspire beaucoup de nos voisins et de leurs expériences, mais bizarrement, quand les Etats-Unis retirent du marché un médicament ou un composant potentiellement dangereux, études scientifiques à l'appui, il faut plus de 10 ans à la France pour faire la même chose, avec les dégâts que l'on sait (Bisphénol A, Médiator, j'en passe et des meilleures). Quand donc cesserons-nous de jouer aux autistes et accepterons-nous de voir la réalité en face, en-dehors des enjeux financiers de laboratoires pharmaceutiques, d'industriels ou de je ne sais quel lobby ou théoriciens fumeux ? Quelle perte de temps et d'énergie !

vendredi 5 avril 2013

Conspiration ?

J'ai été interpellée, ce matin, par un de mes contacts facebook, sur mes arguments contre le projet de loi du « mariage » pour tous et par extension à la théorie du genre, puisque j'ai mis en lien une vidéo d'une émission de radio où Drieu Godefridi, philosophe belge, est interviewé au sujet de son livre De la violence de la théorie du genre à la négation du droit. Dans ce livre, il est question de la théorie du genre et surtout de Judith Butler, à l'origine de cette théorie justement. Voici la teneur du propos d'Adrien, qui m'interpelle très justement sur mes sources et me fait part de son interrogation sur ce qu'il considère comme ma propension à croire en une conspiration mondiale, sorte de théorie du complot menée par les homosexuels pour détruire les hétérosexuels :

Ce qui me gêne un peu quand tu dis te faire porte parole des gens qui disent "halte là!, on vous ment!" c'est que tu ne vas pas à la sources des choses, tu te contentes de récupérer les discours des gens qui partagent ton point de vue, sans vérifier si eux aussi n'auraient pas recours d'une certaine façon à la manipulation. C'est ce que j'entendais par là en me questionnant sur qui est ce Drieu Godefridi.
De façon plus générale, j'ai l'impression, en t'écoutant, qu'il y a une espèce de conspiration mondiale visant à sournoisement instaurer la théorie du genre dans les institutions internationales, et ça me semble pour le moins exagéré. En fait, et en parlant de manipulation, je reste sidéré par un phénomène - qui n'engage que moi, cela va de soi - dont je mesure chaque jour un peu plus l'ampleur: Comment la communauté homosexuelle, minorité ayant subie certaines discriminations dans un passé récent et malheureusement encore aujourd'hui, est passé du statut de "victime" à celui "d'agresseur conspirationniste" visant à criminaliser l'hétérosexualité.
Certains acteurs de la lutte contre le mariage pour tous ont tout bonnement réussi à inverser les rôles, et à se "victimiser" face à une communauté qui réclame dans sa majorité simplement le droit à pourvoir se marier et à avoir des enfant.
Et il serait bon à mon avis de bien faire le distinguo entre deux choses distinctes: D'une part les revendications des mouvements homosexuels en matière de mariage et de filiation et les propositions de loi des pouvoirs publics, qui ne sont pas toujours le reflet des revendications de ces mouvements.
Et dans ton discours, comme dans celui, plus généralement, des chefs de file de la lute contre le mariage pour tous, il y a un amalgame visant à dire "vous voyez, le gouvernement propose telle mesure, ce qui prouve bien que les mouvements homosexuels veulent notre "mort" "
En fait, je trouve que le gouvernement et les anti-mariages utilisent le même genre d'arguments. Et que ceux qu'on entend le moins, finalement, ce sont les mouvements gays et lesbiens, qui, de par la finalité de ce projet de loi, sont quand même les premiers concernés...

J'avais préparé une réponse, directement écrite sur Facebook, mais il se trouve que FB a refusé de la publier (peut-être était-elle trop longue ?). Je l'ai donc reprise en modifiant légèrement la teneur de mon propos de manière à l'ordonner un peu plus ici que ce que j'aurais fait sur FB, histoire de rendre mon propos plus clair et, je l'espère, moins ambigu (parce que c'est ça, le risque des réponses trop lapidaires sur les réseaux sociaux : rendre le discours incomplet ou ambigu).

Pour régler tout de suite la question de cette « communauté qui réclame dans sa majorité simplement le droit à pourvoir se marier et à avoir des enfant », je préciserais quand même que cette « majorité » n'a vraisemblablement rien de majoritaire au sein de la communauté homosexuelle en France. Sinon, les porteurs du projet n'auraient sans doute pas eu besoin d'être représentés auprès de François Hollande par un lobby ultra-minoritaire comme l'InterLGBT pour établir le projet de loi, et surtout, il n'y aurait pas autant de manifestants homosexuels parmi les opposants à ce projet de loi.

