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je préfère le penser... à mon image :
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mardi 26 février 2013

NVB ou le retour de l'obscurantisme


Notre gouvernement fait vraiment très, très fort en ce moment, et multiplie les initiatives qui, à moi, me paraissent plus que douteuses ou problématiques.

Dernier exemple en date, dont j'ai pris connaissance hier : la ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a « découvert » que des femmes s'informaient sur Internet à propos de l'IVG. Et que se passe-t-il quand une femme utilise le plus célèbre moteur de recherche du net pour s'informer (vous pouvez essayer pour voir) ? Elle tape « ivg » sur ledit moteur de recherche, et tombe, soit en première intention, soit en seconde, sur le site www.ivg.net (normal, me direz-vous, au moins, là, on est vraiment dans la réponse à la question posée, ouf, ça prouve que G****e fonctionne correctement au moins).
Sauf que madame Najat Vallaud-Belkacem, ça ne semble pas lui plaire du tout, ça, parce que le site en question n'est pas franchement pro-ivg. Il est surtout favorable à une juste information des femmes se posant la question d'un recours à l'avortement, et informe en particulier sur les risques qu'elles courent en franchissant le pas.

J'y suis allée hier, par curiosité, pour savoir ce qui faisait si peur à notre chère ministre. On y trouve un certain nombre de témoignages de femmes ayant avorté, qui, pour beaucoup, ne s'en remettent pas (dans le sens où elles se posent des questions, même des années après, ou regrettent simplement leur geste et n'ont qu'un désir : mettre au monde cet enfant qu'elles ont tué, puisqu'il faut appeler un "chat" un "chat"). On y trouve aussi une étude à propos du recours à l'IVG chez les adolescentes, et en particulier du risque accru qu'ont ces jeunes filles d'avoir par la suite des problèmes psychiques, voire des maladies mentales. Ce risque, selon l'étude, serait supérieur pour les jeunes filles ayant recours à l'IVG par rapport à celles qui mèneraient à terme leur grossesse, même non désirée.

Je ne vais pas faire ici un catalogue exhaustif de tout ce que contient ce site (il y a entre autres un numéro gratuit que l'on peut appeler quand on se pose des questions, et qui permet d'avoir en ligne un conseiller, simplement pour parler).
Ce que je constate, c'est que la ministre entend poser la question du référencement des sites internet sur le moteur de recherche, et sans doute favoriser (par je ne sais quel moyen, mais elle a suffisamment de ressources pour finir par trouver) le référencement de sites plus favorables à l'IVG que ivg.net. On sait par ailleurs que le Planning Familial, depuis longtemps, ne joue plus son rôle de prévention, et préfère encourager à l'avortement que donner des informations fiables concernant, par exemple, l'accouchement sous X ou les procédures permettant de confier un enfant non désiré à l'adoption.

Alors tout ça, ça m'amène quand même à me poser une fois de plus la question de la logique du gouvernement qui dirige actuellement notre pays.
On nous dit, et on le clame bien haut et bien fort, qu'il faut absolument l'égalité pour tous, la parité entre hommes et femmes, renforcer les droits des femmes, etc. C'est beau, c'est bien, c'est politiquement correct, c'est très, très louable (je ne vais pas, en tant que femme, prétendre le contraire !). Sauf que ce que je vois, de mon petit bureau d'Ebersheim, c'est que sous le prétexte d'assurer aux femmes le droit de disposer de leurs corps comme elles l'entendent, sous prétexte de leur permettre de s'affranchir du « poids » de la maternité (subie sous-entendu), on leur nie le droit à une information complète, en voulant carrément supprimer l'accès à l'information elle-même. Et ça, pour la documentaliste que je suis, c'est purement et simplement insupportable.

Mon travail et sa déontologie sont clairs : ce qui prime, c'est la pluralité pour avoir une information éclairée et complète. Par exemple, si une bibliothèque est abonnée à un quotidien de gauche, elle doit aussi s'abonner à un quotidien de droite pour assurer aux lecteurs potentiels des points de vus divers et donc divers angles d'approche d'un problème, ce qui permet de se faire une opinion nuancée du problème en question. Et ce quelles que soient les opinions politiques ou religieuses des documentalistes.

Là, ce que propose la ministre aux droits des femmes (1), c'est purement et simplement de mettre en avant, et de créer un site internet pour contrer une information mise à la disposition des femmes (à savoir qu'un avortement, si, si, ça a des conséquences), de manière à favoriser ce qu'elle considère sans doute comme un droit fondamental. Sauf qu'à ma connaissance, toutes les femmes ne sont pas obligées d'être d'accord avec elle et sa vision des choses. Elles ont aussi, il me semble, le droit fondamental de se faire leur propre opinion par rapport à leur avenir et à l'avenir éventuel de leur enfant, si elles décident finalement de le garder.

Au Moyen-Age, et après aussi, maintenir volontairement une population ou une fraction de la population dans l'ignorance, ça s'appelait simplement de l'« obscurantisme »...

Il y a donc des choses que je ne comprends pas dans la logique de cette ministre. Les femmes ont le droit de savoir ce que font les médecins avec leur corps, il me semble. Le « droit » de disposer de son corps, ce n'est pas seulement le droit de faire n'importe quoi avec (du genre coucher avec n'importe qui, quelles que soient les conséquences, au nom de la sacro-sainte Liberté si chèrement acquise en 1968 par exemple). C'est aussi et surtout, il me semble, le droit de connaître les risques que l'on court en pratiquant une intervention ou une autre, le droit de préserver son corps d'une éventuelle mutilation (je pense en particulier à l'excision, mais on peut trouver des tas d'exemples). S'il y a quelque chose de bien dans cette histoire de droit à disposer de son corps, c'est bien ça : dans ce « mon corps m'appartient », personnellement, je vois surtout le fait que personne n'a le droit de prendre des décisions à ma place en ce qui concerne mon corps et son intégrité. D'ailleurs, un chirurgien informe bien ses patients des risques opératoires encourus, des risques liés à l'anesthésie (la consultation avec l'anesthésiste est, si je ne m'abuse, obligatoire avant toute intervention chirurgicale), ceci afin que le patient puisse prendre une décision libre et éclairée. Ça fait partie des protocoles de base en milieu hospitalier, et ça s'appelle tout simplement le respect du patient. Pourquoi donc ce même principe de base (une décision libre et éclairée par une information complète sur les bénéfices et les risques de l'intervention) ne pourrait-il pas être appliqué dans le cadre de l'IVG ? Pour éviter qu'il y ait une baisse du nombre d'avortements en France ? Comment ? 200.000 avortements par an, ça ne suffit pas ? Il en faut plus ? Ah oui, c'est vrai qu'avec les problèmes de pilule qu'on rencontre aujourd'hui (à cause, mais ça, ce n'est pas vraiment de la faute du gouvernement actuel), il y a fort à parier qu'on risque une recrudescence des avortements suite à des abandons de pilule... (Vous inquiétez pas, madame la ministre, des avortements, vous en aurez en nombre dans les mois qui viennent si les labos pharmaceutiques et les médecins ne parviennent pas à faire preuve d'un peu plus de bon sens...) (en plus, c'est cool, depuis le 1er janvier, tous les avortements sont remboursés à 100% ! Chouette, alors ! Allons-y gaiement : la pilule, elle (surtout celles de 3e et 4e génération), est chère et n'est pas remboursée !)

