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mercredi 30 septembre 2015

Maternité et vocation ou vocation à la maternité

Cela fait longtemps que je n'avais pas écrit ici. Pas le temps, pas envie, impression de n'avoir rien de neuf à dire… Sans doute un peu tout cela à la fois. Mais à midi, en terminant la lecture de ce petit livre, j'ai eu envie de m'y remettre, parce que ce livre-témoignage a eu un profond écho en moi.
En particulier deux aspects que l'auteur évoque :
« Mère et consacrée » et « Les dons de la grâce donnés par Dieu », en particulier les « moyens nécessaires ».

La maternité est une vocation. Tout comme la prêtrise, le mariage ou la vie religieuse. Pendant longtemps, je me suis dit que la plus haute vocation, pour une femme, c'était d'être religieuse, entièrement donnée à Dieu, avec tout le temps disponible pour être « branchée » en direct sur Lui par la prière. J'y voyais une opposition avec la vie d'épouse et de mère, comme si cette vie maritale était un pis-aller pour celles qui ne pouvaient supporter de vivre seules, sans homme, et ne pouvaient renoncer aux « plaisirs de la chair », comme on dit souvent.
C'est ma rencontre avec une amie très croyante, quelques jours après « la » rencontre avec celui qui allait devenir mon mari, qui a tout changé en moi. Je l'ai déjà dit dans un autre billet, mais cette phrase (« Le mariage est aussi une vocation ») a balayé tous mes doutes en un quart de seconde, alors même que ces mots, en eux-mêmes, ne réglaient en rien ma question à ce moment-là. En effet, la question, c'était « À quoi Dieu m'appelle-t-il ? Au mariage ou à la vie religieuse ? » Mais il faut croire que le seul frein que j'avais par rapport au mariage, c'était que je le voyais comme une solution de secours pour ceux et celles qui n'étaient pas assez forts spirituellement pour embrasser la vie consacrée.
Des années après, en fait en juillet 2014, lors d'une formation à la théologie du corps de Jean-Paul II, j'ai commencé à percevoir en quoi le mariage est une vocation et, surtout, sa beauté.

Pour en revenir à ce livre d'Isabelle Laurent, elle y parle de la rencontre avec Christian, son mari, et de l'évidente évidence qui s'est emparée d'elle à ce moment-là. J'ai eu l'impression, en lisant ces lignes, de lire une version alternative de ma propre histoire, parce que j'ai, moi aussi, senti qu'il n'y avait rien d'autre à faire que de dire « oui ». Que c'était Jean-Luc et personne d'autre et que le Seigneur me confiait à lui, tout en me le confiant à moi, pour notre bonheur à tous les deux. D'où, d'ailleurs, mon désarroi quelques jours plus tard quand tous ces signes contradictoires sont venus perturber ma logique et mes certitudes...

Alors après, nous avons obéi à ce qui nous était demandé et avons entamé la préparation au mariage proposée par notre paroisse. Et c'est là que j'ai compris le décalage. Au CPM (Centre de Préparation au Mariage) et dans toutes les autres préparations au mariage, on insiste sur le dialogue, l'apprentissage de la connaissance de l'autre, le discernement, le temps à s'accorder et à accorder au couple pour pouvoir dire « oui », « librement et sans contraintes » le jour « J ». Pour ma part, c'était tellement évident que c'était lui que je ne voyais même pas l'intérêt de me poser la question. Par ailleurs, le décalage était aussi flagrant avec les autres couples de fiancés qui se posaient des tas de questions, avaient besoin de s'éprouver et d'éprouver leur amour par la vie commune avant le mariage… À un moment, j'ai pensé que nous étions fous. Fous parce que ça allait très vite (un mois entre le jour de la rencontre et le jour où nous avons fixé la date du mariage, oui, c'est possible : nous l'avons fait !), fous aussi parce que nous étions, nous nous sentions différents. Chaque histoire, chaque couple est unique et beau dans son unicité. Pour nous, c'était un savant mélange de saut sans filet, d'inconscience totale de ce qui nous attendait et de confiance absolue en l'autre et en l'Autre.

Parce qu'il était très clair dès le départ que notre couple ne se serait jamais construit par notre seule volonté, il était évident pour Jean-Luc comme pour moi que notre couple était voulu par Dieu, qu'Il avait un plan pour chacun d'entre nous, mais aussi pour nous deux en tant que couple.
C'est pour cette raison que je pense qu'il est fondamental d'être « branché » sur Dieu. Parce que Dieu nous aime et nous veut heureux. De cela, je suis absolument certaine. Et en plus, Dieu connaît intimement chacun d'entre nous. Il sait donc exactement ce dont j'ai besoin et qui, sur cette terre, est susceptible de m'aimer assez pour faire le pari complètement délirant de passer avec moi le reste de sa vie, « pour le meilleur et pour le pire ». Très honnêtement, plus de 14 ans après, je m'émerveille encore du « Oui » de Jean-Luc…
Donc, il y a une chose très simple à faire pour être heureux : s'en remettre à Dieu. S'abandonner à Sa volonté, Lui laisser les rênes. Cela suppose de mettre son ego, son orgueil et sa propre volonté directement aux oubliettes. Parce que si je laisse Dieu prendre les rênes, alors je dois Lui faire confiance et Le laisser me guider toute ma vie, y compris sans rien comprendre et là où ma propre volonté humaine ne voudrait pas que j'aille. Et, finalement, c'est sans doute cela qui est le plus difficile : Lui faire une confiance absolue et se laisser conduire. C'est l'une des choses les plus difficiles parce qu'il est parfaitement humain de vouloir choisir dans sa vie, de vouloir conduire sa propre destinée. C'est d'ailleurs dans tous les magazines : comment être acteur de sa propre vie ? M'accomplir en tant qu'adulte ? Etc. Cela me fait beaucoup penser aux discours des psys de comptoir : il faut prendre son destin en main, ne pas laisser les événements décider à notre place, j'en passe et des meilleures. Ce que j'ai expérimenté, pour ma part, c'est tout le contraire : les meilleurs choix que j'ai fait, ce sont ceux où je me suis abandonnée à la volonté de Dieu… Ce sont les choix qui ont été les plus difficiles à faire, mais aussi ceux qui me rendent heureuse le plus durablement, parce qu'ils sont fondés sur le roc : Dieu lui-même. Dieu ne peut pas se tromper. Donc si je le laisse faire, il n'y a aucune raison qu'Il m'envoie dans le mur… et pourtant, ma propre volonté résiste si souvent !