Mais pour ce qui est du premier argument, à savoir que je ne vais pas à la source des choses, je préciserais que cela peut sembler vrai dans la mesure où je ne mets pas, sur FB en tout cas, tous les liens vers tous les documents que je trouve sur Internet en particulier. Mais cela ne m'empêche pas d'avoir consulté ces liens et ces documents pour autant.
Par exemple, ici, il est question de l'arrêt relatif à la demande d'adoption par la compagne de la mère d'un mineur, en Autriche, qui a été refusée par la justice autrichienne. La CEDH a considéré que si les demandeurs avaient été un couple hétérosexuel, cette adoption aurait pu avoir lieu puisque la loi autrichienne l'autorise, et donc qu'il s'agit d'une discrimination à l'encontre d'un couple homosexuel, en omettant au passage le fait que le père est toujours vivant, présent, et que l'adoption de l'enfant par la compagne de la mère aura pour effet de priver le père de toute relation avec son fils, ainsi que de sa paternité et de ses droits parentaux. 
[Petite parenthèse : on est bien là dans la théorie du genre, qui promeut l'idée que la biologie n'est qu'anecdotique et que ce qui prime, c'est la filiation sociale. Or qu'est-ce que l'adoption, sinon une filiation socialement établie en réparation de la filiation biologique inexistante, disparue ou défaillante ? Le problème ici, c'est que justement, la filiation biologique n'est ni inexistante, ni disparue, ni défaillante, mais qu'au nom de la non-discrimination, on privilégie la filiation sociale par l'adoption à la filiation préexistante naturellement. En France, cet enfant n'aurait même pas été adoptable. En sera-t-il toujours ainsi ?]

Autre exemple : la convention d'Istanbul, dont voici le texte. Cette convention a été signée en 2011 par la France, sous le gouvernement Sarkozy, donc, ce qui montre bien que la théorie du genre (qui sous-tend elle aussi cette convention puisqu'elle l'impose, par exemple, dans l'enseignement à l'école) est transversale et n'est pas propre au gouvernement actuel. Cela montre également que ce n'est pas une lubie momentanée, mais un mouvement de fond, réfléchi, théorisé, traduit en termes de lois, d'implications au quotidien (dans l'enseignement, le droit du travail, par exemple). Il s'agit bien là de quelque chose de tentaculaire, qui dépasse l'entendement des citoyens lambdas des pays européens. Or il faut quand même savoir que ces conventions du Conseil de l'Europe ont force de loi pour les pays membres. Que cette convention va donc s'imposer aux pays membres, alors même que les citoyens n'en ont jamais entendu parler (parce que franchement, vous le saviez, vous, qu'elle existait, cette convention d'Istanbul ?).

Je ne vais pas vous remettre ici tous les liens vers tous les documents que j'ai consultés au cours des derniers mois (je suis particulièrement cette question du « mariage pour tous » depuis le début du mois d'octobre, autant dire que cela fait beaucoup, beaucoup de documents à retrouver parce que je n'ai pas bien fait mon boulot de documentaliste : je n'ai pas répertorié tous les liens, malheureusement...), ce serait long, fastidieux et, je pense, assez inutile. J'ai consulté, entre autres, le blog de Koz, qui, pour le coup, est très documenté (avec liens à l'appui, contrairement à moi). Il suffit de se rendre sur son site pour avoir des informations bien plus complètes.

Si effectivement je ne mentionne pas toujours mes sources, c'est en réalité exactement pour cette raison (justifier mes sources) que je mettais en lien la vidéo de Drieu Godefridi. Parce que là, on entend un philosophe détailler son propre livre, basé sur l'histoire de la théorie du genre élaborée par Judith Butler. À ce titre, il revient lui-même sur les écrits de Judith Butler et les décortique en les expliquant. Comme son propos est justement en rapport avec Judith Butler, peut-on le suspecter de raconter n'importe quoi sur ce qu'elle a écrit ? Je suppose que non, puisque ça discréditerait indéniablement son ouvrage et sa réflexion, ça le discréditerait, lui, en tant que philosophe puisqu'il suffit de revenir aux écrits de Judith Butler pour vérifier la véracité de ce qu'il raconte à son propos. Et il n'est sans doute pas dans l'intérêt d'un philosophe de se discréditer lui-même pour dénoncer ce que mon ami facebookien a appelé une « conspiration » à laquelle peu de personnes croient, finalement. Il s'agit là d'un raisonnement que j'estime logique.

