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je préfère le penser... à mon image :
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mardi 5 août 2014

Egalité hommes-femmes, mixité, abcd ???

Je viens de "tomber" sur deux articles à propos de la loi sur l'égalité hommes-femmes et l'une des "mesures-phares", la réforme du congé parental. Et je suis atterrée. Ni plus, ni moins.

Alors il y a un truc marrant, et j'ai vraiment hâte de voir ça. Comment madame Vallaud-Belkacem entend-elle convaincre les filles d'embrasser la carrière de marin-pêcheur, par exemple ? L'article le dit lui-même :
Mais lorsqu’on considère que sur les 87 familles de métiers, seulement 12% sont mixtes dans notre pays, on ne peut que saluer l’effort. Aujourd’hui, 3% des marins pêcheurs sont des femmes. Et pour motiver les petites filles à avoir envie de se lever à 3 heures du matin pour enfiler imper et bottes de pluie, filer sur un bateau dans la nuit noire et épingler des rascasses, la mixité professionnelle sera encouragée à l’école dès le plus jeune âge, afin de rendre attractifs et accessibles des métiers qui aujourd’hui rebuteraient n’importe quelle adolescente.
Je sens que ça va être coton pour les adultes. Vous imaginez ça ? Imaginez une mère de famille marin-pêcheur, elle vient d'avoir un bébé, qui ne fera ses nuits que dans quelques mois, et est obligée de reprendre son travail parce que c'est ce travail qui fait vivre la famille (pauvrement, à cause des dettes contractées pour acheter le bateau dont elle a besoin pour pêcher, mais les fait vivre quand même). C'est un métier difficile, physique, dangereux, et où il faut être bien réveillé, même à trois heures du matin, si on veut être sûr de ne pas louper les balises en mer et sortir, puis rentrer, sereinement, au port. Blague à part, je pense sincèrement que si seulement 3% des marins pêcheurs sont des femmes, c'est tout simplement parce que ça n'intéresse pas beaucoup de femmes de faire ce métier. Qui plus est, de nombreux marins pêcheurs (hommes et femmes confondus d'ailleurs) vivent très mal de leur métier et se posent régulièrement la question de s'arrêter... Donc, oui, seulement 3% des marins pêcheurs sont des femmes, mais est-ce réellement un problème ? Le métier de marin pêcheur est un métier dur, exigeant, et que l'on promeuve ou non la mixité professionnelle ne changera rien du tout à la dureté de ce métier... et au fait que de toute façon, la ressource se fait rare et que la concurrence avec les pêcheurs espagnols est de plus en plus rude, soit dit en passant. Mais moi, je dis ça, je ne dis rien, hein...

En fait, ce qui me turlupine beaucoup dans ces deux lois, ou plutôt dans ces lois sur l'égalité entre hommes et femmes, c'est que justement, elles sont basées sur des faits erronés. Ou plutôt sur la confusion de termes. Un homme et une femme, biologiquement, sont différents et complémentaires. Personnellement, je n'y ai jamais vu un obstacle mais bien une chance. Quand mon mari a la force physique pour déplacer une porte en bois massif, j'ai la capacité de brancher correctement le lecteur DVD (bon d'accord, ça, bon nombre d'hommes savent le faire et mon mari en ferait sûrement partie s'il prenait le temps d'apprendre, mais comme ce n'est pas son truc, ben c'est moi qui le fait, tout simplement). Quand il a l'endurance nécessaire pour poncer les planchers, j'ai la patience nécessaire pour supporter les cris des enfants en vacances et trouver des solutions pour qu'ils ne se tapent pas dessus à longueur de journée. Ce ne sont que quelques exemples, mais de mon côté, je ne me sens absolument pas atteinte dans ma dignité ou dans mes droits du fait que je ne peux pas porter des portes en bois massif ou poncer un plancher une matinée durant. Au contraire. J'admire que mon mari puisse le faire, mais je ne l'envie pas, parce que j'estime que nous n'avons pas besoin de faire tous les deux la même chose, mais de faire tous les deux des choses différentes pour que tout puisse être fait (des travaux à la cuisine, en passant par le soin aux enfants, le paiement des factures ou le repassage, par exemple). Or, dans le discours ambiant, on a vraiment l'impression que si une femme ne peut pas faire quelque chose comme un homme, alors elle vaut moins que l'homme. Et que donc, il faut que les femmes puissent faire les mêmes choses que les hommes parce que sinon, elles sont discriminées ou je ne sais quoi. On confond donc plusieurs choses, là. Égalité ne veut plus rien dire aujourd'hui. Parce qu'on confond cette notion avec celle d'équité, qui est (de mémoire), le fait de traiter les individus de la manière la plus juste et impartiale. Donc si on prend le cas d'un homme et d'une femme qui ont un bébé, quelle doit être la durée du congé maternité et du congé paternité ? La même durée parce que ce sont les parents du même bébé ? Faut-il tenir compte du fait que c'est (jusqu'à présent) la mère qui accouche et non pas le père ? Donc est-ce équitable de donner un congé de plusieurs semaines à la mère et seulement 11 jours au père ? Bien sûr que c'est juste ! Cela va de soi, me direz-vous. Parce qu'en faisant de la sorte, on ne pénalise pas la mère qui a vécu les 9 mois de la grossesse puis l'accouchement dans son corps, ce qui n'est pas le cas du père, qui n'a vécu cette grossesse que de l'extérieur (même s'il a été aux petits soins pour sa femme, ce n'est pas lui qui a eu les maux de dos, les nausées et autres joyeusetés de la grossesse dues au bouleversement hormonal). Donc on peut regarder cette question de la durée du congé maternité/paternité sous l'angle de l'équité (réparer une différence en accordant des droits et des avantages à l'un des deux) ou sous l'angle de l'égalité (sur le mode "c'est pas juste, moi aussi je voudrais être en congé maternité mais je suis un homme, je suis donc discriminé !"). L'un est intelligent car il pallie une différence fondamentale entre les deux personnes et l'autre est particulièrement débile parce que la situation de l'homme et celle de la femme, dans le cas d'une naissance, ne sont pas du tout comparables en termes d'impacts sur la santé.

En fait, je crois bien qu'on veut mettre la notion d'égalité à toutes les sauces et que, du coup, on en vient à confondre égalité et identité (c'est-à-dire même, identique, pareil). Et du coup, le glissement est assez rapide et simple à faire : égaux en droits, l'homme et la femme sont donc "pareils", identiques. Et hop. Et c'est faux. Totalement faux. Un homme et une femme, je le redis ici, ce n'est pas pareil. Un homme et une femme sont complémentaires, tout simplement. Différents, mais riches de leurs différences. Que mon mari soit plus fort que moi physiquement n'enlève rien à ma dignité. Et qu'il travaille dans les vignes ne m'empêche aucunement de m'épanouir dans mon métier de documentaliste ! Je n'ai pas du tout envie de prendre sa place (j'en serais bien incapable !), tout comme lui ne verrait aucun intérêt dans mon métier... Je viens de me relire et je me dis que, franchement, on est tombés bien bas dans ce pays pour qu'il soit devenu nécessaire de rappeler des évidences pareilles. Mais qu'est-ce qui se passe ? Comment se fait-il qu'une femme en arrive à ne rien faire face au massacre programmé de son bébé d'un mois par le père, par crainte de voir le père s'en aller si elle le dénonce ? Mais enfin, si cet homme est capable de battre son bébé parce qu'il pleure, alors que n'est-il capable de faire à sa femme si elle la le malheur de lui dire "non" pour une chose ou une autre ? Elle va aussi rester sagement près de lui quand il la battra, juste par peur qu'il s'en aille ? Mais ça ne va pas ???
Et puis, il y a autre chose. Si on est "différents" aujourd'hui, alors on est inégaux. Donc discriminés. Eh oui. C'est le second glissement sémantique qu'on peut observer de nos jours. C'est pour ça que le lobby LGBT a fait très fort. En quelques années, il a réussi à faire accréditer l'idée que s'il y avait différence (d'orientation sexuelle dans ce cas, mais c'est vrai pour beaucoup d'autres choses) et qu'il n'y a pas les "mêmes droits" pour tous, alors il y a discrimination... Et le fait de dire quelque chose qui ne va pas dans le même sens équivaut à discriminer les personnes différentes (et devient donc un délit). Youpi !