L'autre aspect de ce livre qui m'a touchée, parce qu'il me conforte dans mes choix, ce sont ces quelques pages sur les moyens nécessaires. Là, l'auteur parle clairement des moyens matériels. Élever neuf enfants, ce n'est possible que si l'un des deux seulement travaille et qu'il a un revenu suffisant pour assurer la subsistance de onze personnes.
Mais ce qui m'a frappée, c'est que là où le monde dit : « Ils peuvent avoir des enfants, ils ont les moyens de les nourrir. », l'auteur dit : « Je suis persuadée que c'est parce que nous avons des enfants, que nous avons les moyens de les nourrir. Nous ne gagnerions pas autant avec moins d'enfants. Le Seigneur nous connaît, il savait dès le départ que nous dirions « oui » à la vie. Il nous a donc aidés à trouver l'endroit pour nous installer avec les personnes adéquates avec qui nous associer » (p. 124).
Cette manière de voir les choses me conforte dans les choix que nous avons faits. Lorsque j'ai réfléchi avec Jean-Luc au retrait du stérilet que je portais, la première question qui se posait pour nous était de savoir ce que nous ferions dans l'hypothèse d'une nouvelle grossesse. Pour les trois aînés, il me paraissait impossible d'arrêter de travailler. Bizarrement, en 2011-2012, alors que, professionnellement, les choses devenaient plus intéressantes pour moi, l'hypothèse d'une nouvelle grossesse s'est immédiatement accompagnée de la nécessité d'arrêter de travailler. En effet, la situation professionnelle de Jean-Luc avait beaucoup évolué depuis les naissances de nos trois premiers enfants. De salarié à mi-temps, il était devenu chef d'entreprise avec de nombreux déplacements qui l'empêcheraient à l'avenir de faire avec un nouvel enfant ce qu'il avait pu faire avec nos trois aînés : s'occuper de lui à mi-temps. Mais bizarrement, quand il m'a demandé « Qu'est-ce que tu feras si tu es à nouveau enceinte ? » j'ai immédiatement répondu « je vais le garder, bien sûr ! », tout en étant très étonnée qu'il pose la question, sachant que l'avortement, pour lui comme pour moi, n'était pas et n'avait jamais été une option. Il a donc du préciser sa question : « Mais après la naissance ? Parce que moi, je ne pourrai pas m'en occuper ! » Et j'ai été à la fois rassurée parce que la réponse était évidente et simple pour moi (« Ben j'arrête de travailler, bien sûr ! ») et confondue par ma propre bêtise d'avoir pu imaginer que mon mari avait pu ne serait-ce que penser une seconde à l'avortement…

Bref. Louise-Marie est arrivée et je suis en congé parental, jusqu'au 4 juin 2016. Mais il est évident pour moi que ce « congé » va être prolongé. Maintenant, avec le recul de deux ans, je sais qu'il ne serait pas raisonnable pour notre famille que je reprenne le travail. Je sais que ça peut paraître paradoxal parce que nous n'aurons donc plus qu'un salaire alors que nous avons souvent du mal à joindre les deux bouts… Mais ma présence à la maison fait du bien aux enfants parce que c'est là qu'est ma place, tout simplement. J'ai beaucoup aimé travailler. Je n'ai que très peu de mauvais souvenirs de ces quinze années. Mais il font partie du passé, un passé désormais révolu parce que ma place, aujourd'hui et pour les prochaines années, est auprès des enfants que le Seigneur nous a confiés.
En fait, Dieu nous les a confiés à nous, Amélie et Jean-Luc, parce que c'est nous qui sommes seuls capables, avec son aide, de les comprendre et de les guider vers Lui pour qu'ils ne se perdent pas sur les chemins du monde. Déléguer leur éducation, les soins à leur apporter, fût-ce à des personnes qualifiées et rémunérées pour cela n'est plus une option acceptable pour moi. Le principal, maintenant, le plus important pour nous, c'est de les élever dans l'amour et la connaissance de Dieu. Donc dans l'amour de leurs frères, les autres êtres humains, puisque le Christ a énoncé ce commandement comme étant semblable au premier des Dix Commandements de la Loi de Moïse :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Rien n'est donc plus important que d'élever les enfants dans l'amour de Dieu et du prochain. À cette mission primordiale s'ajoute celle qui en découle directement : aider nos enfants à devenir des adultes debout, heureux et responsables, peu importe le chemin que nous avons rêvé pour eux. Leur chemin sera sûrement différent de celui que nous avons balisé. Mais s'ils gardent l'essentiel, à savoir l'amour de Dieu et du prochain, alors le Père les rejoindra sur ce qui sera leur propre chemin et alors ils seront heureux et sauvés.
Alors, bien sûr, il y a la question financière. Étrangement, ce « problème » me pose moins de soucis que de savoir si rester à long terme à la maison m'ira et me satisfera. Parce que nous avons expérimenté, Jean-Luc et moi, la sollicitude du Seigneur pour nous. Malgré les ennuis financiers, les baisses de revenus liées au temps partiel ou à l'arrêt du travail, nous avons toujours eu largement de quoi nourrir nos enfants, de quoi les vêtir, les loger… Dieu s'occupe de nous dans les moindres détails, pour peu, une fois de plus, qu'on Lui laisse le champ libre et qu'on lui permette, finalement, de s'occuper de nous, justement. Étrange liberté...


