Blog d'humeurs,
blog de textes personnels,
de recettes de cuisine ou de coups de gueule,
blog d'interrogations, de questions,
sur l'actualité ou la vie en général...
On pourrait le qualifier de "fourre-tout",
je préfère le penser... à mon image :
complexe, éclectique, et forcément fait d'un peu de tout.

vendredi 15 mai 2015

Tu ne tricheras pas


Ce matin, j'ai été réveillée par les informations à la radio. Normal, il fallait bien que je me lève pour aider les enfants à se préparer à aller à l'école. Mais je ne me suis pas levée tout de suite, parce que l'information que je venais d'entendre était sidérante, proprement hallucinante. Non pas que je ne la connaissais pas, mais le compte-rendu rapide du journaliste de la radio (vous savez, celui qui a 3 minutes chrono pour donner l'essentiel de l'actualité en France et dans le monde, à 7h du matin ?) a bien donné toute l'aberration du monde dans lequel nous vivons désormais. Parce que oui, c'est aberrant. Et sidérant tout simplement.

Il s'agit, bien sûr, de cette "régularisation" de trois enfants nés par GPA, pour lesquels le Tribunal de Grande Instance de Nantes a considéré qu'il allait de leur intérêt que leur état civil soit bien retranscrit, à savoir qu'ils sont tous les trois nés de deux pères...
L'information, je l'avais eue hier soir, rapidement, en lisant les dépêches. Mais ce que j'ai entendu ce matin, c'est tout simplement que le TGI de Nantes aurait considéré qu'il était dans l'intérêt des trois enfants que l'on triche avec leur filiation ! Rien que ça !

Franchement, j'ai failli m'étrangler quand j'ai entendu ça. Est-ce la manière dont le journaliste a repris l'information quand il a écrit son papier ou bien est-ce réellement ce que le TGI a fait valoir ? Dans un cas, on peut parler, sans doute, d'abus de langage. Mais si c'est bien ce que le TGI de Nantes a voulu faire savoir dans son arrêt, alors notre société a un gros, un très très gros problème...

Parce que ce que j'ai appris dans l'article en lien plus haut, c'est que le TGI s'est simplement appuyé sur les décisions de la CEDH de l'an dernier, pour lesquelles la France n'avait pas fait appel et qui, maintenant, s'appliquent donc en France (la preuve).
Peu importe, finalement, à qui revient la faute. Ce que je vois, c'est que le TGI a considéré qu'il était dans l'intérêt des enfants qu'on leur mente sur leurs origines, qu'on leur dise, par la force de la parole de la justice, qu'ils sont les enfants de deux hommes. Qu'on triche avec leurs origines.

Je suis triste pour mon pays. Parce que nous avons perdu ces fameuses "valeurs" qui faisaient sa grandeur. Au nom des "valeurs" humanistes ou venant de je ne sais où, on en arrive à mentir sciemment à des enfants en leur faisant croire que c'est mieux pour eux. Or tout le monde sait, au fond de lui-même, qu'il vaut mieux pour un enfant qu'il ait un père et une mère, même si les aléas de la vie font que ce père et cette mère peuvent s'être séparés ou que l'un d'eux peut avoir disparu. Non, là, on dit en quelque sorte à l'enfant que c'est "bien" de mentir et de tricher. On en vient donc à nier les fondements mêmes de notre société, de notre "vivre ensemble" (terme très à la mode en ce moment). Comment, plus tard, les parents pourront-ils dire aux enfants qu'ils ne doivent pas tricher à l'école ou mentir quand ils veulent obtenir quelque chose ? Comment les adultes peuvent-ils être crédibles dans leur tâche éducative si les fondements de leur parentalité sont elles-mêmes les fruits de la triche et du mensonge ?
Notre monde va droit vers sa fin. Je ne sais pas ce qui va le remplacer... et je crois que je n'ai pas vraiment envie de le savoir. 
Je crois que je vais prendre la prochaine navette en partance vers Mars ou Jupiter, tiens... Reste plus qu'à trouver le financement. Et si je me mettais à jouer au loto ?! :)

samedi 9 mai 2015

Toute la vie...



Il y a quelques semaines, il y a eu une polémique autour de la dernière chanson signée Jean-Jacques Goldman pour les Enfoirés, intitulée "Toute la vie". La teneur de la polémique elle-même, je ne m'en souviens plus vraiment, mais cette histoire m'a incitée à me demander ce que disait exactement cette chanson. Et de réfléchir un peu dessus. D'autant que certains événements nous touchant directement m'y obligent plus ou moins...

Les paroles sont plutôt négatives dans l'ensemble. En gros, les Enfoirés (les adultes, à droite dans la vidéo), répondent aux adolescents qui se trouvent en face et qui les accusent d'avoir en quelque sorte bien profité durant leur vie et de leur laisser un monde pourri dans lequel il n'y a que chômage, pollution, violence et sida.
Les adultes répondent que ce qu'ils ont, ils se sont battus pour l'avoir, mais que leur chance, c'est qu'ils sont jeunes et qu'ils ont toute la vie devant eux pour bâtir leur avenir.
Et puis, il y a cette petite "pique" de la part des adultes envers les jeunes : 
"À vous de jouer, mais faudrait vous bouger"

Et c'est là que je "tique" un peu (sur beaucoup d'autres choses aussi (je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il y a dans cette vidéo, mais certains points soulevés sont intéressants), mais c'est cette seule phrase qui est entrée en résonance avec ce que nous avons vécu et que nous vivons toujours depuis quelques mois maintenant (déjà en germe depuis quelques années, mais particulièrement frappant depuis environ un an ou deux).

Mon mari est viticulteur et, depuis maintenant au moins six ou sept ans, il emploie un apprenti qu'il forme à son métier, un travail où on est dehors, au grand air, mais qui peut être physiquement difficile à certains moments (comme quand il faut tailler les vignes, arracher le bois mort pour permettre aux nouvelles branches de pousser, ou encore lier les jeunes pousses pour leur donner l'arcure adéquate ou retirer les rejets au pied des plants pour éviter qu'ils n'étouffent... sans parler des vendanges). Un métier physique, en contact avec la nature, dans lequel certains peuvent s'épanouir... à condition de "se bouger" un peu quand même et de ne pas rechigner à la tâche.

Or, qu'est-ce qu'il se passe depuis un peu plus d'un an ? Les jeunes qui défilent (parce que c'est vraiment ça à certains moments) ne "tiennent" pas longtemps. Mon mari les fait venir, sur leur demande, pour des essais d'une semaine, histoire de savoir si c'est vraiment dans ce métier qu'ils veulent faire leur apprentissage.
Les deux derniers n'ont pas tenu deux jours. Véridique.
Alors oui, c'est un travail difficile et exigeant, on est dehors par tous les temps ou presque (faut pas pousser non plus, ce n'est pas le bagne et quand il pleut trop, on ne peut rien faire dehors alors c'est plutôt sympa d'être dans la cave pour étiqueter les bouteilles ou les mettre en cartons, par exemple, et physiquement, c'est nettement moins dur !). Mais ce qui est en cause, ce n'est pas vraiment la dureté du métier. Sur une journée et demie, c'est un peu difficile à apprécier... Non, ce qui est en cause, c'est quand même la mentalité de ces jeunes. Le dernier a commencé la journée et, à peine arrivé dans la parcelle, a demandé à mon mari s'il savait si "chauffeur de bus, c'est pas moins dur, comme métier, et mieux payé"...
Avec un niveau pareil, on n'est pas rendus, comme disent les petites vieilles en Bretagne...

