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je préfère le penser... à mon image :
complexe, éclectique, et forcément fait d'un peu de tout.

vendredi 5 avril 2013

Services sociaux et politiquement correct

La question de l'adoption par des personnes homosexuelles pose d'autres questions plus larges relatives à la liberté d'expression, par exemple. Sur la question de l'homosexualité, on est maintenant en droit de se demander jusqu'à quand, par exemple, on aura le droit d'exprimer une opinion contraire au politiquement correct. Un article relatant des faits graves d'abus sexuels sur mineur de la part d'un père et de son compagnon homosexuel sont à la base du billet d'aujourd'hui. L'affaire s'est passée en Angleterre et le père et son compagnon n'ont pas été inquiétés pendant plusieurs années par les services sociaux pour des raisons absurdes : il ne fallait pas prêter le flanc au risque d'être qualifiés d'"homophobes". Donc malgré plusieurs signalements de la part de la mère et de l'enfant lui-même, malgré 7 tentatives de suicides, la consommation de drogues, etc., l'enfant a systématiquement été remis à son père où il a continué à subir des viols de la part de son père et du compagnon de celui-ci.

La discussion qui a suivi sur FB avec mes collègues porte sur le "tu fais un amalgame entre adoption homosexuelle et viols par les parents", ce qui est totalement faux, mais parfaitement inacceptable effectivement (sur ce point, elles ont totalement raison, mais on ne peut pas me prêter cette intention dans la mesure où je l'avais bien précisé dans le commentaire accompagnant l'article : il s'agit d'un cas isolé, et il n'est pas question de jeter l'opprobre sur tous les couples homosexuels ou de les accuser a priori d'être maltraitants ou violeurs d'enfants...).

D'ailleurs, statistiquement, il y a bien plus de parents hétéros maltraitants que de parents homos maltraitants, puisqu'il y a aussi bien plus de parents hétéros que de parents homos... Le problème n'est pas là (encore qu'on pourrait se poser la question autrement : sur la totalité des parents homosexuels, quelle est la proportion de parents maltraitants, et cette proportion est-elle plus ou moins élevée que pour les parents hétérosexuels ? Mais je ne m'y hasarderai pas : je manque de données chiffrées fiables !).
Le problème soulevé par cet article et que je relevais justement, ce n'est pas celui de l'adoption (complexe dans tous les cas, quoique dans celui-ci, il ne s'agit pas d'un enfant sans parents adopté par d'autres, mais d'un enfant adopté par le conjoint de son père homosexuel, alors qu'il a encore sa mère, si j'ai bien compris, c'est-à-dire exactement la possibilité que demandent les couples homosexuels qui revendiquent le mariage en France), mais celui du silence coupable des services sociaux. Il est bien précisé que si les services sociaux n'ont rien dit, c'est parce que s'attaquer à un couple homosexuel et l'accuser de pédophilie, de violences sexuelles sur mineur, cela revient à être potentiellement homophobe, et ce n'est pas "politiquement correct".

Donc la question que je me pose, c'est où nous mène cette histoire de "politiquement correct". Si un enfant vit au sein d'une famille d'accueil ou adoptive hétérosexuelle, en cas de mauvais traitements, la plupart du temps, les signalements aboutissent à la mise en examen des adultes responsables (on se souvient, comme contre-exemple frappant d'ailleurs, de l'affaire d'Outreau, où les services sociaux n'ont là non plus pas fait grand-chose pour sortir les enfants de là, mais l'affaire était carrément complexe, puisqu'à la suite des auditions des enfants, je me souviens qu'il y avait suspicion de mensonges de la part des enfants eux-mêmes, alors ça a dû être un sacré sac de nœuds quand même... Il n'empêche que dans ces cas-là, on en parle à la télé, alors que dans la plupart des cas où les services sociaux font bien leur travail, rien ne filtre dans la presse. Et pourtant, des cas d'abus, il y en a, ce serait parfaitement naïf de penser que tout va bien dans le meilleur des mondes de l'adoption et des familles d'accueil). Il n'en demeure pas moins vrai que finalement, les parents et autres adultes impliqués se sont retrouvés devant la justice.
Dans ce cas-là aussi, les deux hommes incriminés ont purgé une peine de trente mois de prison. Seulement, la situation a duré 7 ans, pendant lesquels la mère et l'enfant n'ont pas cessé d'alerter les services sociaux... sans aucun résultat avant qu'un éducateur se saisisse du dossier et mette un terme aux horreurs subies par le jeune homme. Ça laisse rêveur quand même.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Pour moi, cela veut dire simplement qu'un enfant vivant dans une famille hétérosexuelle a plus de chances d'être protégé qu'un enfant vivant dans une famille homosexuelle, et ce non pas parce qu'il a moins de chances d'être maltraité, mais parce que les services sociaux sont plus enclins à agir que si les adultes en cause sont homosexuels. La cause : le risque d'accusation d'homophobie... C'est quand même dingue, non ? Pour donner plus de "droits" aux homosexuels (mariage, adoption, filiation), au motif qu'ils ne doivent pas subir de discrimination du fait de leur orientation sexuelle, on en arrive à nier les droits des enfants quant à leur protection et leur intégrité corporelle et mentale ? Une fois de plus, cette loi sur le mariage et la parentalité homosexuelle crée donc une inégalité latente à l'encontre des enfants eux-mêmes, alors qu'ils sont censés être protégés... Je ne sais pas, mais moi, je trouve cela particulièrement choquant. C'est exactement comme si on signait un chèque en blanc en disant aux couples homosexuels : "ne vous en faites pas, en cas de pépins, de dérives, vous êtes protégés : il ne peut y avoir de discrimination envers vous du fait de votre orientation sexuelle". Donc tout est permis, sans conséquences. Paradoxalement, les adultes hétérosexuels sont donc plus suspects que les homosexuels d'être des parents maltraitants ou violeurs, alors même que les homosexuels mettent en avant le fait qu'il n'y a pas de raison qu'eux-mêmes soient de moins bons parents que les hétérosexuels...

Ça donne à réfléchir, non ?

jeudi 4 avril 2013

Mariage pour tous : Et les enfants ?

Sur Facebook (encore !), une de mes collègues m'a envoyé l'information suivante : France 5 a diffusé le 2 avril dernier (mardi soir) un reportage de52 minutes sur le mariage pour tous, ou plutôt sur les enfants au sein des familles homoparentales.
Merci Sylvie pour l'information, je me suis bien entendu empressée de visionner ce reportage. Ma connexion internet a planté à la 39e minutes, mais c'est sans importance, tant le message délivré par ce reportage est clair et limpide.
Il FAUT légaliser la situation de ces enfants !!! C'est une évidence bien sûr !

Bon alors au-delà du message lui-même (sans équivoque), je vais quand même tenter, malgré les 11 minutes qui manquent à mon visionnage, de décrypter ce que j'ai vu dans ce documentaire, parce que c'est quand même très intéressant d'y réfléchir à tête reposée.

Tout d'abord, ce que je tiens à préciser, c'est que le reportage est à charge contre les opposants au mariage homosexuel, et forcément en faveur des personnes favorables à ce projet de loi. Il n'y a pas photo : dans les termes employés, dans les images montrées, dans le montage, dans le choix des personnes qui témoignent, tout est orienté en faveur des « couples » homosexuels. On sait donc très vite où on met les pieds (c'est sans doute l'avantage de ce type de reportage orienté).

Sur le reportage lui-même maintenant. Tout d'abord, ça commence par une vision idyllique de plusieurs familles homoparentales qui se regroupent pour, selon l'un des hommes interviewés, « que leurs enfants sachent qu'ils ne sont pas les seuls à vivre cette situation ».
On peut y voir plusieurs choses bien sûr et interpréter ces dires de différentes manières.
Premier cas : il faut que les enfants se sentent le mieux possible dans ces familles, donc il faut leur dire que leur situation est « normale ».
Deuxième cas : Nous avons besoin de nous retrouver entre nous, parce qu'à l'extérieur, c'est terrible, nous sommes persécutés, il faut donc rassurer nos enfants et leur montrer que non, nous ne sommes pas des anormaux, et que tout va bien.
Je sens déjà les reproches sur cette seconde interprétation, mais c'est vraiment l'impression que ça m'a donné : « Les pauvres homosexuels sont franchement persécutés, jusque dans leur désir d'enfant et leur parentalité, c'est vraiment, vraiment choquant et inadmissible. »

Ensuite, on rencontre plusieurs familles homoparentales, un couple de femmes, un couple d'hommes, des grands-parents d'un enfant élevé par un autre couple de femmes. On rencontre également un jeune homme homosexuel qui est soutenu par sa famille qui vit l'homosexualité du fils au quotidien, qui suit de près les débats sur le « mariage pour tous » et les manifestations des opposants à la télévision.

On rencontre aussi Elisabeth Roudinesco, qui est elle aussi favorable au projet de loi, ainsi qu'une juriste qui explique en quoi le droit est fait pour aller contre la nature, parce que la nature est cruelle et que le droit permet de rééquilibrer les choses. Soit.