La maternité est une vocation. Ce n'est pas un métier. D'ailleurs, ce n'est pas payé et c'est très peu reconnu. À l'heure de la contraception et de l'avortement pour toutes, c'est même assez mal compris d'être mère de plus de trois enfants. Dans notre entourage, heureusement, beaucoup de personnes ayant la foi nous comprennent et vivent aussi les joies des grandes familles. Malgré tout, la maternité est, tout comme la vocation religieuse ou la prêtrise, une vocation indispensable à notre monde. Petit à petit, je m'approche du Sens de ce terme qu'employait le Saint Pape Jean-Paul II à propos des femmes qu'il appelait les « Sentinelles de l'Invisible ». Et j'aime bien cette idée de veiller, dans l'ombre, à l'éclosion de nouvelles vies et d'aider Dieu à leur épanouissement et à leur bonheur en Lui. C'est ça, finalement, la maternité. Avec le secours de la grâce de Dieu et l'exemple de Marie, LA mère par excellence. Mettre au monde des enfants et les entourer d'amour, de cet amour imparfait à la manière humaine mais qui est sans doute ce qu'il y a de plus proche de l'amour du Père pour chacun de ses enfants. On pourrait d'ailleurs en dire autant de la paternité. Un jour, il faudra quand même que j'en parle ici !

samedi 21 février 2015

De la publicité pour... quelque chose d'illicite !!! Si, si !

Deux événements aujourd'hui me font réagir...

Il y a un tout petit peu plus de deux ans (le 2 février 2013), quelques temps avant le vote de la loi Taubira sur le mariage, je m'interrogeais sur le fait que l'Etat nous mentirait... sciemment. Et quelques mois avant, j'avais déjà écrit à mon député pour lui demander de ne pas donner sa voix à cette loi parce qu'elle finirait (entre autres) par justifier tout et n'importe quoi. Dans mon courrier, je demandais entre autres si la société devait entériner quelque chose par la loi au motif que ce quelque chose existait (ce qui était un des arguments des personnes favorables à la loi sur le mariage pour tous) : Il y a des couples homosexuels qui vivent ensemble, qui élèvent des enfants, il faut donc leur donner un cadre législatif sécurisant puisque ces "familles" existent. Et je demandais si parce que le crime existait, il devait être rendu légal ?
Sur le coup, certains de mes contacts Facebook m'ont juste dit que je délirais, que c'était du n'importe quoi comme argument, qu'il n'était pas question de cela mais de "familles" et de "couples" qui s'aiment. Oui. Sauf que.

Sauf qu'aujourd'hui, à peine deux ans après (parce que pour Gleeden, la pétition, je l'ai déjà signée il y a plusieurs mois), on est dans une situation totalement délirante où la société en vient à demander elle-même la légalisation de faits par ailleurs punis par la loi. Et trouve cela "bien" sans doute.

Premier cas : Gleeden. Aujourd'hui (ou ces jours-ci, je ne sais pas exactement quand aura lieu le procès), les Associations Familiales Catholiques ont attaqué Gleeden en justice à cause des publicités placardées sur les murs du métro et à l'arrière des bus (et aussi en ville, mais ces publicités ont été retirées dans plusieurs villes de la région parisienne à la demande des élus - et d'ailleurs, ce matin, 170 élus ont publié une tribune contre cette publicité). 
Quel est le problème ?
Gleeden est un site de rencontres dont l'objet est précisément de promouvoir l'adultère (en fait, vous n'avez pas pu passer à côté, c'est dans tous les médias ces jours-ci, par exemple ici). Or l'adultère, s'il n'est plus considéré comme un délit de nos jours, est quand même défendu par la loi, puisque le code civil (article 212) dit très clairement que les époux se doivent fidélité (et ça, c'est même pas l'Eglise qui le dit, mais le maire ou son adjoint au moment où il marie les époux). Donc on a un site de rencontres qui fait sa publicité sur le fait qu'un homme et une femme consentants (et par ailleurs mariés, mais pas ensemble) ne font rien de mal et peuvent très bien tromper leurs conjoints respectifs, et qu'en plus, Gleeden dans sa grande mansuétude va les y aider.
Chouette !

Deuxième cas : la sortie d'un livre ces jours-ci. Un livre co-écrit par Sarah Levine, Américaine mariée à un Français et la mère porteuse de son aîné, Oscar. Le couple a un second enfant, Viviane et un troisième est en route aux Etats-Unis via, une fois de plus, une GPA. Alors d'accord, Sarah Levine n'a pas eu de bol. Plusieurs FIV, toutes ratées, puis la découverte d'un cancer de l'endomètre et hop, terminé l'espoir de mettre elle-même au monde, un jour, un enfant.
Mais quand même. Il y a un truc qui me gêne là-dedans. Est-ce que la GPA n'est pas interdite en France ? Est-ce qu'il n'y a rien de choquant dans le fait qu'un livre témoignage fasse la promotion, en France, d'une pratique qui y est (pour l'instant, mais pour combien de temps encore), interdite ? Et que cette promotion se fasse à la télévision, à la radio, bref, sur les grands médias nationaux ? Parce que l'info, je l'ai entendue cet après-midi sur France Inter ! Et en faisant des recherches, j'ai découvert un reportage sur France 3 ! Donc ce n'est pas une obscure chaîne du satellite ou une petite radio dissidente qui en fait la pub ! Non, ce sont les grands médias ! (d'ailleurs, à la réflexion, ça ne m'étonne pas. On parle beaucoup de l'indépendance des médias... Comment un journal comme Le Monde peut-il être indépendant quand il doit sa survie à... Pierre Bergé, le même qui a déclaré au moment du débat sur la loi Taubira qu'il n'y avait aucune différence entre l'ouvrier qui loue ses bras à l'usine et la femme qui loue son ventre à un couple qui veut avoir un bébé ?)