Sur l'expérimentation ABCD de l'égalité, maintenant. Oui, l'expérimentation est terminée. Mais non, nous ne sommes pas "sauvés" pour autant (ou plutôt nos enfants ne sont pas sauvés). Parce que maintenant, les outils ayant été testés, c'est sur toute la France qu'ils vont être mis en place (dixit Mme Vallaud-Belkacem herself). Alors oui, ma cousine directrice d'école primaire va encore me dire que je me fais du mouron pour rien, qu'aucun enseignant sain d'esprit n'ira apprendre aux enfants la masturbation. Soit. Heureusement d'ailleurs. Parce que ça voudrait dire que les enseignants sont complètement dingues eux aussi. Mais ma cousine directrice d'école n'a pour le coup pas répondu à ma question : que fera-t-elle lorsque Benoît Hamon, son ministre de tutelle, lui imposera un certain nombre de choses qui heurteront sa moralité ? Est-ce qu'elle suivra les directives de son ministre "parce que j'obéis à la loi" ou bien saura-t-elle discerner ce qu'il convient de faire et ce qu'il faut jeter aux orties pour le bien des enfants dont elle a la charge 24 heures par semaine ?

En fait, en écrivant, je me rends compte que la question qui me préoccupe, ce n'est pas tant d'apprendre aux enfants qu'ils sont égaux en droits (parce que ça, je l'ai moi-même appris à l'école, hein. D'ailleurs, il me semble que l'égalité filles-garçons, ça fait partie des enseignements obligatoires à l'école depuis 1989. Donc j'ai dû en entendre parler, étant donné que j'ai passé mon bac en 1993). Non, les filles et les garçons sont égaux en droits, ça, il n'y a pas de doute, on le sait depuis longtemps, d'ailleurs, quand ça a été rendu obligatoire, c'était la même année que le bicentenaire de la Révolution Française, qui a sacré notre pays "Patrie des Droits de l'Homme" et qui a inscrit dans le marbre la devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité", même si pour l'égalité hommes-femmes au niveau du droit de vote, par exemple, il a fallu attendre un certain nombre d'années pour que ça soit au point. Mais alors pourquoi cette histoire d'égalité filles-garçons me fait-elle bondir ? 
Peut-être justement parce qu'elle n'a pas lieu d'être ? Peut-être parce que ça devrait être tellement évident et ancré dans les cervelles que ça ne devrait pas avoir besoin d'un plan national d'enseignement ? 
Oui. Sauf si, derrière ce vocable "éducation à l'égalité filles-garçons", il y a autre chose qu'une simple question d'égalité des droits. Sauf si, derrière, le mot "égalité" souffre lui aussi de la même confusion que dans notre société, où il veut dire, finalement, "identique", "pareil", "même", et où, justement, la différence fondamentale entre la fille et le garçon est niée.

Alors ma cousine directrice d'école primaire me dit qu'il ne s'agit que d'apprendre aux filles qu'elles peuvent faire les mêmes métiers que les garçons, et inversement, qu'il n'y a pas de honte pour un garçon de vouloir être maîtresse ou danseur étoile. Ben oui. On en est là. Sauf que quand même, Najat Vallaud-Belkacem, elle a par ailleurs "pondu" la réforme du congé parental qui réduit de 6 mois le congé parental si le père ne prend pas ces fameux six mois. Sous prétexte que les femmes sont trop éloignées du marché du travail si elles restent à la maison pendant trois ans. Et que donc, sous-entendu, deux ans et demi, ça va tout changer pour elles ? C'est oublier, encore et toujours, que si ce sont les femmes qui prennent le congé parental, il y a pour une bonne part celles qui le font parce qu'elles gagnent moins bien leur vie que leur mari et d'autre part celles qui le font parce que ça leur plaît de s'occuper de leurs enfants. Et parfois, les deux raisons se cumulent joyeusement. Le jour où tout le monde (je dis bien tout le monde, de l'ouvrier au PDG, hommes ou femmes) gagneront la même chose chaque mois, alors la question du choix de congé parental ne se posera plus, parce que le père et la mère pourront prendre indifféremment ce congé sans aucune conséquence sur le budget familial (parce que, mais ça a peut-être échappé à la ministre, même durant le congé parental, les banques continuent à réclamer les traites du prêt pour la maison, l'électricité reste à payer tous les mois, de même que le gaz ou le loyer pour ceux qui sont locataires de leur logement). Alors il faudrait peut-être voir les choses de manière réaliste : cette réforme va nécessairement accoucher d'une souris (sauf pour le budget de la CAF, bien entendu) : peu, très peu d'hommes peuvent se permettre de quitter leur travail pendant six mois. Sauf, bien entendu, si ce congé était rémunéré non pas 380€ (le reste étant soumis à conditions) mais à la hauteur du salaire perdu ou, au moins, un prix décent. Là, peut-être que les pères partageraient davantage ce congé parental avec leur femme. Mais bon, l'objectif de cette réforme, là, même s'il est caché, est clair : il s'agit d'économiser, ni plus ni moins. Parce que le "plan" prévoit 25% des hommes en congé parental pour au moins six mois, pas plus, ce qui veut dire que 75% des congés parentaux seront réduits, ça va faire faire de sérieuses économies à la CAF, ça, Madame la Ministre ! Bien joué ! J'ai donc plutôt l'impression que le gros, gros enjeu, c'est de virer les femmes de chez elles et de les obliger à aller au taf plutôt que de s'occuper des enfants.

Plusieurs raisons à cela :
1- Une femme au travail, ça renforce l'idée que les femmes et les hommes sont "pareils" et donc interchangeables. 
2- Que deviennent les enfants pendant ce temps-là ? Ils sont confiés aux crèches et aux assistantes maternelles. Et comme il n'y a pas assez de places en crèche ni chez les assistantes maternelles, eh bien l'éducation nationale a la solution : accueillir les enfants dès deux ans ! Youpi ! En plus, là, c'est gratuit !
3- Confiés aux crèches et aux écoles dès deux ans, les enfants seront éduqués dans l'idée qu'une fille et un garçon c'est la même chose. Et donc qu'ils sont interchangeables. Plus de différences entre eux ! Ou comment formater les enfants à l'idéologie délirante du PS et des lobbys LGBT.
4- Ah oui, il y a un bénéfice économique évident : comme les femmes seront obligées d'aller travailler, il n'y aura plus personne pour s'occuper des tâches ménagères. Du coup, les couples seront dans l'obligation d'embaucher femmes de ménages, lingères et autres domestiques. Ça va créer de l'emploi et donc réduire le chômage en France ! Re-Youpi ! (ah en fait non, ça, c'est juste pour les quelques personnes qui auront un super niveau de vie et donc les moyens d'embaucher, parce que pour les autres (et pour les femmes seules en particulier), la galère continuera au quotidien).
5- Une fois les femmes et les hommes devenus "identiques" (et non pas égaux puisqu'ils le sont déjà), eh bien les femmes n'auront plus besoin des hommes. Parce que l'un des objectifs du lobby LGBT, c'est quand même d'aller jusqu'au bout de la loi sur le Mariage pour tous : accorder la PMA aux couples de femmes, et la GPA aux couples d'hommes. On va donc droit vers une société où les femmes seront maîtresses à bord ! Dictature des femmes ? Rhôô !!! Amélie, c'est pas bien, ça ! Non, ce n'est pas bien de penser de telles choses ! Comme si le but des féministes était l'éradication des hommes ! Ben non, on sait bien que les féministes aiment les hommes, qu'elles les apprécient à leur juste valeur ! [et en me relisant, je me rends compte que je vais droit vers l'amalgame féministe/LGBT. Tiens, ces deux "courants" auraient-ils des intérêts convergents ? Pourtant, ce n'est pas vraiment la même chose, si ? Je dis ça, je dis rien, moi.]

C'est marrant, parce que justement, le dernier discours féministe que j'ai entendu, c'était un appel à la "grève de l'utérus" (franchement, j'ai bien rigolé. Parce que du coup, si les féministes n'ont plus d'enfants, si elles arrêtent de se reproduire et donc de transmettre leurs idées, eh bien ça va sacrément simplifier les choses dans une ou deux générations). Mais paradoxalement, ces mêmes femmes (féministes, lesbiennes et autres) sont les premières à demander l'ouverture de la PMA aux couples de femmes (à leur crédit, certaines associations lesbiennes sont opposées à la prostitution et à la GPA au motif que leur corps n'est pas à vendre. Ouf, il y en a donc quelques-unes qui gardent un certain respect d'elles-mêmes, ça fait plaisir) . Et puis, il y a derrière, aussi, la question des utérus artificiels. Le grand rêve des féministes, je suppose : affranchir la femme de la grossesse. Lui permettre d'être mère sans avoir à accoucher. Comme par l'adoption, finalement, sauf que ce serait quand même son matériel génétique à elle. Les hommes deviendraient donc simples pourvoyeurs de gênes.