Alors de qui on parle ? On ne parle pas des jeunes hyper-diplômés qui enchaînent les stages sous-payés (quand ils le sont) et décrochent leur premier CDD à plus de 28 ans. On ne parle pas non plus de ceux qui ont de telles difficultés à l'école qu'une autre orientation que le lycée est impérative et qui, eux, vont trouver sur leur route des institutions susceptibles de les accompagner dans la construction de leur parcours professionnel, quand c'est possible.
On ne parle pas plus de jeunes qui cherchent un travail activement, essuient des refus plus ou moins élégants et remettent le pied à l'étrier tout en faisant des petits boulots en soirée et le week-end parce qu'il faut bien manger.
Non, on parle ici de jeunes qui, à 24 ans, n'ont toujours aucune formation, mais, plus grave, n'ont même aucune idée de ce qu'ils vont bien pouvoir faire de leur vie. L'avant-dernier candidat n'est même pas venu, pour tout dire, parce qu'il a eu un problème de voiture et que sa semaine découverte devait avoir lieu pendant les vacances scolaires, durant lesquelles il voulait passer du temps avec sa fille de deux ou trois ans !
Entendons-nous bien : je considère comme parfaitement louable et même souhaitable qu'un père passe du temps avec sa fille et mette les priorités sur sa famille. Mais justement, la priorité, pour un père qui se respecte, n'est-ce pas de pouvoir nourrir sa famille ? Il semble que cela fait partie de son devoir d'état. Et, pour ce faire, trouver du travail ou se former pour en trouver un plus tard me semble être une priorité. Il ne s'agit pas du tout d'un discours sexiste de ma part (sur le mode "Les hommes au boulot, les femmes à la maison pour s'occuper des gamins") mais bien d'une réalité qui rejoint chacun : quand on a pris la responsabilité d'avoir les enfants, le minimum, c'est de prendre aussi les moyens pour subvenir à leurs besoins (ça tombe tellement sous le sens que je me demande encore comment je peux en arriver à écrire, ici, sur ce blog, de telles banalités. Mais il semblerait que depuis quelques temps, l'enfonçage de portes ouvertes soit devenu une nécessité, tant les évidences semblent ne plus en être... vous m'excuserez donc ces lignes parfaitement inutiles pour toute personne non polluée par le discours politiquement correct et bien-pensant ambiant).

Donc, même si je trouve normal qu'un père prenne du temps avec ses enfants, je trouve quand même regrettable qu'il ne mette pas la priorité sur la recherche d'un moyen de subvenir à leurs besoins. Or l'exemple de ce jeune homme, jeune père de famille, me donne à réfléchir quelque peu sur certains jeunes que mon mari est amené à côtoyer et à former, s'ils tiennent jusque-là. Entre le dernier cité et celui qui hésitait entre viticulteur et chauffeur (avec une nette préférence apparemment pour le métier de chauffeur de bus, jugé plus "cool" et moins fatigant que le métier de viticulteur), il y a une question qui se pose : que recherchent désormais une partie des jeunes gens ?
Est-ce qu'ils recherchent un travail ? Une formation ?
Est-ce qu'ils recherchent un moyen de gagner bien et rapidement de l'argent ?
Dans le premier cas, pour ceux qui n'auront pas pu suivre une scolarité classique (type collège-lycée et études supérieures plus ou moins longues), l'apprentissage est une voie intéressante pour se former à un métier auprès d'un professionnel qualifié et, en général, qui aime son métier et le fait bien. Il ne faut pas oublier que l'apprentissage est assez compliqué pour le patron qui, s'il a, il est vrai, quelques aides financières (réduites à la portion congrue ces derniers temps), doit aussi faire face à la responsabilité de la sécurité de son apprenti et à son incompétence (incompétence 100% normale, puisque le jeune est en formation). De la part de l'apprenti, on peut au moins espérer qu'il se conforme aux règles de sécurité, qu'il arrive à l'heure au travail (l'apprenti n'est plus dans un cadre scolaire mais dans un cadre professionnel et dépend du droit du travail, même si une convention a été passée entre l'école où il est inscrit pour faire sa formation théorique et l'employeur qui a accepté de le former concrètement). et qu'il fasse ce que lui demande son patron.
Dans le second cas, si l'objectif est de gagner rapidement de l'argent (et de préférence beaucoup), il vaut mieux soit être nanti, soit gagner au loto ou, dernière option, se lancer dans le commerce de la drogue ou des armes, c'est plus dangereux mais bien plus lucratif que de monter des murs, faire du vin ou s'échiner sur un toit à remplacer des tuiles.

Malheureusement, il est à déplorer qu'aujourd'hui, de plus en plus de jeunes qui se lancent dans un apprentissage (quand ils arrivent jusqu'à l'inscription au CFA) ne font même plus semblant de s'intéresser au métier qu'ils vont exercer un jour, quand leur apprentissage sera terminé... Nous sommes peut-être tombés sur des charlots ou des fumistes, je ne sais pas, mais à l'exception de trois d'entre eux, tous les autres ont quitté rapidement l'entreprise pour diverses raisons, allant de l'absentéisme à la désobéissance, en passant par le "c'est trop dur, je ne tiendrai pas", j'en passe et des meilleures.
Qu'est-ce à dire ?
Ces jeunes qui n'ont pas leur place à l'école (collège ou lycée) puisqu'ils en sont sortis, mais qui ne font pas beaucoup d'efforts pour apprendre un métier de manière très concrète et immédiate (il n'y a rien de plus formateur, à mon sens, que de faire soi-même sous les directives d'un professionnel), malgré leur apparente bonne volonté, que peut-on faire pour eux ? Sont-ils destinés à l'errance dans les formations professionnelles qu'ils vont rencontrer ou, pire, à Pôle Emploi ?
Certains sont d'une naïveté confondante et expliquent la bouche en cœur qu'ils cherchent un travail pas fatigant et bien payé, sans avoir aucune formation et souvent sans même être capables d'écrire correctement leur langue maternelle (on ne parle même plus de savoir ou non compter, malheureusement). Je me dis que là, ça va devenir quand même très compliqué pour eux de mener à bien un tel projet professionnel. Comment faire valoir financièrement auprès d'un employeur potentiel des compétences que l'on n'a pas ? Comment avoir un métier quand on arrête sa formation après quelques semaines au motif que c'est trop dur ?

C'est quoi, le problème ? 
La motivation ? Pour certains, la motivation est là, et bien là. L'un des jeunes qui avait demandé à faire un stage découverte avait appelé plusieurs fois l'entreprise familiale pour s'assurer qu'il pouvait venir, qu'on le prendrait bien pour une semaine, parce qu'il voulait absolument commencer une formation à l'automne prochain. Il a tenu 24 heures.
Je me demande si une partie du problème ne vient pas d'une certaine idée du travail, véhiculée depuis quelques années maintenant, sur le mode "Je travaille mes 35 heures et je me la coule douce le reste du temps et je peux en plus demander une augmentation parce que les patrons, c'est tous des riches avec des des salaires de ouf".
Je ne suis pas certaine que ce soit de la paresse. J'ai de plus en plus l'impression que ces jeunes en déshérence, on leur a vanté une société de loisirs dans laquelle tout est facile, à portée de mains, de tweet et de clic et où il suffit de demander pour obtenir. Seulement, le retour à la réalité, sur le terrain, est parfois brutal. Passé 25 ans, l'apprentissage n'est plus possible. Le jeune tombe alors dans le RSA, encore doit-il justifier d'une recherche d'emploi. Quant au chômage, les droits financiers qui vont avec ne sont ouverts que si le jeune a un peu cotisé. Sinon, c'est que dalle sauf l'autorisation de... chercher du travail, avec l'efficacité qu'on connaît en ce qui concerne l'accompagnement dans la recherche d'emploi par le personnel débordé de l'agence concernée par la question...

Oui, je me demande vraiment si, pour une frange de notre jeunesse, celle qui finalement paie le plus lourd tribu au chômage, le fond du problème ne vient pas du fait qu'ils ont cru en ce monde de loisirs qu'on leur a vendu, où tout est dû et tout est facile...
On peut s'amuser à chercher les responsables : les parents ? Les enseignants ? Les politiques ?
La question restera stérile tant que les jeunes en question n'auront pas simplement pris la mesure de leur propre responsabilité dans cette galère : "À vous de jouer, mais faudrait vous bouger"...

(pour le coup, j'aimerais vraiment, quand je vois ces jeunes paumés en recherche de stage, avoir autre chose à leur dire que ça...)

vendredi 8 mai 2015

Post-divorce

Je sens que je ne vais pas m'attirer que des sympathies mais tant pis.

On n'a pas fini d'avoir des problèmes...

Je tombe aujourd'hui sur cet article, relatant rapidement les déboires d'un couple "people" à propos de.. ses embryons congelés, alors que le couple en question s'est séparé.
Quid des "futurs enfants à naître" du couple ?