Par ailleurs, je me pose quand même des questions sur ces fameuses sources. Des journaux comme Le Monde par exemple, ou Libération, relaient des informations que l'on peut aisément qualifier de trafiquées ou de mensongères, sans doute émanant surtout du gouvernement. Par exemple, cette photo censée montrer que le nombre de manifestants revendiqué par les organisateurs n'est pas crédible. La photo, des dires mêmes de l'auteur de l'article, a été prise depuis l'hélicoptère aux environs de 15h30. Or à cette heure-là, les manifestants n'étaient pas tous arrivés Avenue de la Grande Armée et pour cause : nombre d'entre eux n'avaient pas encore pu y aller, puisque la manifestation ne faisait que commencer. Le comptage des manifestants par les organisateurs, lui, a été fait à 16h30, au moment où le plus gros des troupes étaient là et se répartissait, outre l'Avenue de la Grande Armée, sur les rues et avenues adjacentes, voire sur la Place de l’Étoile et les Champs Élysées (les accès par les petites rues secondaires n'avaient pas tous pu être bloqués, la préfecture de police n'ayant pas envoyé assez de policier pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de débordements à ce sujet, ce qui est normal si on considère que la même préfecture de police avait minimisé le nombre de manifestants potentiels, les estimant à 100.000 deux jours avant, et à 200.000 la veille de la manifestation). Il y a donc un décalage d'une heure entre les deux comptages, qui ne sont donc pas comparables. On ne peut donc pas dire que l'un ou l'autre est faux, puisque la photo est sans doute juste mais représentant la situation à 15h30, alors qu'il n'y en a pas montrant la situation à 16h30. Comment comparer deux choses qui ne peuvent pas être comparées ? On est donc face, ici, à une information tronquée, puisqu'elle ne reprend pas tous les éléments à disposition, en particulier les heures où les différentes données ont été établies. Ah, oui, pour ce qui est de mes sources, cette fois-ci : le site de la Manif Pour tous, celui de site Rue 89, et le témoignage de deux amis qui y étaient. Désolée, eux n'ont pas de données numériques disponibles sur Internet à me fournir sur cette question. Je ne peux que les croire sur parole, malheureusement. Rien que sur cet exemple, on peut voir que les journalistes du Monde (mais ils ne sont pas les seuls au final) n'ont fait leur travail d'investigation que de manière partielle, et pour le coup partiale aussi. Pourquoi privilégier les images de la police plutôt que les comptages des manifestants ? Pourquoi ne pas avoir mentionné les deux dans l'article en précisant l'heure du comptage effectué par les manifestants au regard de l'heure où la photo a été prise par l'hélicoptère ? Telles que les choses sont présentées par Le Monde, il semble clair que l'un des deux « camps » ment... et les menteurs sont immédiatement identifiés comme étant les organisateurs de la manifestation, alors que c'est loin d'être aussi simple que cela. Si donc même la presse est partiale et vraisemblablement muselée ou à la botte du gouvernement, comment s'étonner que j'aille chercher mes informations ailleurs, dans la presse un peu plus indépendante ou sur des blogs ? On peut aussi se renseigner sur l'idéologie qui sous-tend les différents supports proposés, ce que j'ai fait pour le blog de Jeanne Smits. Je me suis en effet informée sur les différentes associations et publications auxquelles elle ne fait pas mystère de participer, pour finalement retirer ses écrits de mes sources d'information parce qu'ils me semblaient trop sulfureux pour permettre un débat serein sur les diverses préoccupations que j'ai en ce moment. Cela ne m'a pas empêchée de revenir aux articles sources, et je vous invite à relire les billets précédents de ce blog (notamment sur la question des abus subis par un mineur, en Angleterre, de la part de son père et de son compagnon homosexuel, ou encore ce cas d'une Irlandaise morte parce qu'on lui a refusé un avortement).

Pour ce qui est de la "conspiration mondiale", on en revient à la fameuse théorie du complot. J'ai pour ma part toujours été attentive à ne pas entrer dans ce type de raisonnement, justement parce que ça m'a souvent énervée et que cela me semble dénué de fondement la plupart du temps. Je pense en particulier aux questions relatives à la fin du monde, par exemple, tellement énormes que ça en devient risible et ridicule.
Néanmoins, quand on regarde les faits d'un peu plus près, et rien que les faits, on s'aperçoit que finalement, cette « théorie du complot » n'est peut-être pas totalement dénuée de fondements, du moins en ce qui concerne la théorie du genre. Il suffit de mettre bout à bout les différentes étapes qui ont présidé à cette loi et à la situation dans laquelle nous sommes maintenant :
  • Proposition de François Hollande, pendant la campagne présidentielle, de légaliser les unions homosexuelles par le « mariage » pour tous, s'il est élu.
  • Déclaration du même François Hollande de laisser aux élus leur liberté de conscience concernant l'application de cette loi.
  • Suite à l'intervention du lobby LGBT, marche arrière de François Hollande, précisant que la loi s'appliquera pour tous et partout et que la liberté de conscience ne peut pas être invoquée pour y déroger.
  • Demande d'un groupe de parlementaires, plus d'une centaine au total, d'être reçus à l'Elysée pour dire au Président de la République leurs craintes au sujet du « mariage » pour tous, refus de l'Elysée de les recevoir (alors que la même demande, émanant du lobby LGBT, avait été entendue et satisfaite dans les heures suivant son dépôt). Cette information, je la tiens du député de ma circonscription, qui fait partie du groupe de parlementaires en question, qui m'a fait parvenir, suite à une lettre collective que je lui ai envoyée, une copie du courrier adressé par ce groupe au Président de la République. Il ne s'agit donc pas d'un « ouï-dire » ou d'une vue de l'esprit, mais bien d'un échange de courriers réels montrant clairement le mépris de François Hollande pour les élus de la République concernant ce projet de loi.
  • Au mois de janvier, le 13, manifestation à Paris où la bataille des chiffres est odieuse : 340.000 selon la police, 800.000 selon les manifestants (là aussi, des photos sur internet ont permis de comparer le nombre de participants de la manifestation au Champ de Mars avec le nombre de spectateurs d'un concert de Johnny sur ce même Champ de Mars, quelques années auparavant. 340.000 dans un cas, plus d'un million dans l'autre... alors que dans les deux cas, le Champ de mars était bondé...)
  • Demande du maire de Paris de payer la remise en état du Champ de Mars suite à la manifestation du 13, alors que lors d'un concert de SOS Racisme, le même Champ de Mars avait été bien plus abimé mais là, c'est la mairie qui a payé la remise en état, et a, en plus, subventionné l'association pour le concert. Là aussi, deux poids, deux mesures.
  • Février : rejet d'au moins 700.000 pétitions pourtant juridiquement recevables, suite à la prise de consignes du président du CESE auprès de Jean-Marc Ayrault. C'était pourtant la première fois que le CESE pouvait entrer pleinement dans son rôle de troisième chambre et jouer réellement sa partition de démocratie participative, à laquelle il aurait donné une réalité en France.
  • Mars : nouvelle manifestation à Paris, 300.000 manifestants selon la police, 1,4 million selon les organisateurs. Je ne vais pas revenir sur la bataille de chiffres, il suffit d'aller voir plus haut. Élément nouveau, cette fois : l'utilisation par les forces de l'ordre de gels lacrymogènes sur des enfants et des familles présents à la manifestation, alors même que d'une part le service d'ordre de la manifestation tentait de contenir les manifestants, et que ceux-ci s'étaient retrouvés dans une situation intenable parce que coincés entre les policiers en haut et les manifestants qui continuaient d'arriver en bas. Cette situation n'a pu arriver que parce que la préfecture de police a minimisé le nombre de manifestants dès le départ, et a réservé à la manifestation un itinéraire bien trop exigu, alors même que plusieurs jours avant, le site de la manif pour tous mentionnait que le nombre de cars et de trains affrétés pour acheminer les manifestants depuis la province était bien supérieur à ce qu'il était lors de la manifestation du 13 janvier.