(là, je vois bien une société gouvernée entièrement par les femmes, type Amazones, où les hommes sont mis au secret et sélectionnés pour leur patrimoine génétique. Utilisés afin de féconder les ovules des femmes. Et les embryons sélectionnés en fonction de leur patrimoine génétique. Des filles pour assurer la pérennité de la société, quelques garçons pour assurer le renouvellement des générations, mais pas trop pour qu'ils ne puissent pas se rebeller contre la dictature féminine. Mais bien sûr, je suis aussi écrivain, et ça, ça pourrait être une nouvelle idée de roman).

Allez, je sens que je pars dans un véritable délire et que je ne vais pas me faire des amis encore une fois. Je vais donc arrêter là, d'autant plus qu'il est bon, parfois, de revenir aux réalités : mes enfants ont faim et il est temps que je m'occupe de leur préparer le déjeuner...

vendredi 14 février 2014

Images de femmes... image de la Femme

Internet est formidable. Comme dans tout moyen de communication, il y a ce qui est dit, ce qu'on perçoit, les non-dits aussi... et les messages subliminaux.
L'une de mes amies sur Facebook (qui lit d'ailleurs peut-être ce blog !), que j'apprécie beaucoup dans la vraie vie, ne commente jamais ce que j'y mets. Aucun problème pour moi d'ailleurs. Commente qui veut, ne commente pas qui veut et jamais je ne retirerai mon estime à quelqu'un pour une histoire de "il n'est pas d'accord avec moi alors je le vire de mes contacts". Ce serait puéril ("c'est lui qui a commencé !") et une méconnaissance totale de la liberté de pensée qui fait (encore) partie des fondements de la liberté tout court.

Mais quand même. Je m'interroge.
Sur Facebook, tout à l'heure, je tombe sur un lien posté par cette amie, lien qui renvoie vers une quarantaine de photographies mettant toutes en scène des femmes, des filles, d'âges divers, dans des situations aussi diverses que l'est la vie des femmes : femme tatouée avec un enfant dans les bras, devant un ordinateur ; petite fille jouant aux échecs ; femme en bleu de travail dans un atelier ; executive woman dans un bureau ; animatrice de groupe de parole ; femme militaire rentrant chez elle après une guerre à l'étranger... il y en a des tas, trop pour faire ici un inventaire.
Le texte est en anglais et je suis un peu fatiguée aujourd'hui, alors j'ai eu la flemme de le lire, j'avoue. Donc je me base uniquement sur les photographies (et puis, c'est un bon exercice, ça, parce que ça montre que les images en tant que telles racontent quelque chose, mais que ce quelque chose, c'est moi qui l'interprète à ma manière, au travers de mon prisme personnel, de mes préoccupations du moment, de mes croyances...). Donc ce billet est basé uniquement sur mon ressenti à la visualisation de ces photos et aucunement par rapport au message réel (ou supposé tel) délivré sur le site. Vous êtes donc prévenus : si je fais un contresens gigantesque par rapport à ce que dit ce site, c'est pleinement assumé : je n'ai carrément pas lu le texte et ne sais donc pas ce qu'il contient.

Mais bon, je pars du présupposé que le message délivré ici est de dire "Vous voyez, les femmes, les filles, peuvent tout faire ! Ce ne sont pas des "sous-hommes" : elles ont les mêmes qualités que les hommes, elles sont égales aux hommes, donc il faut mettre fin à la discrimination dont elles sont l'objet".
Entendons-nous bien : je trouve parfaitement odieux qu'une femme, quel que soit le pays dans lequel elle vit, n'ait pas les mêmes droits qu'un homme. Mais mon propos n'est pas là du tout, en fait, ces photos ne sont qu'une illustration de ce que je voudrais souligner ici et qui porte ma réflexion depuis quelques jours.

Ce que j'ai pu remarquer, c'est qu'il y a un vrai dialogue de sourds dans notre société sur des sujets polémiques comme le mariage pour tous, l'égalité filles-garçon ou la théorie du genre (zut, j'ai sans doute dit un gros mot ?).

Bon alors pour être claire : l'égalité entre filles et garçons, c'est BIEN. Le problème n'est pas là du tout. Même si les uns font en sorte de réduire le débat à cette question, il faudrait voir à sortir un peu du "tout noir et tout blanc". L'égalité entre les filles et les garçons, ça fait déjà partie du programme scolaire à l'école primaire depuis 1989. Et il faudrait être particulièrement débile pour dire que les filles ne doivent pas faire d'études parce que ce sont des filles ou qu'au mieux elles devraient se cantonner aux CAP coiffure et esthétique (sans mépris aucun pour ces professions tout à fait honorables) ou aux métiers de la santé et des soins aux personnes. D'ailleurs, ces poncifs qu'on nous sert comme justification à ce "combat" pour l'égalité entre filles et garçons sont démentis par la réalité : le nombre de filles faisant des études supérieures est, me semble-t-il, légèrement plus important que celui des garçons. Seulement, elles arrêtent leurs études plus tôt et ne font pas les mêmes études que les garçons. Peut-être parce qu'elles n'ont pas les mêmes centres d'intérêt ? Franchement, vous vous voyez étudier la mécanique parce qu'il faut la "parité" à l'IUT, alors que la mécanique ne vous intéresse pas et que votre "moi" le plus profond vous dit que vous devriez être médecin, mais qu'il y a déjà trop de filles en médecine et que donc il faut laisser la place aux garçons ? Pour moi, la question est juste un peu plus complexe que cette histoire d'égalité. 

À voir les liens qui circulent sur Facebook et ailleurs,  on serait tenté de diviser les gens en deux catégories : les réactionnaires-catholiques-fascistes qui promeuvent le retour de l'obscurantisme ("laissez donc les femmes au foyer et les hommes au travail !") et les autres, ceux qui veulent promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, dans le travail, à la maison, dans la société. Les uns seraient les "méchants" (dont je suis, visiblement !) et les autres les "gentils". Soit. J'assume.

Oui mais voilà. Ce que je pense est autrement plus complexe que cette séparation arbitraire entre les "bons" et les "méchants" (ce genre de trucs, c'est bon pour les dessins animés pour enfants et les films d'action bourrins). Premièrement, je suis catholique, certes, mais pas fasciste. Je suis pour l'égalité entre hommes et femmes, mais je suis aussi consciente qu'un homme n'est pas une femme (et inversement) et qu'hommes et femmes sont complémentaires et non pas ennemis. Là, tout de suite, ça devient plus "coloré" en termes de complexité (ce n'est plus "tout noir et tout blanc", y'a un peu de gris aussi, quoi).
Et puis, je m'interroge sur les raisons qui font que la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem (pour ne pas la nommer) tient absolument à ce que toutes les femmes travaillent, qu'elles avortent et qu'elles prennent la pilule. Entendons-nous bien, je ne dénie à aucune femme le droit de travailler. Pour l'avortement et la pilule, vous aurez compris que mes convictions religieuses m'interdisent d'en faire la promotion, mais la raison me fait dire aussi que nous sommes dans un pays libre où l'avortement est autorisé par la loi (il devient même un "droit" à part entière, ce qui est à mon avis totalement discutable, mais bon, on ne va pas refaire ici le débat sur l'avortement, surtout que je vais vite me retrouver à débattre avec moi-même ce qui serait, vous vous en doutez, assez peu productif et totalement anti-démocratique, la partie adverse n'ayant pas ici la possibilité de "débattre" avec moi) et que la contraception est autorisée, remboursée même par la Sécurité sociale (là encore, personnellement, je mettrais un bémol important sur cette disposition, mais on ne m'a pas demandé mon avis sur la question). 
Mais si la femme travaille, avorte et prend la pilule, cela veut dire qu'elle se "comporte" comme un homme, finalement. Elle gagne sa vie (et franchement, par les temps qui courent, on peut la comprendre !), mais refuse la maternité, c'est-à-dire ce qui fait sa différence fondamentale avec l'homme. Je ne suis pas en train de dire qu'il faut que les femmes, toutes les femmes, n'aient comme objectif que d'avoir des enfants, je suis en train de dire simplement que ce qui fait la différence entre un homme et une femme, c'est le fait que la femme, par la maternité, peut avoir un rôle différent de celui de l'homme dans la société. Mais aujourd'hui, on veut dénier aux femmes le droit d'être des femmes. On leur demande d'être comme des hommes, d'assumer comme eux, alors même qu'elles sont différentes et ne seront jamais "comme" eux. C'est finalement une idéologie extrêmement violente à l'égard des femmes. En tant que femme, je voudrais que l'on respecte ma spécificité de femme, les fragilités que je porte, mes faiblesses, mes qualités, ce qui fait que je ne suis pas interchangeable avec un homme. Et c'est d'autant plus blessant que c'est une femme, ministre des Droits des Femmes, qui dénie aux femmes le droit d'être simplement des femmes...