Toute cette histoire m'inspire quand même quelques réflexions (bien pauvres, c'est vrai, mais suffisantes pour montrer la complexité des choses et le pourquoi de certaines des opinions que j'ai) :
un couple congèle des embryons issus d'une fécondation in vitro (il y a donc un "projet parental", on ne peut en douter), mais au préalable, les deux amants (ils ne sont pas mariés, ou peut-être que si, mais l'article parle de "l'ex-petit ami" donc j'en conclus qu'il n'y a pas de mariage, sinon on parlerait de "l'ex-mari") ont signé un accord avant de faire la FIV à propos des futurs embryons, précisant qu'ils ne pouvaient "être utilisés sans une entente mutuelle".
L'ex-futur papa a entamé une procédure judiciaire à l'encontre de l'ex-future maman pour "obtenir la tutelle des embryons".
Soit.
J'en conclus plusieurs petites choses :
- l'embryon n'est pas une personne (on nous le rabâche constamment à propos de l'avortement, c'est ce qui permet aux avorteurs et à ceux qui souhaitent avorter tranquillement de ne pas avoir de problèmes avec leur conscience : ils peuvent se dire qu'ils n'ont tué personne, c'est bien plus pratique et ça permet de bien dormir la nuit), mais on peut être amené à avoir un "projet parental" pour lui et, mieux, à demander à avoir la "tutelle" d'un ou de plusieurs embryons
- Ça veut dire quoi, avoir la "tutelle" des embryons ? Jusque là, je n'en avais aucune idée, mais en regardant le contexte de l'affaire, dans l'article, il est dit que les embryons ne peuvent pas être "utilisés sans une entente mutuelle", à cause de l'accord qui a été signé entre les deux partenaires de l'ex-couple parental. Or, qui dit entente mutuelle dit que les deux "parents biologiques", puisque c'est de cela qu'il s'agit, doivent être d'accord pour faire naître l'un ou l'autre de ces futurs enfants potentiels. Avoir la "tutelle" de ces embryons voudrait-il donc dire "en avoir la responsabilité" ou, pour le dire plus prosaïquement "pouvoir en disposer comme bon semble au parent qui en aura le privilège" ?
- Là où ça se corse, c'est que les futurs parents se sont séparés et que, bien entendu, il n'est plus question, après cela, qu'ils mettent au monde ces enfants ensemble.
- D'un point de vue strictement comptable, le père est propriétaire de la moitié des gênes de chacun des embryons et la mère de l'autre moitié. Donc les embryons, finalement, ils appartiennent à qui ? La réponse devrait être simple : au couple (si tant est qu'un embryon puisse appartenir à quelqu'un. Rien que ça, ça me pose un léger problème, parce que c'est comme de dire qu'un de mes enfants "m'appartient"... ce qui n'est pas le cas. Nos enfants nous ont été confiés afin que nous les aidions à grandir. C'est tout. En ce sens, ils ne nous appartiennent pas. Et puis, mettre une notion de "propriété" sur un enfant ou un embryon, c'est réduire un être humain à un objet ou une marchandise... non ?). Sauf que le couple... il n'existe plus. C'est donc le serpent qui se mord la queue, là. Parce que concrètement, sauf à dénoncer le contrat qui a été passé avant la FIV, aucun des deux ne pourra faire naître l'un ou l'autre des enfants pour la simple raison qu'aucun des deux ne peut les utiliser seuls.
- Et puis, ce terme "utiliser", c'est à hurler. Parce que ça veut dire, là encore, que l'embryon, qui n'est donc pas une personne est vraiment considéré comme un objet. Que l'on peut utiliser comme on l'entend, le congeler quand la mère a 25 ans, le décongeler si l'envie lui prend, quand elle en aura 70, histoire de battre une nouvelle fois le record de la mère la plus vieille du monde...

L'embryon, un objet, donc, objet de désir de la part des parents biologiques, objet de tractations dans le cas présent, tractations d'autant plus sordides que si le contrat est dénoncé, l'enfant qui est susceptible de venir au monde, quel que soit le parent qui aura eu gain de cause, sera privé de l'un des deux... sauf si les deux géniteurs décident qu'ils se sont trompés quand ils se sont séparés et qu'ils se remettent à vivre ensemble... on peut rêver.

L'un des gros problèmes qui se posent, donc, dans ces cas de divorces compliqués de FIV, de PMA ou autres, c'est donc que l'enfant y est un objet, un droit... pas un être humain. Il est un enjeu, une condition, une marchandise, qui fait l'objet de tractations, de contrats, d'accords... que ce soit, comme ici, par FIV ou, comme dans d'autres pays, par GPA. L'enfant n'est pas ou plus considéré comme un don (d'ailleurs, comment pourrait-il être considéré comme un don quand on sait par quelles épreuves passent les couples qui ont recours aux FIV et aux PMA ? Il est plutôt le résultat d'un combat gagné par les parents contre l'adversité ou la nature qui a "condamné" les parents à l'infertilité et les a obligés à avoir recours à la FIV ou à la PMA...). L'enfant n'est donc pas un don, mais un dû. Un véritable objet, une marchandise certes très précieuse (la plupart du temps, les couples qui ont recours à ces techniques pour avoir un ou des enfants aiment infiniment leurs enfants, tout comme les couples qui les ont naturellement d'ailleurs), mais une marchandise quand même... et ça fait toute la différence avec les enfants nés de manière parfaitement naturelle.

Finalement, je me dis que tout cela serait facilement évitable si on changeait de perspective. Et si, au lieu de considérer que l'embryon n'est pas une personne (au sens juridique du terme), on commençait à le voir comme un enfant en devenir, un être humain à part entière ? Parce que, finalement, c'est très hypocrite, tout ça. L'enfant n'a aucun droit, la mère peut, au nom de son droit à disposer de son corps (et du coup du corps du bébé qui est dans son ventre), mettre fin à son existence ("purée, faut quand même pas pousser ! c'est mon corps et j'en fais ce que je veux !" J'ai envie de dire : "fallait pas avoir des relations sexuelles si tu ne voulais pas de bébé. Une méthode hyper-efficace contre les grossesses non désirées existe, elle est fiable à 100%, et c'est l'abstinence !). J'avoue en avoir un peu marre de l'argument "c'est mon corps et j'en fais ce que je veux". Oui, c'est ton corps, mais tu es aussi responsable de tes actes. Donc si tu es enceinte (là, en plus, la responsabilité est partagée avec le futur père, ça va de soi), ben faut pas venir pleurer sur la contraception qui ne marche pas ou le préservatif qui a craqué... quand on se connaît bien, on sait quand on peut et quand on ne peut pas avoir de rapports sexuels. C'est juste plus contraignant que la pilule, c'est vrai... Bon, je ne vais pas continuer sur ce chapitre, parce que ça va hurler dans les chaumières, je le sens.*
Toujours est-il que je me dis qu'un peu plus de sens des responsabilités, un peu plus de respect de l'autre, et surtout une autre perspective (le bébé est un être humain dès sa conception), on éviterait pas mal d'ennuis, et surtout on assumerait mieux ses actes.

Je me suis éloignée du sujet, pardon pour cette honteuse digression.
Donc, que vont devenir les petits bébés congelés ? Ah non, pardon. Ce ne sont pas des "bébés", mais des "enfants à naître"... Tiens, c'est marrant, la fin de l'article ! On passe d'embryons à "enfants à naître" ! Je ne peux pas m'empêcher de citer :
"Une femme a le droit de mener une grossesse à son terme même si l'homme est contre. Est-ce qu'un homme qui veut assumer toutes les responsabilités parentales n'aurait pas le droit également de mener ses embryons à terme même si la femme est contre?", interroge-t-il. "Ces questions, contrairement à l'avortement, n'ont rien à voir avec les droits d'une personne sur son propre corps mais avec le droit d'un parent de protéger la vie de son enfant à naître"
C'est beau, non ? Ce qui est génial, ici, c'est qu'on passe de considérations diverses sur des embryons (privés de droits et d'existence juridique) à des "enfants" qui, eux, sont sujets de droits, puisqu'il y a, dans notre beau pays et même un peu partout dans le monde, une Charte Internationale des Droits de l'Enfant ! On déplace donc le problème sur le plan émotionnel avec la responsabilité du père... En passant, il y en a au moins un qui a tout compris de l'imbroglio juridique dans lequel les lois sur l'avortement, la FIV et les droits des femmes à disposer de leurs corps nous ont mis : il y a discriminations, messieurs !!! Oui, vous êtes pris en otages par ces femmes qui, elles, peuvent vous faire un enfant dans le dos quand elles le veulent. Ce sont elles qui ont le pouvoir puisque ce sont elles qui ont un utérus. C'est injuste, mais c'est un fait qui ne pourra pas être changé dans l'immédiat. Mais vous, vous comptez faire comment pour faire valoir vos droits de "parent de protéger la vie de votre enfant à naître" ? Si la mère biologique des bébés ne veut plus d'enfant avec vous, vous allez faire quoi pour faire naître cet enfant ? Demander à votre nouvelle copine de porter les embryons de votre ex au motif que ce sont vos enfants ? Parce que, justement, pour que cet embryon devienne un jour un enfant, il lui faut un utérus pour se développer... Et donc la nouvelle copine du papa des embryons va se retrouver être la mère porteuse d'enfants qui ne sont pas d'elle et qu'en plus, elle devra élever ? 