Ah oui, on voit aussi un tout petit peu Tugdual Derville, porte-parole d'Alliance Vita, mouvement opposé au « mariage pour tous », et quelques militants dans la rue tentant de mobiliser le péquin moyen sur cette question. On voit aussi quelques images de la manifestation du 13 janvier à Paris.
On voit aussi beaucoup d'images sur les manifestations des homosexuels réclamant les mêmes droits que les hétérosexuels, mais pas seulement : il y a des images d'archives de la première Gay Pride aux USA, des images des rafles à l'encontre des homosexuels dans les années 50...

L'impression, là, sur le vif, que me laisse le début du reportage, c'est que les personnes qui ont tourné et monté ce document présentent sans le dire les homosexuels en victimes de la société, sur le mode : « Vous vous rendez compte ? On a voulu les mettre en prison pour leur orientation sexuelle ! L'OMS en a fait des malades mentaux, et maintenant, on leur refuse le droit de se marier et d'avoir des enfants ! Non mais quelle honte !!! »
Bien sûr, ce n'est pas dit de cette manière, mais les images laissent penser, et donnent à penser que oui, vraiment, les pauvres homosexuels sont des personnes comme tout le monde qu'on a martyrisées de tout temps et qu'il est vraiment temps que cela change.

La suite, cette série de reportages-interviews de parents homosexuels, que l'on voit dans leur vie quotidienne, dans leur cadre familial, montre deux ou trois familles épanouies, avec de jeunes enfants (3 ans pour les uns, 6 ans pour les autres), qui répètent aux caméra que si, leurs enfants vont bien, qu'ils sont normaux, qu'il n'y a aucun problème, qu'il n'y a pas confusion possible parce que ces enfants savent qu'ils ont deux papas et une femme qui leur a donné la vie, ou bien deux mamans et un « papa-graine » quelque part.
C'est tellement beau, c'est tellement harmonieux, que ça donnerait presque envie de le vivre aussi. Chouette, ça a l'air idyllique, d'avoir deux papas ou deux mamans, et surtout sans aucun problème ! Alors ça, ce n'est pas tout à fait vrai (toutes mes excuses, je vais trop vite) : il y a quand même un gros problème : « En cas de décès d'Ingrid [la maman biologique], je [la compagne de la mère] ne suis pas protégée. Ils ne sont pas protégés non plus. »
Ben oui, ça, pour le coup, c'est quand même un gros souci, un vrai problème. Mais bon, que voulez-vous, ma pov'dame ! Le désir d'enfant, c'est tellement fort, hein !

Alors là, je crois que je commence à comprendre ce qui ne va pas dans ce « débat » de société. C'est tout simplement que les « pro » et les « anti » « mariage pour tous » ne parlent pas du tout de la même chose. Et c'est sans doute aussi pour cette raison que les positions des uns et des autres sont totalement irréconciliables.

Dans ce reportage, on voit clairement des adultes, parents d'enfants bien sous tous rapports nous expliquer qu'ils aiment ces enfants, que ce n'est pas du tout un problème pour eux de s'occuper des enfants, de les aimer, de les éduquer, de leur expliquer la vérité, même à trois ans, etc. Et que donc si les « anti » ont peur que les enfants n'y trouvent pas leur compte, c'est ridicule et que ça dénote simplement qu'ils ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Je suppose donc que les auteurs du reportage se sont donné pour mission de combler cette lacune des « anti mariage pour tous » en leur prouvant par A+B que :
1- l'homophobie c'est pas bien
2- qu'il n'y a pas que les hétérosexuels qui sont aptes à s'occuper d'enfants
3- que les enfants sont moins bien protégés par la loi dans ces « familles » que si les parents étaient mariés, et que donc,
4- il faut absolument donner le droit aux parents homosexuels de se marier. Oh pas pour eux, ils s'en foutent clairement. Non, pas pour eux, mais pour protéger les enfants. Parce que ce sont eux qui comptent avant tout, bien sûr !

Alors là, il y a quelques petites choses avec lesquelles je suis parfaitement d'accord :
1- l'homophobie, non, ce n'est pas bien. L'homophobie, c'est la peur irrationnelle de l'homosexualité et donc, par ricochet, des homosexuels. Et cette homophobie conduit au rejet, à la mise au ban de la société, et donc à la discrimination (qui veut dire traiter différemment deux choses pourtant semblables [quoique, là, il y a matière à discussion, mais bon]).
2- Il n'y a pas que les hétérosexuels qui sont aptes à s'occuper d'enfants. Bien entendu. Évidemment. Cela va de soi, dirais-je même. Ce n'est franchement pas compliqué de changer une couche ou de donner un biberon, de faire à manger pour les enfants, même quand on est un homme, de transmettre des valeurs à un enfant, de lui donner de l'affection, de lui raconter des histoires pour l'endormir ou encore de lui faire un câlin au moment du coucher. Heureusement que ça, ce n'est pas une question d'orientation sexuelle ! Ce serait quand même un comble que des personnes normales (parce que je ne pense pas que les homosexuel(le)s soient des personnes anormales ou porteurs de « tares » comme j'ai vu certains de mes contacts sur FB me soupçonner de le faire) ne puissent pas s'occuper d'enfants du seul fait qu'ils préfèrent coucher avec quelqu'un du même sexe plutôt qu'avec quelqu'un du sexe opposé. C'est un argument tellement évident qu'il en devient, pour moi, quasiment ridicule...

En revanche, les points 3 et 4 me semblent plus sujets à caution.
Pour ce qui est de la protection des enfants, le fait que les paires d'homosexuels ne soient pas mariés ne pose dans le droit pas vraiment de problème, pas plus en tout cas que dans le cas des familles qui ont vu la disparition de l'un des parents (père ou mère décédé par exemple) ou dans le cas des enfants nés hors mariage. Dans tous les cas, les enfants ont droit à la même protection, ce n'est pas une question de sexualité ou de statut marital des parents, mais bien de protection de l'enfance. Rien à voir, donc.
Ah si, bien sûr : en cas de décès de la mère ou du père biologique, que se passe-t-il ? On peut supposer, puisque l'enfant n'est pas le fils ou la fille biologique du compagnon ou de la compagne du parent décédé, qu'il n'a pas de droits et que l'enfant sera donc confié plutôt à ses grands-parents s'il en a encore, ou bien à une famille d'accueil si ses grands-parents ont disparu ou sont inconnus (dans le cas d'un enfant conçu par don de sperme ou d'ovocyte anonyme, ou encore par mère porteuse). Sauf que je crois bien qu'il existe, dans le droit français, un principe qui s'appelle « l'intérêt supérieur de l'enfant », qui veut qu'on examine la situation de l'enfant et que le juge prenne la décision la plus favorable à l'enfant lui-même et non pas aux adultes qui l'entourent. Ce qui veut dire qu'il y a des dispositions dans le code de la famille en particulier qui protègent l'enfant et lui permettent de vivre avec la personne qui l'élève, quand bien même cette personne n'aurait pas de lien biologique avec lui. Et puis, il y a la possibilité pour le parent biologique de déléguer l'autorité parentale à un tiers, pour faciliter la vie quotidienne, donc cela ne pose aucun problème pour l'enfant.
En fait, ce qui pose problème, ce n'est pas que l'enfant ne soit pas protégé dans le cas du décès de son parent biologique, mais bien que le conjoint du parent biologique, lui, n'ait pas la garantie de se voir confier la garde des enfants qu'il (ou elle) élève avec le parent biologique. C'est donc un problème d'adultes, et non pas de protection de l'enfant, il me semble. Et encore, même là, je doute que ce soit réellement un obstacle, compte-tenu des aménagements légaux qui ont déjà été accordés par la justice à ces parents, justement pour résoudre ces casse-tête juridiques que sont les familles homoparentales. Les enfants n'étant pas responsables des choix et de la vie sexuelle de leurs parents ou des personnes adultes qui vivent avec eux et les élèvent, le droit a prévu des solutions dans ces cas-là, toujours dans l'intérêt de l'enfant. Il y a donc fort à parier que si une mère biologique meurt dans un accident de voiture, par exemple, la garde effective des enfants reviendra de fait à la personne qui a élevé les enfants depuis leur naissance (si le couple a tenu jusque-là), quand bien même cette personne serait la compagne homosexuelle de la mère décédée. Je ne vois donc pas où est la question de la protection, que ce soit celle de l'enfant ou celle du compagnon ou de la compagne du parent biologique...