Le discours dominant aujourd'hui, c'est "mon corps m'appartient" (il y a même des espagnoles qui ont inscrit leur corps comme propriété privée pour interdire au gouvernement de légiférer dessus !). Je suis d'accord avec cette assertion... jusqu'à un certain point seulement. Oui, mon corps m'appartient. Donc jamais je n'autoriserai qui que ce soit à m'obliger à faire quelque chose que je ne veux pas faire parce que ça me semble contraire à mon intérêt (entre autres : le viol est inacceptable, personne n'a le droit de me frapper, par exemple. Mais aussi : si je veux un bébé, personne n'a le droit de m'obliger à avorter !). Mais il y a une donnée qu'on semble oublier : le corps d'une femme n'est pas celui d'un homme. Je me suis posé la question suivante : pourrais-je remplacer mon mari si jamais il venait à disparaître ? Et la réponse est immédiatement "non". Non, je ne peux pas remplacer mon mari. Je ne peux pas faire ce qu'il est capable de faire. Mon mari peut conduire une camionnette durant dix-huit heures d'affilée. Il est capable de résister à la fatigue, de dormir en quelques minutes, de porter à bout de bras des piquets de vigne et d'en scier un nombre impressionnant en quelques minutes. Mon mari est capable de transporter des quantités impressionnantes de matériaux, de plaques d'isolation, de seaux de peinture, de bazar à mettre à la déchetterie... Il faut se rendre à l'évidence : mon mari possède une force physique que je suis loin d'avoir. De son côté, mon mari résiste beaucoup moins bien que moi à la douleur, aux maladies. Il ne peut pas porter notre fille de huit mois pendant très longtemps parce qu'il a mal au dos (moi aussi, mais ma résistance à la douleur plus importante que la sienne me permet de "tenir" le coup, alors que lui ne peut pas). Il n'a pas la même patience que moi, ni la même douceur (c'est le défaut qui va avec ses qualités !).

Tout cela pour dire que le problème actuellement, ce n'est pas tant la question de l'égalité entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons (ça, on est, je crois, tous d'accord pour dire que c'est essentiel) mais la question de l'identité entre les filles et les garçons. Parce que moi, quand je vois ce que veut pour les femmes la ministre des droits des femmes, j'ai peur. Ce qu'elle veut pour nous, c'est simplement que nous soyons comme des hommes. Que nous fassions la même chose qu'eux, que nous ayons accès aux mêmes choses qu'eux... Pour une histoire d'égalité ? Je caricature sans doute, mais franchement, être bûcheronne, pourquoi pas ? Seulement il va falloir adapter sacrément le poste de travail et mettre en place de super aides techniques. Parce que soulever une tronçonneuse et la faire fonctionner correctement, ma foi... en ce qui me concerne en tout cas, ça relève juste de la fiction ! Non, je ne suis pas faite pour tous les métiers. Je ne suis pas faite pour des métiers qui exigent une importante force et résistance physique. Mais c'est sans doute étonnant, ça ne me pose aucun problème, à moi, de n'être pas faite pour ces métiers-là. Ni d'ailleurs pour des métiers comme la direction d'une entreprise, le management d'équipe (même si je pense que j'en ai les capacités intellectuelles). Je ne me sens pas dévalorisée pour autant. Je pense que j'ai bien d'autres capacités, bien d'autres centres d'intérêt qui valent aussi le coup d'être explorés. Je n'ai aucunement envie de prendre la place d'un homme si un homme peut faire les choses mieux que moi. Mais j'ai toute ma place à prendre dans les domaines où j'ai les compétences, l'envie et les qualités pour le faire...

Dans toute cette histoire de "théorie du genre", je pense qu'on se trompe de problème. La question des inégalités entre hommes et femmes est un vrai problème. Mais la manière dont la question du genre tient lieu de pensée et d'idéologie à nos hommes et femmes politiques laisse à penser et pose de vraies questions.
Suis-je rétrograde, réactionnaire, anti-féministe ? Je ne pense pas. Juste réaliste. Un homme et une femme, pour moi, ne devraient pas être en concurrence. Ils sont complémentaires, ont des aptitudes et des centres d'intérêt différents. Ce qu'il manque à notre monde, ce n'est pas l'égalité entre les personnes (ça, c'est inscrit dans la Constitution). Non, ce qu'il manque à notre pays, c'est simplement le respect que l'on doit à tout être humain. Si un jour, les programmes scolaires inscrivent ça sur les frontons des écoles, je serai la première à applaudir. Sauf que ça ne devrait même pas faire partie des programmes scolaires. Ça devrait être le socle de tous et de chacun, du vivre ensemble. Il ne devrait même pas y avoir besoin d'en parler : ça devrait être évident pour chacun.

Le plus gros problème, c'est justement que ça ne l'est pas.

(c'était ma réflexion du jour, sans aucune animosité envers cette amie qui a posté le lien vers ces - par ailleurs - magnifiques photos de femmes. Merci donc, Émilie, d'avoir suscité ces réflexions !)

vendredi 13 septembre 2013

Enfance massacrée

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment. Suis-je particulièrement sensible à cette question ? Peut-être à cause de la naissance récente de ma fille Louise-Marie ? Je l'ignore. Mais il est des choses qui me rendent malade, au point de devoir le dire, le crier, pour que le monde sache (même si, je ne me fais pas d'illusions, ce n'est pas par ce petit blog confidentiel que "le monde" apprendra ce qui se passe).
Bref, il y a des choses qui me rendent malade, donc. Et un certain nombre, qui plus est.

La première, c'est cette histoire d'enfants adoptés vendus ou échangés sur Internet, via Facebook ou Yahoo. C'est , sur Facebook et Le Monde que j'en ai entendu parler pas plus tard qu'hier.
Donc, aujourd'hui, un enfant s'échange ou se "transmet", se donne à un autre couple (ou, pire, se vend ?). Et pour quelle raison ? Mais simplement parce que les parents adoptifs en ont marre des caprices de l'enfant qu'ils ont adopté quelques temps auparavant. Ou bien parce qu'ils partent en vacances, peut-être ? Comme les chiens qu'on abandonne au bord de l'autoroute ou les "vieux" qu'on met en maison de retraite pour la durée des vacances ?
Quand je vous disais, ici même, que le droit "à" l'enfant revenait à chosifier l'enfant, à en faire un bien de consommation... Et vous savez quoi ? Eh bien, pour protéger les chiens, il y a la SPA. Et cette SPA s'insurge, à juste titre, des abandons saisonniers des chiens et des chats. Alors je me pose la question : les services sociaux américains s'insurgent-ils, eux aussi, de ces échanges ou ventes d'enfants par Internet ? Je le suppose, au vu de l'article. Mais jusqu'à quand ?

