Blog d'humeurs,
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On pourrait le qualifier de "fourre-tout",
je préfère le penser... à mon image :
complexe, éclectique, et forcément fait d'un peu de tout.

vendredi 7 février 2014

Le gender


La modernité s'est donné pour but de désinscrire l'individu, le plus possible, de ses groupes d'appartenance et de ses caractéristiques identitaires, afin de le rendre libre de tout. Nos caractéristiques nous déterminent: elles nous marquent, nous affilient à un groupe, d'où l'on tire l'idée qu'elles nous aliènent et nous exposent aux jugements. Celui qui n'est rien, qui n'a pas de caractéristique, peut croire que tout lui est possible et qu'il est à l'abri des regards discriminants. Désinscrire permettrait donc d'échapper aux tentations et tentatives de la discrimination. Le gender met en œuvre la dernière désinscription possible, celle du sexe. Ici, on touche le socle. La différence sexuelle est la plus naturelle, la seule différence véritablement biologique.

 Extrait de Le "gender" ou l'individu transparent, de Chantal Delsol, paru dans le Figaro du 3 juillet 2013.

Vu sur le site du Comité de la jupe :

La vraie question n’est donc pas ce que l’on pense de la notion de genre, mais ce que l’on pense de l’égalité homme/femme. Et, de fait, la lutte pour les droits des femmes remet en cause la conception traditionnelle, patriarcale, inégalitaire, des rôles attribués aux hommes et aux femmes au sein de l’humanité. Dans les sociétés en développement en particulier, la situation des femmes est encore tragiquement inégalitaire. L’accès des femmes à l’éducation, à la santé, à l’autonomie, à la maîtrise de leur fécondité se heurte à des résistances puissantes des sociétés traditionnelles. Pire encore : c’est le simple droit des femmes à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique qui est dans certains lieux constamment menacé. On ne peut pas, comme le fait le pape dans ses interventions à ce sujet, prétendre que l’on salue comme un authentique progrès l’accès des femmes à l’égalité des droits, et continuer néanmoins de défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes. Il y a là une contorsion intellectuelle insoutenable.
Anne-Marie de la Haye et l’ensemble du bureau du Comité de la Jupe  27 janvier 2013

Bon. Soit. Je n'ai rien compris depuis un an, alors. Seulement, le problème, c'est que je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qui est affirmé dans l'article de Mme De la Haye, loin s'en faut. Mais c'est vrai que, pour ma part, je ne suis qu'une maman, qu'une femme, qu'une catholique, donc forcément influencée par les hommes, sous la coupe de mon patriarche de mari et du pape, tant qu'on y est...
Bon, alors reprenons. Parce que même si je ne suis qu'une femme catholique, j'ai aussi, semble-t-il, un cerveau. Ca au moins, c'est une caractéristique que j'ai en commun avec les hommes (même s'il paraît que les cerveaux masculins et féminins ne sont pas connectés de la même façon... mais ça aussi, ça pourrait être lié à l'éducation et à la société, sans doute...).

Donc, la "vraie question n'est donc pas ce que l'on pense de la notion de genre, mais ce que l'on pense de l'égalité homme/femme". Soit. Si j'écris "je ne suis pas pour l'égalité homme/femme !", là, bien sûr, ça confère à l'absurdité. Bien sûr qu'on ne peut pas être contre l'égalité entre hommes et femmes ! Ce serait débile ! Ce serait comme si dire qu'un Africain et un Européen ne sont pas égaux en droits ! C'est absurde. Vraiment. Et la lutte pour les droits des femmes (et surtout pour qu'ils soient respectés partout) est un combat important, faut-il le rappeler ? Que les filles n'aient pas le droit d'aller à l'école ou de se promener dans la rue juste parce qu'elles sont des filles, c'est franchement révoltant. Sauf que la question du genre ne se pose pas en ces termes, en tout cas pas de mon point de vue (qui n'engage que moi, rappelons-le. Mais l'avantage, c'est que je suis ici sur mon blog, alors je dis ce que je veux du moment que je n'enfreins pas la loi).

Ce qui me choque, c'est ce passage-là :

On ne peut pas, comme le fait le pape dans ses interventions à ce sujet, prétendre que l’on salue comme un authentique progrès l’accès des femmes à l’égalité des droits, et continuer néanmoins de défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes. Il y a là une contorsion intellectuelle insoutenable.
Ben si, justement, on peut. Je ne prétends pas en savoir autant que le pape sur le sujet, ni, surtout, avoir étudié la question de manière aussi approfondie que lui. Et puis, pour ma part, je n'ai pas sa sagesse. Mais saluer le progrès de l'accès des femmes à l'égalité des droits d'une part et de l'autre dire que la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes, ça ne me paraît pas choquant du tout, au contraire. Parce que ce qui est dit là, c'est tout simplement la spécificité et la complémentarité des sexes. Et la vocation pharticulière de la femme et de l'homme, en premier lieu dans la conception, dans l'enfantement et dans l'éducation des enfants. Biologiquement, je le répète une fois de plus, parce que ça a l'air d'être difficilement audible aujourd'hui, un homme et une femme ne sont pas identiques. Un homme a un pénis et des testicules lui permettant de concevoir un enfant, une femme a un utérus et des seins lui permettant d'accueillir en son sein un enfant, de lui donner la vie puis de le nourrir. Point. C'est comme ça, et ce n'est pas parce qu'on est pour l'égalité entre les personnes qu'on va pouvoir s'affranchir de cette réalité biologique. Et j'écris volontairement "l'égalité entre les personnes" parce que pour moi, c'est bien de cela qu'il s'agit. Donc quand je lis qu'il s'agit d'une "contorsion intellectuelle insoutenable", ça me fait bondir parce que c'est nier totalement les spécificités de la femme et de l'homme en tant qu'être humains sexués (et donc différents, mais pas inégaux pour autant !). Que cette réflexion vienne, en plus, de femmes se disant catholique me plonge dans des abîmes de réflexion et m'interpelle : le message du Pape et de l’Église est-il donc à ce point inaudible jusque pour les croyants ou les croyants sont-ils à ce point contaminés par l'esprit du monde (dont, pourtant, ils ne sont pas) que le message de l’Église en devient incompréhensible ?

Bien sûr que les comportements sociaux sont influencés par la société. Mais ils ne sont pas qu'influencés. Ils sont innés aussi. C'est exactement ce que démontre la vidéo sur l'expulsion de la théorie du genre en Norvège. Et qui prouve que cette idéologie est d'autant plus dangereuse qu'elle ne change en rien le problème de fond de l'inégalité entre les hommes et les femmes. Pour ma part, j'y vois une raison : ce n'est pas une question de genres, de stéréotypes, mais bien d'éducation au respect de l'autre. Et ça, il n'y a pas besoin d'études de genre pour le faire. Il suffit d'un peu de bons sens et surtout de bienveillance. Mais ça, ce n'est pas "porteur" pour les lobbys LGBT...

mercredi 5 février 2014

Contraception or not contraception ?

Dernier témoignage (oui, j'en ai fait, des bêtises ! Heureusement, le Seigneur veille sur moi et n'hésite pas une seconde à m'interpeller par l'intermédiaire d'autres personnes pour me remettre dans le droit chemin ! Ouf !), datant d'octobre 2013. Cette fois-ci, il s'agit de contraception, mais pas uniquement.

La contraception et moi, c'est une longue histoire. J'avais 17 ans quand j'ai du prendre ma première pilule, pour régler un déséquilibre hormonal comme beaucoup de jeunes en ont au moment de l'adolescence. Selon l'endocrinologue, ce traitement règlerait mon problème et régulerait du même coup mes cycles, assez anarchiques. Petit à petit, les troubles que j'avais ont effectivement diminué, mais il y avait un effet secondaire important : la disparition totale du cycle et donc des règles. Quand j'en ai parlé au médecin, il m'a dit que je devais m'estimer heureuse parce que les règles empoisonnent la vie de toutes les jeunes filles, qui rêvent souvent de s'en débarrasser. Seulement voilà : ne plus être réglée me perturbait beaucoup parce que j'avais l'impression de ne plus être une femme. La pilule touchait donc à mon être, à mon identité profonde. J'ai trouvé un compromis : jusqu'en 2001, année de mon mariage, j'ai pris ce traitement en alternant les périodes « sans » et les périodes « avec », de manière à réguler mes troubles hormonaux mais à avoir quand même des cycles de temps en temps.