Au vu de ce catalogue de faits, tous concordants et tous dans le même sens, je me pose la question suivante : s'agit-il d'un traitement de faveur envers une minorité, la minorité homosexuelle ? Ce serait louable si, derrière, il n'y avait pas les propos odieux de Pierre Berger, comparant la location des bras des ouvriers à la location des ventres des femmes et justifiant, de ce fait, la Gestation Pour Autrui. Or il est de notoriété publique que cet homme finance les lobbys LGBT et permet ainsi à quelques milliers de personnes (un peu plus de 2000 en tout si j'ai bonne mémoire) d'imposer leurs vues sur le mariage au nom de l'égalité des sexes, ou plutôt au nom de la revendication d'égalité entre les paires homosexuelles et les couples hétérosexuels.
Il n'est pas du tout dans mes intentions de nier les horreurs dont les homosexuels ont été victimes par le passé (rafles dans les années 50, catégorisation par l'OMS comme "malades mentaux" par exemple). Oui, tout cela est scandaleux. Mais mettre en parallèle la victimisation actuelle des homosexuels (oui, ça continue aujourd'hui, il n'y a qu'à revoir le reportage de France 5 de mardi dernier, dont j'ai parlé dans un billet hier), alors même que cette répression n'existe plus aujourd'hui, je trouve que c'est manipulateur et malhonnête. Cette manipulation existe donc à tous les échelons, et dans tous les milieux (politique, presse, en particulier). Cela n'engage que moi, bien sûr, mais s'il y a manipulation, je ne peux pas croire que ce n'est pas justement le fait des lobbys gays, qui ont, pour le coup, un intérêt stratégique à ne pas trop se faire entendre (d'où leur silence que mentionne très justement Adrien à la fin de son commentaire). En effet, pourquoi se mettre en avant, alors même que la presse et les politiques, dont la majorité au pouvoir, se font déjà leurs porte-paroles sans qu'ils aient grand-chose à demander ? Ce serait stratégiquement suicidaire car bien trop visible. Il importe, en effet, quand on tire les ficelles, de rester dans l'ombre... Cela permet quand même bien plus simplement de noyer le poisson et de mieux faire gober la fable de l'égalité des droits.
Soit dit en passant, je vais me répéter mais tant pis : la question fondamentale n'est absolument pas dans l'égalité des droits, dans la mesure où il ne peut pas y avoir d'inégalité dans des situations différentes. C'est un principe de droit, et non une de mes élucubrations. Dans la mesure où un couple homosexuel ne peut pas procréer naturellement, il n'y a pas de raison de lui accorder les mêmes droits qu'à un couple hétérosexuel qui, lui, a vocation à procréer sans aide extérieure. C'est de la simple logique, du bon sens (qui semble faire défaut à beaucoup aujourd'hui, malheureusement).