Cela m'amène à un autre questionnement : la recherche sur l'embryon humain. J'ai appris mardi soir, lors d'une des veillées devant la mairie de Sélestat, que l'embryon humain est moins bien protégé que l'animal et l'embryon animal en particulier. La recherche sur les animaux est tellement encadrée qu'il est extrêmement difficile, en France, d'utiliser des animaux, surtout si ce sont des femelles porteuses de petits à naître, pour des recherches. Eh bien en France, désormais, la recherche sur les embryons humains est autorisée ! Comme ça, sans plus d'égard pour les "petits à naître" que sont ces embryons ! Et pourquoi ? Simplement parce que ces embryons ne sont plus "porteurs d'un projet parental". Donc, puisque les potentiels parents s'en fichent, alors on a le droit de les détruire, ces embryons ? Outre le fait que ces embryons, s'ils ne sont pas encore considérés comme des êtres humains par le droit, sont malgré tout des promesses d'êtres humains, je me demande quand même pour quelle obscure raison l'homme en arrive à protéger davantage les embryons animaux que ceux de sa propre race (oh ! pardon ! "race" est maintenant un gros mot... zut. Sauf que dans ce contexte, je ne sais pas trop par quoi le remplacer, tiens...). 
Alors on va me dire encore que "M'enfin, Amélie, tu es donc opposée à la recherche ? Le progrès se fait par la recherche, et la recherche a besoin des embryons humains pour trouver des remèdes contre certaines maladies !" etc., etc. Je connais le discours.
Non, je ne suis pas opposée à la recherche. Des cellules-souches, on en a besoin pour pas mal de projets de recherche, j'en suis bien consciente. Seulement, je sais aussi que des cellules-souches, on peut en trouver ailleurs que dans les embryons. Notamment dans le sang de cordon ombilical. Si. C'est-à-dire que, chaque jour, des milliers de cellules-souches sont jetées à la poubelle avec le sang du cordon et les autres déchets consécutifs aux naissances.
Alors je me pose la question : pourquoi la collecte de ce sang de cordon n'est-elle pas organisée à grande échelle, puisque l'on a tellement besoin de ces cellules-souches pour faire avancer la science et trouver des remèdes à certaines maladies ou malformations, que sais-je encore ?
Pourquoi faut-il absolument que ces cellules-souches proviennent absolument des embryons "surnuméraires" qui ne font plus l'objet d'un "projet parental" ? Pourquoi faut-il absolument détruire la vie au prétexte que l'on veut en sauver ?

En allant sur le site de l'INSERM pour faire une petite recherche, j'apprends que les cellules-souches adultes et celles issues du cordon ombilical sont déjà trop différenciées et que la variété des cellules obtenues par cet intermédiaire est trop restreinte. Soit.
Il reste donc les cellules IPS (voir l'article), pour lesquelles le chercheur japonais Shinya Yamanaka a obtenu le prix Nobel de médecine 2012. Ces cellules peuvent se différencier et se multiplier indéfiniment, donc peuvent devenir ce qu'on veut. Il est possible, à partir de cellules de la peau d'un adulte, par exemple, d'obtenir des cellules musculaires, ou bien des cellules de l'os, des cellules sexuelles... Et c'est bien là que se situe le problème. Si on peut reprogrammer une cellule de peau pour en faire un spermatozoïde, ou un ovule, qu'est-ce qui va empêcher, demain, deux hommes de concevoir un enfant 100% issu du couple, génétiquement parlant ? Qu'est-ce qui va empêcher un homme de reprogrammer ses cellules de peau en ovules et de les faire féconder par le sperme de son compagnon, puis de l'implanter dans l'utérus d'une femme payée pour ça (GPA) ou, pire, d'utiliser un "utérus artificiel" pour avoir un bébé ?
Un enfant 100% artificiel. Le rêve de l'humanité ? Je crois qu'il y a tant à dire sur ce sujet, tellement les questions que cela soulève sont énormes, que cela fera l'objet d'un prochain billet !
Bref, on n'est pas sortis...

Autre question posée en ce moment : la pédophilie, le mariage "pour tous"... Lu hier via Facebook toujours : Une petite fille de 8 ans mariée à un homme de 40 ans, au Yemen, meurt durant sa nuit de noces... Alors oui, c'est au Yemen. Mais au Yemen, le mariage n'est autorisé pour les filles qu'à partir de... 17 ans ! Comment une si jeune fille a-t-elle pu être mariée alors ? Si ce n'est parce que les hommes de ce monde font fi des lois ? Oui, nous sommes en France... Mais depuis l'adoption du mariage pour tous, certains réclament l'ouverture du droit au mariage pour les pédophiles ! Si ! Alors... l'avenir nous dira ce qu'il en est. En tout cas, cette petite n'est pas la seule à subir ces horreurs. Elle en est morte...

Et puis, encore et toujours, l'avortement. Je reviens sur ce sujet, une fois de plus, parce que l'avortement participe de cette violence faite à l'enfance, de ce massacre. 200.000 avortements par an en France. Un vrai génocide silencieux. Et pourquoi ? Parce que "ce n'est pas le moment" ? Parce que "l'enfant est peut-être porteur de la Trisomie 21" ? Parce que... Parce que quoi ? Parce que les adultes sont égoïstes, tout simplement. Parce qu'ils ne veulent pas voir leurs petites vies bien tranquilles, bien confortables, chamboulées par l'arrivée d'un bébé. Parce que c'est quand même bien plus important de maintenir son niveau de vie ("C'est la crise, ma bonne dame !") que de préserver la vie. Parce que prendre la pilule, c'est trop contraignant. Parce que, quand même, il ne faudrait pas qu'on ne puisse plus s'envoyer en l'air avec qui on veut, quand on veut, et que les conséquences de cette inconséquence ne soient plus prises en charge par la société, via la Sécurité Sociale, quand même ! Non mais !
Je suis caricaturale ? Brutale ? Oui. J'en ai marre du politiquement correct. J'en ai marre de marcher sur des œufs à chaque fois que je prends la parole ou que j'exprime mon opinion. Marre aussi d'avoir peur du qu'en-dira-t-on ? Marre en tout cas de voir l'égoïsme pur et dur roi, alors même que le principe de base de la vie en société, c'est bien de faire attention à l'autre... sans quoi la vie en société est tout simplement impossible...
Et parce que je crois vraiment que beaucoup se réfugient derrière des arguments qui leur donnent bonne conscience, sans voir que la réalité, c'est que la vie est massacrée.
Finalement, qu'est-ce que nous voulons, avec toutes ces lois qui tuent nos enfants, qui les empêchent de naître, qui les déstructurent, les démolissent ou les empêchent de se construire correctement ? Ça me fait penser à un suicide collectif dont on n'aurait même pas conscience.
Les enfants sont des êtres sans défense, sans aucune protection autre que celle des adultes. Si les adultes qui sont censés les protéger ne le font pas, qui va le faire ? Et qu'est-ce que ça veut dire, pour notre avenir, notre société ?
Le monde dans lequel nous vivons m'inquiète. Pas pour moi. Mon éducation est faite, bien ou mal, mais elle est faite. Ma conscience continue de se forger petit à petit, je distingue de mieux en mieux certaines choses visibles uniquement par ceux qui veulent bien les regarder en face. Non. Cela m'inquiète pour mes enfants. Et pour leurs enfants après eux. Dans quelle société vont-ils grandir ? Mon mari et moi aurons-nous assez de force et de patience pour leur montrer la différence entre le Bien et le Mal ? Serons-nous assez convaincants pour que nos enfants fassent leurs les principes de vie qui nous habitent et que nous croyons justes ? Pourront-ils encore les transmettre à leurs propres enfants ?
L'altruisme et l'amour auront-ils simplement encore un sens ?

Petite info de dernière minute, qui date d'aujourd'hui :
À propos de l'IVG, j'en parlais déjà ici. Et NVB va vite. Et elle n'est pas seule dans son délire. D'après cette information, il semble que la ministre des droits des femmes avance vite dans sa volonté de promouvoir l'avortement. Cela va même plus loin, puisqu'il existe un "délit d'entrave" qui concerne l'entrave à la pratique de l'IVG entre autres. Une sénatrice PS propose de l'étendre à l'information. Ce qui voudrait dire que toute information expliquant les méfaits de l'IVG, ou encore précisant qu'il existe d'autres solutions que l'IVG, deviendrait donc condamnable... L'IVG est un droit, certes. Depuis maintenant 38 ans. Que l'on soit d'accord ou pas, l'information sur l'IVG et ses conséquences est une nécessité. Demain, est-ce qu'il sera interdit à un médecin d'informer sa patiente des risques éventuels qu'elle court ? Est-ce qu'il sera encore possible pour un médecin ou un site internet de dire que l'avortement, ce n'est pas sans conséquences pour la femme, pour la jeune fille, et que certaines ne s'en remettent jamais ? Que certaines femmes passent le reste de leur vie à penser à cet enfant qui n'est pas né, et qui ne naîtra jamais ?