Pour le point 4, j'ai déjà évoqué en partie la question, relative notamment à la protection de l'enfant. Pour le reste, le mariage, les couples interrogés ici semblent s'en taper royalement. D'ailleurs, l'une des femmes le dit très bien : « Si on obtient le droit de se marier, on planifiera le mariage, et aussi le divorce, parce que nous avons la tête dure ».
Ça veut dire quoi, ça ? Si je comprends bien, ça veut dire simplement que le mariage « protégeant » le conjoint et les enfants tant qu'il dure, il faut avoir le droit de se marier, mais que du coup, le mariage est considéré comme une simple formalité accordant des droits supplémentaires. Comme il est aussi assorti de devoirs auxquels on n'a pas forcément envie de se soumettre, alors il reste la solution du divorce. Est-ce que par hasard, la femme qui a dit ça se rend compte qu'en divorçant, elle « perd » aussi les droits patrimoniaux que lui accorde le mariage ? Qu'elle se retrouve alors dans la situation de tous les couples divorcés qui doivent a priori s'organiser pour la garde des enfants (garde alternée, garde exclusive, pension alimentaire...) ? Ou bien est-ce que c'est de la provocation pour dire simplement que le mariage, elle s'en fiche totalement, et que sitôt obtenu le droit de se marier, elle usera de ce droit, mais que ça ne changera strictement rien, à tel point qu'elle pourra divorcer de sa compagne sans aucune conséquence pour elles ni pour les enfants ? Que leur vie continuera exactement comme avant ? Mais quelle hypocrisie !

Bien sûr, elle fait ce qu'elle veut de sa vie... et notamment de sa vie de couple. Mais s'il y a bien quelque chose qui me pose problème ici, c'est le manque de logique. On réclame un droit, mais pour s'empresser de le mettre aux oubliettes ?
Et on voudrait nous faire croire, à nous, personnes opposées à l'ouverture du mariage aux homosexuels, que ça ne changera rien à la définition du mariage ?

Pour ce qui est du mariage, encore, si, bien sûr que ça change la définition du mariage. Le mariage, dans le dictionnaire, c'est l'union d'un homme et d'une femme en vue de procréer. Comme c'est impossible pour deux femmes ou deux hommes de procréer ensemble, par définition, soit leur union ne peut pas être appelée « mariage », soit il faut changer la définition du mot « mariage » pour faire entrer les couples homosexuels dans cette définition. Ce qu'on peut tout à fait faire, mais alors qu'on arrête de nous dire que ça ne change rien, puisque ça change la définition même du mariage. Il faut être un minimum cohérent.
On nous répond que ça n'enlève pas de droits aux couples hétérosexuels. Soit. Encore que. Pour ma part, ça me fait quand même bizarre de me rendre compte que le contrat conclu avec mon mari il y a douze ans, par le mariage civil, n'aura pas la même teneur que celui que mes enfants concluront peut-être un jour, mais surtout que celui que mes contemporains concluront après la promulgation de la loi (si la loi est effectivement adoptée définitivement), et ce seulement 12 ans après le mien. Quelle est la valeur de mon propre mariage, si l'État en change la définition en cours de route ? (je précise qu'il s'agit d'un simple questionnement, je me trompe peut-être !).
En tout cas, si, ça change quand même quelque chose, en ce sens que ça change le sens de la filiation aussi. Parce qu'il faut quand même, à un moment ou à un autre, arrêter de croire tout ce qu'on nous dit : dans la mesure où le mariage induit la procréation, il induit aussi la filiation. Si la définition du mariage change, alors la filiation change aussi. En autorisant le mariage pour les personnes homosexuelles, on dit aussi : « la filiation biologique, c'est de la fiction, ce qui prime, c'est la filiation sociale, celle qui est issue d'un projet parental. » Alors bien sûr, dans le cas des couples hétérosexuels, les deux concordent (filiation biologique et filiation « sociale »). Mais ce n'est pas le cas dans les couples homosexuels, où la filiation biologique est simplement impossible. Il faut donc changer la définition de la filiation. Dans l'interview de douze minutes qui suit le reportage, une juriste à l'initiative de la lettre cosignée par 170 juristes alerte sur le changement de sens de la filiation induit par le mariage pour tous : puisqu'il ne s'agit plus de procréation mais d'éducation (comme on l'a vu plus haut, les couples homosexuels ne sont pas plus « manches » que les hétérosexuels pour éduquer les enfants), alors n'importe qui, n'importe quel éducateur pourra se prévaloir de cette qualité pour demander à obtenir le statut de parent de l'enfant. Ce ne sera plus uniquement ceux qui élèvent l'enfant, mais aussi l'éducateur du périscolaire, la tante chez qui il va jouer le mercredi, la nourrice à qui l'enfant est confié, la grand-mère qui va le chercher à l'école, le soir, etc. Même si c'est sans doute un peu tiré par les cheveux, ce n'est pas totalement absurde quand même. Tout simplement parce qu'il n'y a pas de raison de limiter la délégation d'autorité parentale à une seule personne. Et il n'y a pas non plus de raison, ça existe déjà ailleurs, de limiter le nombre de parents à deux personnes.
De ce fait-là, le « mariage pour tous » déstructure bien la famille, comme le craignent les opposants à cette loi, en supprimant les repères essentiels à la croissance harmonieuse d'un enfant. Ou plutôt, il porte en germe cette déstructuration. Parce que bien entendu, cette conséquence ne va pas se voir immédiatement. Elle ne deviendra réalité que sur le long terme...

Alors, autre point soulevé par le reportage : les actes des « parents », qui ont été amenés à contourner la loi pour avoir la possibilité d'avoir des enfants. On a vu ce couple de femmes, « mamans » de jumeaux de trois ans, et qui sont allées en Espagne pour une insémination artificielle avec donneur anonyme pour pouvoir engendrer ces enfants.
Le couple d'hommes, quant à eux, est allé en Ukraine pour y trouver une femme qui a donné ses ovules et a porté les jumeaux, moyennant quand même 80.000 € en dédommagement. (à ce sujet, j'ai bien aimé l'intervention de Mme Elisabeth Roudinesco qui soutient qu'il ne s'agit pas de l'achat d'un bébé, mais d'un dédommagement pour la pauvre femme qui met sa vie entre parenthèse pendant neuf mois pour permettre à un couple d'étrangers d'avoir des enfants. C'est cynique. D'abord, 80.000 €, c'est une somme incroyablement importante, c'est la moitié du prix de ma maison, par exemple. Mais c'est aussi ridiculement bas quand il s'agit de vies humaines. Comment, d'ailleurs, évaluer le prix d'un enfant ? Alors là, elle dit qu'il ne s'agit pas du prix de l'enfant, mais d'un dédommagement... soit, mais alors il s'agit du dédommagement de quoi ? De neuf mois « perdus » pour cette grossesse ? Et la mienne, de grossesse, elle est rémunérée à cette hauteur-là ? Pourquoi je n'aurais pas le droit d'avoir un dédommagement aussi parce que je suis enceinte ? Ah oui ! Les indemnités journalières de la sécu ? On est loin des 80.000 €. Les prestations familiales ? Je suis sûre que le père officiellement célibataire des jumeaux y a droit lui aussi ! Et deux fois, en plus, parce que ce sont des jumeaux, donc ça se cumule !
Alors s'agit-il d'un dédommagement en cas de problème pendant la grossesse ? Non, bien sûr, puisque c'est le prix à payer par tous les couples qui ont recours aux mères porteuses en Ukraine. C'est donc un tarif de base !
Alors c'est le prix à payer pour que la femme donne l'enfant qu'elle a porté dans son ventre, et pour être sûr qu'elle ne voudra pas le garder une fois qu'il sera né, non ? C'est donc le prix de l'enfant ! Donc Mme Roudinesco est une menteuse et/ou une hypocrite...

Pour continuer sur cette question du contournement de la loi en allant à l'étranger pour une insémination artificielle avec donneur ou une mère porteuse, il y a quand même autre chose qui me choque, hormis la question financière : ces « familles » ont contourné la loi et ne s'en cachent pas vraiment (elles ont témoigné à visage découvert dans le reportage), ce qui veut dire qu'elles se sentent suffisamment en sécurité pour des « hors-la-loi » normalement passibles de peines de prison ou d'amendes quand on a enfreint ou contourné la loi française. Ce qui veut dire aussi qu'en France, quand il s'agit d'abus de bien sociaux, de fraude fiscale... on est susceptibles d'être inquiétés, mais pas quand il s'agit de la marchandisation d'enfants... Ça aussi, ça me laisse rêveuse... La loi, elle s'applique pour tous, non ? Elle est la même pour tout le monde, ou il y en a qui ont des passe-droits et qui n'ont pas à s'inquiéter des conséquences de leurs actes ? Pourquoi une telle incohérence dans le droit français ? Pourquoi, quand il s'agit du vol d'un objet, ou de détournements de fonds dans une entreprise par exemple, la loi s'applique, mais pas en matière d'enfants, de PMA ou de GPA, pourtant explicitement interdites dans le droit français ?
Notre gouvernement (mais pas uniquement le présent, je veux tout de suite rassurer les lecteurs de ce billet) est bien tolérant... parce que vu l'âge des enfants, ce n'est pas sous le gouvernement Hollande qu'ils ont été conçus, mais sous le ou les gouvernements précédents. Ce qui laisse supposer quand même une grande tolérance pour ces pratiques interdites !
Là encore, ce qui me choque, ce n'est pas que ça existe, mais l'incohérence de fond, l'illogisme de la chose. Soit c'est interdit, et alors les personnes qui enfreignent l'interdit sont sanctionnées et la loi s'applique, soit c'est interdit et les personnes ne sont pas inquiétées, et alors ça sert à quoi d'avoir des lois ?