Lors du vote de la loi Veil, en janvier 1975, il a été prévu un entretien avec un médecin, puis un entretien avec un psychologue, et un délai de sept jours préalable à toute interruption volontaire de grossesse. Ce qui veut bien dire, et le législateur en était parfaitement conscient en 1975, qu'une IVG n'est pas un acte anodin comme on voudrait nous le faire croire aujourd'hui. Loin d'être banal, cet acte a de lourdes conséquences psychiques et, dans certains cas, physiques aussi sur la femme qui le subit, et ce y compris si elle a toutes les informations dont elle a besoin pour que cette décision soit libre et éclairée.
Dans certains témoignages que j'ai lus il y a déjà un bon bout de temps (comme quoi, ces questions ne datent pas d'aujourd'hui et ont vraisemblablement toujours posé problème), certaines femmes disaient que bien des années après l'avortement, elles se posaient toujours la question de cet enfant qui n'est jamais né : Qui était-il ? Était-ce une fille ? Un garçon ? Qu'aurait-il fait dans sa vie adulte ? Etc. Et ces femmes n'oublient pas qu'elles ont porté un bébé : c'est inscrit dans leur corps, quoi qu'en disent tous les « pro-avortement » qui cherchent à minimiser l'impact de l'IVG sur le psychisme des femmes. Et le corps se souvient de ce qu'il a vécu par le passé...

En tout cas, si cet entretien avec un psychologue a été décidé et rendu obligatoire par la loi, ce n'est vraisemblablement pas pour rien. Et faire croire aux femmes qui se posent la question de l'avortement que c'est un acte banal, sans danger, sans risque pour elles, c'est leur mentir, surtout si en plus on leur retire un certain nombre de sources d'informations susceptibles de les faire, sinon changer d'avis (cela ne regarde qu'elles et l'avortement est malheureusement légal en France), au moins réfléchir aux conséquences et prendre la décision en toute connaissance de cause.

Pour le coup, le comportement de madame Najat Vallaud-Belkacem me paraît criminel, simplement. Au nom du respect du droit à l'avortement, la ministre entend cacher aux femmes la vérité sur ce qu'elles subissent lors d'une IVG. À quand un procès contre la ministre des droits des femmes pour non respect du droit à la liberté d'information ? Ça me ferait bien rigoler, ça !

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(1) Comme d'habitude, les commentaires sont aussi intéressants que le texte lui-même... Et puis, je me demande si notre ministre est vraiment pour la défense des droits des femmes, ou si elle est là uniquement pour défendre une certaine idée des droits des femmes. Pour ma part, je ne me retrouve absolument pas dans ces "droits" qu'elle entend défendre bec et ongles. Et pourtant, je suis une femme. Comprenne qui pourra.
Dans l'article, il est dit (et c'est NVB qui le dit) : "ces sites font du prosélytisme anti-IVG". Otez un doute de mon esprit : ce qu'elle veut faire n'est rien d'autre que du prosélytisme pro-IVG, non ? Que je sache, nous sommes en démocratie (elle, elle ne le sait peut-être pas ? Faudrait que le président normal pense à le lui dire, parce que visiblement, ça pose problème quand même, sauf si sa définition à lui de la démocratie est tout aussi partielle que celle de sa porte-parole... on peut se poser la question, d'ailleurs, quant on voit la manière qu'il a de traiter d'autres sujets de société, mais je ne vais pas revenir sur le "mariage pour tous", c'est un autre débat. Quoique.), et à ce titre, toutes les opinions ont quand même le droit de s'exprimer, non ? Ou alors c'est moi qui n'ai rien compris à la démocratie ??? En quoi le fait de faire du prosélytisme anti-IVG est un problème Ça rétablit un peu l'équilibre, puisque les femmes ne peuvent pas toujours trouver auprès des médecins les informations dont elles ont besoin pour se faire une opinion... Ah mais non : ça ne va pas dans le bon sens pour notre bonne ministre des droits des femmes... Zut alors !

samedi 2 février 2013

Nous mentirait-on ?


Le sujet qui me préoccupe en ce moment, et pas qu'un peu, c'est, vous vous en doutez peut-être si vous avez lu les billets précédents (très rares, je vous le concède volontiers), l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.
Je me pose quantité de questions quant à cette loi, et les plus irritantes ne sont pas forcément celles que l'on croit.
Selon les interprétations que l'on donne au mot "mariage", les raisonnements des "pour" et des "anti" mariage homosexuel se tiennent de bout en bout. Pour certains, le mariage est avant tout une célébration de l'amour entre deux personnes, et l'institution de cet amour au travers de celle du mariage permet en plus de protéger le conjoint en cas "d'accident de la vie", comme le veut l'expression consacrée.
Pour d'autres, il est aux fondements de la société, puisqu'il organise la filiation et fait de la famille "traditionnelle" le socle de la société (puisque la famille est, jusqu'à maintenant du moins, la base des relations en société). Il n'y a qu'à voir l'importance que prennent les relations familiales et intergénérationnelles, qui sont bien loin devant les aides que peut apporter l'Etat aux familles en difficulté. Quand on y réfléchit un peu : qui est en première ligne quand une femme a de jeunes enfants, pour en prendre soin quand la mère va travailler ? Il s'agit souvent, très souvent même, de la grand-mère. Quand une personne âgée devient dépendante, quelle est la première personne qui vient l'aider, naturellement, et sans compter son temps et son énergie ? Là encore, en général, les enfants, voire les neveux et nièces si la famille "élargie" est très soudée et proche géographiquement. Au point que l’État a même reconnu ce fait en créant le statut "d'aidant familial" et un congé spécifique pour permettre à l'aidant en question de cesser temporairement de travailler afin d'être plus disponible pour aider son parent dépendant, voire pour l'accompagner jusqu'à la mort si la mort est proche.
On peut donc en conclure que l’État "subventionne" l'entraide familiale, au même titre qu'il a créé les différentes aides à la famille (allocations, aides pour l'emploi d'une nourrice ou le paiement de la crèche par exemple, sans parler des maisons de retraite et de leur financement, voire des allocations pour les personnes handicapées) pour pallier les manques quand les familles ne peuvent pas aider (problème de la distance entre les enfants et les parents entre autres, mais aussi de revenus...).

On se retrouve donc avec deux conceptions différentes du mariage, l'une très proche du "contrat" privé entre deux personnes, l'autre qui s'entend comme institution de base de la société, intéressant donc l'ensemble de notre vie en société.
Ce que nous propose le gouvernement, c'est une modification radicale du mariage, au moins dans son acception comme "institution" en ce qu'elle organise la société par la filiation et l'inscription dans les générations. Parce que finalement, que le mariage soit un contrat d'amour entre deux personnes, la société s'en fiche un peu (totalement, même) : les personnes, quel que soit leur sexe, ont aujourd'hui le "droit" de s'aimer, en ce sens que personne de normalement constitué n'ira dans la chambre du voisin pour savoir ce qu'il peut bien fabriquer dans son lit avec la personne qu'il aime, et surtout, quel est le sexe de cette personne.
On voit bien que l'enjeu, là, est bien au niveau sociétal, et non pas au niveau personnel. 