Ce que je remarque, c'est que la circulaire Taubira, parue en janvier 2013 (et qui avait en partie motivé mon billet du 2 février 2013), a, comme prévu, ouvert la boîte de Pandore. C'est le coup du Cheval de Troie, ça ! On interdit "officiellement" la GPA, mais on dit aux parents "pas de problème, vos enfants n'ont pas à pâtir de vos manquements à la loi, ils pourront avoir la nationalité française, il suffit de la demander !" et dans le même temps, la Cour Européenne des Droits de l'Homme condamne la France pour une histoire de GPA mais la France, qui redit par ailleurs son opposition à la GPA, ne fait pas appel de cette décision. Donc en France, on est officiellement contre, mais on fait tout pour faire comprendre qu'en fait, on est pour.
Dites, vous nous prenez pour des imbéciles ou quoi ?

Quand je vous disais que bientôt, nous serions dans un pays sans foi ni loi... ben... zut. J'avais raison. Mince alors.

C'était mon "humeur" du jour. Je ne décolère pas, bien sûr. Mais il y a belle lurette que j'ai compris ce qu'on nous prépare dans ce monde. Un monde déshumanisé où les hommes et les femmes se doivent d'être identiques et où il est interdit de penser autrement que ce que dicte l'Etat. Oui. Une dictature de la pensée. Si on y réfléchit bien, c'est déjà le cas. 

Charlie Hebdo. Qui publie des caricatures et des dessins obscènes à l'encontre de toutes les religions (et ils n'ont pas été particulièrement tendres avec le Pape ! Au fait, vous avez vu des intégristes catholiques tirer sur les dessinateurs de Charlie Hebdo avant que les islamistes le fassent ? Ben pas moi.). 
Et un journal qui veut publier une parodie de Charlie Hebdo et qui se voit interdit de le faire par... Charlie Hebdo, au motif qu'il y a des choses dont on ne peut pas rire !!!! Si ! Véridique !


Heureusement que je suis catholique. Parce que, du coup, je suis remplie par l'Espérance chrétienne. Celle qui dit qu'à la fin, le Christ est vainqueur. Parce que sinon, dans ce pays, vu tout ce qui s'y passe, il y aurait de quoi se tirer une balle dans la tête. Mais non, parce qu'à la fin, le Christ est vainqueur.

Seigneur, reviens vite ! Ce monde est d'ores et déjà devenu fou...

mardi 24 septembre 2013

Transmission...

Je viens de lire une partie de cet article, daté du mois de décembre 2012, et je m'arrête en plein milieu à cause d'une réflexion sur un point qui me semble crucial, au regard de ce qui se passe dans notre société depuis quelques mois : celui de la transmission.

De quoi parle-t-on ici ? Du "mariage" pour tous (oui, encore). Mais ça pourrait être autre chose : le divorce, l'avortement, l'euthanasie, la recherche sur l'embryon, peu importe. Une question de société comme une autre.
Ce qui m'interpelle, c'est ceci : cette femme qui "dénonce" le gouvernement est une élue, PS, qui visiblement fait appel à sa conscience, à sa morale personnelle, pour dire que si, un débat à propos de cette question, ce serait quand même important, parce que tous les Français ne pensent pas la même chose :

Je me réjouis de voir l’examen du texte à l’Assemblée nationale repoussé à la fin du mois de janvier. Cela permettra d’élargir les auditions, c’est une très bonne chose. Mais sera-ce suffisant au regard de la diversité des opinions et de l’ampleur de la réflexion qui touche à la sociologie, à l’éthique, au droit, à la spiritualité de chacun ? Notre pays doit pouvoir se donner le temps du débat et d’une décision qui, à défaut d’unanimité, ou de majorité massive, parviendrait à rallier un maximum d’adhésion, et a minima, de compréhension. 
Qu'est-ce qui peut bien faire parler cette femme ? Le socle de valeurs qui font son "moteur" interne, vraisemblablement. On peut l'appeler autrement : sa morale personnelle, ses valeurs, sa "foi", même si ce n'est pas en Dieu, ses croyances, son éducation, etc.
Et vous voyez où je veux en venir ?
Non ?

Bon, alors voilà : Imaginons la France et le monde dans, disons, 20 ans. La loi Taubira est passée. Les enfants sont conçus artificiellement par PMA et GPA, ils vivent, pour certains, dans des familles "homoparentales", les mêmes et d'autres sont ballotés d'une couple à l'autre (parce que l'instabilité des couples, c'est bien connu, c'est bien plus encore pour les couples hétérosexuels que pour les couples homosexuels), ils s'interrogent tous et toutes sur le fait d'être un garçon ou une fille, bref, c'est la confusion. Les psys sont devenus le contingent professionnel le plus important numériquement. C'est qu'il y a du travail pour redonner goût à la vie à tous ces jeunes qui veulent en finir avec la leur...

Alors je me demande : Et si, tout ça, c'était le résultat d'un "trouble de la transmission", comme il existe des "troubles de l'apprentissage" ? Parce que quand j'observe ce qui se passe, je me dis qu'un certain nombre de problèmes viennent ou semblent venir d'un déficit d'éducation, de transmission.
Si on reprend un peu ce qui s'est passé, en mai 1968, en particulier, il y a eu une rupture dans la transmission. "Il est interdit d'interdire", "Jouir sans entraves", "Sous les pavés, la plage", etc. étaient parmi les slogans les plus connus. Derrière, il y a la volonté pour certains de mettre au panier tout ce qui a fait la vie des plus âgés. Exit la foi, exit la morale, exit aussi la chasteté, le respect de l'autre. Ca a donné lieu, un peu plus tard, aux débats sur l'avortement qui ont ont accouché de la loi Veil en 1975 ("Un enfant quand je veux, si je veux", ou encore "mon corps m'appartient"). Puis du PACS et, maintenant, du "mariage" gay.
Finalement, qu'est-ce que c'est que tout cela, qu'y a-t-il derrière, à part un énorme égoïsme ?
Le règne de l'individualisme. On pourrait presque traduire ça par "Ma liberté, c'est de faire ce que je veux, quand je veux, et quelles qu'en soient les conséquences".
A l'école, on apprenait, quand j'étais petite, que "ma liberté s'arrête là où commence celle des autres". Une façon un peu plus policée pour dire, finalement, la même chose : "ma liberté, c'est de faire ce que je veux quand je veux, et je vais jusqu'où je peux aller sans trop déranger le voisin".
J'ai l'impression, de plus en plus, ces derniers temps, que ce qui a été transmis depuis 40 ans, c'est ça : le culte de l'individualisme forcené.
Comment s'étonner, dès lors, que cela donne, 40 ans après, des adultes qui réclament le droit de se marier "comme les autres", mais aussi celui d'avoir un enfant "comme les autres" ? Bien sûr, qu'il y a un droit "à" l'enfant ! Forcément ! Puisque ce fameux "un enfant si je veux, quand je veux" est inscrit dans nos gênes et dans la loi depuis 1975 ! Par un effet miroir, on en arrive à "un enfant à tout prix, même si je ne peux pas, et il est du devoir de l'Etat de pallier mes impossibilités dans ce domaine".