Donc, quand je suis interpellée ainsi :
« De façon plus générale, j'ai l'impression, en t'écoutant, qu'il y a une espèce de conspiration mondiale visant à sournoisement instaurer la théorie du genre dans les institutions internationales »,
 je ne peux que constater qu'il a parfaitement saisi le sens de mon propos. C'est exactement ce qui est en train de se passer, à mon avis. Je ne l'appellerais juste pas "conspiration mondiale", mais tentative d'imposer à une majorité une idéologie aberrante portée par une minorité. Mais ça ne date pas d'hier, ni de la loi sur le mariage pour tous. Ce que l'on a souvent du mal à percevoir, à propos de cette loi, c'est qu'elle n'est qu'une étape, un maillon d'un plan plus ambitieux qui se met en place progressivement depuis de nombreuses années maintenant.
La différence entre le gouvernement et les personnes qui luttent contre cette loi, c'est que les opposants avancent des arguments réfléchis, cohérents et sensés, basés autant sur la nature (non, ce n'est pas un gros mot !) que sur des observations et des recherches de psychologues, de pédo-psychiatres, par exemple, ou bien sur les alertes de juristes en ce qui concerne les arguments relatifs aux modifications du droit de la famille, en particulier, mais pas seulement. De son côté, le gouvernement ne dit pas clairement (mais aucun des gouvernements précédents ne l'a fait non plus, ce qui a permis de noyer le poisson pendant des années) quel projet de société il veut au fond. Il se cache derrière des arguments d'égalité et d'accès au droit par le mariage. En fait, les choses sont plutôt simples : aucun des arguments avancés par les partisans de cette loi ne tient la route et tous peuvent être démontés avec un raisonnement logique et relativement simple. Par ailleurs, nombre des arguments que je défends, comme d'autres, contre ce projet de loi sont issus de ma réflexion personnelle sur les implications de cette loi dans ma propre vie quotidienne. Or je ne suis que documentaliste, pas spécialiste en droit de la famille ou en biologie, en psychologie ou autre. Retrouver certaines de mes craintes ou de mes réflexions dans des articles ou des avis de personnes plus autorisées que moi me fait penser que mes raisonnements ne sont pas totalement absurdes, bien que non étayés scientifiquement (d'où mon silence sur mes réflexions et la mise en avant des articles qui reprennent les mêmes idées que celles que j'ai pu développer dans mon coin).
En réalité, j'ai simplement appris avec le temps à ouvrir mes yeux et mes oreilles, et à tenter d'être un peu moins naïve que je ne l'étais auparavant. J'essaie aussi de ne pas croire tout ce qui circule, et de vérifier, au moins en partie, ce que j'avance.
C'est pour cette raison que j'apprécie beaucoup le blog de Koz, par exemple, qui, lui, contrairement à moi, donne toujours ses sources. Ce qui me permet bien sûr de revenir aux documents et articles de départ, et donc d'avoir une information la plus objective possible (et par la même occasion de me faire ma propre opinion). Quand je tire quelques conclusions de propos ou de réflexions glanées ici ou là et que je vois ces mêmes conclusions sur des sites de juristes, je me dis que non, je ne suis pas totalement manipulée et que, vraisemblablement, on peut accorder un minimum de crédit à cette fameuse "théorie du complot" tant décriée. Ce n'est pas ridicule, je crois effectivement que nous sommes manipulés. Et le propre de la manipulation, c'est bien, justement, d'être invisible. Pas étonnant, dès lors, que la plupart des gens ne s'en rendent pas compte... Pour ma part, je pense que les manipulateurs sont justement les victimes d'hier, qui en viennent aujourd'hui à imposer à des sociétés entières ce qu'elles n'auraient jamais accepté si le bon sens avait encore régné : la théorie du genre. Comment, sinon, expliquer l'autisme du gouvernement face à l'ampleur des manifestations de janvier et mars, au regard du nombre de manifestants opposés à la réforme de l'enseignement sous Mitterrand, qui s'était soldée par un retrait pur et simple du projet de loi ? Sur la bataille des chiffres, encore, je pense qu'en minimisant le nombre de participants, on discrédite l'opposition, on la tient pour quantité négligeable et non représentative, tout simplement. Sauf que devant l'ampleur inédite du mouvement, c'est le gouvernement lui-même (et sa gestion calamiteuse de cette manifestation du 24 mars) qui se trouve discrédité au final. Ce que je remarque, c'est que la cote de popularité de François Hollande ne cesse de baisser (moins de 30% actuellement). Ça laisse quand même quelque peu rêveur, quand on sait qu'en plus, l'image de la France à l'étranger est désastreuse. Alors si ce n'est pas pour satisfaire quelque chose de bien plus puissant et de bien plus important que le crédit (en France et à l'étranger) d'un Président de la République, pourquoi François Hollande ne réagit-il pas avec un peu de dignité, en recevant et écoutant ses opposants, comme il a reçu les promoteurs de cette loi ? Je pense pour ma part que c'est parce qu'il sait qu'il a la population contre lui et qu'en cas de référendum sur cette loi, il se retrouvera face à un « non » massif. Donc comme il faut, idéologiquement, que cette loi passe (pour je ne sais quelle raison d'ailleurs), il fait passer la loi en force en minimisant son impact sur la société. Pourquoi, sinon, soutenir envers et contre tout que cela ne changera rien, alors que ça va tout changer (à commencer par la structure familiale et jusqu'à la légitimation de l'inceste, justement voulue par Judith Butler, selon ce que dit Drieu Godefridi) ? Ces enjeux sont-ils si importants que le président de la République est prêt à risquer son image, sa crédibilité de chef d'état pour eux ? Une autre explication peut être trouvée en cherchant du côté de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. En effet, la CEDH semble avoir un pouvoir bien plus important que celui qu'on veut bien lui accorder d'habitude, au point de forcer les Etats contre lesquels sont engagées des poursuites à changer, par ses arrêts, leur propre législation nationale. C'est le cas de l'Irlande, et bientôt, vous verrez, de la France à propos de la GPA à cause simplement de la circulaire Taubira qui donne une existence juridique aux enfants conçus à l'étranger par des couples homosexuels qui ont eu recours à la GPA. La CEDH peut simplement dire que la France n'est pas honnête puisqu'elle légalise l'existence de ces enfants, tout en n'autorisant pas la GPA sur son territoire. Il y a fort à parier qu'il n'y aura même pas besoin de passer par une loi, un débat ou une consultation, comme le veut la loi de bioéthique de 2011, sur cette question. Donc ceux qui disent que la PMA et la GPA ne sont pas dans le texte de la loi Taubira se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate (au moins !), parce qu'en réalité, il y a fort à parier que la circulaire Taubira a justement pour seul et unique but de légaliser la GPA à court terme (les procédures sont en cours à la CEDH, c'est dire si ça va aller vite maintenant !). Donc en réalité, Hollande n'a rien à craindre : s'il ne fait pas machine arrière à propos de cette loi, c'est sans doute parce qu'il estime qu'il a déjà gagné la partie, via la CEDH. Je suis cynique ? Ben... oui. Défaitiste ? Non. Parce qu'il y a quelque chose que la CEDH n'a pas pris en compte : les droits des enfants. Au nom de la non-discrimination envers les adultes, les enfants sont totalement oubliés. Et ça, un jour ou l'autre, ça va sans doute finir par leur "péter" à la figure. Et puis aussi que les gens s'insurgent (il n'y a qu'à voir en France ce qui se passe, mais pas uniquement, puisque le mouvement La Manif pour Tous semble faire des émules à l'étranger. Et si on s'orientait, finalement, vers une révolution ? (oui, je sais, mais on peut rêver, non ?)