Après notre mariage, j'ai alterné les périodes « avec » et « sans », également, mais pour d'autres raisons, les unes médicales, les autres psychologiques, liées à la naissance de notre fille aînée, très traumatisante pour moi. Il fallait espacer les naissances pour me donner le temps de récupérer physiquement, mais aussi psychologiquement. Nous avons donc utilisé plusieurs méthodes : outre la pilule, nous avons utilisé le Persona, mini-ordinateur permettant de connaître, à l'aide de tests urinaires, les périodes fertiles et infertiles du cycle. Après la troisième naissance, les choses se sont compliquées encore un peu puisque j'ai commencé à avoir des cycles de plus en plus anarchiques, d'une durée allant de 30 à 45 jours, avec des règles hémorragiques pouvant durer de 7 à 20 jours à peu près. Les conséquences étaient nombreuses et désagréables, avec en particulier la fatigue chronique, l'anémie et l'irritabilité, sans parler des complications dans ma vie intime avec mon mari.

Au printemps 2007, une solution a été trouvée avec la gynécologue : le stérilet. J'ai mis quelques temps à l'accepter pour plusieurs raisons : j'avais l'impression que ce stérilet allait tuer en moi la femme que j'étais, par la suppression des cycles, comme l'avait fait la pilule. Mais surtout, je savais que l’Église s'y opposait. La seule chose qui a fait remporter la décision, c'est qu'il s'agissait d'un stérilet hormonal et non pas au cuivre. Le processus est différent : le stérilet au cuivre empêche la nidation et provoque donc mécaniquement un avortement en tout début de grossesse, alors que le stérilet hormonal agit comme la pilule en empêchant la fécondation. J'ai donc pris la décision d'accepter le stérilet parce que je ne voyais à ce moment-là aucun autre moyen de vivre normalement et de régler ce problème d'hémorragies. Mais je vivais très mal le fait de devenir stérile, même si c'était une stérilité temporaire (5 ans) et réversible.
Mes conditions de vie se sont considérablement améliorées, forcément, avec la fin des hémorragies. Le bienfait au quotidien a été immédiat. Le revers de la médaille était que j'avais un plus grand risque d'infections et, en mai 2010, j'ai du être opérée de kystes ovariens. Je ne sais pas s'ils étaient la conséquence de ce stérilet, mais ce n'est pas impossible du tout.

Le 15 août 2011, une conversation téléphonique avec une amie du groupe de prière « Suis-Moi », de Sélestat, a tout changé. Elle me parlait de contraception, de son refus de la pilule. J'ai pour ma part tenté de justifier mes choix, notamment médicalement, mais sans y parvenir. L'argumentation était bancale, même pour moi.
Finalement, le vendredi suivant, je suis allée voir Philippe, juste avant son départ de Sélestat. Il a alors mis le doigt sur ce qui me posait le plus de problèmes : l'incohérence entre ma vie de foi et ma vie personnelle, et cela malgré le fait que nous avions déjà trois enfants. Il y a donc, dans la condamnation de la contraception par l’Église plus qu'une question de régulation des naissances, mais je n'étais pas encore capable de le comprendre et de discerner ce que c'était.
Après en avoir parlé à mon mari, parce que c'est une décision qui touche et regarde le couple et pas uniquement la femme, j'ai pris rendez-vous avec le gynécologue pour faire retirer ce stérilet, rendez-vous qui a eu lieu le 25 septembre.
Le bénéfice a été immédiat. Outre le fait que je me suis sentie soulagée d'un poids énorme, je me suis tout de suite sentie plus femme, mais aussi plus mère. Rétrospectivement, c'était comme si le stérilet ne m'avait pas rendue stérile uniquement pour les futurs enfants, mais aussi envers les enfants déjà nés. Quand j'en ai parlé à la gynéco, elle m'a dit que j'étais bizarre et que ce n'était que dans ma tête. Mais mon généraliste m'a dit que c'était normal : « Ce n'est pas pour rien qu'on appelle cela un stérilet ». Il m'a alors parlé de « stérilité psychique ».
Bien sûr, en retirant le stérilet, je savais que je m'exposais au retour des règles hémorragiques, puisque rien n'était réglé médicalement et qu'aucune recherche n'avait été faite pour déterminer la cause de cette maladie. Et ça n'a pas raté. Trois semaines plus tard, je me suis mise à saigner abondamment. Pendant les dix-sept jours qui ont suivi, j'ai fait tout ce qui est possible pour diminuer l'intensité du flux, en particulier avec des tisanes de plantes. Mais rien n'y a fait, au point que le 5 novembre, j'ai du quitter mon travail en milieu d'après-midi.
Le soir de ce 5 novembre, Philippe organisait à Walbourg sa première veillée d'adoration et de guérison, et il avait demandé à notre groupe de prière d'animer la veillée comme nous le faisions avec lui les années précédentes. Nous avons donc fait la route avec les trois enfants et bien sûr, après 17 jours, j'étais épuisée.

Quand le Saint Sacrement a été exposé, ce soir-là, je me suis effondrée à genoux devant Jésus, en larmes et je l'ai supplié :
« Seigneur, je suis à bout de forces, tu le sais. Tu sais que ça ne peut pas durer comme ça, alors, je t'en prie, guéris-moi. Si c'est Ta volonté, guéris-moi. Et si Ta volonté n'est pas de me guérir, alors donne-moi la force de vivre avec ces hémorragies et de les accepter, afin que je puisse m'occuper de mes enfants et être une vraie maman pour eux. »
J'ai passé un long moment devant Jésus et il y a eu du combat à ce moment-là, mais aussi plus tard. Mais le même soir, en rentrant à Sélestat, j'ai constaté que l'hémorragie s'était arrêtée.

J'étais guérie, mais en plein doute. Qu'allait-il se passer au cycle suivant ? Un mois plus tard, le 5 décembre, il y avait une nouvelle veillée d'adoration, à Sélestat. La veille, mes règles étaient revenues, également sur le mode hémorragique. J'avais très peur que la guérison de novembre ne soit que temporaire. Mais j'ai ensuite pensé à Barthimée et à l'aveugle de Siloé, dans le Nouveau Testament. Jésus les a guéris définitivement. Alors durant la veillée, j'ai redit cette prière :
« Seigneur, tu m'as déjà guérie. Je sais que quand Tu guéris, Tu ne le fais pas à moitié. Si Ta volonté est que je sois guérie, alors fais-le. Sinon, donne-moi la force de l'accepter pour que je puisse m'occuper de mes enfants. »
Trois jours plus tard, le 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception, mes règles se terminaient. Durant les 5 mois suivants, elles ne durèrent plus que 4 jours, tous les 28 jours. Pour la première fois de ma vie, j'avais des cycles normaux.

Lors de notre discussion du mois d'août, mon mari avait accepté l'éventualité d'un autre enfant si je retirais le stérilet. Et au mois de juin 2012, j'ai appris que j'étais enceinte. La venue de ce quatrième enfant n'était pas vraiment désirée. Plusieurs problèmes se posaient d'un point de vue pratique : avec trois enfants, il manquait déjà une pièce à la maison. Par ailleurs, nous savions ne pouvoir compter sur aucune aide du côté de nos parents pour garder un autre enfant. Il faudrait donc retrouver une nourrice si je voulais continuer à travailler. La solution qui s'est imposée a été le congé parental durant trois ans, jusqu'à l'entrée en classe du dernier de la fratrie. À l'annonce de cette grossesse, pourtant, pour ma part, j'étais très heureuse. Je la vivais comme une réparation. Alors à la fin du mois de juin, nous avons visité plusieurs maisons dont celle qui a été notre coup de cœur, à Ebersheim.
Le 20 juillet, nous avons signé le compromis de vente et le 23, j'ai appris que j'avais fait une fausse-couche. Nous avions besoin d'avancer dans nos projets pour ne pas rester sur la douleur de la perte d'un enfant, même s'il n'était pas encore né. Nous avons donc décidé d'acheter malgré tout la maison.
La signature de l'acte de vente a eu lieu le 1er octobre, en la fête de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, et le 7 octobre, j'avais la confirmation que j'étais à nouveau enceinte. La grossesse, contrairement aux autres, s'est très bien passée et Louise-Marie est née le 4 juin.