La fin du reportage (oui, j'ai réussi à voir les onze minutes manquantes) est édifiante. On y rencontre un jeune homme de 30 ans, dont la mère a divorcé du père il y a vingt ans (l'enfant avait donc 10 ans à ce moment-là) parce qu'elle était homosexuelle. Ce jeune homme se dit « normal » en ce sens qu'il a eu dans son adolescence les mêmes questionnements que les autres enfants de son âge, sur son identité, sa sexualité, etc. La seule chose qu'il ajoute, et qui l'a sans doute blessé durant son adolescence, c'est qu'il a dû faire face au regard des autres et qu'il s'en est sorti en cachant que sa mère était homosexuelle et qu'il vivait avec deux femmes et non pas un homme et une femme. Mais qu'en dehors de ça, ça ne l'empêche pas d'être heureux, d'être épanoui, et d'être hétérosexuel (ouf, l'homosexualité n'est pas héréditaire comme les « méchants anti mariage pour tous » semblent le penser !).
Bon alors là, je me dis qu'il y a plusieurs problèmes quand même. Non pas pour ce jeune homme, visiblement bien dans ses baskets, mais par rapport au discours du reportage. Tout d'abord, les auteurs reconnaissent que les dernières études françaises datent des années 1990. Elles sont donc totalement hors-sujet pour ce qui concerne la situation des enfants vivant aujourd'hui dans les familles homoparentales (pour ceux qui sont issus de PMA et de GPA notamment), dans la mesure où ces techniques, si elles existent depuis Amandine pour la FIV par exemple, ne sont utilisées par de plus en plus de couples homosexuels que depuis quelques années seulement. Les enfants qui étaient interrogés dans ces études des années 1990 étaient donc essentiellement issus de couples hétérosexuels, et vivaient deux événements difficiles : la séparation de leurs parents biologiques d'une part, traumatisme pour tous les enfants qui vivent le divorce, quelles que soient les causes de ce divorce d'ailleurs, et l'homosexualité de l'un de leurs parents, qui ne peut pas aller sans poser de questions à l'enfant (et le jeune homme interrogé à la fin du reportage exprime clairement ces questions d'ailleurs). Donc ces études des années 1990 ne peuvent bien sûr pas être utilisées aujourd'hui, ni par les « pro » ni par les « anti » « mariage » pour tous, parce qu'elles sont biaisées et qu'elles ne correspondent pas à la réalité d'aujourd'hui.
Mais de la même manière, il est impossible de se baser sur le témoignage de ce jeune homme, aujourd'hui adulte de 30 ans, pour dire que les enfants élevés dans les familles homoparentales n'ont aucun risque d'avoir plus de problèmes que les autres (notamment des problèmes psychiques, des souffrances psychologiques, etc.), dans la mesure où ces enfants (en tout cas ceux du reportage) sont très jeunes (moins de 10 ans dans tous les cas, et pour la plupart encore dans la petite enfance). Les seules personnes du reportage qui ont l'air d'avoir conscience du problème (ou en tout cas qui en parlent) sont les grands-parents. Pour tous, « pour l'instant », il n'y a pas de problème lié à l'absence de la mère ou du père. Mais tous se posent la question de savoir ce qu'il en sera dans l'avenir, notamment à l'adolescence.
Mme Roudinesco souligne que les études menées ne servent à rien, si ce n'est à dire ce qu'on sait déjà, à savoir qu'à milieu égal, les enfants élevés dans les familles homoparentales n'ont pas plus de problèmes que ceux élevés dans les familles hétéroparentales. Et ce pour la simple raison que ce sont des familles socialement favorisées (ben oui, vous voyez, vous, deux employés au SMIC aller en Ukraine pour payer une femme 80.000 € pour avoir un bébé ?). Qu'ils vivent donc dans des milieux aisés, qu'ils sont la plupart du temps surprotégés, avec des parents plus intelligents que la moyenne, qui poussent davantage leurs enfants durant leur scolarité... bref, qui vivent mieux que la moyenne. Ce qui interroge quand même : au moment de l'ouverture du mariage pour tous à tous, les personnes homosexuelles issues de milieux défavorisés qui aujourd'hui ne peuvent pas aller en Espagne pour faire un bébé par PMA ou louer le ventre d'une femme en Ukraine se verront octroyer le droit d'avoir des enfants par ces mêmes techniques, en France. Et vraisemblablement gratuitement sur le dos de la sécurité sociale, pour ne pas créer une nouvelle discrimination par l'argent, cette fois entre couples homosexuels. Or Mme Roudinesco dit bien dans ce reportage que ce qui conduit aux problèmes psychiques, aux troubles mentaux et aux névroses... c'est essentiellement la pauvreté.
Alors là, attention. Je ne suis pas en train de dire qu'il faudrait interdire aux homosexuels pauvres d'avoir des enfants ! Sinon, pour être logique, il faudrait aussi interdire aux hétérosexuels pauvres d'avoir des enfants. Je me pose juste une question : si la situation financière des parents homosexuels protège les enfants de troubles, de névroses, etc., n'est-ce pas un peu étrange de dire « on ne peut pas se baser sur ces études parce qu'elles ne disent que des choses qu'on sait déjà, à savoir qu'à milieu comparable, les conséquences sont les mêmes ou à peu près » ? Parce qu'en creux, cela veut dire que, sachant que la pauvreté aggrave la situation (y compris mentale) des enfants qui en souffrent, on va créer volontairement des enfants qui vont cumuler un certain nombre de handicaps : à la situation pécuniaire des parents (pouvant aller jusqu'à la pauvreté) qui n'est pas de leur faute, loin de là, on va ajouter un autre problème qui est la privation délibérée, pour ces enfants, de la présence d'un père ou d'une mère, qui pourrait ajouter encore à la situation mentale difficile des enfants en question. Donc les enfants qui auront la chance de naître dans des couples homosexuels aisés (et qui donc auront aussi ce problème de la privation d'un père ou d'une mère) seront favorisés par rapport aux autres vivant dans les familles pauvres.
Vous allez me dire que c'est pareil pour les familles hétéroparentales. Bien sûr que c'est pareil : les enfants dans les familles pauvres sont forcément pénalisés par rapport aux enfants issus de familles aisées. La différence, c'est que là, on crée par la loi des situations complexes où on ajoute volontairement une difficulté qui est l'absence d'un père ou d'une mère. Certains n'y voient pas de problème majeur pour l'épanouissement d'un enfant. Encore une fois : bien sûr, puisque les parents homosexuels d'aujourd'hui sont plus favorisés socialement que ne le seront, en moyenne, les parents homosexuels de demain, après la promulgation de la loi. Mais n'est-ce pas faire un pari risqué sur l'avenir de ces enfants, alors même qu'on en connaît déjà les conséquences sur les enfants issus de familles hétérosexuelles pauvres ?

Je vais arrêter là, il y aurait d'autres choses à dire, comme la conclusion du reportage, qui se termine sur la constatation de la mère des jumeaux de 3 ans : « Ils [les opposants au mariage pour tous] vont devoir changer, parce que s'ils ne changent pas d'eux-mêmes, ils changeront forcément à cause de nos enfants. Nos enfants ne vivent pas dans des communautés fermées. Demain, nous serons les parents de Paul ou de Pierre qui invitent les leurs à venir jouer à la maison. »
J'ai juste envie de dire : Et alors ? La question n'est pas liée au mariage pour tous ni à un changement « obligé » des uns au bénéfice des autres, mais à une simple question de respect de l'autre. Ce discours de cette femme m'interpelle en ce sens qu'elle semble trouver normal d'obliger les autres (sous-entendu les hétérosexuels) à changer et à accepter l'homosexualité comme une norme. Donc on se trouve là face à un diktat imposé par une minorité à la majorité. Et pour moi, ça s'appelle simplement de l'hétérophobie...