Pour plus d'informations sur la CEDH : consultez cette vidéo : il s'agit d'une interview de Gregor Puppinck, directeur général du Centre Européen pour la Justice et les Droits de l'Homme. Je précise tout de suite que c'est un juriste (docteur en droit quand même), et que sans doute, lui, il sait de quoi il parle.

Pour conclure sur cette "conspiration", je dirais que ce qui me semble clair, c'est que la théorie du genre a pour but premier de détruire la société en s'attaquant à ce qui fait son fondement : l'altérité homme-femme, la complémentarité entre les sexes. La question que je me pose, c'est quel est l'intérêt de détruire la société par l'intermédiaire de ce qui fait sa force et son essence : l'homme et la femme ? Quel est le but, sinon celui de carrément détruire la civilisation dans laquelle nous vivons ? Et pour la remplacer par quoi ? Ah si, je sais. Par Le Meilleur des Mondes. C'est finalement évident...

mercredi 3 avril 2013

Théorie du genre... encore !

Un petit article, puisque je ne vais pas faire de longs discours sur le sujet, ça a déjà été le cas récemment. Simplement pour tordre le cou à une idée qui a été lancée sur mon profil FB, à savoir que La théorie du genre vise simplement à enseigner aux enfants qu'une femme peut se comporter en homme et qu'un homme peut se comporter en femme sans que ça soit choquant (autrement dit, les questions de sexe sont socialement construites et reproduites et il faut absolument en sortir). Soit.

Je vous invite toutefois à consulter ce lien, qui dit noir sur blanc une ineptie. Et c'est ce mensonge qu'on veut apprendre à nos enfants, dès six ans, à l'école... Moi, ça me laisse rêveuse... Ah oui, il y a une pétition en ligne aussi, pour ceux qui sont aussi choqués que moi par cette histoire. Au cas où...

Pour être plus claire, et parce que je n'y résiste pas, voici l'extrait de l'article en question :

L’objectif pour cette parlementaire socialiste est, grâce à ce nouvel enseignement, de déconstruire les stéréotypes sexués « afin de substituer à des catégories comme le sexe ou les différences sexuelles, qui renvoient pour le coup à la biologie, le concept de genre qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites. » Sic !
Édifiant, non ?
Donc si je lis bien, c'est exactement ce que je disais sur FB : on nie carrément ici le fait qu'un homme est un homme parce que biologiquement, il est né comme ça. On dit clairement que s'il est un homme, c'est parce que la société l'a fait homme et non pas femme. Je vais accoucher bientôt (dans deux mois). Je me demande qui, de la sage-femme, du médecin ou bien encore de mon mari, lequel ou laquelle va décider si mon bébé est un garçon ou une fille et sur quel critère, tiens. Je serais bien curieuse de le savoir, moi !

mardi 2 avril 2013

Enfants "neutres"

Nouvelle question... en lien avec la précédente toutefois.
Ce matin, j'ai fait quelques recherches sur "Pop", cet(te) enfant suédois(e) élevé(e) dans l'ignorance de son sexe biologique pour des raisons idéologiques (féministes en réalité), en lien avec la théorie du genre actuellement promue (notamment au lycée et par la suite dès l'école primaire).