Cette naissance a tout changé pour moi. Je suis devenue enfin pleinement mère. Ça a l'air étrange, voire absurde de dire ça quand on a déjà trois enfants, mais la première grossesse a été tellement traumatisante que je n'ai jamais pu me sentir réellement maman pour les trois aînés, même si les choses étaient plus faciles avec Nathanaël et Rébecca.

Finalement, parce que j'ai accepté, il y a deux ans, de faire ce saut dans la foi, de vivre « sans filet » et de faire confiance, en acceptant par avance les enfants qui pouvaient naître de notre amour, le Seigneur m'a bénie de multiples façons. Il m'a guérie de ce qui m'empêchait physiquement de vivre normalement et m'a permis d'être en forme pour m'occuper de mes enfants déjà nés. Si cela n'avait été que pour moi, pour mon confort de vie personnel, j'aurais pu accepter le retrait du stérilet et ses conséquences médicales. Mais cette maladie m'empêchait aussi d'être une maman pour mes enfants déjà nés. Le port du stérilet me rendait aussi stérile psychiquement envers eux, de même que la pilule. La contraception hormonale n'est donc pas, pour moi, une solution, mais plutôt un problème. J'ai parlé, plus haut, de combat. Il a fallu lutter contre les doutes, mais aussi contre la parole de prêtres qui m'ont fait douter du bien-fondé de mes décisions. J'aurais pris trop de risques. Et que ce serait-il passé si je n'avais pas été guérie ?
Avec le recul, je me dis que cette question qui m'a été posée après-coup m'a d'abord fait croire que j'étais totalement inconsciente. Mais finalement, en gardant ce stérilet, je n'aurais jamais été une vraie maman, aimante et attentive comme je le suis aujourd'hui. C'est le double effet « kiss cool », j'ai envie de dire. La guérison physique d'abord, la plus urgente, mais aussi la restauration de mon identité de femme, d'épouse et de mère.
Par cette grossesse menée à terme, le Seigneur m'a guérie du traumatisme initial en faisant de moi non seulement la mère de Louise-Marie, mais aussi celle de Noémi, de Nathanaël et de Rébecca. D'ailleurs, le deuxième prénom de Louise-Marie, c'est Raphaëlle. Le lendemain de sa naissance, j'ai appris que l'Archange Raphaël, c'est « celui qui guérit ».

Et puis, il y a la présence, discrète, mais efficace, de Marie. Le 15 août, l'Assomption et le premier questionnement. Le 8 décembre suivant, la confirmation de la guérison qui balaye tous les doutes. Et finalement, la conséquence, qui est que je deviens enfin mère. Comment ne pas y voir la présence de Marie, elle que j'ai tant priée ces dernières années, de me donner sa patience, sa douceur et sa tendresse de mère ? Elle m'a aussi exaucée par la naissance de Louise-Marie, que nous avons placée sous le patronage de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

Ce que j'ai vécu, à travers toutes ces années sous contraceptif hormonal, c'est donc une abdication de mon corps devant la médecine. Pour des raisons médicales en premier lieu, mais il faut aussi avouer qu'à certains moments, le port du stérilet m'arrangeait bien. C'est bien plus simple au quotidien quand on n'a pas à se poser de questions sur la possibilité d'une grossesse. Mais ces hormones de synthèse ont endormie en moi la mère et la femme que Dieu à créées. Il y a deux ans, j'aurais pu ne pas écouter cette amie et garder le stérilet. C'était tellement plus simple, plus confortable, moins risqué. Mais je n'aurais alors jamais connu ce que je suis en train de vivre, la transformation entière de mon être et cette vocation de femme, d'épouse et de mère que je découvre depuis maintenant un peu plus de deux ans. J'entrevois un autre bénéfice, dans la relation de couple. Mais la naissance est encore trop proche pour que nous en ayons pleinement conscience.

Tout cela, c'est donc une histoire de confiance. Dieu, par son fils Jésus, nous conduit et nous donne ce dont nous avons besoin. Et Il se sert des épreuves que nous traversons pour nous faire grandir dans l'amour et la confiance en Lui.

samedi 1 février 2014

Ecole et transmission

Les questions s'accumulent, les réflexions aussi. Sans temps morts, sans aucun répit.
Samedi 25 janvier, une amie partageait sur Facebook l'information suivante : les parents étaient invités à retirer leurs enfants de l'école pendant une journée par mois pour protester contre l'introduction de la théorie du genre dans les programmes scolaires. 

Ce même jour, j'envoyais donc à cette amie des informations sur les questions que je me pose à propos de l'école :
- rapport de l'OMS préconisant l'éducation sexuelle dès quatre ans, à l'école.
- le document élaboré par le syndicat majoritaire des enseignants en école primaire (voir ici, pour un accès au rapport Teychenné, dont est issu le document du syndicat, et pour une analyse dudit rapport).
- Les propos de Najat Vallaud-Belkacem à propos de l'éducation des tout-petits, en crèche,
- Ceux de Vincent Peillon à propos de l'école et de la laïcité, de l'enseignement de la morale et, surtout, de sa volonté de "soustraire les enfants à tous les déterminismes".

et je lui faisais part de mes doutes quant à l'école et à la réalisation de ses missions.

Plus j'avance, plus je me renseigne, et plus les événements s'ordonnent avec une cohérence et une logique implacable et imparable.
Juste sur l'école :
- Loi sur la refondation de l'école : l'amendement de la député écologiste Barbara Pompili a été retiré in extremis de la loi. Cet amendement visait à introduire le "genre" dans les programmes scolaires.
- Rapport de l'OMS préconisant l'éducation sexuelle des enfants dès l'âge de 4 ans (quand les psys disent que c'est destructeur pour l'enfant avant 10 ans... CQFD). Ce rapport a été traduit par Santé Sexuelle, le "planning familial" suisse (voir lien ci-dessus).
- Site Aleteia rapportant le cas suisse du matériel "éducatif" à tendance pornographique plus que prononcée envoyé aux écoles. Une pétition a d'ailleurs recueilli plus de 91.000 signatures en Suisse alémanique.
- Najat Vallaud-Belkacem a fait de la lutte contre les stéréotypes liés au genre son cheval de bataille (sur ce site, ce qui est "très drôle", c'est la partie "les jeunes filles protégées contre les dommages de l'hypersexualisation". C'est "marrant", parce qu'on reconnaît ici que l'hypersexualisation est un problème, mais en même temps, ces mêmes jeunes filles sont incitées à prendre la pilule et à recevoir le vaccin contre le papillomavirus, voire à avoir recours à l'avortement, puisque la contraception et l'IVG sont désormais accessibles gratuitement pour toutes les jeunes filles de plus de 15 ans. Si ça, ce n'est pas de l'incitation à "coucher"...)
- Vincent Peillon veut donc soustraire les enfants à tous les déterminismes (dont les déterminismes familiaux et religieux bien sûr).
- La loi sur la refondation de l'école préconise la scolarisation des enfants dès deux ans (ça aussi, c'est drôle ! Parce qu'il y a quelques années, l'ancien ministre de l'éducation nationale voulait créer des "jardins d'enfants" à la charge des municipalités pour pouvoir supprimer les deux premières années de l'école maternelle, au motif que les enseignants ne sont pas là pour changer les couches ! Donc en quelques années, les enfants de moins de 4 ans sont passés du statut de "bébés" au statut d'enfants qu'il faut informer sur la sexualité ! Comme quoi, on leur fait dire et faire ce qu'on veut, aux enfants !)
- Proposition de loi visant à interdire l'instruction à la maison et rendant de fait l'école obligatoire (cette proposition émanerait de l'UMP. Comme quoi, quand je disais qu'avec la droite, on allait aussi dans le mur, mais moins vite qu'avec la gauche...). De fait, une nouvelle pétition a vu le jour...
- Loi sur la refondation de l'école et la modification des rythmes scolaires : en appliquant cette réforme, les enfants passent mécaniquement plus de temps à l'école. En plus des heures de cours classiques, les écoles doivent proposer des activités périscolaires, la plupart du temps en fin de journée puisque c'est là que le temps est libéré. Quel est le contenu de ces activités ? Rien de précis et de directif pour l'instant, mais c'est en tout cas du temps supplémentaire pour formater les enfants... D'ailleurs, les associations LGBT vont s'engouffrer dans la brèche, je parie ! À croire, tiens ! qu'elle a été faite pour elles ! (non. Pardon. Je suis très mauvaise langue aujourd'hui !).