Oh, non, je sais. Mais c'est encore pire alors ça me fait frissonner. Non, votre nouvelle copine, elle, voudra des enfants avec vous, c'est presque certain. Mais elle voudra qu'ils soient aussi d'elle. Du coup, pour vos embryons congelés, il faudra soit que vous louiez un autre ventre (c'est la GPA ! Youpi !), soit, pire, que vous fassiez appel à une technologie qui, il y a dix ans, nous était promise pour 2050. Elle n'existe pas encore, mais étant donné les progrès de la médecine et leur rapidité, il y a bon espoir que ce soit pour plus tôt que ça. Les utérus artificiels. Si, si.

On n'est pas dans la m.... !

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* Alors on va me dire "oui, mais qu'est-ce que tu fais de celles qui avortent suite à un viol ou un inceste ?"
Euh... oui, effectivement, là, on ne peut pas dire que la femme est responsable de cette grossesse. Seulement, je me pose une autre question : le viol, en soi, est déjà un traumatisme grave, voire gravissime pour la femme. Alors oui, c'est une abomination pour celle qui a vécu un viol ou des relations incestueuses non consenties. Mais l'avortement lui-même est aussi un traumatisme. Donc pour la femme qui a subi ce viol, on lui rajoute un second traumatisme ? Pourquoi serait-ce normal ? L'avortement, ça efface le viol ? J'ai la grâce de n'avoir jamais eu à subir cela. Mais je me dis que quand on est cambriolé, on ne met pas ensuite le feu à la maison pour "effacer" le cambriolage et les traces laissées par les cambrioleurs. On fait le ménage, on ajoute des alarmes et des serrures sécurisées, on porte plainte, on rachète ce qui a été volé, bref, on s'adapte et on reconstruit comme on peut. Et petit à petit, le temps fait le reste. Pourquoi infliger à la femme traumatisée par un viol un second traumatisme avec l'avortement ?
Et puis, il ne faut rien exagérer quand même : la plupart des femmes qui avortent (plus de 220.000 par an en France) n'ont pas été victimes de viols ou d'inceste. Mais de problèmes de pilule ou, plus simplement, de "ce n'est pas le moment" ou "ce n'est pas la bonne personne". C'est bien moins dramatique mais, je crois, plus proche de la réalité. Seulement on veut continuer à justifier l'avortement "pour les cas extrêmes" parce que c'est mieux pour la conscience et la moralité de ceux qui demandent la possibilité d'y avoir recours, alors même que la loi, récemment, a été changée pour supprimer la notion de "détresse" et permettre à toute femme qui le souhaite d'avorter. Donc on fait de l'avortement quelque chose de "bien" (au sens de légal, sachant que je commence à douter sérieusement du fait que toutes nos lois sont établies dans le but de viser le bien général), un moyen comme un autre d'éviter une grossesse, en niant totalement le droit du bébé à naître un jour, son droit le plus strict à vivre.

samedi 11 avril 2015

Vous êtes dans le monde, mais vous n'êtes pas du monde...

J'ai de plus en plus souvent l'impression de vivre dans un monde "à part", ou plutôt de m'éloigner de plus en plus des "valeurs" de ce qu'on appelle "le monde", ou encore des "valeurs" du monde dans lequel je vis. J'ai tout plein d'exemples tirés de l'actualité pour dire le décalage entre cette vie que nous propose "le monde" et ce que je vis et ai envie de vivre au quotidien. Parfois, je me dis que je suis un peu un dinosaure, ou bien un alien... mais non, je suis bien née au 20e siècle (ce siècle que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaître) et sur cette bonne vieille Planète Bleue.

Alors ?

Alors j'ai lu aujourd'hui (mais le sujet était déjà abordé hier sur un autre site, puisque la loi était votée ces jours-ci), cet article sur les salles de shoot. Qui me laisse sans voix. Surtout quand on sait que des initiatives existent qui permettent d'aider les toxicomanes à sortir de l'enfer de la drogue. Là, c'est carrément de la non-assistance à personne en danger (voire de l'incitation), mais c'est légal ! Youpi. Allez-y, vous allez pouvoir continuer à vous détruire, et en plus, ce sera avec la bénédiction du gouvernement...
Euh... je croyais que les effets des drogues étaient vraiment, vraiment problématiques pour la personne qui en consomme ? Je croyais que la drogue détruisait les neurones, altérait la perception de la réalité, brisait des familles entières... et, accessoirement, pouvait aller jusqu'à tuer le consommateur...? C'est faux, alors ? 
Ou bien peut-on se poser la question de la raison pour laquelle le gouvernement, au lieu d'encourager à la sortie de la drogue, encourage à y rester, mais "en sécurité" pour avoir moins de risques d'attraper l'hépatite C ou le Sida en échangeant les seringues usagées à la sauvage ? Et je croyais que justement, on pouvait se procurer des seringues propres en pharmacie si on était sous méthadone ?
En fait ben... la méthadone, ça ne change sans doute pas grand chose au problème, si on considère qu'on remplace une drogue par une autre... Bref, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, mais ce que cette nouvelle loi a de terrifiant, c'est que, pour le coup, la drogue devient quasiment légale... C'est moi, ou bien il y a comme un léger problème, là ?

Deuxième exemple, toujours tiré de l'actualité d'aujourd'hui, la suppression du délai légal de réflexion quand on souhaite avorter. Alors tout est dans l'article, je ne vais pas le réécrire, ce serait ridicule. Pas plus que je ne me reposerai la question de la pertinence du délai de réflexion quand il s'agit d'acheter un tapis suite à un démarchage à domicile ou de signer un contrat de prêt quand on va prendre un crédit... Mais tout de même... S'est-on posé la question de ce que c'est qu'une IVG ? Quand on sait que le cœur d'un bébé (oui, j'emploie volontairement le terme "bébé" et non pas "embryon" ou "amas de cellules" !) bat au bout de quelques jours, comment peut-on dire que le bébé à naître n'est pas un être humain ? Que je sache, quelques semaines plus tard, sur l'échographie, on verra bien le visage d'un futur homme ou d'une future femme, pas celui d'une vache ou d'un oiseau... Il n'y a aucune confusion possible ! Selon le document mis en lien, le cœur bat à la 6e semaine, c'est-à-dire moins de 4 semaines après la fécondation. La semaine suivante, le cerveau commence son développement ainsi que tous les organes vitaux. Et on autorise, voire on incite fortement les femmes enceintes de nos pays soi-disant développés, à avorter jusqu'à 12 semaines, et en plus, on voudrait étendre ce prétendu droit à 14 semaines ? Mais... je ne sais pas, moi... sommes-nous devenus des barbares, pour tuer ainsi, avec le consentement non éclairé de la mère (puisque maintenant, il existe un délit d'entrave à l'IVG qui a été étendu à l'information) et sa complicité, plus de 200.000 enfants chaque année ? Vous savez comment ça s'appelle ? 
Un génocide. Tout simplement. Mais il est silencieux, celui-là. Et fort bien accepté par la société. C'est que nous ne sommes pas au Rwanda...