Finalement, je me dis que NVB est pour l'information, à partir du moment où cette information va dans le même sens qu'elle. NVB est pour la liberté d'expression, à partir du moment où les idées exprimées sont conformes à ses propres idées.
Pour moi, il s'agit ni plus ni moins d'une atteinte à la liberté de conscience. Il s'agit ici de terrorisme intellectuel. Quoi de mieux, en effet, pour promouvoir une idée que de rendre illégales les idées contraires ?
Je vous laisse sur ces quelques réflexions : mon bébé à moi me réclame ! :)

vendredi 29 mars 2013

Féminisme vs Droits des femmes

Le projet de loi actuel sur le "mariage" pour tous et ses conséquences, ainsi que la question du "gender" ou celle de l'égalité hommes-femmes que Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement, entend promouvoir, ne cesse de me poser de nouvelles questions.

Pour ma part, j'ai toujours compris la question des Droits des Femmes comme une sorte d'arsenal juridique permettant de pallier les "inégalités" existant de fait entre les hommes et les femmes, au détriment de ces dernières, du fait justement de la féminité.
Je m'explique.
De tous temps, ce sont les femmes qui ont porté les enfants (rassurez-moi : j'enfonce bien là une porte ouverte, j'espère ? Personne n'est choqué jusque-là ?). Et jusqu'à ce que la science et la médecine trouvent le moyen de remplacer artificiellement le corps de la femme, son utérus, par un système équivalent, je suppose qu'il en sera ainsi.
La maternité constitue donc une différence fondamentale entre les femmes et les hommes, différence qui ne pourra s'effacer que lorsque les hommes auront la possibilité biologique d'enfanter, ce qui ne semble pas être une option dans l'immédiat, ou que l'on aura trouvé un moyen d'externaliser la grossesse du corps féminin et donc de rendre artificiellement les femmes "égales" aux hommes (ce dont, je ne doute pas, certains rêvent tout haut).
Par conséquent, la maternité, actuellement, justifie à elle seule au moins une partie de cet arsenal juridique mentionné plus haut sous le terme de "Droits des femmes", en ce sens qu'il accorde à ces dernières une ou des compensations aux conséquences directes et indirectes que la maternité a sur le corps ou la carrière professionnelle des femmes.
En particulier, les femmes ont le droit, lorsqu'elles sont enceintes, à la protection de leur emploi. Elles ne peuvent être licenciées du fait de leur grossesse. Ou encore, les soins relatifs à la grossesse et/ou à la naissance de l'enfant ainsi que ses suites sont pris en charge en totalité par la Sécurité Sociale. De même un congé de maternité rémunéré est accordé aux femmes enceintes pendant les semaines qui précèdent et celles qui suivent la naissance. Normal, me direz-vous. Et on pourrait multiplier les exemples, notamment avec les dispositions particulières qui émaillent les conventions collectives, toutes plus favorables que le droit du travail par définition (aménagement du congé maternité, départ plus précoce, etc.).
En réalité, c'est ce "normal" qui m'interpelle.

Je me trompe peut-être, mais pour moi, la différence des droits entre les hommes et les femmes (notamment en matière de travail) induite par la maternité est une vraie réponse à une inégalité de fait. Ces droits accordés aux femmes compensent une difficulté qu'ont les femmes, et que n'auront jamais les hommes, du simple fait qu'elles deviennent mères, que ce sont elles et non pas les hommes qui mettent au monde les enfants.
Or, ce que j'entends et lis actuellement, qui tend à vouloir faire des filles des garçons (ou l'inverse) ou bien à calquer le droit s'appliquant aux femmes sur celui existant pour les hommes amène à faire régresser ces droits spécifiques aux femmes, liés à la maternité en particulier (parce qu'on est bien d'accord que dans les autres domaines, il n'y a pas vraiment lieu d'accorder des droits supplémentaires aux femmes plutôt qu'aux hommes).
Par exemple, auparavant, il était admis dans le droit du travail qu'une femme ayant, je crois, élevé trois enfants, avait la possibilité de prendre sa retraite au bout de quinze années. Il semble que depuis les années 2000, ce ne soit plus le cas (ce n'est donc pas une disposition prise par l'actuel gouvernement, mais une évolution sur le moyen terme tendant à prouver que cette question du genre ne soit pas portée par un gouvernement en particulier, mais fasse son chemin dans la société au point d'en devenir presque "normale" aux yeux des citoyens. On entre là dans l'univers du politiquement correct et de la pensée unique). Si j'ai bien tout compris, ce droit était accordé aux femmes pour compenser en partie les périodes de leur vie pendant lesquelles elles ne travaillaient pas pour pouvoir se consacrer à l'éducation de leurs enfants. La société reconnaissait en cela le bénéfice durable qu'apporte la maternité à la société tout entière, en ce sens que ce sont les enfants d'aujourd'hui qui feront les travailleurs de demain, ces travailleurs qui financeront demain les retraites des actifs d'aujourd'hui. Il s'agit donc d'un pari sur l'avenir, dans une société fondée sur la solidarité intergénérationnelle incluant, entre autres, le système de retraites par répartition. Les femmes, même non actives au sens du droit du travail, deviennent donc dans cette optique-là de précieuses contributrices de l'avenir du pays en général, et de son système social en particulier.

La théorie du genre, déjà enseignée au lycée et bientôt dès le CP si les recommandations de la ministre des droits des femmes sont suivies d'effet dans les écoles (il paraît que c'est une "priorité" du gouvernement), appliquée dès la maternelle dans certains endroits, entend lutter contre les stéréotypes qui, soi-disant, enferment l'homme et la femme dans leurs conditions respectives d'hommes et de femmes, perpétuant de fait une supposée inégalité entre les deux sexes et des comportements de la part même des personnes intéressées jugés "sexistes" (croyance par exemple que les femmes sont moins douées que les hommes dans certains domaines, ou cantonnement des filles dans certains rôles, et des garçons dans d'autres).
Alors la démarche peut sembler louable au premier coup d’œil, mais ne me semble pas résister très longtemps à l'analyse, tant ses implications dans tous les domaines sont importantes.

L'application de la théorie du genre en matière de droit du travail par exemple implique forcément des changements radicaux pour les femmes dans leur emploi et leurs possibilités de travailler. Si cette théorie est inscrite à l'avenir dans les conventions collectives, par exemple, toutes les dispositions particulières relatives aux femmes et à leurs droits vont disparaître. Qu'une femme soit enceinte peut donc ne plus la protéger à l'avenir du licenciement si l'employeur y voit un problème lié, par exemple, à son absence de plusieurs mois avant et après la naissance. De même, pourquoi, si un homme et une femme sont identiques, considérer la grossesse comme une période à part dans la vie d'une femme et pas dans celle d'un homme, même par procuration ? Les soins résultant de la grossesse n'auront donc plus lieu d'être remboursés par la Sécurité Sociale et deviendront donc à charge de la future mère, avec toutes les difficultés que cela peut engendrer pour celles qui ont de faibles revenus.
Actuellement, une femme peut quitter son travail pour se rendre aux rendez-vous médicaux obligatoires, ou encore bénéficier d'une heure de repos par jour travaillé pour lui permettre d'allaiter son bébé ou de tirer son lait si elle ne peut pas être présente physiquement auprès de son enfant. Loin d'enfermer la femme dans sa condition de femme et/ou de mère, ces dispositions légales lui permettent donc d'assumer son travail, moyennant quelques aménagements, lui donnant la possibilité d'être aussi une mère et donc de ne pas culpabiliser de laisser son très jeune enfant aux bons soins d'une nourrice ou des professionnels de la crèche.