Et pourtant, le gouvernement nous ment.
Il nous ment à plusieurs titres.
J'ai lu pas plus tard qu'hier (et c'est un argument que l'on entend depuis longtemps maintenant) qu'autoriser le mariage pour des personnes de même sexe n'enlève rien aux couples hétérosexuels. Permettez-moi d'émettre un doute, si peu fondé soit-il apparemment. Si vraiment le mariage ne change rien pour les couples hétérosexuels, peut-on m'expliquer pourquoi il est impossible alors de créer une union civile pour les couples homosexuels et de laisser le mariage aux seuls couples hétérosexuels ? Quel serait le problème de créer deux institutions, l'une pour les homosexuels, et l'autre pour les hétérosexuels ? Si les homosexuels veulent le mariage, c'est bel et bien que le mariage permet quelque chose que les couples homosexuels ne peuvent pas avoir pour l'instant. Alors quel est cet enjeu derrière le mariage, si ce n'est d'une part la question de la protection du conjoint (automatique dans le mariage par la pension de réversion et l'obligation d'assistance qui découle du mariage) et d'autre part la filiation ? On voit bien là que si, au contraire, l'autorisation donnée aux couples de même sexe de se marier civilement change bien tout pour les couples hétérosexuels, puisque c'est le sens même du mot "mariage" qui est radicalement transformé. Le mariage est compris, jusqu'à présent dans notre société, comme l'institution qui permet à un homme et à une femme non liés biologiquement entre eux de s'unir et par voie de conséquence d'avoir des enfants. La loi le permet (d'avoir des enfants) mais ne l'oblige pas pour autant : on peut se marier à n'importe quel âge, y compris après l'âge de fécondité de la femme, et on peut aussi se marier sans avoir envie d'avoir des enfants. La possibilité d'en avoir est là, et le mariage organise la protection du conjoint et des éventuels enfants à venir, un point c'est tout. Or le fait d'avoir naturellement des enfants étant impossible dans un couple où les deux personnes ont le même sexe oblige à modifier le sens même et les fondements du mariage, soit en l'affaiblissant (en lui faisant perdre une grande part de sa signification), soit en faisant de la seule protection du conjoint l'essence même du mariage (et en laissant de côté la filiation, pourtant à la base du mariage lui-même). Les revendications affichées des "couples" homosexuels étant évidemment de pouvoir assurer une filiation dans leurs propres "familles", ce n'est pas la protection du conjoint qui est prioritaire (même si elle n'est sans doute pas absente du débat par la question de l'héritage notamment, ce que l'on peut très bien comprendre en soi), mais la question de la filiation à travers l'adoption notamment (puisque, je le répète, la procréation naturelle est impossible dans ces couples).
Alors en quoi le gouvernement nous ment-il ?
Il nous ment en nous disant que le mariage homosexuel ne va rien changer pour les couples hétérosexuels, puisqu'il change le sens même du mot et donc de l'engagement.

Il nous ment aussi quand il nous dit que c'est une question d'égalité. Ce n'est pas une question d'égalité puisque tous les citoyens de ce pays (et c'est la déclaration universelle des droits de l'homme qui le dit, et qui est à la base de la Constitution qui fonde les droits et les lois en France) sont libres et égaux en droits. Attention, il s'agit bien des citoyens, pas des couples ! Et c'est là qu'est le mensonge le plus évident et le plus grossier aussi. Un couple n'a pas de droits en tant que tel. Il n'est pas un sujet de droits. Ce sont les personnes qui le composent qui sont sujets de droits. Donc la question de l'inégalité ne tient pas du tout, puisqu'il n'y a pas inégalité.
On va me répondre que si, puisqu'un couple hétérosexuel peut adopter, ce qui n'est pas le cas d'un couple homosexuel. Je réponds que non : ce n'est pas le couple lui-même qui adopte, mais les personnes qui le composent. La nuance est de taille quand même. Et la meilleure preuve, c'est qu'un  ou une célibataire peut adopter (ça, c'est historique, c'est, il me semble, lié aux guerres, mais peu importe). Alors on dit que puisqu'un célibataire peut adopter, l'argument comme quoi l'enfant a besoin des deux figures maternelle et paternelle ne tient pas, puisque chez un célibataire, il y a soit l'un, soit l'autre.
Oui mais non.
Là où on nous ment encore, c'est que quand un célibataire adopte un enfant, l'enfant ne voit pas pour autant sa vie et son identité devenir un mensonge en soi. Ce que propose la loi, c'est de remplacer la filiation homme-femme par une filiation femme-femme ou homme-homme, puisque l'adoption plénière efface la filiation biologique de l'état civil de l'enfant. Donc on dit à l'enfant, ni plus, ni moins : "tu as deux pères" ou "tu as deux mères". Ce qui n'est pas vrai fondamentalement, puisqu'un enfant naîtra toujours d'un homme et d'une femme, même s'il n'est pas exclu que la biologie permette un jour le clonage. Mais là, je ne sais pas où on va aller...

Mensonge, encore, sur les questions relatives à la PMA (Procréation Médicalement Assistée, ou encore AMP : Aide Médicale à la Procréation) et à la GPA (Gestation Pour Autrui, autrement appelée "Mères porteuses").
Les députés socialistes ont retiré du projet de loi la question de la PMA au motif qu'elle ne faisait pas partie des propositions de François Hollande, alors candidat, qui n'avait parlé que du mariage en lui-même. Là encore, ce n'est pas tout à fait exact, et dans tous les cas fort incomplet. La PMA a simplement été retirée du projet de loi parce que si elle y restait, la loi ne pouvait pas passer le barrage du Conseil Constitutionnel puisque la PMA est aussi une question éthique (à cause de son aspect médical et biologique) et qu'en tant que tel, elle ne relève pas uniquement du code Civil, mais demande à être étudiée au préalable lors d'un débat éthique, donc au sein de la société. Ce débat n'a pas eu lieu (parce que là aussi, on nous ment sur la question du débat de société !), donc la PMA ne peut pas être incluse dans le projet de loi. Mais ça ne change pas grand-chose, puisqu'en mars sera discuté un autre projet de loi, sur la famille encore, incluant la PMA et là, il est réellement prévu un débat sur les questions éthiques. Donc on va attendre le mois de mars pour le faire.

Mais qu'a donc de si urgent ce projet de loi sur le mariage pour qu'on doive le faire passer de force en février ??? N'y aurait-il pas, là encore, des enjeux cachés ?
Si on reprend un peu la chronologie prévue, en février (le 12), le vote devrait consacrer le mariage homosexuel. Soit. Cette loi donnera donc aux couples, quel que soit le sexe des partenaires, exactement les mêmes droits. Donc tous les couples auront le droit de se marier, d'adopter des enfants (peu importe qu'il s'agisse d'adoption internationale ou des enfants du conjoint), et de protéger le conjoint le plus faible au nom de la solidarité entre les époux.
Très bien.
La conséquence, c'est que tous les couples, et en particulier les couples homosexuels, auront donc la même appellation dans le code civil et dans tous les autres codes où ils sont mentionnés (code de la sécurité social, code pénal, etc.), et qu'il ne saurait y avoir de distinction légale, par la suite, entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel. Donc en modifiant en mars la loi sur la famille, on modifie la loi pour toutes les familles, qu'elles soient hétéroparentales, homoparentales, recomposées ou monoparentales. Toutes les familles seront impactées par cette loi, ce qui sera "normal" dans la mesure où il ne peut y avoir inégalité entre deux situations identiques (les couples homosexuels et hétérosexuels mariés, par exemple, seront tous à la même enseigne pour les questions dont relèvent les couples en général).