Dans le même ordre d'idées, je me rappelle une discussion récente avec une de mes connaissances (en vrai, pas en ligne !), à propos de la contraception. Et elle me disait qu'elle vivait tout à fait différemment les unions avec son mari quand elle voulait avoir un enfant que maintenant qu'elle en a deux et qu'elle et son mari n'envisagent pas d'en avoir d'autres... et que ces unions, dont elle se souvient parfaitement, étaient bien plus belles que les autres (non pas, je suppose, que les autres ne sont pas belles, mais que celles qu'ils avaient quand ils voulaient un bébé avaient quelque chose en plus)... Et elle me dit qu'il faut s'y résigner : on ne peut quand même pas avoir 15 enfants, ce n'est pas raisonnable !
Sur ce dernier point, je suis plutôt d'accord : il faut avoir une santé de fer pour pouvoir mettre au monde 15 enfants, sans parler du fait qu'après leur naissance, on en prend quand même pour quelques années à les élever, les nourrir, les habiller, les loger, les soigner... et tout le reste. 
Il n'empêche. Qu'est-ce qui fait que ces unions sont différentes ? Je pense que la réponse est simplement dans la question : elles sont différentes parce que l'accueil de la vie est possible. Pas forcément tout de suite, pas forcément demain, mais possible dans la mesure où si un enfant survenait dans les mois qui suivent, il serait désiré et accueilli dans la joie par le couple. Donc, ce qui rend ces unions si belles, c'est le lien automatique qui se crée entre l'union de l'homme et de la femme et la fécondité possible de cette union. Donc du lien entre l'union et la procréation.
Eh ! Ça me rappelle quelque chose, ça ! Ça me rappelle la position de l'Eglise catholique sur la contraception. L'Eglise dit en effet qu'il ne faut pas séparer l'union de la procréation. Tiens ! C'est marrant ! L'Eglise, donc, dit en quelque sorte : "En séparant l'union de l'homme et de la femme de la procréation, vous vous privez de la joie et de la communion de l'amour conjugal". Diantre ! L'Eglise est pour le plaisir sexuel !!! Si, si ! Et même qu'elle l'encourage !
Donc il y a un léger problème avec notre société qui promeut la contraception pour toutes. Parce qu'elle est contraire, cette contraception, au bonheur du couple, tout simplement.
Personnellement, je vis mieux les unions avec mon mari depuis que je n'ai plus de contraception (quelle que soit la contraception d'ailleurs). Et je peux vous dire que ça change tout dans le couple ! Alors pourquoi, au nom de la sacro-sainte pensée unique de notre société pro-contraception et pro-IVG (anti-vie, quoi), pourquoi me priverais-je de la joie de l'amour dans mon couple ? Je n'ai pas envie de vivre cette joie simplement quand je veux un bébé ! Parce que si c'est le cas, je peux dire adieu à mon couple et à mon épanouissement au sein de celui-ci, puisque nous avons déjà quatre enfants et pas vraiment l'intention d'en avoir un autre ! Cela veut-il dire qu'il faille attendre d'être ménopausée pour retrouver la joie de l'union conjugale ? Ben zut alors ! J'en ai encore pour 15 ans au moins... Non, heureusement, dans le monde dans lequel je vis, Dieu a créé la sexualité humaine, et Il l'a créée bonne pour le couple, pour son épanouissement. Et Il a en plus, dans sa grande sagesse, donné à l'homme et à la femme la grâce de pouvoir maîtriser leur fécondité par la régulation naturelle des naissances (méthode Billings en particulier, mais ce n'est pas la seule existante). Tout simplement parce que, si l'homme est fécond toute sa vie et tous les jours, la femme, elle, ne l'est que quelques jours par mois et ce pendant quelques années seulement. Apprendre à repérer ces jours, c'est la possibilité de contrôler la fertilité du couple. Et ça, même si c'est contraignant (on se pose plus de questions que de savoir si on a pris ou pas sa pilule...), c'est tout bénéfice pour le couple (et c'est 100% naturel en plus ! À l'heure du bio, c'est plutôt une bonne nouvelle !). Et en plus, ça fonctionne. Si. Au moins aussi bien que la pilule quand c'est bien compris et utilisé. Encore faut-il être formé.

Bref, ces trois exemples me conduisent à me poser de nouvelles questions (oui, vous savez maintenant que je n'arrête jamais !) et surtout, à faire de nouvelles constatations :
Le monde dans lequel je vis, dans lequel nous vivons tous, ne cherche pas à nous rendre libres. Loin de là. Les politiques mises en places nous cachent la vérité et, ce faisant, nous privent de notre liberté. Liberté de choix en particulier. Liberté de choisir la vie plutôt que la mort. Et ça, je trouve ça vraiment terrifiant. 

L'euthanasie nous cache la réalité de la mort et de la souffrance. 
L'avortement nous cache la beauté de la vie naissante, le miracle de ce mystère de la vie à naître, de cet être minuscule et dépendant qui attend tout de sa mère et de son père, en particulier, aujourd'hui, le droit de vivre.
La contraception nous cache la beauté de l'amour conjugal, de l'amour entre l'homme et la femme, amour gratuit, don total de soi à l'autre, don absolu de l'autre à soi. La contraception cache simplement la joie de l'abandon total dans les bras de l'être aimé, la joie aussi de la plénitude du don mutuel dans l'amour.
Les salles de shoot cachent la beauté de la vie réelle, condamnent les toxicomanes à la vie sous psychotrope sans aucun espoir d'en sortir. Et, encore plus sûrement, elles les condamnent à la mort.

Ce monde sent la mort.

Personnellement, je préfère la Vie ! Et vous savez quoi ? J'ai une excellente nouvelle !
La semaine dernière, nous avons fêté Pâques. Pâques, c'est la fête de la Résurrection du Christ. Pour ceux qui ne connaissent pas, cela signifie simplement que le Christ était mort (Il a été crucifié le Vendredi Saint), mais qu'Il a vaincu la mort et le mal. Il est sorti du tombeau et Il est Vivant pour l'éternité. Et la bonne nouvelle, c'est qu'Il veut nous faire participer à Sa Vie éternelle. Il veut nous sauver, nous aussi, de la mort et du péché.

Vous attendez quoi, vous, pour vivre ? Il suffit de Le suivre ! Il est le Chemin, la Vérité et la Vie ! Et ça fait au bas mot 2000 ans que ça dure ! Alléluia !

jeudi 19 mars 2015

Contraception, avortement, Méthode Billings

Il y a un peu moins d'une semaine, mon mari et moi sommes allés à Strasbourg pour une formation approfondie sur la méthode Billings. Alors d'abord, on avait tout faux depuis le début. Quand on fait une formation "approfondie", cela suppose qu'on a quelque part déjà été formé aux bases. Ce qui n'était pas notre cas.
Mais malgré tout, nous avons pu comprendre ce qui nous a été enseigné, parce que cette méthode est scientifique et reprend grosso modo le cours de biologie de première S (quand j'y étais en... 1991 ! Oui, je sais, ça date !).

Alors avant tout, il faut bien savoir de quoi on parle ici. La méthode Billings est bien connue en France et dans le monde pour être une méthode de régulation des naissances, qui plus est prônée par l'Eglise. Alors ça, déjà, c'était un bon point parce que depuis un certain nombre d'années, mon mari et moi cherchons à vivre en cohérence avec le message de l'Eglise sur le corps et la sexualité en particulier. Ce qui suppose qu'on n'est pas des "lapins", mais qu'on n'utilise pas non plus de méthode de contraception. Ce qui est quand même assez contradictoire dans les faits, vous l'avouerez. Comment, donc, résoudre la quadrature du cercle (en gros, comment faire en sorte que le couple se porte bien du point de vue intimité et que nous ne devenions pas parents de quinze enfants, sans pour autant avoir recours au préservatif, à la pilule, au stérilet ou à tout autre moyen de contraception/stérilisation) ? C'est là tout l'enjeu...