Ca fait beaucoup. Mais c'est très cohérent.
- Le genre n'est pas passé l'an dernier : les AFC*, LMPT** et autres ont lancé des pétitions, des courriers... et l'amendement a été retiré du projet de loi. Fin du premier round.

- En s'appuyant sur le rapport de l'OMS, les questions relatives à la sexualité et à l'orientation sexuelle (donc au genre) reviennent par la fenêtre après avoir été jetées dehors par la porte.
- Parce que le gouvernement sait que les familles ne seront pas d'accord, et pour éviter l'hémorragie, le gouvernement veut empêcher les familles de déscolariser les enfants en inscrivant dans la loi non plus l'instruction mais l'école obligatoire, sous couvert de "socialisation de l'enfant" (sauf que la première socialisation de l'enfant se fait... dans la famille !).
Le deuxième round est engagé. Des pétitions circulent.

Pourquoi supprimer une liberté qui, finalement, ne concerne que très peu d'élèves au regard du nombre d'enfants soumis à l'obligation scolaire ? Peut-être parce que le nombre d'enfants scolarisés à la maison augmente ? J'ai lu sur Internet, pas plus tard qu'hier, que de plus en plus de familles musulmanes instruisent leurs enfants à la maison. Pour peu ou prou les mêmes raisons que celles qui font que je me pose aussi la question en ce moment : retirer les enfants de l'influence néfaste que peut avoir l'école (en particulier avec la question du genre qui va s'attaquer à la pudeur et à l'intégrité des enfants). En fait, les seuls enfants autorisés à être instruits à la maison seront les enfants handicapés. Ce qui, là encore, est logique et cohérent puisqu'accessoirement, la scolarité d'une enfant handicapé coûte plus cher que celle d'un enfant "normal" à cause des personnels spécialisés qui sont souvent nécessaires pour que la scolarisation soit effective. Quid de la liberté de choix, pour les familles, inscrite dans la Déclaration des Droits de l'Homme ?
Si cette proposition de loi passe, c'est clairement pour répondre à cet impératif de Vincent Peillon d'arracher les enfants au déterminisme familial. Donc d'empêcher la transmission intra-familiale.
Rhô ! Ben zut alors ! J'avais raison !

Bon alors, une fois qu'on a dit ça, ça veut dire quoi ? C'est quoi, transmettre ? Et transmettre quoi ?
Vincent Peillon poursuit une quête dont, d'ailleurs, il ne cache rien. Il veut instaurer une nouvelle religion, ni plus, ni moins. Et donc éradiquer les autres ? Quel meilleur moyen de le faire que de poursuivre ce qui a commencé dans les années 70 et se continue aujourd'hui dans la société ?
Notre curé m'a mis la puce à l'oreille l'été dernier : il voit aujourd'hui de jeunes adultes qui ne sont pas baptisés. Des jeunes de 20 ans qui vont à l'enterrement de l'un de leurs copains mais qui, au moment de la communion, restent assis sur leurs bancs. Des jeunes qui, donc, affichent clairement et sans ambiguïté leur non-appartenance à l’Église. Ce qui est bien sûr leur droit le plus strict, me direz-vous. Soit.
C'est jeunes-là, c'est une évidence, n'ont rien reçu en matière de foi de la part de leurs parents. Ces jeunes qui ont vingt ans en 2013 sont nés en 1993. Sans doute de parents nés eux-mêmes vingt à vingt-cinq ans plus tôt, soit entre... 1968 et 1973. C'est-à-dire de parents dont les parents font partie de cette génération qui avait vingt ans en 1968 et qui a décidé d'interdire d'interdire et de jeter aux orties toute morale.
Donc des parents qui n'ont pas transmis la foi qu'ils avaient eux-mêmes reçue de leurs propres parents. N'ayant eux-mêmes rien reçu, ou pas grand-chose, les adultes de ma génération n'ont rien transmis à celle génération qui a eu vingt ans en 2013. Et qui du coup est capable de croire n'importe quoi, faute de repères suffisants en matière de transcendance, de foi, de morale religieuse. C'est le règne du matérialisme, du relativisme. On pourrait se dire qu'il n'y a qu'à laisser faire : les églises se vident, les croyants sont de moins en moins nombreux, statistiquement parlant. Ils finiront peut-être par s'éteindre ? Par rapport à la génération d'avant 1968, effectivement, nous sommes minoritaires. Mais il y a une question qu'il faut quand même se poser : combien de jeunes croyants "croyaient" vraiment, avant 1968 ? Les croyants d'aujourd'hui affirment leur foi, ils la vivent plus profondément que ne le faisaient leurs aînés pour la simple raison qu'ils n'ont pas le choix : face au désert de la foi actuel, il n'y a d'autre option que d'être "entier". Les tièdes ne résistent pas, sur le long terme, aux sirènes du monde et aux arguments laïcs et anticléricaux ambiants. Et ils transmettent cette foi qu'ils se sont réappropriée.

Certains de ceux qui manifesteront à Paris dimanche contre le "mariage" pour tous, la théorie du genre et les lois hostiles aux familles font partie de ces croyants qui osent affirmer dans un monde qui relègue la religion uniquement à la sphère privée que la foi fait partie de leur identité, qu'elle leur donne des repères et une morale qu'ils souhaitent transmettre. Et c'est justement cela que M. Peillon refuse : la transmission de la morale chrétienne. Et les attaques contre les familles vont dans ce sens-là aussi : affaiblir les familles, les écraser d'impôts, de contraintes toujours plus grandes, les priver de leurs libertés dans les choix éducatifs... les obliger, en somme, à plier sous l'espèce de dictature que ce gouvernement veut mettre en place dans notre pays. Tout cela commence bien sûr par l'école : en formatant les jeunes enfants, en leur bourrant le crâne avec des théories tout aussi absurdes qu'invalides scientifiquement, le gouvernement cherche à avoir la main-mise sur leurs jeunes esprits malléables de manière à s'assurer la fin de la foi catholique en particulier (parce qu'il ne faut pas se leurrer : l'islam n'est aucunement visé : les socialistes ont trop besoin de leurs voix... Il n'y a qu'à voir la différence de traitement quand une mosquée et une église sont prises pour cible : il a fallu plus de 15 jours à Manuel Valls pour condamner la profanation de l'église de la Madeleine, à Paris, par des Femen. Si cela avait été une mosquée, la condamnation aurait eu lieu immédiatement, cela ne fait aucun doute).

Voilà le genre de questions que posent les réformes actuelles des programmes scolaires : derrière, il y a une idéologie extrêmement dangereuse pour les libertés individuelles, pour la liberté de croyance et de religion. Qui pourtant est bien inscrite dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Mais notre pays mérite-t-il encore le nom de Patrie des Droits de l'Homme ? Je pense qu'on est en droit de se poser la question.

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*AFC : Association Familiales Catholiques
**LMPT : La Manif Pour Tous

vendredi 31 janvier 2014

Dépendance ?

Il y a quelques années, quelqu'un m'a dit, à propos de mon mal-être et de mes difficultés durant les absences de mon mari, que le problème était que j'étais dépendante de lui. Dépendante, dans le sens toxicomaniaque du terme. C'est-à-dire que je ne peux pas me passer de lui. Et que quand il n'est pas là, je suis mal, je suis "en manque".
Cette réflexion, sur le coup, m'a blessée. Parce que cette sentence sous-entend quelque chose de l'ordre du "tu ne peux rien sans l'homme, toi, femme, tu n'es pas forte. Tu n'es rien sans l'homme. Sois forte, vis sans lui, parce que tu vaux mieux que ta dépendance envers cet homme. Aies un peu d'estime et de respect pour toi, que diable !"