En modifiant les règles relatives au mariage avant celles relatives à la PMA, on enlève un obstacle dans la modification de la loi relative à la PMA, puisque celle-ci est déjà autorisée pour les couples mariés. Le débat n'a tout simplement plus lieu d'être : de fait, la PMA sera accessible à tous les couples (et en réalité aux seuls couples hétérosexuels et couples de femmes, les couples d'hommes ne pouvant y prétendre pour d'évidentes raisons biologiques et physiologiques. Il suffira alors de donner à la PMA un statut de "procréation alternative" pour qu'elle devienne autre chose qu'un traitement médical, pourquoi pas... Pour l'instant, il s'agit de pallier la stérilité du couple. C'est une question de santé. Mais si on change la définition en en faisant une question de procréation alternative, alors il n'y a plus aucun obstacle à la PMA pour les couples de femmes. Et, vous allez me dire, qu'est-ce que ça change ? Ça change, pour moi en tout cas, que je ne trouve pas normal de donner un traitement médical (puisqu'il s'agit quand même de ça, à la base), à quelqu'un qui n'est pas malade. Ça change aussi que ce traitement, remboursé par la Sécurité sociale, c'est finalement moi qui vais le payer, avec mes impôts. Et là, je ne suis pas d'accord. Je suis d'accord pour la solidarité, pour que la société, avec mes impôts, soigne ceux qui sont malades, qu'ils aient ou non les moyens de se soigner eux-mêmes, de même que quand je suis malade, une part de mes frais de santé est payée par la collectivité. En revanche, je ne suis pas d'accord pour que mes impôts payent les caprices de personnes homosexuelles qui ont fait le choix, à un moment ou un autre (même si on va me dire que l'homosexualité n'est pas un choix en soi, ce que je peux admettre sans problème), d'avoir un enfant sans passer par la case "homme-femme" pour le faire. Au final, si on utilise la PMA pour avoir des enfants quand on est un couple de deux femmes, c'est purement et simplement pour satisfaire un désir égoïste d'enfant à tout prix. Et surtout aux frais de la société.
Je vois d'ici les critiques : pour les couples hétérosexuels aussi, la PMA sert à satisfaire un désir d'enfant, et c'est la même chose dans tous les couples finalement. Sauf que biologiquement, l'union d'un homme et d'une femme conduit logiquement à la procréation, ce qui n'est pas le cas du tout de l'union de deux femmes ou de deux hommes, qui est avant tout (et uniquement, même), la recherche du plaisir immédiat. Si la donne a changé dans les couples hétérosexuels et a permis aussi la place prépondérante du plaisir dans la relation sexuelle, il n'empêche que le "risque" de la venue d'un bébé existe toujours, aucun moyen de contraception, à l'exception de l'abstinence, n'étant fiable à 100%. Et je précise tout de suite que le plaisir dans la relation de couple, qu'elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle, ne me choque absolument pas en soi. En revanche, ce qui me choque, c'est que la recherche purement égoïste du plaisir dans le cadre d'une relation homosexuelle donne lieu à une demande de "droit à l'enfant" que l’État se devrait de combler par la loi, puisqu'elle est impossible à réaliser biologiquement.

J'ai mentionné plus haut la GPA. Là aussi, on nous ment, et à plusieurs titres en plus. L'autre jour, Madame Taubira a surpris tout le monde avec une circulaire demandant aux tribunaux d'accorder un certificat de nationalité aux enfants nés d'une GPA à l'étranger, si leur père est de nationalité française (ce qui n'est évidemment pas le cas de leur mère, la GPA étant illégale en France). Et le gouvernement nous dit, clame haut et fort qu'il est hors de question d'inclure la GPA dans la loi ???
Mais bien sûr que si, il en est question ! Et très vite, même !
Pourquoi ?
Parce que si la question était uniquement de donner une nationalité aux enfants nés d'une GPA à l'étranger, et donc de faire en sorte que ces enfants ne soient plus des apatrides, alors la logique voudrait que les parents de ces mêmes enfants, qui ont commis un acte répréhensible et puni par la loi soient punis. Pour mémoire, je crois qu'il est prévu, en cas de recours à la GPA, une amende d'environ 45.000 € et deux ans d'emprisonnement. Madame Taubira, proposant des lois et étant garante de ces mêmes lois, ne peut dire d'un côté "on donne une nationalité aux enfants nés d'une GPA parce qu'ils n'ont pas à subir les conséquences des actes délictueux de leurs parents" et ne pas punir les parents en question.
Donc si ces parents ne sont pas punis d'amendes et d'emprisonnement, c'est qu'il est d'ores et déjà prévu de légaliser la GPA, au nom, toujours, de l'égalité de droits entre les personnes.
Pourquoi ? Mais parce que, pour des raisons biologiques évidentes, seuls les couples de femmes pourront avoir recours à la PMA ! La loi autorisant le mariage pour les couples de même sexe crée donc, de fait, une inégalité entre les couples d'hommes et les couples de femmes ! Il va donc falloir rétablir très vite l'égalité en donnant aux hommes le seul moyen à leur disposition pour avoir des enfants : la GPA.
CQFD.

Donc, quand le gouvernement nous dit, par la bouche de M. Erwann Binet, de Madame Taubira, de M. Hollande soi-même qu'il n'est pas question de GPA dans ce projet de loi, ils jouent sur les mots. Bien sûr que la GPA en tant que telle n'est pas présente dans le projet de loi sur le mariage homosexuel. En revanche, le mariage homosexuel crée toutes les conditions nécessaires à la légalisation de la GPA (et avant, de la PMA) en France.

Voilà donc ce qui occupe mon esprit depuis quelques temps, et que j'avais besoin de dire.
Notre gouvernement, depuis le début, nous ment. D'autres nous ont menti avant, et ne s'en cachent même plus : Madame Elisabeth Guigou, il y a quinze ans, nous avait assurés, au moment où le PACS a été créé, qu'il ne serait jamais question de mariage homosexuel.
Elle dit aujourd'hui qu'il en a toujours été question, mais qu'il y a quinze ans, la société n'était pas encore prête à l'entendre. Aujourd'hui, elle n'est pas encore prête à entendre parler de GPA. On parie combien que dans quelques années (et pas 15, je suppose qu'il n'en faudra que 2 ou 3, tellement les esprits sont bien préparés maintenant), la société sera prête à accepter la GPA ? Après tout, je finis par voir là un profond mépris de la gauche pour les citoyens. Par hasard, est-ce que les socialistes ne nous prendraient pas pour des imbéciles, des moutons de Panurge, des idiots ? Et pourquoi pas tout ça à la fois ? Notre Président clame haut et fort qu'il est formellement opposé à la GPA et qu'il n'en est pas question. Je ne sais pas pour vous, mais vue la tournure que prennent les choses, j'ai de gros doutes quant à sa sincérité sur ce sujet.

Je vous fais grâce des arguments relatifs à l'enfant ("c'est mieux pour un enfant d'avoir deux mères ou deux pères que d'être dans un foyer" ou encore "il vaut mieux des parents homosexuels que des parents pédophiles" (et là, bonjour l'amalgame !), ou "l'enfant n'a pas besoin d'un père et d'une mère mais d'un référent masculin et d'un référent féminin, il trouvera des personnes des deux sexes dans son entourage, ça ne lui posera donc aucun problème", etc.)
Tous ces arguments sont faux ou biaisés. Juste un point par rapport à la construction psychique d'un enfant : bien sûr qu'il vit dans une société mixte, où il rencontrera toujours des hommes et des femmes. Mais un enfant, quoi qu'on en dise, a besoin d'un homme et d'une femme pour l'élever, parce qu'il a besoin de savoir qu'il est né d'un père et d'une mère, et qu'en plus, rien ne remplace un père et une mère (les deux en même temps) dans sa construction psychique qui, si mes souvenirs sont bons, se fait alternativement par identification au père et à la mère. L'adoption de cette loi et par la suite de la PMA et de la GPA va priver certains enfants de ce double repère et de cette construction dans l'altérité, puisque l'un des deux sexes sera automatiquement "gommé" dans la filiation même de l'enfant. On est donc bien là dans un caprice d'adultes et non pas dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
La loi doit-elle entériner les caprices des adultes ???