Mon mari et moi sommes donc des dinosaures.
Des dinosaures, parce que nos parents à tous deux ont échappé à la déconstruction morale de mai 1968. Ils font partie de ceux qui se sont retrouvés sur les barricades mais les ont regardées d'un oeil critique ou étaient encore un peu jeunes pour y être et ont vu tout ça de loin. Elevés dans des familles catholiques, ils avaient encore des parents pour leur transmettre les valeurs chrétiennes et étaient assez âgés et bien entourés pour les avoir faites leurs, ces valeurs.
Et ce sont ces valeurs qu'ils ont transmises à leurs enfants, malgré le discours ambiant totalement contraire.
Du coup, ces valeurs sont devenues aussi les nôtres, à mon mari et moi.
Mais plus que ça, nous en vivons et les transmettons aussi à nos enfants.

Alors je me pose une question (en fait, non, je m'en pose plein, mais je ne vais pas toutes les énumérer ici, ce serait trop long) : ces valeurs qui sont les nôtres et qui sont aujourd'hui ultra-minoritaires dans notre beau pays, que vont donc en faire nos enfants ? Vont-ils être assez forts pour en vivre à leur tour ? Pour les faire vivre et les transmettre à leur tour, envers et contre tout, envers et contre la société actuelle, puisque la société actuelle prône l'inverse de ce que nous défendons (comme, par exemple, le respect de la vie et son caractère sacré, le respect de l'autre, de l'autorité, du bien commun et du bien d'autrui... mais, plus encore, la foi en Dieu et en Christ) ?

La transmission, c'est le fondement de l'éducation. Ce que je suis, ce que je vis, je le transmets, consciemment ou non, à mes enfants qui apprennent d'abord par l'imitation.
Alors une autre question : avec des jeunes parents qui n'ont rien reçu de leurs propres parents depuis 40 ans, qu'est-ce qui va bien pouvoir se passer pour leurs enfants ? Que vont-ils leur transmettre, eux qui n'ont eux-mêmes rien reçu ? Que peut-on offrir à ses enfants quand on est soi-même dans une extrême pauvreté ?
On parle beaucoup de "valeurs morales", de "morale laïque"... mais quel est le fondement de ces "valeurs", de cette "morale", si ce n'est la foi en Dieu qui a conduit les générations précédentes ?
Ma génération est en grande partie celle qui n'a rien reçu et n'a rien à transmettre. Leurs enfants ne vont donc pas recevoir grand-chose... Voire rien du tout, si ce n'est de la poudre aux yeux ("le dernier iPhone, c'est essentiel : sans lui, je meurs !!!"). Parce que qu'y a-t-il de mieux pour endormir les consciences que d'occuper les esprits avec des trucs technologiques futiles dont on n'a pas besoin mais dont on est sûr et certain qu'ils sont essentiels à notre bonheur ? C'est le suicide collectif de notre société, programmé pour dans très peu de temps maintenant.

Et pourtant, il y a les Veilleurs.
Ils ont entre 20 et 30 ans. Ont grandi vraisemblablement, comme moi, dans des familles protégées. Ils se lèvent et veillent notre société, tels ces personnes qui veillent le malade et le mourant dans leurs lits d'hôpitaux. Ils veillent sur notre société, ils s'éveillent, éveillent les consciences. Ils ont choisi la culture comme arme politique. Certains, même s'ils ne le disent pas, sont animés par la foi.
Ultra-minoritaires eux aussi, ils n'en sont pas moins une lame de fond, une vague immense, un contre-pouvoir incroyable.
Avec eux, l'espérance peut renaître.

Le thème de la veillée de ce soir à Sélestat ?
La liberté.

mardi 23 juillet 2013

"Mariage" Gay : suite (mais pas encore fin...)

 Trouvé dans Valeurs Actuelles, article daté du 19 juillet 2013 :

Taubira embarrasse le Quai d’Orsay
La loi Taubira risque d’obliger la France à renégocier 16 traités bilatéraux. Ce texte modifie en effet le sens des mots “mariage”, “époux”, “conjoint” et “parent” présents dans plusieurs accords bilatéraux. Considérant que ces changements reviennent à « tromper » les États cosignataires de ces traités, l’Agence européenne des adoptés (une association loi de 1901) demande donc au gouvernement soit de préciser le sens de ces mots au Journal officiel, soit de renégocier ces accords.

J'en reste pantoise... Enfin non, plutôt, je jubile. Tout en étant sidérée. Bref, je ne sais pas trop que penser. Que nous avions raison ? Qu'"ils" se sont bien fichus de nous ?  Qu'"ils" savaient dès le début qu'on en arriverait là ? Que c'était évident, inévitable ?
En tout cas, quand les "anti-mariage gay" ont dit que cette loi changeait le sens des mots, en particulier celui du mariage, mais pas uniquement, les "pro", y compris le gouvernement, nous ont dit que "non, bien sûr que non, ça ne fait que donner des droits supplémentaires à quelques-uns, sans rien enlever aux autres." 

Ben... si. Vous voyez bien que nous avions raison !

samedi 15 juin 2013

Atterrissage réussi !