J'ai trouvé un article (plusieurs, mais bon, je vais vous épargner les autres, ils disent à peu près la même chose avec des mots différents...), qui mentionne, ce que j'avais déjà vu auparavant, que le cas de Pop n'est pas isolé, et qu'il existe d'autres enfants de par le monde, notamment au Canada, qui sont élevés globalement de la même manière (attention, le second article est en anglais pour plus de facilité).
Alors tout cela m'a donné à réfléchir, parce que ces expériences sont loin, très loin de ce que j'ai lu sur Facebook. Un de mes amis facebookiens, suite à un article sur l'éducation sexuelle à l'école, me soutient qu'il s'agit là uniquement, avec la théorie du genre introduite à l'école primaire et applicable dès la maternelle, d'éduquer les enfants loin des stéréotypes liés au genre, sur le mode de "ce n'est pas parce qu'elle a une paire de seins qu'elle est moins douée qu'un homme dans tel ou tel domaine".
Certes. Heureusement.
Mais ça, ce n'est pas de l'éducation sexuelle. Ce n'est pas non plus la théorie du genre. C'est juste de l'éducation au respect du à n'importe qui en face de soi. C'est juste dire à l'enfant : "Eh, Coco, tu  n'as pas à juger l'autre sur son apparence, sur le fait que c'est une femme ou un homme, tu lui dois simplement le respect parce que c'est un être humain comme toi, ni mieux, ni moins bien."
Je ne vois pas où est le problème de "genre" là-dedans.

Alors mon interlocuteur me dit que "la théorie du genre, sauf dans le cas des théoriciens les plus extrêmes, c'est pas de supprimer le fait d'être un homme ou une femme pour créer un être "neutre", c'est d'abord et avant tout le fait de dire que "naitre homme ou femme" doit être différent de "se comporter sa vie durant en homme ou femme". Qu'une femme (née donc avec deux chromosomes X) peut se comporter dans sa vie de toute les jours comme un homme (par ses vêtements, sa sexualité, son travail, ses relations... bref, de la manière dont la société juge un homme) sans que cela ne pose problème. Qu'il y a donc une différence entre naitre femme (totalement biologique, on pourra jamais rien faire contre ça), et se comporter, agir, et se sentir femme (qui ne vient que plus tard dans la vie, quand on a conscience de soit, des autres, des différences...)."

Alors là, j'ai quand même un tout petit problème avec ce qu'il avance. L'application de cette théorie dans les crèches en Suède et pour Pop ou les autres (Sasha en Angleterre, Storm au Canada) induit l'introduction de la neutralité (d'ailleurs, il pronom "hen" a été récemment introduit dans la langue suédoise pour permettre de parler d'une personne sans mentionner son sexe, ce qui tend à montrer que si, justement, la théorie du genre induit l'introduction d'un genre "neutre" dans l'humanité). Si les pronoms "it" et "das" (neutres dans les deux cas) existent bien en Anglais et en Allemand, ils servent à désigner des objets, il me semble, pas des êtres humains (sauf, je crois, quand il est question du bébé en général).  Pas des enfants, des adultes. Que je sache, dès la naissance, l'enfant est pourvu d'un sexe, d'un appareil génital masculin ou féminin, mais pas neutre ! D'ailleurs, c'est inscrit dans les gênes, les chromosomes sont sexués également (XX pour une fille et XY pour un garçon, je n'apprends là encore rien à personne je suppose). Donc puisque cette différence sexuelle est marquée dans les gênes, mais aussi physiquement, quel est donc le problème ? Pourquoi vouloir nier cette différence alors même qu'on n'y peut rien ?
Les articles que j'ai lus mentionnent le fait que les enfants concernés sont stables, confiants. Le petit Sasha, 5 ans lorsqu'il a appris qu'il était un garçon, a même dit : "Les filles et les garçons ? C'est pareil." Fort bien. 
Heureusement ?
Justement non, une fille et un garçon, ce n'est pas "pareil". Il y a quand même des différences fondamentales entre les deux, non ? Ou alors, j'ai vraiment un problème de vue ou de compréhension et je suis bonne pour l'HP...
Certes, entre une fille et un garçon, il n'y en a pas un qui soit "mieux" que l'autre. Ni inférieur. Ni dominant. Sinon, on tombe dans le sexisme, le machisme, le non-respect de l'autre.
Mais quand même. Si une femme a des seins, c'est bien pour pouvoir nourrir l'enfant qu'elle mettra au monde un jour (ou pas, mais là, il s'agit d'une question de choix la plupart du temps), ce que ne pourra jamais faire son mari. Si un homme a plus de muscles qu'une femme, c'est parce que c'était auparavant à l'homme de se battre pour faire manger sa famille (on parle là de la préhistoire et de l'évolution de l'homme et de la femme, que semblent avoir oubliée les défenseurs de la théorie du genre, mais on n'est plus à une aberration près). Et il valait mieux que ce soit les hommes qui aient à chasser plutôt que les femmes : vous imaginez une femme enceinte face à un animal qu'elle doit ramener pour le dîner de son "mari" ? À votre avis, qui a le plus de chances de survie, entre la femme enceinte de 6 ou 7 mois et le fauve ? C'en serait terminé pour l'humanité depuis belle lurette si l'humanité n'avait pas été séparée en deux sexes différents avec des rôles différents !