Alors oui, je suis passablement énervée. C'est d'ailleurs de la faute de mes propres parents : ils m'ont élevée avec, parmi d'autres, le principe que le mensonge est une mauvaise chose. Donc je ne le supporte pas. Et là, en plus, le mensonge vient de l’État lui-même. Mais si l’État me ment, en qui, donc, pourrais-je avoir de nouveau confiance ? Je n'avais déjà pas grande confiance dans nos hommes politiques, dont j'ai compris depuis longtemps que beaucoup font ce "métier" non pas pour le bien de leurs concitoyens mais pour le pouvoir et surtout l'argent que cela leur donne. Le résultat de tout cela, c'est que je ne suis pas loin de penser qu'on va vers une société sans foi ni loi. Sans foi, c'est déjà fait ou à peu près, sans loi, on y est bientôt, puisque l'une des justifications de ce projet de loi, c'est "Ces situations existent, il faut donc les légaliser". Qu'est-ce qui va empêcher, un jour, de légaliser le crime, le meurtre, le vol, le viol, l'inceste ??? Avec cet argument, plus aucune vie en société ne tient. Et on nous dit que ce n'est pas vrai, et que le but de cette loi n'est pas de détruire la société par l'intermédiaire de la destruction préalable de la famille ? Mais, puisque les repères sociaux seront démolis, la famille n'existant plus en tant que telle, puisque les liens intergénérationnels seront devenus sans objet, vers qui les gens vont se tourner, si ce n'est l’État ? Ce sera alors, vraisemblablement, le règne de l'individualisme à tout crin (oui, je sais, on y est déjà, mais justement, le seul rempart qui reste contre cet individualisme forcené, c'est justement la famille) et la fin de la "société", en ce qu'elle est la possibilité pour les personnes de vivre ensemble...

Je ne veux pas de cette "société"-là. Malheureusement, si la loi passe, c'est là qu'on va, à plus ou moins brève échéance.

lundi 3 décembre 2012

Ça m'horripile !


Ce texte est né d'un sujet d'atelier d'écriture (de fiction donc), chez Gwen, dont voici le sujet. "Ça m'horripile !" et comment ! Des tas de choses m'horripilent en ce moment... Seulement, je suis un peu embêtée : elle dit dans son billet qu'elle ne veut pas finir au tribunal pour diffamation... et que nous devons donc masquer le nom de la personne (si on s'en prend à une personne) dans le flou artistique. Soit. Je veux bien essayer. Mais vu ce qui m'horripile en ce moment, ça va quand même être un sacré défi de le "masquer"... A moins de l'appeler "Zorro" ? Soit.

Zorro est donc arrivé, sur son fier destrier, au printemps dernier (bon, va falloir que je trouve des rimes plus riches que ça, parce que franchement, la poésie de bazar, ça va bien cinq minutes... !), et a décidé de tout réformer, vite fait, bien fait. C'est normal, il paraît que c'est pour ça qu'il est arrivé. Pour réformer. Pour régler les problèmes de ceux qui l'ont fait venir.
Alors Zorro s'est attelé à la tâche. Il s'est entouré de conseillers, d'alliés, de gens de confiance, histoire sans doute de pouvoir s'attaquer à beaucoup de ces problèmes qui gênent tant ceux qui l'ont fait venir, et ce en même temps. C'est normal : Zorro est humain, simplement, et un humain étant faillible, il a fort raison de s'entourer d'autres humains pour le conseiller.

Alors gentiment, tranquillement, Zorro a commencé son travail. Et pour cela, il est grandement aidé par la liste des choses qu'il avait promis de faire avant son arrivée. Parce qu'il est gentil, Zorro. Il avait dit avant même d'être là ce qu'il ferait si les gens le faisaient venir. Pour être certain que si on le faisait venir, on le laisserait faire ce qu'il disait qu'il ferait, histoire de ne pas après se retrouver avec des tas de gens mécontents qui hurlent dans les rues à la trahison. Je l'aime bien, Zorro. Il est prévoyant. Comme tous ceux qui voulaient venir à sa place, d'ailleurs. 
Simplement, je me pose quand même des questions sur ses priorités. Ca fait environ six mois qu'il est arrivé, dans un endroit où les gens qui y vivent ont beaucoup de mal à trouver, ou à garder un travail. Et quand ils en ont un, beaucoup ont du mal à en vivre, parce que c'est souvent un travail précaire, ou alors à temps partiel (et qu'en plus, les gens, ils aimeraient bien travailler plus pour gagner plus, mais que les gens qui donnent le travail, ils ne veulent pas les payer plus parce que ça leur coute trop cher, alors ils les font travailler moins. Peut-être qu'ils se disent que, comme ça, ceux qui veulent travailler plus, ils pourront trouver un autre travail partiel pour compléter le premier et que comme ça, ils gagneront plus ?). Alors notre Zorro, il a promis qu'il aiderait les gens à travailler, qu'il ferait tout pour ça. C'est bien. Et puis il a promis aussi qu'il aiderait le pays à sortir de la crise, parce que ça, c'est drôlement important, pour pouvoir mieux vivre. Parce que la crise, c'est pas bon, ça, pas bon du tout : ceux qui ont des choses à vendre, ils ne peuvent plus les vendre parce que ceux qui voudraient bien les acheter, ils n'ont plus d'argent pour le faire. Alors il faut aider tout le monde, ceux qui veulent vendre, et aussi ceux qui veulent acheter, pour que tout le monde aillent mieux. C'est vrai, quoi ! On a demandé à Zorro de venir aussi pour ça !

Et vous savez ce qui m'horripile ? C'est que Zorro, au lieu de s'occuper de ceux qui ont perdu leur travail, de ceux qui veulent acheter mais n'ont pas d'argent ou de ceux qui voudraient vendre mais n'ont pas d'acheteurs, eh bien Zorro, lui, il s'occupent de demander à ceux qui font les lois de refaire des lois pour régler des problèmes que la loi règle déjà ! Et ce qui est le plus drôle, c'est que c'est exactement le reproche qu'il faisait au Zorro d'avant, celui qui était là mais qu'on a mis dehors parce qu'il a plus aidé ceux qui n'ont pas de problèmes que ceux qui en ont.
Mais peut-être que je vais trop vite et que vous ne comprenez pas ce qui m'horripile.
Zorro a décidé, et c'était une de ses promesses d'avant de venir, qu'on allait donner à tout le monde le droit de se marier. Parce que oui, ici, il y a des gens qui ont le droit de se marier, et des gens qui n'ont pas le droit de se marier. C'est bizarre, et c'est injuste, paraît-il ! Pourquoi un homme et une femme ont-ils le droit de se marier, mais pas deux hommes, ou deux femmes, ou un père et sa fille, ou encore une femme et un homme qui est déjà marié à une autre femme ? C'est vrai, quoi ! Y'a pas de raison ! C'est injuste, et puis c'est inégalitaire, ça. Alors que là où on est, il y a une jolie devise qui dit : "Liberté, Égalité, Fraternité". Si le deuxième mot n'est pas respecté, il paraît que c'est plus une devise. Ben mince alors.
Soit. 
Alors Zorro, comme il est bon et gentil et qu'il veut que tous les gens soient égaux, il a dit qu'il allait les autoriser à se marier. Et puis il s'est paraît-il rendu compte que bon, c'est pas tout à fait vrai : un père et sa fille n'auront pas le droit de se marier entre eux, ça ne serait pas correct, normal ou moral. Et puis si un homme (ou une femme) est déjà marié, il n'a pas besoin de vouloir se marier encore. Il n'a qu'à divorcer d'abord et se remarier ensuite, après tout, il faut mettre un peu d'ordre là-dedans. Donc finalement, il n'y a plus que les femmes entre elles et les hommes entre eux que ça concerne, cette histoire de mariage. 
Mais la question de savoir pourquoi exactement ils veulent se marier, ceux-là, reste posée ! Parce qu'on peut se demander à quoi ça sert, d'être marié ? J'ai regardé une définition, dans le droit, qui dit que :
Le mariage crée un rapport d'alliance entre chaque conjoint et les parents de l'autre. Il légitime sous certaines conditions de preuve les enfants naturels que les conjoints auraient pu avoir ensemble antérieurement. Il émancipe le conjoint mineur. Il crée des rapports de droit entre les conjoints : devoirs réciproques de cohabitation (communauté de vie), fidélité, assistance et, sur le plan patrimonial, devoir de secours. Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille ; pendant le mariage, ils exercent en commun l'autorité parentale ; tous deux choisissent d'un commun accord la résidence de la famille (1).
Sauf qu'il y a là un tout petit problème, qui semble avoir quelque peu échappé à Zorro : deux hommes ensemble, ou deux femmes ensemble, ça ne peut pas avoir un bébé. Exit donc les question de légitimité des enfants naturels nés du couple, ou bien encore l'exercice en commun de l'autorité parentale (puisqu'en théorie il n'y a pas d'enfants). Ah oui, mais on me répond qu'en vertu du fait qu'un homme peut se marier avec une femme, avoir des enfants avec elle, puis divorcer et se remarier, s'il se met en couple avec un autre homme, c'est cet autre homme qui devrait partager l'autorité parentale. Euh... ben non, puisque la maman, elle existe toujours, non ? Sauf si elle est morte, et que les pauvres petits, ils n'ont plus que leur père et son conjoint pour prendre soin d'eux.
Mais justement, ce qui m'horripile, c'est que la loi l'a déjà prévu, ce cas de figure : les parents peuvent déléguer l'autorité parentale ! 
Alors ceux qui veulent se marier entre hommes ou entre femmes veulent aussi pouvoir protéger leur conjoint en cas "d'accident de la vie" comme on dit maintenant. C'est louable, généreux, gentil, toussa et toussa encore. Mais il n'y a pas besoin de se marier pour ça : il suffit d'aller voir un notaire et de l'écrire noir sur blanc : "À ma mort, je veux que mon conjoint soit protégé, et pour ça, je lui donne ceci, et cela, etc.". Donc ça m'horripile parce que en fait, on ne veut créer cette loi que pour piquer leur boulot aux notaires. C'est ça ? Faire des chômeurs de plus ?
Bon, je m'égare.