Bon. Et après ?
Avoir du respect pour soi, avoir de l'estime pour soi, est-ce que c'est éjecter l'homme que l'on aime, faire abstraction de lui dès qu'il n'est pas là ? Tout prendre en charge, quand il est là et quand il n'est pas là ? Du coup, si c'est ça, alors quelle est sa place, à lui, au sein du couple et de la famille ? C'est vrai, quoi ! L'homme, dans un couple, n'est pas qu'un géniteur ! Il est aussi un compagnon, une aide, un soutien, une poigne ferme capable d'ouvrir les bocaux de confiture... je m'égare.

Alors ?
Oui, je suis dépendante de mon mari. Et contrairement à la drogue, je pense que c'est une très bonne chose. D'ailleurs, je pense sincèrement que toutes les femmes devraient être dépendantes de leurs maris, et tous les hommes dépendants de leurs femmes aussi, d'ailleurs. Pourquoi ? Certainement pas dans le sens "je ne peux rien faire sans lui" mais plutôt "j'ai besoin de lui pour être équilibrée, pour que nos enfants soient équilibrés, pour que notre famille aille bien".
Parce qu'un couple où l'un des deux vit sans l'autre, partage trop peu de choses avec lui, c'est finalement un couple fantôme. Un couple qui n'a d'existence que depuis l'extérieur mais qui peut être mort à l'intérieur.
Qu'est-ce qui fait qu'un couple "fonctionne" ? Je n'ai bien sûr pas la réponse à cette question de manière générale. Mais ce qui fait que mon couple fonctionne, c'est justement cette interdépendance. Le fait que l'un comme l'autre avons besoin de temps ensemble, nous avons besoin, pour être bien, de voir l'autre, de lui parler (même si ça doit être au téléphone si l'un des deux est absent du domicile pour une raison ou une autre), de le toucher aussi (ça, c'est plus difficile par téléphone). De partager ce qui fait le quotidien de la vie : "qu'est-ce que tu as mangé à midi ?", "tu sais, les enfants sont partis pour l'école, ce matin, c'était difficile, la troisième était vraiment fatiguée" ; "cette nuit, je me suis couchée très tard, j'avais encore du linge à étendre et puis je me suis rappelée que je n'avais pas fait de pain pour le petit déjeuner". Bien sûr, en cas d'absence, mon mari ne peut rien faire contre la fatigue de la troisième ou la douleur au coude de l'aînée. Mais, à sa manière, par le téléphone, par le temps passé à raconter le quotidien, celui qui est absent participe quand même à la vie de famille. D'une autre manière, certes, mais il est présent malgré la distance et la séparation. Il n'y a pas d'abandon. Combien de fois, dans les moments de grande fatigue, n'a-t-il pas pris le téléphone pour sermonner les enfants et leur demander de m'écouter et de m'obéir, à des moments où je n'avais même plus l'énergie nécessaire pour assurer mon autorité ?

Je ne suis pas une super-héroïne capable d'assumer au quotidien toutes les m***** que la vie nous envoie. Je ne suis capable de le faire que parce que je me sais soutenue par mon mari. Même en cas de désaccord entre nous, jamais il ne me contredira devant les enfants. Ce n'est qu'après, si besoin, que le dialogue permettra de rectifier le tir en cas d'erreur manifeste de ma part (ou de la sienne d'ailleurs, ça marche dans les deux sens). En fait, le couple, pour moi, c'est simplement une équipe. Solide. Solidaire. Une sorte d'équipage sur un bateau en haute mer, là où les grosses vagues peuvent faire chavirer le navire, là où l'absence de vent peut lui faire faire du sur-place. Et là où le savoir-faire et le savoir-être de chacun des membres d'équipages permet d'ajuster la manœuvre au mieux pour avancer malgré la houle ou le calme plat.

mercredi 29 janvier 2014

Pardon d'avoir adoré un autre Dieu que Toi !

Deuxième "témoignage", toujours lors des veillées de guérison et d'adoration à Sélestat. Cette fois, c'était en octobre 2011.

Le thème de cette veillée fait écho à ce que j'ai vécu cette année. J'ai particulièrement vécu l'attrait des ténèbres, depuis quelques années. Tout a commencé il y a trois ans, quand j'ai débuté le Tai Chi Chuan, un art martial chinois, que l'on pourrait définir comme une "méditation en mouvement". Il s'agit d'une sorte de Yoga, et il appartient à ce que l'on appelle les arts martiaux internes. Les mouvements utilisés peuvent être compris comme des techniques défensives ou d'attaque, mais ils sont réalisés de manière très lente, rendant leur gestuelle plus proche de la gymnastique douce.

Quand j'ai débuté, je n'y voyais qu'une manière de commencer tout doucement une activité sportive qui ne serait pas violente et ne risquait pas de me blesser. J'avais une amie qui en faisait, et quand je me suis adressée à elle, ça a été très simple : le premier cours de l'année avait lieu le soir-même. J'y suis allée, et j'ai tout de suite accroché, comme on dit. Immédiatement, et ça s'est confirmé dans le temps, j'ai trouvé dans la pratique du Tai Chi un véritable bien-être, un calme intérieur vraiment appréciable quand on a trois enfants. Cette pratique m'était bénéfique, croyais-je, sur plusieurs plans : j'ai rapidement retrouvé une plus grande souplesse corporelle, une meilleure conscience de mon corps, j'étais plus calme avec les enfants le mercredi, lendemain du cours (et ça, c'est quand même un vrai bénéfice, le mercredi étant la journée la plus difficile de la semaine avec tous les allers-retours pour les activités diverses des enfants), et surtout, surtout, je disposais de deux heures pour prendre soin de moi. C'était le seul moment de la semaine que je pouvais consacrer uniquement à moi, très égoïstement. Et puis avec le temps, j'ai appris à connaître quelques-uns des pratiquants qui suivaient le cours en même temps que moi. J'avais l'impression d'une sorte de communauté, de famille, où les autres étaient à l'écoute, avaient le temps, pouvaient parler sans retenue, sans tabous. Humainement, cette expérience était très enrichissante et particulièrement importante pour moi dans la période que je traversais à l'époque.

Lors de ma troisième année de pratique, au début du mois de février 2011, je me suis rendue chez une amie un après-midi, et nous avons papoté autour d'un thé. La conversation a dévié sur les activités et le temps que nous prenions (ou pas) pour nous-mêmes, et j'ai fini par lui parler du Tai Chi, avec un enthousiasme qui m'a étonnée moi-même. Et elle était très intéressée, notamment par les bienfaits que je ressentais et que je lui décrivais. Et elle a fini par me poser une question toute simple : "Et c'est compatible avec la foi ?"
Sur le coup, j'ai répondu sans hésiter "Oui, bien sûr !", puisque je ne voyais aucun lien entre une pratique sportive et la foi catholique. Pourquoi ne serait-ce pas compatible ?
Seulement voilà, juste après, j'ai commencé à vivre quelque chose d'assez étonnant. Je me suis aperçue que ce qu'avait prédit le professeur, à savoir que nous sentirions, à force de pratique, la circulation d'énergies d'abord dans les mains puis dans le corps, je le vivais au bout d'un peu plus de deux ans de pratique seulement. Je n'étais pas censée connaître ça avant plusieurs années, et seulement si j'étais assidue et que j'en faisais une discipline quotidienne. Cela se manifestait par des sortes de fourmillements dans les mains, comme un flux qui chauffait au centre de la paume. J'avais l'impression qu'une sorte de fluide pouvait passer des doigts d'une main à l'autre, d'une paume à l'autre. Dans le même temps, à partir du mois de janvier, je me suis mise à penser de plus en plus "Tai Chi", à m'intéresser de plus en plus au Japon, à avoir envie d'y aller, de découvrir ce pays et d'approfondir ma pratique là-bas directement. J'étais aussi de plus en plus calme, de plus en plus tranquille, comme si les choses du monde avaient moins de prise sur moi, comme si je m'en détachais de plus en plus. Mon mari avait remarqué aussi cet aspect des choses, et si au début, il trouvait ça plutôt positif parce que j'étais moins "volcanique" en particulier avec les enfants, il a fini par me dire, au mois de mars ou d'avril, que j'étais de plus en plus distante, voire absente à la famille.