Alors dans un premier temps, il faut absolument savoir de quoi on parle quand on parle de contraception. Contrairement à ce que nous dit l'Etat et ce qu'il nous vante (pilule gratuite pour les jeunes filles, avortement libre et gratuit pour toutes, j'en passe et des meilleures), la contraception, ce n'est pas anodin. Ça comporte des risques, et pas des moindres. En allant sur le site de vulgarisation médicale Doctissimo, je suis tombée sur la Diane 35, l'une des pilules les plus connues. Au départ prescrite pour des questions d'acné, elle est largement utilisée dans un but contraceptif. Et la liste des effets secondaires indésirables est longue, très longue, et elle fait peur. Cela va de la baisse de la libido au cancer du sein, en passant par les AVC, embolies pulmonaires, troubles de l'humeur, prise de poids (ou perte de poids), infarctus du myocarde, hypertension artérielle et autres. Rien d'anodin, donc. Et les risques, bien sûr, sont amplifiés en cas d'obésité, ou encore de tabagisme... Tous ces effets secondaires, bien sûr, ne prennent pas en compte les risques de grossesse malgré la pilule, parce qu'il y en a quand même... Environ 1 à 2 cas pour 100 femmes qui utilisent la pilule. Soit un taux de 98 à 99%. C'est pas mal, mais n'enlève pas le risque. (En fait, le préservatif est bien pire de ce point de vue : le taux d'échec est de 14% selon les statistiques publiées en France et aux Etats-Unis !). C'est ça, la contraception. Qu'elle soit sous la forme d'une pilule à prendre 21 jours sur 28 ou d'un stérilet aux hormones, c'est la même chose...
Quant aux moyens radicaux que sont les méthodes de stérilisation (ligature des trompes en particulier), je ne suis pas certaine que créer un bouchon dans la trompe soit ce qu'il y a de mieux pour le corps de la femme. Quid du risque de kyste, de cancer... ? Non, vraiment, je ne vois pas l'intérêt...

Par ailleurs, il ne faut pas oublier comment fonctionnent la pilule et le stérilet hormonal. Pour être certains que ça marche, les contraceptifs hormonaux agissent à plusieurs niveaux. Au niveau de l'ovaire, d'abord, dont ils bloquent le fonctionnement normal en empêchant l'ovule d'arriver à maturité (soit dit en passant, je me demande dans quelle mesure on peut imputer les kystes ovariens à l'utilisation de la pilule ?). Mais comme les premières pilules, très dosées, provoquaient des déséquilibres hormonaux, on a réduit les taux... et l'efficacité du même coup. Donc, aujourd'hui, les contraceptifs hormonaux agissent aussi sur les trompes, les détériorant pour ralentir la progression de l’œuf, une fois fécondé, pour éviter qu'il n'arrive à temps dans l'utérus pour s'y nicher. concrètement, dans les trompes, il y a des cils qui aident le déplacement de l’œuf et ces cils sont détruits par l'action de la pilule. Enfin, pour être sûrs que l’œuf fécondé ne pourra pas se développer, les contraceptifs hormonaux (mais aussi et surtout le stérilet en cuivre) détruisent la muqueuse utérine et la rendent impropre à la nidation. 
En gros, en vrai, le stérilet et la pilule provoquent un certain nombre d'avortements très précoces dont on ne sait absolument rien !
Personnellement, maintenant que je sais que la pilule ou le stérilet sont susceptibles de me détruire de l'intérieur et que la ligature des trompe peut éventuellement provoquer un cancer, je préfère m'en passer !

Dans un second temps, il faut quand même dire quelques mots de la méthode et de la philosophie qui la sous-tend.
Alors tout d'abord, la méthode est scientifique. C'est-à-dire qu'elle est basée sur des faits scientifiques prouvés, que toute femme peut observer, donc connaître et reconnaître. À condition de faire l'effort de s'observer. M. et Mme Billings, médecins australiens, ont découvert dans les années 1960-1970 l'importance du rôle de la glaire cervicale (celle qui est sécrétée au niveau du col de l'utérus de la femme) dans la fécondité. En gros, pour faire simple, plus la glaire est épaisse, moins la femme est fertile. Plus la glaire est transparente, liquide, et plus la période de fécondité de la femme (le pic d'ovulation) est proche. C'est très simple : la glaire épaisse forme un bouchon empêchant les spermatozoïdes de dépasser le col de l'utérus. La glaire liquide sert de réservoir nourricier et d'escalator aux spermatozoïdes pour favoriser leur migration jusque vers les trompes et ainsi permettre à la fécondation d'avoir lieu dans les meilleures conditions.
Le corps est vraiment formidablement bien fait, non ?

Alors le petit plus de cette méthode, c'est qu'elle met fin à l'indifférence de l'homme dans la question de la gestion de la fécondité du couple. Parce que là, pour le coup, il est forcément mis à contribution et il doit jouer le jeu. Le dialogue dans le couple en est favorisé, parce qu'il n'est pas question de ne faire que ce qu'on veut en période féconde, pour peu qu'on ne veuille pas ou plus d'enfants, parce que, forcément, un jour au l'autre, un petit bout de chou viendrait agrandir la famille. L'homme devient donc partie prenante dans cette question de la fécondité de la femme (et donc du couple) et ne peut plus se retrancher derrière la traditionnelle excuse de la plaquette de pilule dont il n'a que faire tant qu'il peut assouvir ses besoins sexuels. Autre bénéfice non négligeable : quand le couple s'unit, avec cette méthode, les deux sont d'accord. C'est-à-dire qu'on est loin, très loin, même, du travers de la pilule qui rend la femme inconsciemment disponible pour répondre aux instincts sexuels de l'homme n'importe quand. Bien sûr, les hommes sont plutôt civilisés en général et ne violent pas leurs femmes tous les jours, mais quand même, la seule excuse valable que les femmes ont trouvé pour ne pas répondre à l'envie de sexe de leurs maris quand elles-mêmes n'en ont pas envie, c'est... la migraine ! Là, au moins, quand il y a union, il y a forcément dialogue au préalable. Et ça change tout dans la relation.

Alors, bien sûr, cette méthode suppose une abstinence totale pendant la période féconde si on ne veut pas avoir d'enfants. Cette continence est un apprentissage pour certains, mais peut être aussi une occasion pour le couple de développer d'autres façons de se manifester son amour qu'au travers de l'acte sexuel... ou d'apprendre à jouer aux cartes.

Pour ma part, vous l'aurez compris, je suis conquise, d'autant plus que cette méthode répond à 100% à notre désir, à mon mari et à moi, de vivre notre sexualité dans le respect de ce qu'en dit l'Eglise catholique. Et ce n'est pas rien !

samedi 21 février 2015

De la publicité pour... quelque chose d'illicite !!! Si, si !

Deux événements aujourd'hui me font réagir...

Il y a un tout petit peu plus de deux ans (le 2 février 2013), quelques temps avant le vote de la loi Taubira sur le mariage, je m'interrogeais sur le fait que l'Etat nous mentirait... sciemment. Et quelques mois avant, j'avais déjà écrit à mon député pour lui demander de ne pas donner sa voix à cette loi parce qu'elle finirait (entre autres) par justifier tout et n'importe quoi. Dans mon courrier, je demandais entre autres si la société devait entériner quelque chose par la loi au motif que ce quelque chose existait (ce qui était un des arguments des personnes favorables à la loi sur le mariage pour tous) : Il y a des couples homosexuels qui vivent ensemble, qui élèvent des enfants, il faut donc leur donner un cadre législatif sécurisant puisque ces "familles" existent. Et je demandais si parce que le crime existait, il devait être rendu légal ?
Sur le coup, certains de mes contacts Facebook m'ont juste dit que je délirais, que c'était du n'importe quoi comme argument, qu'il n'était pas question de cela mais de "familles" et de "couples" qui s'aiment. Oui. Sauf que.

Sauf qu'aujourd'hui, à peine deux ans après (parce que pour Gleeden, la pétition, je l'ai déjà signée il y a plusieurs mois), on est dans une situation totalement délirante où la société en vient à demander elle-même la légalisation de faits par ailleurs punis par la loi. Et trouve cela "bien" sans doute.

Premier cas : Gleeden. Aujourd'hui (ou ces jours-ci, je ne sais pas exactement quand aura lieu le procès), les Associations Familiales Catholiques ont attaqué Gleeden en justice à cause des publicités placardées sur les murs du métro et à l'arrière des bus (et aussi en ville, mais ces publicités ont été retirées dans plusieurs villes de la région parisienne à la demande des élus - et d'ailleurs, ce matin, 170 élus ont publié une tribune contre cette publicité). 
Quel est le problème ?
Gleeden est un site de rencontres dont l'objet est précisément de promouvoir l'adultère (en fait, vous n'avez pas pu passer à côté, c'est dans tous les médias ces jours-ci, par exemple ici). Or l'adultère, s'il n'est plus considéré comme un délit de nos jours, est quand même défendu par la loi, puisque le code civil (article 212) dit très clairement que les époux se doivent fidélité (et ça, c'est même pas l'Eglise qui le dit, mais le maire ou son adjoint au moment où il marie les époux). Donc on a un site de rencontres qui fait sa publicité sur le fait qu'un homme et une femme consentants (et par ailleurs mariés, mais pas ensemble) ne font rien de mal et peuvent très bien tromper leurs conjoints respectifs, et qu'en plus, Gleeden dans sa grande mansuétude va les y aider.
Chouette !