Edit : Je trouve particulièrement malhonnête intellectuellement l'intervention de Mme Roudinesco à propos de la question qui lui a été posée sur la santé mentale des enfants élevés dans les familles homoparentales. La question était, si je me souviens bien : "Les enfants élevés dans ces familles sont-ils plus sujets que les autres aux névroses ?"
Sa réponse a été en substance que les études menées sur les enfants élevés dans les familles homoparentales ne sont pas probantes parce qu'elles aboutissent à quelque chose que l'on sait déjà : à savoir que ce qui pose problème, c'est plus la pauvreté que l'orientation sexuelle des parents. Et de faire tout un laïus sur les enfants eux-mêmes, histoire de bien noyer le poisson et de ne surtout pas répondre à la question. Parce que même si ce qu'elle dit est vrai (à savoir que les familles homoparentales sont plutôt aisées dans l'ensemble), il n'en demeure pas moins vrai qu'il existe aussi des familles hétéroparentales aisées. Donc une comparaison entre les deux types de familles est possible et a sans doute été faite. Mais on n'aura pas la réponse à la question de la bouche de Mme Roudinesco. Peut-être que la comparaison n'est pas à son goût ? Peut-être qu'elle montre qu'en moyenne, les enfants élevés dans les familles homo ont plus de difficultés que les autres ?
Allons Amélie ! Ne sois pas mauvaise langue ! Elle a peut-être simplement oublié de répondre ?
Ou bien peut-être aussi que les journalistes n'ont pas fait leur travail comme il fallait et qu'ils n'ont pas posé la question de savoir si, au sein des familles aisées, les enfants élevés par des parents homosexuels sont plus névrosés que les autres ? (Rhôô ! Amélie, tu es incorrigible ! Te voilà en train de suggérer que des gens pourraient ne pas faire leur travail correctement ? C'est pas bien !!!).
Donc nous n'en saurons pas plus...

Y'a des jours, comme ça...

...où je me donnerais bien des baffes.
Aujourd'hui, ou plutôt hier, vue l'heure à laquelle j'écris, je me suis bien pris la tête sur Facebook avec quelques-uns de mes contacts au sujet d'un article trouvé sur le web, relatant une adoption calamiteuse par un couple homosexuel.
Pour ma part, je m'étais attachée non pas à la situation elle-même (viols sur mineurs par ascendants à répétition et pendant des années) mais à l'absence de réaction des services sociaux à cause de l'homosexualité des adultes incriminés. Avec la question derrière : "un enfant est-il protégé en cas de crime ou de délit commis par un ou des homosexuels ou bien la peur d'être traité d'homophobe est-elle tellement grande qu'elle empêche tout signalement par les services sociaux ?"

Je ne comprenais pas bien l'acharnement de mes contacts à ne pas comprendre mon propos. Par trois fois, j'ai du réexpliquer ce que je voulais faire passer comme message (à savoir le risque de délit d'hétérosexisme, comme au Canada), et à chaque fois, les arguments en face me renvoyaient à un possible amalgame que j'étais supposée avoir fait entre la question du mariage homosexuel et celle des abus sexuels pour mineurs.

Jusqu'à ce que je prenne un peu le temps de me replonger non pas sur l'article à la base de mon commentaire et de la discussion, mais sur l'auteur de l'article en question. Et que je fasse quelques recherches. L'auteur se présentait comme catholique, défendant la vie. Comme moi, quoi. Sauf qu'en creusant un peu (merci Wikipédia...), j'ai appris que les publications pour lesquelles travaille cette femme sont quelque peu traditionnalistes, quelque peu proches du FN... et qu'elle est vice-présidente d'une association réputée proche du FN également. D'où le côté sulfureux de son article que je n'avais même pas vu parce que je me suis focalisée sur la simple question suivante : "Les services sociaux auraient-ils réagi plus vite si les adultes incriminés avaient été hétérosexuels ?"

Alors sur le fond, ça ne change rien : je reste persuadée que cette loi sur le "mariage pour tous" ne va pas régler les problèmes de discrimination, d'inégalités entre hommes et femmes ou d'homophobie, de manque d'enfants adoptables, etc. Je reste persuadée aussi que ce n'est pas une question d'égalité des droits, comme on veut nous le faire croire, et que cette loi est mauvaise pour la société. Cependant, sans même m'en rendre compte, finalement, je constate que je me suis laissé entraîner dans un discours tendancieux, outrancier, sans vérifier plus avant les tenants et les aboutissants. Mea culpa, donc, parce que je comprends maintenant pourquoi mes interlocuteurs ont pu être choqués par le lien que je proposais et par le fait que je semblais le défendre...
Je me rassure en me disant que j'étais de bonne foi et que je ne faisais que défendre mon point de vue, qui n'était somme toute que partiellement illustré par cet article. Cependant, je me dis aussi que contrairement à ce que j'ai affirmé ce matin, le fait de rendre visible cet article fait de moi une caution à son propos, alors même que j'affirmais ne pas être responsable de ce qui y est écrit. Et c'est bien là le problème : 
L'article a été écrit par quelqu'un qui, dans le titre au moins, fais sciemment l'amalgame entre "adoption par des homosexuels" et "abus sexuels". En mettant le lien sur Facebook, je n'ai rien fait d'autre que cautionner cet amalgame, ce que je regrette vraiment, parce que telle n'était pas du tout mon intention. Je ne souhaite pas revenir là-dessus sur Facebook, je pense que j'ai déjà fait assez de dégâts comme ça, d'où mon billet de ce soir pour tenter de rattraper l'erreur ici. En tout cas, j'espère à l'avenir retenir la leçon : toujours vérifier, et encore vérifier ses sources... (et là, j'enrage vraiment parce que théoriquement, c'est quand même un peu mon boulot. On dirait bien que je me suis fait avoir comme une bleue, là...).

mercredi 3 avril 2013

Théorie du genre... encore !

Un petit article, puisque je ne vais pas faire de longs discours sur le sujet, ça a déjà été le cas récemment. Simplement pour tordre le cou à une idée qui a été lancée sur mon profil FB, à savoir que La théorie du genre vise simplement à enseigner aux enfants qu'une femme peut se comporter en homme et qu'un homme peut se comporter en femme sans que ça soit choquant (autrement dit, les questions de sexe sont socialement construites et reproduites et il faut absolument en sortir). Soit.

Je vous invite toutefois à consulter ce lien, qui dit noir sur blanc une ineptie. Et c'est ce mensonge qu'on veut apprendre à nos enfants, dès six ans, à l'école... Moi, ça me laisse rêveuse... Ah oui, il y a une pétition en ligne aussi, pour ceux qui sont aussi choqués que moi par cette histoire. Au cas où...

Pour être plus claire, et parce que je n'y résiste pas, voici l'extrait de l'article en question :

L’objectif pour cette parlementaire socialiste est, grâce à ce nouvel enseignement, de déconstruire les stéréotypes sexués « afin de substituer à des catégories comme le sexe ou les différences sexuelles, qui renvoient pour le coup à la biologie, le concept de genre qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites. » Sic !
Édifiant, non ?
Donc si je lis bien, c'est exactement ce que je disais sur FB : on nie carrément ici le fait qu'un homme est un homme parce que biologiquement, il est né comme ça. On dit clairement que s'il est un homme, c'est parce que la société l'a fait homme et non pas femme. Je vais accoucher bientôt (dans deux mois). Je me demande qui, de la sage-femme, du médecin ou bien encore de mon mari, lequel ou laquelle va décider si mon bébé est un garçon ou une fille et sur quel critère, tiens. Je serais bien curieuse de le savoir, moi !

Avortement : Préserver la vie. Mais laquelle ?

La question de l'avortement revient régulièrement sur le tapis, et cette fois-ci, c'est par rapport à une affaire en Irlande, au sujet d'une femme morte par suite d'erreurs médicales pendant sa grossesse.
En gros, si j'ai bien compris, elle s'est présentée à l'hôpital avec un début de fausse couche et une infection, et les médecins ont privilégié le bien-être de l'enfant plutôt que la santé de la mère, au motif qu'en Irlande, pays Catholique, on ne pratique pas d'avortement. Ce n'est que quand les signes vitaux du bébé ont montré qu'il était mort que la mère a été transférée dans le service médical adéquat, qui n'a rien pu faire pour la sauver : il était trop tard, elle avait fait une septicémie et rien n'aurait pu la sauver à ce stade.
Le résultat, c'est que le mari et son avocat veulent se servir de ce drame pour promouvoir la légalisation de l'avortement en Irlande, où il est toujours interdit.

Soit. Je comprends le papa : pour sauver un enfant non viable à ce stade la grossesse, les médecins ont laissé mourir sa femme, ce qui ne pouvait qu'entraîner la mort de l'enfant...

Maintenant, il y a quand même des choses qui semblent n'avoir pas été prises en compte. Lorsqu'une question de santé grave se pose pendant une grossesse, la raison veut que l'on préserve la santé de la mère... puisque c'est elle qui est déjà en vie. Je m'explique. Le bébé, selon la doctrine chrétienne et catholique en particulier, est vivant depuis sa conception. Soit. Mais il a besoin du corps de sa mère pour se développer, pour grandir et devenir viable à l'extérieur.
J'en ai discuté avec notre vicaire, spécialiste en droit canon (il est juge au tribunal ecclésiastique de Strasbourg). Il m'a bien précisé que dans tous les cas, y compris dans le cadre de la contraception, si une grossesse fait courir un risque à la femme, alors il faut préserver la vie, même et surtout s'il s'agit de la vie de la mère avant celle d'un hypothétique enfant à venir (dans le cadre de la contraception) ou avant celle du fœtus dans le cadre d'une grossesse à risque.
Ce qui veut dire que dans tous les cas, le fœtus ne doit être sauvé que si la santé de la mère n'est pas mise en danger du fait de la grossesse. En gros, ce qui prime, c'est la santé de la mère sur celle du bébé. Parce que la mort du bébé, c'est un drame, certes, et qui a des répercussions sur les parents bien sûr, et sur les éventuels frères et sœurs, grands-parents... Mais si, pour sauver le bébé, on doit sacrifier la mère (au risque de perdre aussi le bébé s'il n'est pas viable à ce stade de la grossesse), qu'a-t-on gagné ? Une famille ravagée, la mort d'un être qui a déjà sa place dans la société, qui a éventuellement d'autres enfants, des parents, un mari (ou compagnon, peu importe), des personnes qui l'aiment et qui vivent auprès d'elle. Et de toute façon, la mort du bébé s'il n'est pas viable. On perd donc les deux, alors que la mère aurait pu être sauvée... De deux maux, il faut donc choisir le moindre si l'un des deux (la mère ou le fœtus) est forcément condamné... en privilégiant la mère bien sûr.