Ceux qui veulent se marier entre hommes ou entre femmes demandent aussi, puisqu'ils ne peuvent pas avoir d'enfants naturellement, à avoir le droit d'en avoir autrement (par l'adoption, par la PMA). Et pour avoir le droit à l'adoption ou à la PMA, ici, il faut être marié. C'est pour cela qu'ils veulent avoir le droit de se marier. Vi, vi, j'ai bien compris, c'est vrai. Ils veulent des enfants ! Super !!! Tant mieux pour les pauvres petits orphelins qui n'ont pas de parents et qui là, vont en trouver des gentils, super-aimants, qui vont bien s'occuper d'eux. C'est formidable. Mais ce qui me chagrine un tout petit peu, là, c'est que l'enfant, celui qui n'a pas de parents et à qui on va donner des parents, en fait, il est un tout petit peu oublié. On pense surtout aux adultes qui veulent avoir des enfants, et non pas aux enfants qui n'ont pas de parents. D'ailleurs, ceux qui veulent se marier ont bien dit qu'ils voulaient aussi un "droit à l'enfant", que ce soit par l'adoption ou par la PMA. Et ça, ça m'horripile aussi un tout petit peu. Parce que c'est un peu comme si on disait que l'enfant est une télé, ou un congélateur, ou encore une maison : "j'ai droit à un logement, je fais ce que je veux avec mon argent et mon pouvoir d'achat, si je veux m'acheter une télé ou un congélo, je ne vois pas pourquoi je n'en aurais pas le droit !"
Ben oui, bien sûr que n'importe qui peut aller dans un magasin s'acheter autant de télévisions et de congélateurs qu'il veut, ça, par contre, ça ne m'horripile pas du tout. Mais il y a juste une petite chose qu'on semble avoir oubliée : un enfant n'est pas un objet, mais un sujet. De droit en plus. Il a des droits, ce cher petit. Si. Il a le droit de vivre dans une famille, mais en plus, il a le droit de vivre avec son père et sa mère, et encore en plus en plus, il a le droit de savoir qui sont son père et sa mère. Et que même beaucoup de psychologues et de psychiatres, d'éducateurs, disent que c'est drôlement important pour un enfant d'être élevé par un père et une mère (mais pas par deux pères ou deux mères, voire par trois ou quatre, si jamais il prend à l'un des parents de divorcer et de se remarier encore après l'arrivée du "petit" dans le foyer familial). Donc ça m'horripile, cette histoire de "droit à l'enfant". C'est comme pour la PMA, ça. C'est même encore plus horripilant, la PMA, parce qu'en plus, ça ajouterait une vraie inégalité à une égalité de fait : actuellement, les couples de femmes et d'hommes sont égaux devant la PMA : aucun n'y a droit. Mais si deux hommes ont le droit de se marier entre eux, et deux femmes ont le droit de se marier entre elles, la PMA pourra être autorisée pour ces couples. Sauf qu'en réalité, il n'y a que les couples de femmes qui pourront avoir la PMA, puisqu'il n'y a que les femmes qui ont un utérus. Et qui donc peuvent porter des bébés. Les hommes, ils n'en ont pas. Alors pour régler cette inégalité de fait, on va en créer une autre encore, en autorisant les couples d'hommes à utiliser la GPA (vous savez, ce sont ces femmes qui se font payer pour louer leur utérus à des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, dans certains pays). Et là, je vous le donne en mille : on va donc faire des femmes des objets, et qui plus est, des objets qu'on peut acheter ou louer par petits bouts. "Vous m'mettrez un utérus et les z'ovaires qui vont avec, m'dame Michu, siouplé !" 
Alors ce qui m'horripile, là, c'est qu'après avoir fait des enfants des objets, on va faire des femmes aussi, des objets. C'est marrant, hein ? De tout temps, les femmes ont été dénigrées, jugées comme inférieures... et ce qui est encore plus drôle, c'est que c'est au nom de l'égalité entre hommes et femmes qu'on en arrive là. Il y a un truc qui me pose question quand même : est-il possible de faire de l'homme un objet, pour rétablir l'égalité ?
Pis y'a autre chose encore : Zorro, il a bien dit qu'il fallait à tout prix que les hommes et les femmes soient égaux. C'est pour ça qu'il y a autant d'hommes que de femmes parmi les gens qui le conseillent. On appelle ça la "parité". C'est bien, la parité. C'est noble.
Ben vous savez quoi ? Zorro, il veut mettre la parité partout, sauf dans les familles, dites ! Il veut qu'il y ait des familles 100% hommes, ou 100% femmes ! et 0% parité.
Et ça aussi, ça m'horripile.

Il y a encore d'autres choses qui m'horripilent au plus haut point, comme le fait que Zorro soit d'accord tacitement pour que la presse ne montre qu'un côté des choses : ceux qui sont d'accord avec lui. Ou encore qu'il tienne tellement à marier les hommes entre eux et les femmes entre elles qu'il a dit (par la bouche de sa ministre de je ne sais plus quoi) que d'accord, on écouterait tout le monde, ceux qui sont d'accord comme ceux qui ne sont pas d'accord, mais que de toute façon, ça se fera comme ça, un point c'est tout ! (un peu de discipline dans les rangs, voyons !).
Et pour être sûr et certain que ceux qui font les lois prendront les décisions dans le sens qu'il veut, il a demandé à un autre de ses conseillers, Monsieur Erwann Binet, de convoquer tous ceux qui ont quelque chose à dire, mais surtout ceux qui sont d'accord. Histoire d'éviter les longs et fastidieux débats avec "ceux qui n'ont pas d'arguments". C'est quand même bien plus simple comme ça.