A la même période, début février, une de mes collègues, particulièrement affectée par des soucis personnels, souffrait énormément.
Un mardi, jour d'une veillée justement, je l'ai vue souffrir plus que d'habitude. Et je me suis retrouvée parfaitement démunie face à cette souffrance. Les mots étaient inutiles, j'avais déjà dit tout ce qu'il y avait à dire. J'ai fini par la prendre dans mes bras, et par prier sur elle en lui imposant les mains. J'ai fait ce geste sans y réfléchir, sans l'avoir prémédité. Et dans ma prière, j'ai supplié le Seigneur de l'aider, d'apaiser sa souffrance, je me suis présentée comme son instrument, je lui ai demandé d'agir par mes mains, d'agir à travers moi puisque je ne pouvais plus rien faire pour elle. Et j'ai été stupéfaite du résultat. Sous mes mains, j'ai senti qu'elle se détendait. Les larmes avaient cessé, sa respiration se calmait et elle s'apaisait visiblement. J'ai remercié le Seigneur : j'avais été exaucée, et je n'en tirais aucune gloire. Il avait tout fait, je n'avais été que son instrument.

Je me suis alors rendu compte qu'il y avait là quelque chose de semblable à ce que je vivais dans le Tai Chi, du moins apparemment. Par mes mains, une sorte d'énergie passait. Mais ce qui m'a interpellée quand j'y ai pensé par la suite, c'est que dans le cas du Tai Chi, cette énergie semblait venir de moi, alors que dans l'autre, je n'étais qu'une sorte de canal par lequel Dieu, Jésus ou l'Esprit, je ne sais pas trop, agissait. Quand je pensais à ce qui s'était passé avec ma collègue, j'étais heureuse, alors que quand je pensais à cette énergie que je sentais au Tai Chi, je me sentais supérieure, comme si j'étais investie d'un pouvoir qui ne demandait qu'à grandir. Quelques temps après, mon mari s'est fâché contre moi. Je m'éloignais de plus en plus de lui et des enfants, je ne priais plus, je ne prenais plus mes repas avec la famille, je passais tout mon temps sur Internet à visionner des vidéos de Tai Chi ou à prendre des nouvelles des sinistrés des séismes et du tsunami du 11 mars, au Japon.
En avril, suite à une discussion avec Virginie, je me suis interrogée sur le Tai Chi, j'ai farfouillé pendant plusieurs heures sur Internet, et en particulier sur le site du Père Verlinde. Ce prêtre a vécu en Asie, en particulier dans l'Himalaya, où il a été gourou de la méditation transcendantale. Il y a aussi rencontré Dieu, mais avant de devenir prêtre, il a vécu dans l'occultisme. Et son site a été éclairant. Il expliquait dans les détails pour quelles raisons le Tai Chi ne peut pas être compatible avec la foi catholique. Tout le processus y était décrit : comment le Tai Chi coupe de Dieu, éloigne des autres, en particulier des enfants et du conjoint, pour la simple raison que l'on entre en méditation de plus en plus profonde et que l'on se détache progressivement de la vie quotidienne. Peut-être étais-je particulièrement réceptive ? En tout cas, j'ai passé la première étape très rapidement, et à mon insu. Quand j'ai pris conscience de tout cela, j'ai commencé par aller me confesser, parce que le Tai Chi m'avait éloignée de Dieu, de mon mari, de mes enfants, et de la prière. Je ne pensais pas que c'était allé plus loin que cela.

Je me trompais. Je n'avais pas du tout compris la portée de mes actes.
Philippe Jacquemin, lui, connaissait un peu ces pratiques par les écrits du Père Verlinde justement. Il m'a donc expliqué ce que sont les chakras. Au nombre de 7, ce sont des sortes de portes dans notre corps, fermées, entre notre monde et le monde occulte. L'effet de la pratique régulière et consciencieuse du Tai Chi (mais aussi du Yoga, du Chi Qong et d'autres formes de méditation), c'est d'ouvrir progressivement ces "portes". Une fois ouvertes, les capacités de l'homme s'en trouvent augmentées, permettant, pour les plus avancés dans ces pratiques, de "voir" dans la tête d'une personne, par exemple. Il s'agit donc là de pratiques occultes, donnant un pouvoir phénoménal sur les autres. J'ai bien compris en quoi cela posait problème, après ces explications. En revanche, je n'avais pas totalement compris tout ce que cela impliquait, et quelle était l'origine de ces pouvoirs.
Il s'agissait là de quelque chose de bien plus grave qu'un simple péché à confesser. Et ce jour-là, dans la crypte de Saint Georges, au lieu de me donner le pardon de Dieu, Philippe m'a demandé de m'agenouiller et de renoncer à Satan. Je ne voyais pas du tout le lien entre ce que je venais de lui confier et Satan, et je ne voyais surtout pas pourquoi je devais y renoncer, puisque je n'avais jamais eu l'intention ni l'impression de le suivre.
Il a posé son étole sur ma tête, et il m'a demandé de répéter ce qu'il disait. J'ai trouvé le procédé étrange, mais j'ai obéi, et je me suis rendu compte bien après que ce que j'avais vécu, c'était plus qu'une confession et le pardon de Dieu. C'était véritablement une prière de délivrance, presque un exorcisme, qu'il avait dite sur moi. Et plus que ça, les mots qu'il a employés m'ont choquée. Dans la prière que je devais répéter, il disait : "Pardon, Seigneur, d'avoir adoré un autre dieu que Toi".

J'ai compris plusieurs jours après ce qui s'était réellement passé depuis tous ces mois : En réalité, les "pouvoirs" qui m'avaient été donnés, cette énergie que je sentais dans mes mains, m'avaient été accordés par Satan, tout simplement. En ouvrant le premier chakra, j'avais laissé le Démon entrer en moi. Et sous couvert de bien-être, je l'avais laissé me donner des pouvoirs qui ne venaient pas de Dieu. La prise de conscience a été difficile et radicale, et bien entendu, il a fallu changer mon point de vue et renoncer au confort intérieur que m'apportait le Tai Chi. Il était bien sûr exclu que je retourne au cours. Le mardi suivant, j'y suis donc allée pour prévenir le professeur que j'arrêtais. Par correction, je ne voulais pas le faire par mail ou par téléphone, parce que le professeur avait toujours été honnête et généreux dans son enseignement. Plusieurs fois, pendant les mois qui ont suivi, j'ai reçu de sa part des messages m'invitant à revenir, j'ai donc dû être très claire et dire que c'était terminé, que j'arrêtais définitivement. Je n'ai pas donné d'explications, sauf à l'amie qui m'avait fait connaître le Tai Chi, ainsi qu'à celle que j'avais entraînée là-dedans. Toutes les deux sont croyantes elles aussi, et je ne pouvais pas passer sous silence de telles choses. La première pratique depuis bien plus longtemps que moi, et ne m'a absolument pas crue. Alors que nous prenions le même train deux fois par semaine, auparavant, je ne l'ai plus vraiment vue par la suite. Elle m'a dit avoir changé d'horaires et prendre le train précédent. C'est possible. Ce que je sais, c'est que, depuis, je n'ai plus de contacts avec elle. Non pas que je ne les ai pas cherchés : je n'ai rien changé à mes habitudes. Mais peut-être qu'elle ne veut pas me voir, qu'elle ne veut plus de contacts avec moi ? Je l'ignore. En tout cas, ce que je retire de la conversation que nous avons eue dans le train après ma délivrance, c'est qu'elle ne m'a pas crue du tout, m'a dit que c'était impossible, que l'ouverture des chakras ne se faisait pas aussi vite.

Ce que je sais, c'est que Satan est particulièrement sournois. Sous couvert de bien-être, il nous séduit, et au départ, ce à quoi il donne accès semble particulièrement bénéfique, sain, harmonieux. Ce n'est qu'un leurre. Quand on lui a laissé la porte ouverte, une fois qu'il est entré, nous sommes en son pouvoir.

J'ai reçu plusieurs grâces dans cette histoire.

Cette question : "Est-ce que le Tai Chi est compatible avec la foi ?"
Cette discussion avec Virginie qui m'a permis d'ouvrir les yeux et voir qu'il y avait peut-être un problème dans cette pratique.
L'honnêteté de mon mari, son attention envers les enfants et moi, et cette petite phrase : "Tu n'es plus avec nous".