Je ne suis pas favorable a priori à l'avortement, vous vous en doutez. Cependant, si on a le choix entre la mort de l'un et la mort de l'autre, si l'avortement permet de sauver la vie de la mère, alors à mon avis, il n'y a pas à hésiter, sauf à se comporter inutilement en martyr... ce qui est à mon sens un peu stupide... Je n'ai bien sûr pas à juger les choix des médecins dans cette histoire, mais tout cela donne à réfléchir quant à la complexité de la question. Et montre bien que même l’Église n'a pas une position aussi tranchée que l'on veut bien nous le faire croire : elle se base sur une règle générale (préserver la vie), avec des cas particuliers dont il convient de débattre et qui, en tout cas, ne doivent pas aboutir à la mort d'une personne, mort qui aurait pu être évitée si d'autres décisions avaient été prises. Tout est donc question de discernement : il n'est pas bon d'appliquer bêtement la doctrine en disant "pas d'avortement, nous sommes catholiques" si le bébé ne peut de toute façon pas vivre et si l'avortement permet de sauver la vie de la mère... Cela relève pour le coup de l'absurdité et de l'aveuglement au nom d'une doctrine mal comprise. Et c'est dommage, parce qu'une fois de plus, dans cette histoire, c'est aussi l'image de l’Église qui est écornée, alors que bon sang, elle n'en a vraiment pas besoin !

mardi 2 avril 2013

Enfants "neutres"

Nouvelle question... en lien avec la précédente toutefois.
Ce matin, j'ai fait quelques recherches sur "Pop", cet(te) enfant suédois(e) élevé(e) dans l'ignorance de son sexe biologique pour des raisons idéologiques (féministes en réalité), en lien avec la théorie du genre actuellement promue (notamment au lycée et par la suite dès l'école primaire).

J'ai trouvé un article (plusieurs, mais bon, je vais vous épargner les autres, ils disent à peu près la même chose avec des mots différents...), qui mentionne, ce que j'avais déjà vu auparavant, que le cas de Pop n'est pas isolé, et qu'il existe d'autres enfants de par le monde, notamment au Canada, qui sont élevés globalement de la même manière (attention, le second article est en anglais pour plus de facilité).
Alors tout cela m'a donné à réfléchir, parce que ces expériences sont loin, très loin de ce que j'ai lu sur Facebook. Un de mes amis facebookiens, suite à un article sur l'éducation sexuelle à l'école, me soutient qu'il s'agit là uniquement, avec la théorie du genre introduite à l'école primaire et applicable dès la maternelle, d'éduquer les enfants loin des stéréotypes liés au genre, sur le mode de "ce n'est pas parce qu'elle a une paire de seins qu'elle est moins douée qu'un homme dans tel ou tel domaine".
Certes. Heureusement.
Mais ça, ce n'est pas de l'éducation sexuelle. Ce n'est pas non plus la théorie du genre. C'est juste de l'éducation au respect du à n'importe qui en face de soi. C'est juste dire à l'enfant : "Eh, Coco, tu  n'as pas à juger l'autre sur son apparence, sur le fait que c'est une femme ou un homme, tu lui dois simplement le respect parce que c'est un être humain comme toi, ni mieux, ni moins bien."
Je ne vois pas où est le problème de "genre" là-dedans.

Alors mon interlocuteur me dit que "la théorie du genre, sauf dans le cas des théoriciens les plus extrêmes, c'est pas de supprimer le fait d'être un homme ou une femme pour créer un être "neutre", c'est d'abord et avant tout le fait de dire que "naitre homme ou femme" doit être différent de "se comporter sa vie durant en homme ou femme". Qu'une femme (née donc avec deux chromosomes X) peut se comporter dans sa vie de toute les jours comme un homme (par ses vêtements, sa sexualité, son travail, ses relations... bref, de la manière dont la société juge un homme) sans que cela ne pose problème. Qu'il y a donc une différence entre naitre femme (totalement biologique, on pourra jamais rien faire contre ça), et se comporter, agir, et se sentir femme (qui ne vient que plus tard dans la vie, quand on a conscience de soit, des autres, des différences...)."

Alors là, j'ai quand même un tout petit problème avec ce qu'il avance. L'application de cette théorie dans les crèches en Suède et pour Pop ou les autres (Sasha en Angleterre, Storm au Canada) induit l'introduction de la neutralité (d'ailleurs, il pronom "hen" a été récemment introduit dans la langue suédoise pour permettre de parler d'une personne sans mentionner son sexe, ce qui tend à montrer que si, justement, la théorie du genre induit l'introduction d'un genre "neutre" dans l'humanité). Si les pronoms "it" et "das" (neutres dans les deux cas) existent bien en Anglais et en Allemand, ils servent à désigner des objets, il me semble, pas des êtres humains (sauf, je crois, quand il est question du bébé en général).  Pas des enfants, des adultes. Que je sache, dès la naissance, l'enfant est pourvu d'un sexe, d'un appareil génital masculin ou féminin, mais pas neutre ! D'ailleurs, c'est inscrit dans les gênes, les chromosomes sont sexués également (XX pour une fille et XY pour un garçon, je n'apprends là encore rien à personne je suppose). Donc puisque cette différence sexuelle est marquée dans les gênes, mais aussi physiquement, quel est donc le problème ? Pourquoi vouloir nier cette différence alors même qu'on n'y peut rien ?
Les articles que j'ai lus mentionnent le fait que les enfants concernés sont stables, confiants. Le petit Sasha, 5 ans lorsqu'il a appris qu'il était un garçon, a même dit : "Les filles et les garçons ? C'est pareil." Fort bien. 
Heureusement ?
Justement non, une fille et un garçon, ce n'est pas "pareil". Il y a quand même des différences fondamentales entre les deux, non ? Ou alors, j'ai vraiment un problème de vue ou de compréhension et je suis bonne pour l'HP...
Certes, entre une fille et un garçon, il n'y en a pas un qui soit "mieux" que l'autre. Ni inférieur. Ni dominant. Sinon, on tombe dans le sexisme, le machisme, le non-respect de l'autre.
Mais quand même. Si une femme a des seins, c'est bien pour pouvoir nourrir l'enfant qu'elle mettra au monde un jour (ou pas, mais là, il s'agit d'une question de choix la plupart du temps), ce que ne pourra jamais faire son mari. Si un homme a plus de muscles qu'une femme, c'est parce que c'était auparavant à l'homme de se battre pour faire manger sa famille (on parle là de la préhistoire et de l'évolution de l'homme et de la femme, que semblent avoir oubliée les défenseurs de la théorie du genre, mais on n'est plus à une aberration près). Et il valait mieux que ce soit les hommes qui aient à chasser plutôt que les femmes : vous imaginez une femme enceinte face à un animal qu'elle doit ramener pour le dîner de son "mari" ? À votre avis, qui a le plus de chances de survie, entre la femme enceinte de 6 ou 7 mois et le fauve ? C'en serait terminé pour l'humanité depuis belle lurette si l'humanité n'avait pas été séparée en deux sexes différents avec des rôles différents !

Donc pour moi, toute cette histoire de genre est une belle fumisterie. C'est même carrément du n'importe quoi, et ça au nom d'une pseudo-égalité que l'on veut promouvoir entre les hommes et les femmes. Et puis quoi ? Devenir "neutre" va régler la question des inégalités salariales entre hommes et femmes au sein des entreprises ? Vous y croyez, vous, à cette fiction qu'on nous sert ? Si déjà toutes les femmes qui le souhaitent pouvaient avoir un travail, on pourrait avoir des bases plus saines pour discuter...