Alors ce qui m'horripile finalement, c'est que Zorro, il a décidé de décider tout seul. C'est plus notre sauveur, c'est notre nouveau dictateur.

Va nous falloir vite fait un autre Zorro pour rétablir un peu de démocratie, là. Non ?

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Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/mariage/68271#383985

mercredi 9 mai 2012

Elections


Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de sortir de ma réserve et de faire part ici de mes inquiétudes et de mes doutes quant à l'avenir de notre pays, au regard des élections qui viennent de se dérouler en France. Je vous rassure tout de suite, je suis parfaitement consciente de la partialité de mon propos, et, surtout, des lacunes que j'ai en matière de connaissances économiques, de santé, de politique sociale, européenne et tout et tout. Je ne parle là qu'en tant que citoyenne lambda, avec les convictions qui sont les miennes et, surtout, mes doutes et incertitudes.

Plusieurs choses me turlupinent, certaines me semblant bien plus graves que d'autres.
Tout d'abord, je tiens à préciser que j'ai eu le sentiment, cette année, de n'avoir pas réellement le choix, malgré le nombre de candidats aux élections présidentielles au premier tour. 10, c'est déjà pas mal, et pourtant, entre les extrêmes dont je ne veux pas, qu'ils soient de gauche ou de droite, et les partis "classiques" type PS et UMP, dont je ne veux pas non plus, mais pas pour les mêmes raisons, il ne restait que le MoDem, et pourtant, pour des raisons éthiques, je répugnais à voter pour M. Bayrou.
C'est pourtant ce que j'ai fait, tant la politique menée depuis 5 ans me posait problème et l'alternative proposée par le PS ne me semblait pas crédible et efficace à long terme non plus.

Est arrivé le 1er tour, avec les résultats que l'on sait. J'ai finalement été soulagée de ne pas voir M. Bayrou dans les trois premiers ou, pire, en challenger de M. Hollande, comme cela avait pu être brièvement évoqué il y a plusieurs mois maintenant. Mais effarée devant les résultats de Madame Le Pen : décidément, la mémoire est quelque chose de très, très éphémère...

Arrivés au 2e tour, nous avions un choix à faire, qui, pour moi, s'est traduit en un "ni..., ni...", avec une forte attirance pour l'abstention ou le vote blanc. Je m'explique.
Voter pour M. Sarkozy était équivalent à donner ma caution à sa politique, alors que depuis le jour de son élection, je sais que ce fut une erreur monumentale que de mettre cet homme au pouvoir. Les faits, tout le monde les connaît : une politique migratoire détestable, une politique fiscale honteuse, une politique de santé scandaleuse quant aux choix faits pour combler soi-disant le trou de la sécurité sociale (c'est bien plus simple de taper toujours sur les mêmes en dé-remboursant les médicaments plutôt que de s'attaquer aux vrais problèmes, à savoir les fraudes venant des professionnels qui surfacturent des actes qu'ils ne pratiquent pas par exemple, ou de demander aux entreprises, qui en sont exemptées pour je ne sais quelle raison, de payer réellement les charges sociales qu'elles doivent (et je ne parle pas là des emplois aidés, mais de toutes les ristournes qu'obtiennent de grandes entreprises pour leur permettre de rester "compétitives" sur le marché mondial où le coût du travail est moins élevé qu'en France). Forfait d'un euro par ci, médicaments non remboursés par là, suppression d'un fonctionnaire sur deux "à l'aveugle" ailleurs, en particulier dans les hôpitaux, où les soins se retrouvent déshumanisés parce qu'il faut faire de plus en plus vite avec de moins en moins de personnel... vous savez tous de quoi je veux parler), et une politique sociale qui, sous couvert d'aides qui seraient indues, met le doute sur l'honnêteté des plus démunis et ne fait que diviser les populations en instaurant une défiance insupportable. Une politique abjecte donc, dans certains domaines, mais qui a porté ses fruits dans d'autres : même si c'est en partie dû aux conditions extérieures (hausse des prix du gaz et du pétrole et grand froid en hiver qui ont dopé artificiellement la croissance économique au premier trimestre, soutien artificiel à l'industrie automobile par la prime à la casse...), il faut avouer que la politique économique de M. Sarkozy a, à mon sens, limité la casse, même si on ne peut nier le nombre incroyable de personnes nouvellement au chômage. Par ailleurs, il y a eu des avancées en matière de droits des malades, et la loi Léonetti n'est pas la moindre dans ce domaine. J'y reviens tout à l'heure.