Je le disais sur mon autre blog en réponse au commentaire d'Asphodèle dans le dernier précédent : notre "petite" famille s'est agrandie il y a quelques jours d'une petite Louise-Marie. Elle est née le 4 juin, pesait à ce moment-là 3,280 kg, pour 49 cm. Je rassure tout de suite les lecteurs assidus de ce blog : elle va très bien, mange bien (c'était pas gagné au départ, quand on voyait le nombre d'heures passées à dormir !), reprend peu à peu du poil de la bête (elle a perdu beaucoup de poids à la naissance, et a eu un peu de mal à remonter la pente, mais cette fois-ci, ça semble aller dans le bon sens !) et est de plus en plus éveillée.

De mon côté, je suis très heureuse, bien sûr, l'accouchement s'est très bien passé, j'ai été admirablement soutenue par mon mari (je ne sais pas ce que j'aurais fait sans lui, en fait, ce jour-là) et je me remets plus vite que ce que j'avais imaginé au moment de la naissance. La fatigue est là, alimentée par les nuits courtes et surtout entrecoupées par les tétées. Mais c'est pour la bonne cause !

Allez... une petite photo de la 8e merveille du monde ?


(J'ai l'impression qu'elle venait de découvrir, ce jour-là, qu'elle avait une main... Dieu seul sait ce qu'elle fera avec plus tard. Quant à l'autre, je vous rassure tout de suite : elle est simplement "planquée" dans la manche du pyjama. Promis, on l'a "livrée" finie, avec tout ce qu'il faut. Rien ne manque !)

dimanche 28 avril 2013

Sérénité

Il y a des moments où on est bien. Pas de questions, pas de préoccupations. Le calme, le silence, la sérénité. Des moments rares, certes, mais que j'arrive à apprécier de temps en temps.
Aujourd'hui, c'était un de ces jours où une heure de temps m'a été donnée, où j'ai pu profiter de ces moments si rares mais si apaisants.
Jean-Luc et les enfants sont partis à la piscine un peu après 14 heures. Et je me suis retrouvée seule, dans ma grande maison, devant le poêle avec une bonne flambée à l'intérieur.

Le feu, maîtrisé, a cela de beau qu'il est tranquille, calme et apaisant, anesthésiant, presque. Et qu'il procure une douce chaleur qui fait du bien au corps et à l'âme parfois si bousculée, si chamboulée.


mardi 12 mars 2013

Réforme du congé parental : arrêtez le massacre !


Alors, quel est donc le sujet de mon ire, en cette heure tardive du 11 mars (ou plutôt matinale du 12 mars) ???
J'ai écouté d'une oreille très distraite, vendredi dernier, journée de la femme, la dernière sortie de notre président de la république à propos des droits des femmes.
Figurez-vous que Najat Vallaud-Belkacem et lui nous ont concocté une réforme du congé parental d'éducation pas piquée des vers.
En gros, ils pensent que comme le congé parental est pris à 96% par des femmes, c'est la marque d'une inégalité criante entre les femmes et les hommes, parce que du coup, ça éloigne les femmes de l'emploi pendant au bas mot 3 ans, et qu'en plus, ce sont elles qui se retrouvent à faire tout à la maison (entendre par là s'occuper des enfants, faire les courses, le ménage, la vaisselle, la lessive, le repassage, sortir les poubelles, etc.).
Soit. En fait, c'est tout à fait vrai.
Mais le problème, c'est la réponse qu'entend donner notre gouvernement à cet état de fait pour rétablir l'égalité entre les hommes et les femmes.

Pour être plus claire, je vais d'abord exposer ce qui existe actuellement, parce que ça fait toujours du bien de faire un point de l'existant, et ensuite, on parlera de cette magnifique réforme.
Aujourd'hui, quand un couple a un deuxième enfant (pour le premier, le congé parental se limite à six mois maximum pour la mère ou le père), il a le choix entre plusieurs options :
- soit la femme arrête de travailler pour s'occuper de son bébé, à temps plein ou à temps partiel, pendant un an renouvelable deux fois, dans la limite des trois ans de l'enfant. Ça s'appelle dans ce cas-là le CLCA : Congé de Libre Choix d'Activité, rémunéré 566€ par mois au maximum pour un congé à temps plein.
- soit la femme arrête de travailler pour s'occuper de son bébé pendant au maximum un an, et le congé est mieux rémunéré que le précédent : il s'agit du COLCA, Congé Optionnel de Libre Choix d'Activité (700 € par mois pendant un an au lieu de 566 € par mois pendant trois ans).
- soit le père prend le congé parental aux mêmes conditions que si c'est la mère qui le fait (CLCA ou COLCA).
Le choix est définitif, on ne peut pas passer du CLCA au COLCA, ni du COLCA au CLCA.
- soit les parents continuent de travailler tous les deux, et dans ce cas-là (ou dans le cas d'un congé parental à temps partiel), ils peuvent bénéficier du CLCMG, Complément de Libre Choix du Mode de Garde, permettant de financer une partie des frais de garde pour le bébé (crèche, nourrice ou garde à domicile).