Que pourrait-il se passer si la théorie du genre s'imposait dans le droit du travail ? Comme il paraît surréaliste d'accorder une heure de congé à un homme quand sa femme doit allaiter son bébé, je suppose que ces dispositions particulières sont amenées à disparaître purement et simplement. Et ce ne sont que quelques menus exemples. 
Quelles pourraient être les conséquences ?
La première semble évidente : les femmes qui travaillent pourraient sans doute simplement arrêter de mettre des enfants au monde. La maternité deviendrait alors réservée de fait aux femmes ayant choisi de ne pas travailler, c'est-à-dire actuellement une minorité de femmes. Minorité appelée d'ailleurs à diminuer encore pour des raisons économiques, par exemple dans le cas des femmes célibataires par choix ou non, séparées ou divorcées et qui n'auraient pas d'autre choix que de travailler pour subvenir à leurs besoins, en l'absence d'un deuxième salaire qui viendrait combler la baisse de revenus engendrée par la difficulté à avoir un emploi.
En fait, il se pourrait même que ce soit encore plus simple que cela. En effet l'homme et la femme devant être traités de manière identique, la grossesse et la maternité de la femme induisent une différence notable entre les hommes et les femmes. De fait, si la femme est protégée durant la gestation et les semaines qui suivent la naissance, ce n'est pas du tout le cas de l'homme, bien entendu. La protection de l'emploi des femmes pourrait donc être supprimée au motif qu'elle crée une discrimination à l'encontre des hommes. Du coup, il ne devient plus impossible pour un employeur de licencier une femme enceinte, voire de n'employer que des hommes pour être sûr de ne pas avoir de souci d'absence de son employée pendant de longs mois. Les femmes pourraient donc se voir excluses à terme de l'accès à l'emploi.
Il peut également  être envisagé que l'on demande aux femmes de choisir entre travail et maternité. Qui empêcherait, par exemple, un employeur de vouloir s'assurer que sa future employée n'aura pas d'enfants et sera donc présente tout le temps (hors congés et maladies ?) C'est la porte ouverte à la stérilisation massive des femmes, qui les mettrait à égalité avec les hommes, puisqu'elles ne seraient plus soumises au "risque" d'une maternité, y compris non désirée. N'est-ce pas une nouvelle discrimination envers les femmes, les hommes n'étant pas soumis à cette obligation puisque ne portant pas le souci de la grossesse ?
Alors oui, je vais un peu loin sans doute dans le raisonnement. Mais est-ce vraiment si impossible ? Qui aurait pensé en effet, il y a dix ans, que des enfants seraient susceptibles de naître de manière délibérée sans père ou sans mère, et ce avec la bénédiction du gouvernement ? C'est pourtant ce que propose la loi Taubira avec le "mariage" pour tous !

Actuellement, on observe déjà une nette diminution de la taille des familles, réduites à un, voire deux enfants, ce qui permet aux femmes de mener de front leur carrière professionnelle et la maternité. Il y a fort à parier que ce nombre va encore diminuer si la théorie du genre est appliquée dans le monde du travail. 
Dans un premier temps, la théorie du genre risque donc d'amener à une perte de droits pour les femmes, en matière de travail, mais aussi simplement dans leur liberté de choix. Que fait-on en effet du désir d'enfant, si puissant qu'il conduit à des "oublis" de pilule, par exemple ? Les femmes vont-elles devoir choisir entre devenir mères et mener une carrière professionnelle épanouissante ? Pourront-elles réellement s'épanouir dans le travail si on les prive volontairement de la maternité, pour laquelle elles sont pourtant faites biologiquement ? En quoi est-ce un "progrès" pour les femmes ?
Alors qu'actuellement la législation permet aux femmes d'être mères tout en s'épanouissant dans leur travail, il y a un vrai risque que dans l'avenir, elles devront choisir entre l'une ou l'autre. Celles qui choisiront la maternité se trouveront forcément dépendantes financièrement de leur mari ou concubin. Je repose la question : en quoi est-ce un progrès pour l'émancipation des femmes et leurs droits, cette émancipation appelée de ses vœux par le féminisme traditionnel ? N'est-ce pas, plutôt, une formidable régression ? Où se situera donc la liberté ?

Dans le domaine de l'enfance, nier la différence sexuelle atteint l'identité même de la personne. Dire qu'un garçon et une fille sont identiques, dans la petite enfance, doit vraisemblablement perturber gravement la construction identitaire de l'enfant. D'un point de vue très pratique, la biologie humaine étant ce qu'elle est, une fille voit son corps se transformer vers 12 ans en moyenne, avec l'apparition des signes sexuels primaires et secondaires propres à la femme (transformation de la morphologie, apparition de la poitrine, augmentation de la pilosité, menstruation, évolution de la voix...). De la même manière, le corps du garçon se transforme aussi (augmentation de la masse musculaire, mue, apparition de la barbe, augmentation de la pilosité...) sans compter les transformations invisibles, psychologiques, hormonales, affectives...
Nier à un enfant le droit de se construire en tant que fille ou garçon, c'est, à mon sens, l'exposer à un véritable traumatisme à l'adolescence. Le cas de "Pop", cet(te) enfant suédois(e) de six ans dont les parents ne révèlent pas le sexe est très emblématique. Pour l'instant, il(elle) "choisit" chaque matin d'être une fille ou un garçon, ce qui est relativement simple à un âge où les caractères sexuels ne sont pas encore apparus. Les parents le(la) disent épanoui(e) et stable, ce que l'on peut effectivement aisément croire compte-tenu du jeune âge de l'enfant. Mais que va-t-il se passer à la puberté ? L'esprit humain est-il donc si prodigieux qu'il pourra "contrer" l'évolution normale du corps de cet(te) enfant et empêcher sa puberté pour le(la) maintenir à un sexe indifférencié ? J'en doute fortement, en réalité. Un jour ou l'autre, le sexe de Pop deviendra évident et l'enfant comprendra alors que ses parents, ses éducateurs, la société... lui ont menti depuis sa naissance, qu'il(elle) a été une expérience absurde sortie du cerveau malade des promoteurs du "gender" au nom d'une pseudo-égalité entre les sexes. Sans vouloir être pessimiste, qui dit que le traumatisme ne va pas mener Pop au rejet pur et simple de son corps ? À l'auto-mutilation ? Ou, pire, au suicide ?
Dans le cas du travail comme dans celui de l'enfance, la théorie du genre amène donc, à mon avis, à la fin de la société par la destruction de ses enfants ou par leur absence, simplement.

Voilà quelques-unes des réflexions et questions que je me pose au sujet de l'"égalité" entre hommes et femmes. Et vous avez de la chance de ne pas être dans ma tête. Ce que j'y vois est bien pire encore. Mais si je l'écris un jour, ce sera sans doute dans mon "atelier d'écriture", sous forme de fiction, tellement ce que j'entrevois ressemble à l'enfer et au néant...

mardi 26 février 2013

NVB ou le retour de l'obscurantisme


Notre gouvernement fait vraiment très, très fort en ce moment, et multiplie les initiatives qui, à moi, me paraissent plus que douteuses ou problématiques.

Dernier exemple en date, dont j'ai pris connaissance hier : la ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a « découvert » que des femmes s'informaient sur Internet à propos de l'IVG. Et que se passe-t-il quand une femme utilise le plus célèbre moteur de recherche du net pour s'informer (vous pouvez essayer pour voir) ? Elle tape « ivg » sur ledit moteur de recherche, et tombe, soit en première intention, soit en seconde, sur le site www.ivg.net (normal, me direz-vous, au moins, là, on est vraiment dans la réponse à la question posée, ouf, ça prouve que G****e fonctionne correctement au moins).
Sauf que madame Najat Vallaud-Belkacem, ça ne semble pas lui plaire du tout, ça, parce que le site en question n'est pas franchement pro-ivg. Il est surtout favorable à une juste information des femmes se posant la question d'un recours à l'avortement, et informe en particulier sur les risques qu'elles courent en franchissant le pas.

J'y suis allée hier, par curiosité, pour savoir ce qui faisait si peur à notre chère ministre. On y trouve un certain nombre de témoignages de femmes ayant avorté, qui, pour beaucoup, ne s'en remettent pas (dans le sens où elles se posent des questions, même des années après, ou regrettent simplement leur geste et n'ont qu'un désir : mettre au monde cet enfant qu'elles ont tué, puisqu'il faut appeler un "chat" un "chat"). On y trouve aussi une étude à propos du recours à l'IVG chez les adolescentes, et en particulier du risque accru qu'ont ces jeunes filles d'avoir par la suite des problèmes psychiques, voire des maladies mentales. Ce risque, selon l'étude, serait supérieur pour les jeunes filles ayant recours à l'IVG par rapport à celles qui mèneraient à terme leur grossesse, même non désirée.

Je ne vais pas faire ici un catalogue exhaustif de tout ce que contient ce site (il y a entre autres un numéro gratuit que l'on peut appeler quand on se pose des questions, et qui permet d'avoir en ligne un conseiller, simplement pour parler).
Ce que je constate, c'est que la ministre entend poser la question du référencement des sites internet sur le moteur de recherche, et sans doute favoriser (par je ne sais quel moyen, mais elle a suffisamment de ressources pour finir par trouver) le référencement de sites plus favorables à l'IVG que ivg.net. On sait par ailleurs que le Planning Familial, depuis longtemps, ne joue plus son rôle de prévention, et préfère encourager à l'avortement que donner des informations fiables concernant, par exemple, l'accouchement sous X ou les procédures permettant de confier un enfant non désiré à l'adoption.