Autre question, non moins importante : En quoi est-ce un problème si les garçons veulent jouer avec des petites voitures et si les filles préfèrent colorier les fées en rose bonbon ? Et si, à eux et à elles, ça leur plaît comme ça, les petites voitures et les fées roses ? N'est-ce pas leur faire violence que de leur imposer des jeux "indifférenciés" sexuellement ? Qu'est-ce qu'ils en ont à faire, franchement, à 5 ans, de ces débats absurdes sur le genre ?
Seulement, je me pose quand même des questions sur l'avenir.
Si on dit que les femmes biologiques peuvent se comporter comme des "hommes sociaux" (vêtements, sexualité...), alors tout devient du n'importe quoi. Donc la femme va se comporter comme un homme. Elle va avoir des relations sexuelles, par exemple, avec des femmes. Elle va donc être lesbienne. Soit. Donc là, on la fait rentrer dans une "case" : "tu es lesbienne". Mais du coup, c'est aller contre sa volonté de se comporter comme un homme, puisque par définition, une lesbienne est une femme qui couche avec une autre femme. Donc elle n'est pas lesbienne, mais hétérosexuelle, puisque c'est en tant qu'"homme social" qu'elle couche avec une femme. Soit. Elle est hétérosexuelle. Ah oui, mais non. Parce qu'une hétérosexuelle, c'est une femme qui couche avec un homme. Donc elle est homosexuelle, cette femme, puisqu'elle ne couche pas avec un homme, mais avec une femme. Ben non, puisqu'elle se comporte comme un homme et qu'elle se revendique comme tel ! Elle est donc bi-sexuelle ? Non plus, puisqu'elle n'a qu'une partenaire, qui plus est stable, régulière et tout et tout. Trans ? Encore raté, puisqu'elle n'a pas changé de sexe, a priori du moins !

Devant ce sac de noeuds, il faut donc en conclure qu'il n'y a plus ni lesbiennes, ni gays, ni bi, ni trans, ni hétérosexuels, il n'y a plus que des êtres humains qui font ce qu'ils veulent avec leur corps. Je ne vois donc pas bien où est le problème de "genre" dans l'histoire... En revanche, ce que ça m'inspire, c'est que c'est du pur déni des homosexuels, pour le coup, puisqu'ils n'existent plus ! Ce serait pas un peu "homophobe", alors, la théorie du genre ? À une heure où on accuse d'homophobie des gens qui disent simplement qu'ils sont opposés à l'idée de "droit à l'enfant", c'est quand même assez cocasse de voir que c'est une théorie "féministe" qui aboutit à la négation de l'homosexualité ! Si, c'est la guerre des minorités sexuelles, là !

Ah oui, et puis il n'est pas loin le moment où on viendra nous dire, dans la droite ligne du relativisme ambiant, du "tout se vaut" : "Finalement, l'homosexualité, la bisexualité, la transsexualité... ce ne sont que des orientations sexuelles différentes de l'hétérosexualité, au même titre que la pédophilie, qui est simplement l'attirance sexuelle d'un adulte pour les enfants. Pourquoi alors la pédophilie devrait-elle être condamnée ?" (je précise quand même qu'être incestueux, c'est juste être pédophile envers ses propres enfants, hein... même s'il peut y avoir une interprétation plus restrictive, comme ici.)

Petite digression à propos de l'inceste : les Suisses, en janvier, ont débattu des relations sexuelles entre adultes d'une même famille (parents et enfants, ou enfants adultes entre eux). On n'est pas dans la fiction, là ! On est juste dans le monde d'aujourd'hui. Alors entre le "mariage" pour tous et la théorie du Genre, je ne vois pas pourquoi on me dit que je m'inquiète pour "rien" !!!

En attendant, tout ça, ça m'a donné quelque peu la migraine. Je reviendrai donc ici pour poursuivre la réflexion, si tant est qu'on puisse encore réfléchir à quelque chose à partir du moment où le postulat de départ est assurément une supercherie : 
Non, une femme n'est pas un homme, un homme n'est pas une femme, même s'il le décide ou qu'il se sent mal dans sa peau d'homme. Un homme est un homme parce qu'il a un sexe d'homme, une femme est une femme parce qu'elle a un sexe de femme.

Ouf, là, subitement, je me sens mieux. 

samedi 30 mars 2013

Dyscalculie

Je m'intéresse à la question de la dyscalculie et des troubles de l'apprentissage depuis que ma fille aînée a été diagnostiquée dyscalculique en début de CE1. En réalité, je soupçonnais la chose depuis le milieu du CP, mais les réponses de sa maîtresse ayant été totalement ahurissantes, je me suis dit que ce n'était pas auprès d'elle que nous aurions des conseils et qu'il valait peut-être mieux attendre d'avoir un interlocuteur un peu plus à même de l'aider.
Pour être complète, voici la discussion surréaliste que j'ai eue avec l'instit de CP concernant les réponses de ma fille en mathématiques :

Moi : "Je ne comprends pas, quand je lui demande combien font 5 + 8, elle me répond 58. Et si je lui dit que c'est faux, elle me dit que ça fait 85. Quand je lui dis que c'est toujours inexact, alors elle répond un peu n'importe quoi, au petit bonheur : 26, 42, 67... Vous savez pourquoi ?"
Elle : "Eh bien c'est simple, elle est nulle en maths ! Mais vous savez, ce n'est pas grave : il n'y a pas besoin des maths pour passer au CE1 !"
J'ai été très surprise par la réponse et ce qu'elle induisait. Donc parce qu'il n'y a pas besoin des maths pour entrer au CE1, l'institutrice s'en fiche royalement de savoir que ses élèves sont nuls dans cette discipline ? Mais si vraiment on n'a pas besoin des maths, alors pourquoi les enseigner dès le CP ? Ne serait-ce pas plus efficace alors de ne les enseigner qu'à partir du CE1, histoire de mettre le paquet sur la lecture et l'écriture en CP (ce qui est une option qui pourrait se défendre, somme toute). Ou bien encore, puisque les maths sont malgré tout enseignées dès le CP, le fait d'avoir en face de soi un enfant "nul" en maths ne doit-il pas au moins forcer une interrogation de la part de l'instit, soit sur la méthode employée pour l'enseignement de cette discipline, soit sur les capacités de l'enfant ? Peut-on réellement dire d'un enfant qu'il est "nul en maths" et le cataloguer comme tel, de manière plus ou moins définitive, sans rien mettre en oeuvre donc pour le sortir de sa "nullité" ? Sans rien faire pour lui donner une chance d'être "moins nul" ?

Visiblement face à une fin de non recevoir, j'ai préféré attendre le CE1 pour refaire le point avec la maîtresse (une autre !) et mettre en place une stratégie pour aider ma fille à sortir de cette étiquette "nulle en maths" qu'on lui avait collée sur le front dès le CP. Sur les conseils de la maîtresse, je suis donc allée voir le médecin qui a prescrit un bilan chez l'orthophoniste et dix séances pour commencer, au cas où ces séances seraient nécessaires. Bien lui en a pris : au mois de novembre, le "verdict" est tombé : dyscalculie.
Au passage, je dirais que quand même, le fait d'avoir un diagnostic, ça m'a un peu soulagée : si il y a un diagnostic, c'est que le problème est identifiable, connu, et que donc on peut peut-être y faire quelque chose, ce qui n'est pas le cas si l'enfant s'avère "nul en maths" sans autre explication. Donc dans la foulée, nous avons pris les premiers rendez-vous avec l'orthophoniste et commencé les séances de rééducation.
Ces séances se sont poursuivies pendant tout le CE1, le CE2 et le CM1, avec de nets progrès cette dernière année, au point que Noémi arrivant à saturation, l'orthophoniste a préféré faire un arrêt à la fin de l'année pour ne pas la dégoûter des maths (ce qui pourrait arriver si on s'acharnait alors qu'elle ne veut plus continuer à ce moment-là).

Cette année, Noémi est en CM2 et n'a toujours pas repris les séances d'orthophonie. Pour une simple raison : l'orthophoniste n'a plus aucun créneau horaire disponible dans la semaine. Il faut donc attendre la fin de l'année scolaire pour éventuellement obtenir un autre rendez-vous et poursuivre le suivi si nécessaire.

Soit. Mais en ce qui concerne les apprentissages scolaires et les maths en particulier, si ça allait mieux à la fin du CM1 et au début du CM2 (jusqu'à Noël environ), il n'en est plus de même en ces premiers mois de l'année 2013. Il m'a donc semblé inévitable de reprendre le taureau par les cornes et de faire quelque chose pour l'aider, même si ce quelque chose n'est qu'un palliatif en attendant la reprise de l'orthophonie qui semble donner de bons résultats.
Je me suis donc renseignée un peu plus avant sur la dyscalculie. Tout d'abord, la dyscalculie, c'est, comme son nom l'indique, un trouble des apprentissages surtout liés aux mathématiques. Logique, me direz-vous. Mais c'est en réalité un peu plus complexe que cela, puisque le trouble lui-même semble lié plus au passage du concret à l'abstrait qu'aux mathématiques elles-mêmes. Alors il se trouve que la conséquence directe, c'est que l'enfant a des difficultés en mathématiques, mais ce n'est pas la seule matière où les choses sont difficiles, loin de là. Par exemple, lorsque, dans un texte, l'enfant dyscalculique rencontre des phrases complexes, avec par exemple des compléments circonstanciels un peu partout et des propositions relatives, la phrase en question peut vite devenir du Chinois. C'est ce que j'avais observé dès le CE1, quand Noémi ne comprenait pas bien des consignes complexes (comme par exemple : "Avant d'aller te mettre en pyjama, n'oublie pas de te laver les dents", où l'ordre des actions est inversé, contrairement à "Tu vas d'abord te laver les dents, et ensuite tu iras te mettre en pyjama"). J'en avais parlé à la maîtresse qui m'avait dit que Noémi comprenait parfaitement tout ce qu'elle lisait, qu'il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter à ce sujet. Sauf qu'en CE2, elle a retrouvé la même classe, dont Noémi bien sûr, et s'est alors rendu compte qu'effectivement, les textes étant plus complexes, Noémi peinait de plus en plus à les comprendre. Cela s'est bien sûr confirmé en CM1 et maintenant en CM2.