Dans tous les cas, ils sont souverains pour le choix. En réalité, dans beaucoup de cas, les choses se décident souvent au mieux des finances de la famille. Il n'y a pas de mystère : s'arrêter de travailler quand on a des enfants n'est pas forcément possible. Donc un certain nombre de femmes choisissent de continuer leur activité professionnelle parce qu'elles gagnent plus d'argent en travaillant qu'en restant à la maison (logique, me direz-vous).
Le problème se pose souvent lorsque viennent se greffer là-dessus les questions de garde d'enfant. Toutes les familles n'ont pas à leur disposition une grand-mère qui peut s'occuper des enfants en bas-âge, ou les moyens de s'offrir une jeune fille au pair ou une garde d'enfants à domicile. Et il manque énormément de places en crèche ou chez les nourrices pour permettre aux femmes de travailler. Donc beaucoup arrêtent simplement de travailler jusqu'à l'entrée de l'enfant à l'école, tout simplement parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement.
Une autre question se pose : pourquoi, à votre avis, ce sont les femmes qui prennent majoritairement ce congé parental ? La plupart du temps pour plusieurs raisons, allant de l'absence de fibre maternelle chez le père (oui, c'est étonnant, hein ?), au fait que c'est souvent le père qui a le plus gros salaire, et donc que si c'est lui qui prend le congé parental, alors la perte nette de revenu est plus grande que si c'est la mère, en passant par le fait que les pères sont peu informés du fait qu'ils peuvent, eux aussi, bénéficier d'un congé parental, ou que de nombreuses femmes ont simplement envie de s'occuper de leurs enfants tout petits ou tout aussi simplement que les bébés ont besoin de leur mère plus que de leur père dans les premières années de leur vie (c'est pas moi qui le dis, ce sont des données statistiques : un bébé a plus besoin de sa mère quand il est tout petit, et plus besoin de son père un peu plus tard, pour diverses raisons là encore).

Mais bon, quelles que soient les raisons, le congé parental a quand même un certain nombre d'avantages pour les mères. Il permet de limiter drastiquement les frais annexes, liés par exemple à la cantine (pour le(s) plus grand(s) des enfants par exemple, puisque la mère est à la maison), ou encore diminue les frais de transport pour aller travailler (la nourrice n'habite pas forcément la maison d'à côté, certaines mamans sont obligées de faire plusieurs dizaines de kilomètres parfois pour déposer leur bébé chez la nounou si elles n'ont pas trouvé plus près, notamment dans certains villages. Parce que non, M. Hollande, tout le monde n'habite pas en ville, et encore moins à Paris). Au final, ce que l'on perd d'un côté, on le « gagne » de l'autre en dépenses que l'on n'a pas, ou plus, ou moins.

Voilà, en gros, pour l'existant.

Alors que propose le gouvernement pour cette nouvelle réforme ?
Tout simplement de réduire pour toutes les familles le congé parental à deux ans et demi, en le rémunérant mieux (40% à 60% du salaire, dans la limite de 1500 à 1800€ par mois), et surtout d'obliger le père à prendre six mois de congé parental.
Fort bien.
Alors examinons plusieurs cas d'espèces.

Une famille avec deux enfants, par exemple, dont un nourrisson. Après le congé maternité, la mère, qui travaille à mi-temps et est payée au SMIC, prend un congé parental. Actuellement, elle gagne 566€ pendant trois ans, sans frais de garde supplémentaires.
Après la réforme, elle ne gagne pas beaucoup plus que 500€, pendant deux ans et demi, puis doit reprendre le travail. Son mari, lui, travaille à temps plein, il est un peu mieux payé. S'il s'arrête de travailler pour s'occuper du bébé, il ne gagnera pas plus de 40 à 60% de son salaire, ce qui fait une perte nette importante, et sa femme travaillera toujours à mi-temps au SMIC. Financièrement, ce n'est pas du tout intéressant pour cette famille. Le père ne pourra donc pas prendre ce congé parental, sinon sa famille risque tout simplement de ne plus s'en sortir, alors qu'elle s'en sort à peu près dans le système actuel. Au final, c'est quand même la mère qui sera obligée d'arrêter de travailler, sans compensation financière cette fois, contrairement au congé parental de 3 ans qui lui assure quand même 566€ par mois.

Deuxième cas de figure : La maman est salariée dans le privée, le père travailleur indépendant, agriculteur ou éleveur par exemple (ou viticulteur, on s'approche encore plus de notre cas).
Actuellement, le mari gagne peu, crise oblige, la maman travaille à mi-temps parce qu'ils ont déjà trois enfants et que le père est obligé de partir en déplacements professionnels pour vendre sa production. Il ne peut compter que sur lui-même et n'a déjà pas pu prendre les 11 jours de paternité auxquels il a pourtant droit depuis 2004 et la dernière réforme du congé parental. À la naissance du quatrième enfant, ils ont prévu que la maman resterait à la maison s'occuper des enfants, notamment du dernier qui, bien sûr, ne va pas encore à l'école, et pour cause. La perte nette de salaire de la maman, qui gagne bien sa vie pour un mi-temps, est de 450€ environ, compensée en partie par les allocations familiales qui s'ajoutent pour le 4e (PAJE, Prestation d'Accueil du Jeune Enfant, accordée sous conditions de ressources). Cela va être juste tous les mois, mais la famille s'en sortira quand même parce que justement, les frais « fixes » (cantine, garderie, transports en train pour aller travailler et frais d'essence) vont diminuer de manière importante.
Si la réforme est appliquée, la maman voit son congé parental réduit à deux ans et demi, rémunérés maximum 600€, puisque son salaire est de 1000€ par mois, soit 44€ de plus que dans l'autre cas.
Au bout de ce temps, elle retourne travailler, avec 1000€ par mois toujours, mais 100€ de train, sans compter la garderie et la cantine qu'il faudra rajouter (pour la cantine uniquement, il faut compter chez nous 187 € pour 10 repas pour chacun des trois enfants. Sachant qu'il y a 4 repas par semaine, je vous laisse faire le compte pour le mois). Je doute que le calcul soit favorable à la famille, s'il faut payer en plus une nourrice pour le dernier qui ne peut pas encore aller à l'école.
Ah mais non ! Puisque le papa va, lui, s'arrêter de travailler pour s'occuper des enfants pendant six mois !
Oui, mais non. Parce que le papa, s'il s'arrête de travailler, il peut tout simplement fermer boutique. Il est viticulteur, et ses vignes et son vin ont besoin de lui. Ou bien il est éleveur. Qui va traire les vaches ? Ou encore, il est infirmier libéral. Sa clientèle va partir ailleurs et ne reviendra peut-être pas, il va lui falloir tout recommencer. Ou encore il est chef d'entreprise et ses fournisseurs et clients n'attendront pas six mois, ni même trois et iront voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Dans tous les cas, s'arrêter, même trois mois, met en danger l'entreprise, l'exploitation, l'élevage, le cabinet libéral.
Donc, concrètement, comme le père ne peut pas se permettre de prendre ce congé parental de six mois, cela réduit le temps de présence des parents auprès du plus jeune enfant (et les mauvaises langues diront que ça réduit aussi de six mois le temps d'indemnisation : autant de gagné pour les caisses de l’État, non ? Mais ça, bien sûr, ce sont les mauvaises langues seulement qui le disent).  Et ce n'est pas du tout une question de machisme ou d'inégalité entre hommes et femmes, mais de réalité économique et financière.