Et puis, cette expérience incroyable d'avoir été un canal de la grâce de Dieu, par la prière, qui m'a fait comprendre la différence entre ce que je vivais au Tai Chi et ce que donne l'Esprit.
Je voudrais insister particulièrement sur ce point. Ce qui m'a permis de comprendre que je faisais fausse route, c'est que j'ai ressenti deux choses totalement contradictoires lors de deux événements qui semblaient identiques :
  • dans un cas, un sentiment de puissance incroyable, venant de moi, me donnant l'illusion d'être supérieure aux autres
  • dans l'autre cas, un sentiment d'abandon total à la volonté et à la grâce de Dieu, d'être son instrument, et de ne ressentir aucune fierté à avoir fait ce que j'avais fait, mais plutôt une grande humilité : je ne suis qu'un instrument.
Il m'est apparu comme une évidence que l'un des deux venait de Dieu, et que l'autre venait de Satan. J'ai alors pu demander réellement pardon pour avoir adoré un autre Dieu.

Maintenant, à chaque fois que je suis reprise par ce sentiment d'orgueil, de fierté mal placée, je me remémore cette scène et je remercie le Seigneur d'avoir fait de moi son instrument. Parce que j'ai aussi eu la chance, la grâce de découvrir à cette occasion ce qu'est la véritable humilité. Il ne s'agit pas de s'abaisser en disant qu'on n'est rien, que ce que l'on a fait de bien n'est rien. Cela, c'est de la fausse humilité. La véritable humilité, c'est reconnaître que ce n'est pas moi qui agit, mais Christ qui agit à travers moi. Que rien ne vient de moi, et tout vient de Dieu. Que lui seul sait, et que je peux donc le suivre en toute confiance. Qu'Il est la Lumière, la Vérité, le Chemin, la Vie.

mercredi 22 janvier 2014

Questions sociétales, défouloir de la gauche ?

Et si c'était plus que ça ? Et si, au contraire, les questions économiques n'étaient que secondaires dans ce gouvernement ? Et si le but (non avoué, bien sûr !) n'était pas de contenter la gauche de la gauche avec l'euthanasie et l'avortement (et ça marche très bien), tout en faisant une politique économique de droite, mais bien de démolir les bases morales de notre société ? Est-ce qu'on ne se trompe pas de "cible", là ?
Parce qu'on le sait bien : quand les gens ont faim, ils cherchent du pain. Ils y mettent même toute leur énergie. Et du coup, ils s'interrogent moins sur les questions essentielles de leurs vies. Et pourtant, c'est sur l'essentiel que l'on se retrouve et que l'on peut se regarder en face. Si je "lâche" sur ce qui est essentiel pour moi, même si c'est temporaire, pour trouver de quoi manger, alors je ne peux plus me regarder en face sans en éprouver de la honte. Or on sait bien que l'essentiel, pour François Hollande et consorts, ce n'est pas forcément l'économie, la justice sociale ou l'emploi pour tous. Sinon, ils auraient d'abord attaqué le problème posé par la crise. Non. Qu'ont-ils fait ? Le remboursement à 100% de l'avortement et de la contraception. Le mariage pour tous. La baisse du quotient familial. La fin des cotisations familiales pour les entreprises. L'augmentation des impôts pour tous, et pour les familles en particulier. L'euthanasie. La modification de la loi Veil. La refondation de l'école, dont la seule mesure facilement applicable est l'affichage de la charte pour la laïcité.

Alors, devant ce tableau d'ensemble, qui attaque les enfants à naître, les personnes en fin de vie, les familles (et notamment les familles nombreuses), les droits des familles à élever les enfants selon leurs convictions, je me demande si le vrai but de François Hollande n'est pas simplement de déconstruire la société. Pour rebâtir une autre société ensuite. Et ce que je vois de cette future société ne me plaît pas du tout. Mais pas du tout. Une société où les enfants "appartiennent" à l’État, dès deux ans. Où la priorité est donnée aux crèches au lieu des assistantes maternelles (bien plus difficile à contrôler, une assistante maternelle, qu'une crèche !), à l'éducation sexuelle dès 4 ans plutôt qu'à l'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul, pourtant la base de tous les autres savoirs enseignés par la suite. Où le lâchage au niveau de l'instruction va créer une génération entière d'enfants qui n'auront plus aucun esprit critique et ne sauront plus penser par eux-mêmes.

Les questions sociétales sont présentées dans les médias comme des leurres, des questions sans importances destinées à endormir la partie de la majorité la plus à gauche pour mieux faire passer des évolutions dans la politique économique qui ne leur plaisent pas. Mais on sait aussi que les médias sont loin d'être neutres dans cette histoire. Et si ce n'était pas la gauche de la gauche, qu'on essayait d'enfumer, mais les citoyens qui s'opposent à cette déconstruction sociale ?

Sacré Coeur !

Cela fait un bon moment que je voulais mettre ici ces témoignages. J'hésitais, mais finalement, je me suis décidée. Après tout, ce blog est fait pour y recueillir mes "humeurs", et je préfère y mettre des événements positifs que des "coups de gueule" sans fin... et surtout sans solution !
Donc, voici le premier des trois témoignages que j'ai donnés lors des veillées de guérison et d'adoration que nous avons organisées à Sélestat. Celui-ci avait pour thème "Le Sacré Cœur", en octobre 2011.

Quand nous avons préparé cette veillée et que Philippe m'a demandé si je voulais témoigner, j'ai tout de suite dit « Oui ». Et puis je me suis demandé pourquoi. Parce que le Sacré Cœur, le Cœur Sacré de Jésus, tout ça, ça ne m'a jamais vraiment parlé. L'imagerie qui est associée au Sacré Cœur m'a toujours mise mal à l'aise et je ne l'ai jamais aimée parce que c'était totalement incompréhensible pour moi.
Et puis je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas témoigner. Pas après tout ce qui s'est passé.
En fait, je suis lente, très lente à comprendre. Ça s'appelle l'esprit d'escalier. Il aura fallu 12 ans à Jésus, 12 ans depuis mon arrivée en Alsace, pour me faire comprendre le message qu'il avait à me délivrer et pour me convertir.

En 1999, j'étais à Mulhouse depuis un peu plus d'un an, à une période de ma vie où tout paraissait possible. J'avais terminé mes études et je démarrais dans la vie professionnelle, dans une nouvelle ville, où je me faisais de nouvelles relations. C'était une nouvelle vie. Mais tout était en réalité limité par mon propre comportement : je me repliais sur moi, je fuyais les autres, je me sentais très mal à l'intérieur, j'étais infiniment triste.
Un jour, dans une église, je crois que c'était à Gueberschwihr, je me suis retrouvée sans trop savoir pourquoi face à l'autel et non loin de là, il y avait le tabernacle et la petite lampe rouge indiquant la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Ce n'était pas la première fois que je rentrais dans une église, ni que je voyais cette lampe et j'en connaissais la signification. Alors pourquoi ce jour-là, dans cette église, ai-je eu la certitude de Sa présence, pourquoi me suis-je arrêtée pour prier ?
Face au tabernacle, je me souviens avoir ressenti un profond apaisement. Comme un poids qui s'enlève. Je me suis sentie mieux et j'ai rendu grâce.