Alors tout ça, ça m'amène quand même à me poser une fois de plus la question de la logique du gouvernement qui dirige actuellement notre pays.
On nous dit, et on le clame bien haut et bien fort, qu'il faut absolument l'égalité pour tous, la parité entre hommes et femmes, renforcer les droits des femmes, etc. C'est beau, c'est bien, c'est politiquement correct, c'est très, très louable (je ne vais pas, en tant que femme, prétendre le contraire !). Sauf que ce que je vois, de mon petit bureau d'Ebersheim, c'est que sous le prétexte d'assurer aux femmes le droit de disposer de leurs corps comme elles l'entendent, sous prétexte de leur permettre de s'affranchir du « poids » de la maternité (subie sous-entendu), on leur nie le droit à une information complète, en voulant carrément supprimer l'accès à l'information elle-même. Et ça, pour la documentaliste que je suis, c'est purement et simplement insupportable.

Mon travail et sa déontologie sont clairs : ce qui prime, c'est la pluralité pour avoir une information éclairée et complète. Par exemple, si une bibliothèque est abonnée à un quotidien de gauche, elle doit aussi s'abonner à un quotidien de droite pour assurer aux lecteurs potentiels des points de vus divers et donc divers angles d'approche d'un problème, ce qui permet de se faire une opinion nuancée du problème en question. Et ce quelles que soient les opinions politiques ou religieuses des documentalistes.

Là, ce que propose la ministre aux droits des femmes (1), c'est purement et simplement de mettre en avant, et de créer un site internet pour contrer une information mise à la disposition des femmes (à savoir qu'un avortement, si, si, ça a des conséquences), de manière à favoriser ce qu'elle considère sans doute comme un droit fondamental. Sauf qu'à ma connaissance, toutes les femmes ne sont pas obligées d'être d'accord avec elle et sa vision des choses. Elles ont aussi, il me semble, le droit fondamental de se faire leur propre opinion par rapport à leur avenir et à l'avenir éventuel de leur enfant, si elles décident finalement de le garder.

Au Moyen-Age, et après aussi, maintenir volontairement une population ou une fraction de la population dans l'ignorance, ça s'appelait simplement de l'« obscurantisme »...

Il y a donc des choses que je ne comprends pas dans la logique de cette ministre. Les femmes ont le droit de savoir ce que font les médecins avec leur corps, il me semble. Le « droit » de disposer de son corps, ce n'est pas seulement le droit de faire n'importe quoi avec (du genre coucher avec n'importe qui, quelles que soient les conséquences, au nom de la sacro-sainte Liberté si chèrement acquise en 1968 par exemple). C'est aussi et surtout, il me semble, le droit de connaître les risques que l'on court en pratiquant une intervention ou une autre, le droit de préserver son corps d'une éventuelle mutilation (je pense en particulier à l'excision, mais on peut trouver des tas d'exemples). S'il y a quelque chose de bien dans cette histoire de droit à disposer de son corps, c'est bien ça : dans ce « mon corps m'appartient », personnellement, je vois surtout le fait que personne n'a le droit de prendre des décisions à ma place en ce qui concerne mon corps et son intégrité. D'ailleurs, un chirurgien informe bien ses patients des risques opératoires encourus, des risques liés à l'anesthésie (la consultation avec l'anesthésiste est, si je ne m'abuse, obligatoire avant toute intervention chirurgicale), ceci afin que le patient puisse prendre une décision libre et éclairée. Ça fait partie des protocoles de base en milieu hospitalier, et ça s'appelle tout simplement le respect du patient. Pourquoi donc ce même principe de base (une décision libre et éclairée par une information complète sur les bénéfices et les risques de l'intervention) ne pourrait-il pas être appliqué dans le cadre de l'IVG ? Pour éviter qu'il y ait une baisse du nombre d'avortements en France ? Comment ? 200.000 avortements par an, ça ne suffit pas ? Il en faut plus ? Ah oui, c'est vrai qu'avec les problèmes de pilule qu'on rencontre aujourd'hui (à cause, mais ça, ce n'est pas vraiment de la faute du gouvernement actuel), il y a fort à parier qu'on risque une recrudescence des avortements suite à des abandons de pilule... (Vous inquiétez pas, madame la ministre, des avortements, vous en aurez en nombre dans les mois qui viennent si les labos pharmaceutiques et les médecins ne parviennent pas à faire preuve d'un peu plus de bon sens...) (en plus, c'est cool, depuis le 1er janvier, tous les avortements sont remboursés à 100% ! Chouette, alors ! Allons-y gaiement : la pilule, elle (surtout celles de 3e et 4e génération), est chère et n'est pas remboursée !)

Lors du vote de la loi Veil, en janvier 1975, il a été prévu un entretien avec un médecin, puis un entretien avec un psychologue, et un délai de sept jours préalable à toute interruption volontaire de grossesse. Ce qui veut bien dire, et le législateur en était parfaitement conscient en 1975, qu'une IVG n'est pas un acte anodin comme on voudrait nous le faire croire aujourd'hui. Loin d'être banal, cet acte a de lourdes conséquences psychiques et, dans certains cas, physiques aussi sur la femme qui le subit, et ce y compris si elle a toutes les informations dont elle a besoin pour que cette décision soit libre et éclairée.
Dans certains témoignages que j'ai lus il y a déjà un bon bout de temps (comme quoi, ces questions ne datent pas d'aujourd'hui et ont vraisemblablement toujours posé problème), certaines femmes disaient que bien des années après l'avortement, elles se posaient toujours la question de cet enfant qui n'est jamais né : Qui était-il ? Était-ce une fille ? Un garçon ? Qu'aurait-il fait dans sa vie adulte ? Etc. Et ces femmes n'oublient pas qu'elles ont porté un bébé : c'est inscrit dans leur corps, quoi qu'en disent tous les « pro-avortement » qui cherchent à minimiser l'impact de l'IVG sur le psychisme des femmes. Et le corps se souvient de ce qu'il a vécu par le passé...

En tout cas, si cet entretien avec un psychologue a été décidé et rendu obligatoire par la loi, ce n'est vraisemblablement pas pour rien. Et faire croire aux femmes qui se posent la question de l'avortement que c'est un acte banal, sans danger, sans risque pour elles, c'est leur mentir, surtout si en plus on leur retire un certain nombre de sources d'informations susceptibles de les faire, sinon changer d'avis (cela ne regarde qu'elles et l'avortement est malheureusement légal en France), au moins réfléchir aux conséquences et prendre la décision en toute connaissance de cause.

Pour le coup, le comportement de madame Najat Vallaud-Belkacem me paraît criminel, simplement. Au nom du respect du droit à l'avortement, la ministre entend cacher aux femmes la vérité sur ce qu'elles subissent lors d'une IVG. À quand un procès contre la ministre des droits des femmes pour non respect du droit à la liberté d'information ? Ça me ferait bien rigoler, ça !

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(1) Comme d'habitude, les commentaires sont aussi intéressants que le texte lui-même... Et puis, je me demande si notre ministre est vraiment pour la défense des droits des femmes, ou si elle est là uniquement pour défendre une certaine idée des droits des femmes. Pour ma part, je ne me retrouve absolument pas dans ces "droits" qu'elle entend défendre bec et ongles. Et pourtant, je suis une femme. Comprenne qui pourra.
Dans l'article, il est dit (et c'est NVB qui le dit) : "ces sites font du prosélytisme anti-IVG". Otez un doute de mon esprit : ce qu'elle veut faire n'est rien d'autre que du prosélytisme pro-IVG, non ? Que je sache, nous sommes en démocratie (elle, elle ne le sait peut-être pas ? Faudrait que le président normal pense à le lui dire, parce que visiblement, ça pose problème quand même, sauf si sa définition à lui de la démocratie est tout aussi partielle que celle de sa porte-parole... on peut se poser la question, d'ailleurs, quant on voit la manière qu'il a de traiter d'autres sujets de société, mais je ne vais pas revenir sur le "mariage pour tous", c'est un autre débat. Quoique.), et à ce titre, toutes les opinions ont quand même le droit de s'exprimer, non ? Ou alors c'est moi qui n'ai rien compris à la démocratie ??? En quoi le fait de faire du prosélytisme anti-IVG est un problème Ça rétablit un peu l'équilibre, puisque les femmes ne peuvent pas toujours trouver auprès des médecins les informations dont elles ont besoin pour se faire une opinion... Ah mais non : ça ne va pas dans le bon sens pour notre bonne ministre des droits des femmes... Zut alors !