Voter pour M. Hollande, alors ? En ce qui me concerne, c'est non, définitivement. Ce qu'il propose, c'est ni plus ni moins d'augmenter encore les dépenses d'un État déjà exsangue, et cela sans vraiment pouvoir s'attaquer aux causes de la dette, faute d'une véritable politique économique cohérente au niveau européen. Pire, à mes yeux : il va bouleverser totalement les repères sociétaux concernant la vie même. Je ne parlerai pas ici de la famille, pourtant grande future perdante à mon sens de la politique prônée par notre nouveau président, mais uniquement de la bioéthique qui est la seule chose qui a pour moi réellement fait pencher la balance du côté de M. Sarkozy au second tour, au détriment de M. Hollande. S'il y a quelque chose qui est sacré, je pense, c'est bien la Vie. Or ce que nous promet notre nouveau président, c'est tout simplement de légaliser le fait de donner volontairement la mort par l'euthanasie. La loi autorisant l'avortement était bien pensée, au départ, pour les cas extrêmes et les situations exceptionnelles, tout comme la proposition de loi qui sera faite très bientôt sur l'euthanasie. Mais on le voit aujourd'hui, 37 ans après : le nombre d'avortements ne baisse pas (je n'ai les chiffres que depuis 10 ans, on peut penser qu'ils étaient moins élevés au début des années 80, où la mentalité n'était pas encore "prête" à banaliser cet acte). Aujourd'hui, et depuis 2002 au moins, le nombre d'avortements oscille entre 200.000 et 220.000 par an. Pour qui, comme moi, pense que la vie commence à la conception (on ne me fera pas croire qu'un fœtus dans le ventre de sa mère n'est pas un être vivant, sous prétexte qu'il a besoin du corps de sa mère pour vivre ! Il n'y a qu'à voir les échographie de fœtus de quelques semaines pour se rendre compte qu'ils ont déjà tout ce qui fait un être humain !), il s'agit ni plus ni moins d'un véritable génocide. Vous imaginez, dans notre pays, 200.000 personnes tuées par an ? Est-ce acceptable ? Si ces personnes étaient ailleurs que dans le sein de leur mère, on serait sans doute scandalisés, mais du moment que ce sont des êtres qui n'ont aucun droit à la parole et pour qui tout le monde prétend savoir où se trouve leur intérêt, alors on peut se permettre de ne pas leur donner le droit de vivre... 
La question que je me pose, c'est, au sujet de l'avortement, où sont passées les personnes qui doivent "éduquer" les jeunes, leur donner un minimum de valeurs et de sens moral, de discernement tout simplement, afin de leur permettre d'agir avec bon sens pour éviter une grossesse trop précoce ? Où sont passées les personnes à qui les femmes peuvent parler quand elles sont en détresse ? Comment se fait-il que le Planning Familial ait retiré des informations qu'il dispense toutes les autres alternatives à l'avortement en cas d'impossibilité d'élever l'enfant ? Comment une loi prévue pour des cas exceptionnels permet-elle aujourd'hui à des femmes d'utiliser l'avortement comme moyen de contraception, non plus exceptionnel, mais habituel ? En plus de la loi, les associations pro-avortement font de la désinformation, laissant supposer qu'il n'y a pas d'autre alternative. Et M. Hollande propose de rembourser les avortements. Si on voulait en faire la promotion, on ne s'y prendrait pas autrement. Or un avortement fait toujours des dégâts sur celle qui le subit. Dégâts psychologiques, physiques aussi... On marche sur la tête quand même : quel bien y a-t-il à se faire du mal ?
Avec la prochaine loi sur l'euthanasie, on touche là à un nouveau tabou, celui de la mort.
Finalement : un avortement ou une euthanasie, même remboursés à 100%, coûteront forcément moins chers à la société que de financer l'accueil d'un enfant abandonné à la naissance ou d'apporter l'aide financière nécessaire à la maman pour prendre soin elle-même de son enfant, et à l'autre bout de la chaîne, de financer un accueil pour une personne très dépendante, âgée, dans des maisons de retraite de plus en plus chères ou de construire des lieux de vie pour les personnes lourdement handicapées... Et n'allez pas me dire qu'il n'est pas question d'euthanasier les personnes âgées ou handicapées. Pour l'heure, bien sûr, l'intention n'y est pas. Mais l'homme est ce qu'il est et l'économie aussi : la loi Léonetti permet déjà de soulager la souffrance de la personne en fin de vie, quitte à avancer un peu l'échéance, puisque c'est comme ça que fonctionne la morphine en particulier et que nul ne l'ignore. Mais la différence avec l'euthanasie, c'est que l'intention n'est pas de donner la mort, mais de soulager la souffrance. Certains objecteront que c'est hypocrite, il n'empêche que l'intention de donner la mort ou de soulager la souffrance, ce n'est pas pareil.
Vous l'avez lu plus haut, la politique menée par M. Sarkozy ne me plaît pas dans de nombreux domaines, mais au moins, il a cherché à préserver la vie et donné un cadre légal à sa fin. Mieux, il l'a protégée en refusant d'aller dans le sens de ceux qui, de plus en plus nombreux, demandent à obtenir le droit à l'euthanasie. Ce que ne fait pas M. Hollande. Pour moi, c'est rédhibitoire. Et je ne suis pas loin de penser que le pire est à venir.
Il y a fort à parier qu'avec un discours pareil, je sois taxée de "réac", mais tant pis : j'ai bien plus peur de ce qui va venir que de ce qu'on peut dire de moi. La vie est sacrée, à mes yeux. Et nous avons déjà les moyens de "mourir dans la dignité" avec les lois existantes. Pourquoi une nouvelle loi ?
Ce qui me fait le plus peur, c'est de savoir que des jeunes de 17 ans se demandent pourquoi on garde en vie des jeunes de leur âge polyhandicapés et grands dépendants, en posant la question : "Mais qu'a-t-il de la vie ?" Pour avoir une sœur handicapée (heureusement, pas autant que d'autres), je sais que la question de savoir ce que ces personnes attendent de la vie n'a pas de réponse évidente. Personne n'est dans la tête d'un handicapé. Et que dire de ces personnes qui vivent prisonnières dans leur corps, sans pouvoir bouger ni parler, mais qui, pour autant, voient leurs facultés intellectuelles intactes ? Ne faudrait-il pas plutôt chercher comment les soigner, relancer les programmes de recherche sur ces maladies plutôt que de chercher comment contourner le problème d'un médicament perdant son monopole et étant donc promis à la copie à moindre coût, pour le plus grand bonheur (ou malheur, c'est selon), des laboratoires pharmaceutiques ? 
La loi sur l'euthanasie passera, parce que la nouvelle génération n'a plus les repères moraux suffisants pour s'y opposer. Les responsables, ce sont les adultes qui n'ont pas su ou voulu leur montrer l'importance de la Vie. Nous passons dans une société de mort, où la mort elle-même s'inscrit dans la loi. Pauvre France.

Maintenant, que ceux qui ne sont pas d'accord s'expriment ici : je serais ravie d'être rassurée !
M. Hollande est notre président, pour les cinq années à venir. Je lui souhaite toute la sagesse nécessaire pour gouverner de manière juste. L'avantage d'avoir un autre président, c'est que tout espoir est permis et que rien n'est encore écrit. A lui de prendre les bonnes décisions, pour le bien et le respect de tous, en particulier des plus petits, des plus fragiles et des plus démunis, quel que soit le sens de ce que l'on met derrière ces mots.

samedi 7 avril 2012

Osterlammele (Agneau pascal)



L'Alsace regorge de traditions culinaires sympathiques, comme les Bredeles durant l'Avent (voir les billets du mois de décembre pour ceux et celles qui n'auraient pas suivi). Et à Pâques, il y en a bien d'autres : la visite du « Lapin de Pâques » dans les jardins (chez nous, ce ne sont pas les cloches qui déposent les chocolats, mais ce gentil lapin que tout le monde connaît mais que personne n'a jamais vu, un peu comme le Père Noël, quoi), le Pain de Pâques (sorte de grosse brioche aux raisins secs) et, bien sûr, le Lammele (ou Osterlammela, Agneau Pascal en bon français).


Si on parle de l'agneau pascal en Alsace, c'est pour désigner un biscuit en forme d'agneau décoré d'un étendard aux couleurs de la papauté (jaune et blanc) ou de l'Alsace (jaune et rouge), rappelant qu'autrefois on mangeait, jusqu'à la fin du XIXe siècle (et sur de nombreuses tables encore aujourd'hui), de l'agneau le dimanche de Pâques.

La transition s'est faite graduellement. Du bel agneau à l'os, on a commencé à servir un agneau en brioche et c'est, de cette dernière coutume, que découle la petite histoire de ce biscuit en forme d'agneau saupoudré de sucre glace, exemple parmi d'autres d'une pâtisserie qui s'impose au XIXe siècle dans tous les foyers bourgeois et paysans grâce à l'abondance de sucre, de farine et de beurre.
Les osterlammele sont traditionnellement cuits dans des moules en terre cuite dont ils gardent le parfum.


La recette suivante vient d'un autre site internet (www.alsace-terroir.com) et je la teste cette année, l'autre étant trop importante en quantités pour un seul moule (et du coup, ça déborde tous les ans. Je vais essayer de faire moins de gâchis cette année !).

Pour un Lammele :

150 g de farine
5 œufs (oui, c'est riche !)
150 g de sucre semoule
sucre glace

Séparer les blancs des jaunes, et mélanger (au batteur, ça va très vite !) les jaunes avec le sucre jusqu'à obtenir un mélange très homogène et blanc.
Ajouter ensuite la farine tamisée petit à petit pour éviter les grumeaux.


Battre les blancs en neige, et les incorporer peu à peu au mélange précédent. La pâte doit être fluide.
Beurrer (ou huiler) un moule en terre cuite en forme d'agneau (en vente dans tous les bons supermarchés d'Alsace, la semaine précédant Pâques généralement), et verser la pâte dedans.


Mettre au four à thermostat 5 (150°C) pendant environ 30 à 45 minutes (mais ça, ça dépend complètement du four : il me faut parfois jusqu'à 1h20 de cuisson pour obtenir un vrai Lammele cuit comme il faut ! Le mieux, c'est de bien surveiller la cuisson). Le Lammele est cuit quand il est bien gonflé et doré. On peut vérifier la cuisson à l'aide d'une aiguille à tricoter : si elle ressort sèche, c'est que c'est bon !


Ensuite, vient l'étape la plus difficile : le démoulage. C'est fragile !


Quand le Lammele est froid, saupoudrer de sucre glace et piquer un petit drapeau pour la présentation (ça, c'est complètement optionnel, bien sûr...).

(et voici un beau troupeau d'agneaux, que nous dégusterons demain au petit déjeuner !)

Très belles fêtes Pascales à tous !