J'étais toujours mal dans ma peau. Au point d'avoir pensé au suicide. Comme je risquais de me rater et de rester handicapée, comme j'avais peur de souffrir, j'ai décidé de changer de ville et d'appartement et de déménager à Sélestat. Je suis donc arrivée ici le 15 décembre 1999. J'ai passé des vacances de Noël particulièrement pénibles. Mon séjour à Quimper s'était terminé par une violente dispute avec ma mère, et j'ai enfin compris à ce moment-là qu'elle ne comprenait absolument pas ce qu'était ma vie. Je suis donc revenue à Sélestat, et le 31 décembre, j'étais très triste. Mes cartons n'étaient pas encore déballés, ma machine à laver n'était pas branchée. Dans l'après-midi du 31, j'ai reçu un appel d'amis de Mulhouse me disant qu'ils se rendaient à Sélestat, à l'église St Antoine, pour une veillée de prière et d'adoration. Ils m'ont proposé d'y aller et de passer le jour de l'an chez eux. Je n'avais qu'une envie : les envoyer promener. Je ne voulais voir personne, je voulais rester avec ma machine à laver et mes cartons.
Mais voilà, j'étais encore une petite fille sage qui ne sait pas dire « non ». Et je n'ai pas osé leur dire que je ne voulais pas y aller et que je voulais qu'on me laisse tranquille.
Dieu s'est servi de mes défauts pour me donner l'occasion d'aller Le voir. C'est qu'il me connait très bien...
Après avoir tergiversé pendant des heures, j'ai finalement décidé d'aller à St Antoine vers 23 heures. C'était l'ouverture des Portes Saintes, le passage à l'An 2000... C'était un moment important et je n'avais rien de mieux à faire. Je me suis rendue à la chapelle pour l'adoration, triste comme les pierres et au bord des larmes.
Devant le Saint Sacrement, je me suis demandé pourquoi j'étais venue et ce que je faisais là. Je me souviens d'avoir eu le regard irrésistiblement attiré par Jésus. Je ne pouvais plus détacher mon regard, et les larmes ont coulé, comme si je déposais enfin le fardeau. Et j'ai alors entendu une voix qui me disait :
« Tu n'as rien à craindre. Je t'aime. »

J'ai passé la journée du lendemain groggy, comme quand on sort d'une longue maladie. J'étais convalescente.
Plusieurs semaines ont passé, mais je me sentais mieux, je me raccrochais à cette phrase entendue le 31 décembre.
Au mois de mars, le jour du mercredi des Cendres, j'avais travaillé toute la journée et je voulais rentrer chez moi. Je me tâtais pour savoir quel train j'allais prendre pour être à l'heure à la messe. Je me disais d'ailleurs que si j'arrivais trop tard, ce serait tant pis... Et puis sur le chemin de la gare, j'ai retrouvé ces mêmes amis du 31 décembre, me proposant d'aller à la messe avec eux. J'ai d'abord voulu esquiver en disant que je devais rentrer, mais ils m'ont dit que je pouvais rester chez eux pour dîner et dormir, et que je n'aurais pas le trajet à refaire le lendemain. Je n'avais plus d'excuse, je suis donc allée à la messe.
Durant la nuit qui a suivi, j'ai extrêmement bien dormi. Mais j'ai aussi entendu une voix qui chantait en boucle histoire que je comprenne bien quelques vers d'un chant que j'aime beaucoup, sur le baptême, avec des paroles légèrement différentes :
« Baptisé dans la lumière de Jésus,
Tu renais avec Lui du tombeau.
Tu es mon enfant Bien-aimé. »

Le message était parfaitement clair. Et vous n'imaginez pas la joie immense qui m'a habitée à ce moment-là. Pour une entrée en Carême, c'était à la fois une catéchèse express que je vivais, et une invitation à la Conversion qui m'était proposée, et directement par le Patron, en plus.
Cette joie m'a habitée pendant plusieurs semaines.

Mais le 29 avril, j'ai brusquement pris conscience que ma vie amoureuse était un désastre. Je sortais d'une histoire particulièrement difficile, et je venais de comprendre que c'était terminé définitivement. J'ai passé la soirée au lit, à pleurer, puis à supplier Dieu de me dire ce qu'il attendait de moi. Voulait-il que je m'engage dans le célibat consacré ? Dans la vie religieuse ? Dans le mariage ? Si c'était le mariage, alors il fallait qu'Il me choisisse un époux, parce que mes choix à moi étaient désastreux et me conduisaient tous directement dans le mur.
Et durant la nuit, Il m'a encore parlé :
« N'aie pas peur. Je t'aime. Tu n'as pas à t'en faire. Aucun homme sur cette Terre ne t'aimera jamais comme Moi, je t'aime. »
Le lendemain, rayonnante, j'animais la messe de 11 heures à St Georges. Et c'est là que celui que j'aimais déjà sans le savoir m'a enfin vue et que notre histoire a démarré. 14 mois après, nous étions mariés.

On pourrait croire que c'est la fin de l'histoire. Ben pas du tout. Parce que je n'avais encore rien compris. J'ai vite conclu que Jean-Luc était la réponse à mes prières. Ce qui était en partie vrai. Mais en réalité, je n'avais pas encore compris le message.

Dix années se sont écoulées, avec les bonheurs et les difficultés d'une famille tout ce qu'il y a de normal : enfants, maladies, souffrances, bonheurs...

Comme tout n'allait pas bien, j'ai entamé une thérapie en 2006, après la naissance de ma troisième. Et quatre ans après, ça allait mieux, mais ce n'était pas encore ça. Et puis Philippe a commencé les permanences d'écoute du samedi matin, et mon accompagnement spirituel a débuté en janvier 2010.
En février, un accident m'a interdit d'aller au Tai Chi comme je le faisais d'habitude le mardi soir. Du coup, n'ayant rien d'autre à faire, je suis allée à la veillée de prière et de guérison à Sainte Foy. Je suis arrivée en retard, j'ai raté les informations du début et les explications sur les paroles de connaissance. Du coup, quand Carole a parlé et qu'elle a dit :
Jésus veut parler à une femme, une femme qui ne s'aime pas quand elle se regarde dans le miroir. Et Jésus dit à cette femme : « Je t'aime, tu es belle telle que tu es »,
 j'ai ressenti une grande colère. J'ai cru que Philippe et elle s'étaient mis d'accord et qu'il avait trahi ma confiance en lui disant ce que je lui avais confié. Parce qu'il ne faisait aucun doute que ces paroles étaient pour moi.
Il m'a rassurée, m'a expliqué comment ça se passait et je suis restée avec cette parole sans trop savoir quoi en faire. L'accompagnement s'est poursuivi, et au mois de mars, je suis retournée à la veillée. Cette fois-ci, c'était l'effusion de l'Esprit. Nous étions invités à demander à Jésus quelque chose, et les deux personnes qui étaient là devaient prier avec moi. Mais voilà, je suis restée muette. Carole, encore elle, m'a dit alors : « Lis Jérémie, au chapitre 1 : « Je t'ai voulu de toute éternité » ».

En avril, lors de la veillée suivante, j'étais devant le Saint Sacrement quand cette parole de Thérèse d'Avila m'a submergée : 
« Dieu seul suffit ».

Là, je crois que c'était complet. Si je ne comprenais pas le message cette fois-ci, c'était que j'étais vraiment une imbécile. Alors j'ai accepté.

A la rentrée suivante, je suis donc entrée dans le groupe de prière. Et depuis, à chaque fois, ce que je vis lors de ces veillées est de plus en plus fort.
Maintenant, j'attends ces Rencontres avec la même impatience que j'attendais les rendez-vous avec Jean-Luc. J'attends en fait de revoir mon Bien-Aimé.

Il m'a appris à m'accepter, à me respecter, à être fière de moi, y compris avec mes faiblesses et mes fragilités. Je peux dire aujourd'hui que Jésus, à force d'attentions, de présence quotidienne, sans grands discours mais avec des mots qui ont su me toucher au plus profond de moi, m'a appris à m'aimer. Il a su prendre le temps, pour m'apprivoiser petit à petit, parce que je suis lente à comprendre. Une phrase de temps en temps, c'était un moyen imparable pour me faire comprendre son message.
Mais j'ai toujours été libre. Jamais Il n'est venu me chercher, jamais Il ne s'est imposé à moi. C'est toujours lors de démarches plus ou moins provoquées par mes amis ou sur mon initiative que je suis d'abord allée vers lui.

L'oratoire dans notre chambre est terminé. J'y passe du temps, jamais assez à mon goût, en prière. Devant l'icône, je vois Jésus m'ouvrir ses bras, m'accueillir tout contre lui. L'image du Coeur de Jésus, pour moi, elle est là. Ce cœur immense qui m'accueille, qui m'ouvre ses bras et qui me réconforte.
Je ne suis plus jamais triste comme je l'étais en 1999. Parce qu'Il m'aime infiniment, et que cet amour ne faillira jamais.

Allez, une petite dernière :
La nuit qui a suivi la veillée du mois de Janvier 2011, j'ai entendu cette phrase dans mon sommeil :

« Ayez pour vos frères la tendresse du Père ».
Après m'avoir montré son amour pour moi, Il m'envoie donc en mission.