Deuxième cas : la sortie d'un livre ces jours-ci. Un livre co-écrit par Sarah Levine, Américaine mariée à un Français et la mère porteuse de son aîné, Oscar. Le couple a un second enfant, Viviane et un troisième est en route aux Etats-Unis via, une fois de plus, une GPA. Alors d'accord, Sarah Levine n'a pas eu de bol. Plusieurs FIV, toutes ratées, puis la découverte d'un cancer de l'endomètre et hop, terminé l'espoir de mettre elle-même au monde, un jour, un enfant.
Mais quand même. Il y a un truc qui me gêne là-dedans. Est-ce que la GPA n'est pas interdite en France ? Est-ce qu'il n'y a rien de choquant dans le fait qu'un livre témoignage fasse la promotion, en France, d'une pratique qui y est (pour l'instant, mais pour combien de temps encore), interdite ? Et que cette promotion se fasse à la télévision, à la radio, bref, sur les grands médias nationaux ? Parce que l'info, je l'ai entendue cet après-midi sur France Inter ! Et en faisant des recherches, j'ai découvert un reportage sur France 3 ! Donc ce n'est pas une obscure chaîne du satellite ou une petite radio dissidente qui en fait la pub ! Non, ce sont les grands médias ! (d'ailleurs, à la réflexion, ça ne m'étonne pas. On parle beaucoup de l'indépendance des médias... Comment un journal comme Le Monde peut-il être indépendant quand il doit sa survie à... Pierre Bergé, le même qui a déclaré au moment du débat sur la loi Taubira qu'il n'y avait aucune différence entre l'ouvrier qui loue ses bras à l'usine et la femme qui loue son ventre à un couple qui veut avoir un bébé ?)

Ce que je remarque, c'est que la circulaire Taubira, parue en janvier 2013 (et qui avait en partie motivé mon billet du 2 février 2013), a, comme prévu, ouvert la boîte de Pandore. C'est le coup du Cheval de Troie, ça ! On interdit "officiellement" la GPA, mais on dit aux parents "pas de problème, vos enfants n'ont pas à pâtir de vos manquements à la loi, ils pourront avoir la nationalité française, il suffit de la demander !" et dans le même temps, la Cour Européenne des Droits de l'Homme condamne la France pour une histoire de GPA mais la France, qui redit par ailleurs son opposition à la GPA, ne fait pas appel de cette décision. Donc en France, on est officiellement contre, mais on fait tout pour faire comprendre qu'en fait, on est pour.
Dites, vous nous prenez pour des imbéciles ou quoi ?

Quand je vous disais que bientôt, nous serions dans un pays sans foi ni loi... ben... zut. J'avais raison. Mince alors.

C'était mon "humeur" du jour. Je ne décolère pas, bien sûr. Mais il y a belle lurette que j'ai compris ce qu'on nous prépare dans ce monde. Un monde déshumanisé où les hommes et les femmes se doivent d'être identiques et où il est interdit de penser autrement que ce que dicte l'Etat. Oui. Une dictature de la pensée. Si on y réfléchit bien, c'est déjà le cas. 

Charlie Hebdo. Qui publie des caricatures et des dessins obscènes à l'encontre de toutes les religions (et ils n'ont pas été particulièrement tendres avec le Pape ! Au fait, vous avez vu des intégristes catholiques tirer sur les dessinateurs de Charlie Hebdo avant que les islamistes le fassent ? Ben pas moi.). 
Et un journal qui veut publier une parodie de Charlie Hebdo et qui se voit interdit de le faire par... Charlie Hebdo, au motif qu'il y a des choses dont on ne peut pas rire !!!! Si ! Véridique !


Heureusement que je suis catholique. Parce que, du coup, je suis remplie par l'Espérance chrétienne. Celle qui dit qu'à la fin, le Christ est vainqueur. Parce que sinon, dans ce pays, vu tout ce qui s'y passe, il y aurait de quoi se tirer une balle dans la tête. Mais non, parce qu'à la fin, le Christ est vainqueur.

Seigneur, reviens vite ! Ce monde est d'ores et déjà devenu fou...

dimanche 8 février 2015

Questions sur la contraception (le retour)

Ce billet fera sans doute grincer des dents. J'en suis totalement désolée. L'objectif de mon billet n'est pas du tout de culpabiliser, de jeter l'anathème ou de dire « oh les vilains !!! », mais de crier, devant un phénomène dont la plupart des gens semblent ne même pas avoir conscience : à quel point la vie humaine est devenue marchandise… à notre corps défendant d'ailleurs. Parce que je ne doute pas une seconde que les personnes qui ont recours à la contraception ou aux autres techniques dont il est question ici, ne le fassent pas pour de « bonnes raisons », en tout cas pour des raisons que la société juge bonnes et acceptables. Pardon par avance à tous ceux et toutes celles qui pourraient être choqués par ce qu'ils vont lire. Ne voyez ici aucun jugement envers des personnes (j'ai moi-même eu recours à la contraception, vous le savez si vous avez lu les divers billets de ce blog, je suis donc hyper mal placée pour émettre un jugement, et d'ailleurs, je n'en ai aucun droit). Il s'agit juste, ici, de dire autre chose que ce que les médias et la « société » nous dit et nous rabâche à longueur de temps...

J'ai terminé il y a quelques semaines le livre « Bonnes nouvelles sur le sexe et le mariage » de Christopher West, et ce livre m'interpelle fortement, y compris bien après la fin de ma lecture. J'y trouve énormément de réponses à mes questions et notamment sur le pourquoi de certaines choses.
Il y a quelques jours, je suis tombée sur un dessin de Martin Vidberg, en lien avec un article du Monde relatant la réaction d'une jeune femme danoise suite à la mise en ligne de photos d'elle, nue, sans son consentement, par son ex-petit ami. Elle répond sur Internet en faisant appel à une photographe et en postant des photos d'elle… nue… mais, cette fois, avec son consentement.

Ce « fait divers » somme toute, malheureusement, assez fréquent maintenant, me laisse quelque peu interloquée. Comment peut-on répondre à une sorte de viol par une exhibition ? Qu'est-ce qui ne va pas dans notre société pour qu'un homme en vienne à étaler sur la « toile » une partie de la vie privée, de l'intimité de la femme qu'il a aimée (on espère) pour se venger de l'avoir quitté ? Qu'est-ce qui ne va pas, pour qu'une femme publiquement « salie » de la sorte trouve normal et naturel de s'exposer nue, en réponse à l'injure subie ?

Mon mari, une fois de plus, dirait « C'est parce qu'il n'y a plus la foi ». Une fois de plus, je dirais que c'est un peu lapidaire mais, en l'occurrence, je suis maintenant persuadée qu'il a raison.

Ce fait divers me renvoie directement à ma lecture citée plus haut. Parce que de telles dérives, de tels comportements, semblent être directement le fruit de la culture de mort dans laquelle nous vivons depuis maintenant plusieurs décennies.
Le « monde » (la société, quoi, pas le quotidien) nous présente la pilule, la contraception, comme une avancée, un progrès pour la femme. Elle peut ainsi « choisir » d'avoir des enfants « quand elle veut » et « si elle veut ». Elle est donc libre… du moins en apparence. En apparence seulement, parce qu'en acceptant la pilule (et tous les autres moyens de contraception mis à notre disposition, tels l'implant, le préservatif, le stérilet, les spermicides, le diaphragme et autres), la femme a en quelque sorte accepté une nouvelle servitude, celle du sexe pour le sexe. Finalement, sous couvert de « libération sexuelle », pour « jouir sans entraves » (c'est-à-dire sans risque de se retrouver enceinte), les femmes sont devenues esclaves du désir sexuel des hommes… et du leur. Avec la contraception, les femmes n'ont plus d'excuses (sauf la « migraine ») pour ne pas accéder aux désirs des hommes et ne pas les satisfaire. Avec la contraception, si une femme ne veut pas « faire l'amour », c'est en gros soit parce qu'elle n'est pas amoureuse, soit parce qu'elle est malade (ou anormale, allez savoir!). Du coup, la seule entrave à la satisfaction constante du désir sexuel (de l'homme et/ou de la femme, à savoir la conception d'un enfant) a disparu. Et tout ça pourquoi ? Parce que la sexualité a été coupée de sa finalité première : la fécondité.