Donc pour moi, toute cette histoire de genre est une belle fumisterie. C'est même carrément du n'importe quoi, et ça au nom d'une pseudo-égalité que l'on veut promouvoir entre les hommes et les femmes. Et puis quoi ? Devenir "neutre" va régler la question des inégalités salariales entre hommes et femmes au sein des entreprises ? Vous y croyez, vous, à cette fiction qu'on nous sert ? Si déjà toutes les femmes qui le souhaitent pouvaient avoir un travail, on pourrait avoir des bases plus saines pour discuter...

Autre question, non moins importante : En quoi est-ce un problème si les garçons veulent jouer avec des petites voitures et si les filles préfèrent colorier les fées en rose bonbon ? Et si, à eux et à elles, ça leur plaît comme ça, les petites voitures et les fées roses ? N'est-ce pas leur faire violence que de leur imposer des jeux "indifférenciés" sexuellement ? Qu'est-ce qu'ils en ont à faire, franchement, à 5 ans, de ces débats absurdes sur le genre ?
Seulement, je me pose quand même des questions sur l'avenir.
Si on dit que les femmes biologiques peuvent se comporter comme des "hommes sociaux" (vêtements, sexualité...), alors tout devient du n'importe quoi. Donc la femme va se comporter comme un homme. Elle va avoir des relations sexuelles, par exemple, avec des femmes. Elle va donc être lesbienne. Soit. Donc là, on la fait rentrer dans une "case" : "tu es lesbienne". Mais du coup, c'est aller contre sa volonté de se comporter comme un homme, puisque par définition, une lesbienne est une femme qui couche avec une autre femme. Donc elle n'est pas lesbienne, mais hétérosexuelle, puisque c'est en tant qu'"homme social" qu'elle couche avec une femme. Soit. Elle est hétérosexuelle. Ah oui, mais non. Parce qu'une hétérosexuelle, c'est une femme qui couche avec un homme. Donc elle est homosexuelle, cette femme, puisqu'elle ne couche pas avec un homme, mais avec une femme. Ben non, puisqu'elle se comporte comme un homme et qu'elle se revendique comme tel ! Elle est donc bi-sexuelle ? Non plus, puisqu'elle n'a qu'une partenaire, qui plus est stable, régulière et tout et tout. Trans ? Encore raté, puisqu'elle n'a pas changé de sexe, a priori du moins !

Devant ce sac de noeuds, il faut donc en conclure qu'il n'y a plus ni lesbiennes, ni gays, ni bi, ni trans, ni hétérosexuels, il n'y a plus que des êtres humains qui font ce qu'ils veulent avec leur corps. Je ne vois donc pas bien où est le problème de "genre" dans l'histoire... En revanche, ce que ça m'inspire, c'est que c'est du pur déni des homosexuels, pour le coup, puisqu'ils n'existent plus ! Ce serait pas un peu "homophobe", alors, la théorie du genre ? À une heure où on accuse d'homophobie des gens qui disent simplement qu'ils sont opposés à l'idée de "droit à l'enfant", c'est quand même assez cocasse de voir que c'est une théorie "féministe" qui aboutit à la négation de l'homosexualité ! Si, c'est la guerre des minorités sexuelles, là !

Ah oui, et puis il n'est pas loin le moment où on viendra nous dire, dans la droite ligne du relativisme ambiant, du "tout se vaut" : "Finalement, l'homosexualité, la bisexualité, la transsexualité... ce ne sont que des orientations sexuelles différentes de l'hétérosexualité, au même titre que la pédophilie, qui est simplement l'attirance sexuelle d'un adulte pour les enfants. Pourquoi alors la pédophilie devrait-elle être condamnée ?" (je précise quand même qu'être incestueux, c'est juste être pédophile envers ses propres enfants, hein... même s'il peut y avoir une interprétation plus restrictive, comme ici.)

Petite digression à propos de l'inceste : les Suisses, en janvier, ont débattu des relations sexuelles entre adultes d'une même famille (parents et enfants, ou enfants adultes entre eux). On n'est pas dans la fiction, là ! On est juste dans le monde d'aujourd'hui. Alors entre le "mariage" pour tous et la théorie du Genre, je ne vois pas pourquoi on me dit que je m'inquiète pour "rien" !!!

En attendant, tout ça, ça m'a donné quelque peu la migraine. Je reviendrai donc ici pour poursuivre la réflexion, si tant est qu'on puisse encore réfléchir à quelque chose à partir du moment où le postulat de départ est assurément une supercherie : 
Non, une femme n'est pas un homme, un homme n'est pas une femme, même s'il le décide ou qu'il se sent mal dans sa peau d'homme. Un homme est un homme parce qu'il a un sexe d'homme, une femme est une femme parce qu'elle a un sexe de femme.

Ouf, là, subitement, je me sens mieux.