Alors face au vide laissé par l'orthophonie, j'ai eu un peu plus de temps pour me renseigner. Ma petite soeur, médecin à Brest, a assisté à une conférence (ou à une formation, je ne sais pas bien) relative à ces problèmes justement. Il apparaît, selon ce qu'elle m'en a dit, que les "dys" seraient liés à une mauvaise connexion entre le cerveau gauche et le cerveau droit. Sûrement.
Par ailleurs, en interrogeant une psychologue de ma connaissance, j'ai appris qu'il y avait diverses origines aux "dys", dont deux en particulier : l'une génétique et l'autre psychologique. En clair, cela signifie par exemple qu'il pourrait y avoir plus de risque d'un "dys" chez un enfant de "dys", d'une part, et qu'un trouble psychologique lié à un traumatisme affectif par exemple pourrait déclencher les choses ou les aggraver selon les cas. Sans doute aussi.
Et puis, nous sommes tombés un peu par hasard sur une autre possibilité, Noémi présentant une déminéralisation dentaire prononcée depuis la pousse de ses dents définitives. A priori, cela n'a strictement rien à voir, mais c'est sans compter notre dentiste, papa d'un enfant d'un an de plus que Noémi, présentant la même maladie dentaire qu'elle. Lors de la première consultation avec Noémi alors qu'elle était en CE1, il m'a posé des questions assez éloignées a priori des problèmes qui l'occupent, à savoir la santé des dents de ses patients :
- Est-ce qu'elle a eu de la cortisone quand elle était bébé, en tout cas avant deux ans ?
- Est-ce qu'elle présente des troubles de l'apprentissage type dyslexie, dyscalculie ou autre ?
À ma réponse positive (et fort étonnée) aux deux questions, il m'a expliqué la chose suivante :
Sur 4000 patients, il en a 4 qui présentent une déminéralisation dentaire. Tous sont d'âge scolaire (entre 6 et 11 ans), tous les quatre présentent des troubles de l'apprentissage, et tous se sont vu administrer de la cortisone à haute dose au cours de leurs deux premières années. Dans le cas de Noémi, il s'agissait d'un violent eczéma soigné par cortisone entre 3 et 6 mois. Devant la recrudescence de l'eczéma à l'arrêt du traitement, et ce malgré le scrupuleux respect de la posologie et de la diminution progressive des doses, nous avions à l'époque pris la décision d'utiliser l'homéopathie, même si cela induisait un traitement plus long et visiblement moins efficace à court terme. Il s'est finalement avéré bien plus efficient que la cortisone, puisqu'en six mois, l'eczéma avait totalement disparu et n'est plus revenu, du moins plus sous la forme que nous avions connue.
Restait à comprendre comment la cortisone et la déminéralisation dentaire pouvaient être en lien avec la dyscalculie. C'est encore une fois la psychologue qui m'a éclairée : il apparaît maintenant que la cortisone, administrée à un enfant entre 0 et 18 mois, peut modifier sensiblement l'ADN du bébé. On retrouve donc là la "piste" génétique, mais sans aucun rapport cette fois-ci avec un parent dys...

Seulement, avoir une idée de l'origine du trouble, c'est bien, mais ça n'aide pas du tout à le régler, d'autant plus qu'il est impossible de revenir en arrière (j'aimerais bien pouvoir remonter le temps et ne pas administrer de cortisone à mon bébé, mais cela est pour l'instant impossible. Pourtant, ça aurait été un bon moyen de vérifier la validité de la théorie "cortisone" dans l'apparition de la dyscalculie...). Il a donc fallu commencer à chercher des solutions, et c'est mon père qui m'en a fourni au moins le début, en assistant lui aussi à une conférence qui semble avoir totalement changé sa perception des choses.
Cette conférence faisait intervenir Elisabeth Nyuts qui a travaillé pendant trente ans auprès de personnes comme Noémi, souffrant de diverses "dys". Il semble qu'elle ait réussi à aider plus de 1000 patients, en faisant régulièrement des allers-retours entre la théorie et la pratique. Au final, il semble que les personnes (adultes ou enfants) atteints de ces troubles aient besoin plus que les autres de parler pour comprendre ce qu'ils lisent, calculent, font... C'est bien sûr un grossier résumé, alors n'hésitez pas, pour en savoir plus sur les observations d'Elisabeth Nyuts, à aller voir son site.
Alors bien sûr, ce n'est pas "magique". Il ne suffit pas de faire parler l'enfant, encore faut-il déconstruire d'abord ce qu'il a appris de travers et ensuite lui faire réapprendre ce qu'il n'a pas compris. Cela nécessite du temps, des efforts, et une pédagogie particulière. Ce qu'explique Mme Nyuts est en particulier basé sur le type de personne à qui on a affaire : est-ce un visuel, un auditif ou un kinesthésique ? En gros, est-ce qu'il mémorise par la vue, par l'ouie ou par le toucher allié à la vue et à l'ouie ? Elle a observé que les premiers, les visuels, ne représentent qu'environ 5% de la la population occidentale, les auditifs représentant 25% et les kinesthésiques une grosse majorité de la population. Or les enseignements scolaires, dès le CP, sont basés essentiellement sur la vue, en particulier la lecture. Les enfants sont très vite amenés à lire en silence, rapidement. Or cette méthode, si elle convient très bien sans doute aux visuels, n'est pas du tout adaptée aux autres... c'est-à-dire 95% des enfants. Sauf que les kinesthésiques peuvent aussi mémoriser grâce à la vue, même si ce n'est pas leur moyen de prédilection, faisant ainsi illusion. On arrive donc à 5% d'enfants pour lesquels cette méthode est très efficace, et 25% pour lesquels elle semble totalement inefficace, les auditifs n'ayant pour le coup aucune mémoire visuelle. La solution trouvée par Elisabeth Nyuts consiste à associer à la vue la parole. En gros, l'enfant doit lire tout haut (ou chuchoter en classe) pour mieux comprendre ce qu'il lit. Cela s'applique bien sûr pour les dyslexiques, pour lesquels cette technique a l'air d'améliorer considérablement leur compréhension des textes, mais aussi pour les dyscalculiques, pour qui les énoncés des problèmes ou les consignes de mathématiques sont très obscures et empêchent donc toute résolution de problème. 

Donc nous voilà repartis pour de nouveaux essais et, j'espère, quelques solutions. En tout cas, contrairement à ce que je pensais, la dyscalculie (et les autres "dys" avec) ne sont pas des handicaps ou des troubles mentaux, rendant impossible ou extrêmement difficiles les apprentissages, et ce de façon définitive. Ce sont en réalité des dysfonctionnements qui peuvent être résolus avec le temps et une bonne prise en charge. Ce qui laisse l'espoir aussi d'une vie plus "normale", moins décalée, et surtout d'apprentissages réussis, si tant est qu'on s'adresse à l'enfant dans une "langue" qu'il peut comprendre et qu'on lui laisse la possibilité de verbaliser. 
Le problème majeur est là, en réalité. Dans une classe de 25 élèves comme celle de Noémi, il semble en effet difficile de permettre aux enfants de lire à voix haute. Outre le bruit incessant, il y a fort à parier que ce serait difficilement supportable pour l'instituteur ou l'institutrice et que cela pourrait empêcher certains enfants de se concentrer s'ils ont besoin de silence pour le faire. Il n'empêche que si la solution est vraiment dans la parole, il serait peut-être bon de repenser les enseignements à l'école, notamment primaire, et leur organisation, histoire de permettre aux enfants d'apprendre dans de meilleures conditions et surtout de réussir dans leurs apprentissages.
Enfin, il faudrait aussi que les enseignants soient mieux formés à ces troubles des apprentissages, de manière à éviter les discours insupportables du type de celui que j'ai rencontré quand ma fille était en CP. Outre le fait que cela catégorise immédiatement l'enfant et son trouble, cette réaction donne aussi un alibi à l'enseignant qui ne veut pas se remettre en question pour laisser l'enfant dans cet état sans lui donner une seule chance de progresser, puisque cela sous-entend que "cela ne sert à rien : de toute façon, il (elle) est nul(le)". Et puis, c'est difficile pour un enfant, pour un parent, d'entendre un tel jugement, une telle condamnation...

Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines, mais au moins avons-nous l'espoir que les choses peuvent changer...