Cette jeune femme a parfaitement raison : son « ex » l'a exhibée, telle un objet, au vu et au su de tout le monde. Mais, s'il a eu tort, comment s'en étonner, au fond ? En déconnectant la sexualité de la fécondité, l'homme et la femme ont fait du sexe quelque chose de l'ordre de la bestialité, la satisfaction des « besoins » sexuels de la personne (comme on a besoin de manger, d'aller aux toilettes…). [petit aparté pour expliquer un peu : lorsque la sexualité est vécue dans l'objectif de la fécondité, ou avec la fécondité en arrière-plan, un respect de l'autre s'instaure forcément. Celui ou celle avec qui j'ai des rapport sexuels est le potentiel père ou la potentielle mère de mes potentiels enfants. Donc l'ouverture à la vie du couple « oblige » en quelque sorte le couple à considérer l'autre comme un être humain et non pas comme le moyen d'assouvir un instinct ou un besoin sexuel.] Et si le but de la sexualité est de satisfaire des besoins sexuels, alors il n'y a aucune raison de ne pas se servir de l'autre comme d'un objet sexuel. Au même titre, à la limite, qu'un sex-toy ou que la masturbation (d'ailleurs, les sex-toys et la masturbation, s'il s'agit de satisfaire des « besoins », c'est peut-être même mieux et plus sain : pas de risque de grossesse, de transmission de MST… et pas besoin de les respecter, surtout pour les sex-toys!). Alors, bien sûr, il y a des couples qui vivent leur sexualité de manière authentique, même avec la contraception. Mais pour ma part, je me demande s'ils ont conscience de ce qu'ils font ? Je ne le pense pas, sans quoi ils ne le feraient sans doute pas. On nous a tellement « vendu » la pilule (et les autres contraceptifs) comme un « droit » et une chose normale qu'il est maintenant fort difficile d'avoir une parole différente. Ne pas prendre la pilule, c'est quasiment de l'ordre du délire, même et surtout pour les médecins…
Ne parlons donc pas, alors, de l'avortement…

Aujourd'hui, attendre un enfant est un vrai paradoxe. Selon la situation des parents, l'enfant peut être attendu et ne jamais venir (stérilité), il peut être désiré et programmé (grâce en partie à la contraception qui permet de décider du « quand », sans aucune garantie que cela « fonctionne », peut-être aussi, justement, à cause de la pilule?), il est souvent non désiré, donc avorté (et en plus, pourquoi s'en priver puisque c'est maintenant un « droit » remboursé à 100 % par la sécurité sociale?) et, parfois, il arrive trop tôt et on fait tout pour ne pas le perdre, quitte à risquer des séquelles (prématurés), ou alors on lui fait subir un avortement et il naît… vivant ! On le laisse alors mourir dans la plus grande solitude et la pire indifférence, sous prétexte que ses parents n'ont aucun « projet parental » pour lui (avortements tardifs)… Il peut aussi être congelé (à l'état d'embryon, comme un bout de viande qu'on se garde pour plus tard), histoire d'être certain qu'on pourra un jour le faire naître…

Mais alors, une question se pose… Cet enfant est-il une personne ou un objet, qu'il soit désiré ou non ? Est-il un être humain ? A-t-il, aujourd'hui, plus d'importance que le chien, le chat ou la maison, s'il est synonyme de gêne financière, de trouble-fête, d'empêcheur de tourner en rond, ou s'il est tellement indispensable qu'il en devient un droit ?
Comment se fait-il que notre société en vienne à considérer la maternité comme un fardeau, un poids ? Et l'enfant comme une gêne ? La vie a-t-elle si peu de valeur que l'on peut désormais la jeter sans aucun état d'âme ?

Je me souviens de mes grossesses, plus ou moins éprouvantes, fatigantes, difficiles ou douloureuses. Difficile, parfois, de rester allongée, obligée de se reposer alors qu'on n'est pas malade, mais juste enceinte. Difficile, aussi, de se voir changer, d'avoir les nerfs à fleur de peau, d'avoir des sautes d'humeur ou les larmes aux yeux sans raison autre que l'augmentation du taux d'hormones de grossesse… mais quelle sensation merveilleuse, aussi, que de se savoir enceinte, de sentir cette plénitude de la vie naissance, cette joie profonde, sereine, pleine et entière, de se sentir devenir mère, avec la fragilité et les doutes qui accompagnent cette période si particulière de la vie de la femme.

Quand à l'éternelle question de savoir si un fœtus ou un embryon est un être humain… pour ma part, bien sûr, elle ne fait aucun doute ! Pourquoi un enfant né prématuré à 7 mois de grossesse aurait-il plus le statut d'être humain qu'un bébé avorté à 7 mois parce qu'une anomalie congénitale, génétique ou autre, a été décelée in utero ? Dans un cas, il y a prématurité et dans l'autre interruption thérapeutique de grossesse… qu'est-ce que cela change, sur le fond ? Le « projet parental » y était dans les deux cas, sinon la grossesse n'aurait pas été poursuivie. Alors qu'est-ce qui fait la différence, sinon le droit que l'on s'est octroyé de décider que le petit prématuré devait vivre et que l'autre devait mourir parce qu'il risquait d'être handicapé ? Parce qu'on s'est donné le droit de simplement l'éliminer ? Cela en dit long sur l'enfant, malheureusement, que l'on s'arroge le droit de tuer (n'ayons pas peur des mots!) parce qu'il n'est pas « conforme » au projet parental, sans doute. Là encore, l'enfant est donc un objet. Un « objet » que l'on désire avoir, que l'on cherche à obtenir, parfois à un prix exorbitant (GPA)1, parfois au prix de manipulations cellulaires (PMA2…), un « objet » que l'on « doit » avoir pour avoir réussi sa vie, au même titre que la maison, le boulot et le chien.

Cynique, moi ? Non. Juste triste et réaliste.

Je pense à tous ces enfants qui ne naîtront pas parce qu'ils n'étaient pas « désirés ». À tous ceux qui sont morts avant de naître parce qu'ils sont arrivés « au mauvais moment » ou « pas avec le bon père ». À tous ceux, aussi, qui portent le poids immense de devoir être conformes aux désirs de leurs parents parce qu'ils ont le « droit » d'avoir un enfant « quand ils veulent » et « s'ils le veulent ». « Comme ils le veulent », aussi ?

Comment s'étonner que les hommes et les femmes se fassent du mal, s'ils sont capables de considérer ce qu'il y a de plus précieux, de plus sacré, de plus fragile, la vie, comme une marchandise ?

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1Entre le moment où j'ai préparé ce billet et le moment où je l'ai posté, la CEDH a donné raison à un couple italien qui s'est vu retirer l'enfant qu'ils avaient acheté 45000€ en Russie, au motif que la GPA est illégale en Italie. L'enfant est resté 6 mois dans la famille de ses « acquérants » avant d'être confié à une famille d'accueil, où il vit depuis 18 mois. Au final, « l'intérêt supérieur de l'enfant » prévaut : il n'a pas été rendu à ses « acquérants » parce que, je crois, il a passé plus de temps dans sa famille d'accueil. Mais l'Italie a quand même été condamnée à verser 30000€ au couple comme dommages et intérêts. Il est sans doute maintenant impossible à un État (dont la France) d'interdire la GPA ou, au moins, la transcription à l'état civil de l'acte de naissance à l'étranger de l'enfant conçu dans le cadre d'une GPA… (voir ici

2Toujours dans la même veine, des recherches entreprises en Angleterre pour permettre de créer des bébés dépourvus d'un gêne malade via un changement de mitochondries (j'y comprends pas grand-chose d'un point de vue technique, cela va de soi, mais c'est super intéressant !). Les recherches semblent avoir abouti, puisque ces actes, si j'ai bien tout compris, viennent d'être autorisés… On n'est pas sortis. À quand le « bébé à la carte » ? Vive le « Meilleur des mondes » ! (voir ici)