Ça, c'est pour l'aspect purement pratique et financier.
Alors on pourrait jouer sur d'autres leviers : permettre aux femmes d'avoir le même salaire que les hommes pour le même travail. Ça permettrait d'éviter cet effet du « je gagne moins, donc on perd moins si je reste à la maison ». Le gouvernement y travaille, bien sûr, et c'est tant mieux. Mais est-ce que c'est réaliste ? En tout cas, ça ne concernera que les personnes salariées, jamais ceux et celles qui sont indépendants, par exemple. On pourrait aussi repenser complètement les modes de garde pour les enfants, histoire de lever un des plus gros frein à la reprise précoce du travail des femmes. Pour cela, il faudrait quand même investir sérieusement dans la formation des professionnels de la petite enfance, et dans la création des structures d'accueil nécessaires pour accueillir tous les enfants. Le gouvernement en a-t-il les moyens ?

Mais même en dehors de tout ça, il y a quelque chose qui me choque profondément dans cette réforme annoncée du congé parental : l'ingérence du gouvernement dans les choix de vie des couples.
Pour la naissance de Noémi, en 2002, il n'y avait pas de congé parental (c'était avant la réforme qui a instauré les six mois de congé parental pour le premier enfant). Pour des questions de garde, j'ai quand même réduit mon activité à 80%, pour pouvoir être à la maison une journée complète avec mon bébé. Parce que c'est bien beau, le travail quand on a des enfants. Mais concrètement, laisser un bébé de 3 mois à une nourrice de 7h30 le matin à 18h30 le soir, minimum, c'est quand même difficile, autant pour la maman que pour le bébé. Mais à l'époque, bien sûr, nous avons pensé que c'était la meilleure solution pour tout le monde, bébé et parents. Aujourd'hui, nous savons que Noémi a des soucis importants, dont une partie peut largement être imputée à mon absence dans ses premières années.

Quand Nathanaël est né, en 2004, j'avais décidé de rester à 80%, et Jean-Luc, mon mari, travaillait à mi-temps comme ouvrier chez un viticulteur et à mi-temps sur l'exploitation familiale. La première nourrice ayant démissionné un mois avant ma reprise du travail, il a fallu trouver une nourrice d'urgence, ce qui n'a pas été simple compte-tenu de la pénurie d'assistantes maternelles chez nous. On a fini par trouver, mais un mois après, notre bébé a eu de graves problèmes de santé, et elle a aussi démissionné, ne se sentant pas à la hauteur pour assumer la garde d'un enfant aussi malade (ce que je peux tout à fait comprendre). Bilan des courses : au bout d'un mois, j'ai demandé à mon employeur de transformer mon congé parental à 20% en congé parental à 50% et Jean-Luc a pris un mi-temps (sur son mi-temps salarié) pour s'occuper de Nathanaël les jours où j'allais travailler. Je vous passe les détails de nos déboires administratifs avec la CAF, là aussi, c'était « coton »...

En 2006, à l'arrivée de Rébecca, je n'ai pas changé mon temps de travail, j'ai continué à 50%, toujours en congé parental, et Jean-Luc aussi, pendant quelques mois, avant de reprendre à temps plein, non pas parce que son contrat chez le viticulteur était arrivé à terme ou parce qu'il avait été viré, mais parce qu'il n'avait pas le choix, à cause du développement de l'entreprise familiale qui lui réclamait plus que 3 jours de travail dans la semaine. C'est aussi à ce moment-là que ses déplacements se sont multipliés, m'obligeant à jongler avec mes jours de travail et ceux de mes collègues pour assurer le service les jours où mon mari était à la maison et pouvoir être là quand il était parti.
Et globalement, ça s'est toujours bien passé, au niveau de l'organisation du moins.

Quand Rébecca a eu 3 ans, j'ai voulu reprendre le travail à 70%, soit trois jours par semaine, ce qui s'est révélé être impossible au niveau de l'organisation familiale, à cause des déplacements de Jean-Luc. Je suis donc revenue à 50% après quelques mois d'essais infructueux. Sans m'en porter plus mal d'ailleurs.
Mais ce qui a été formidable dans toutes ces évolutions de nos temps de travail respectifs, c'est que nous avons toujours eu le choix, et toujours pu nous adapter aux besoins particuliers de nos enfants. Jamais je ne me suis sentie obligée de faire quoi que ce soit. Jusqu'à présent, j'ai toujours préféré continuer de travailler, même à temps partiel. Et Jean-Luc a toujours assuré l'éducation et la garde des enfants en fonction de ses possibilités. Nous avons donc toujours pratiqué le "partage des tâches".

Là, si la réforme passe, ça va être plus compliqué.

BB4 naîtra en juin. La reprise ne sera pas simple. En un an, le service documentaire aura connu un changement de logiciel documentaire, un renouvellement du matériel informatique et un nouveau thésaurus. Soit, pour moi, l'obligation d'une formation professionnelle complémentaire de plusieurs semaines (voire plusieurs mois à cause de la complexité des logiciels documentaires). Cette formation, je devrai la suivre quoi qu'il arrive, que je m'arrête un, deux ou trois ans, puisqu'il s'agit d'une mise à niveau indispensable pour maîtriser le nouveau matériel. Donc la reprise du travail ne sera pas plus simple dans mon cas, que je reprenne le travail au bout de deux ans et demi ou de trois ans.
Mais surtout, je n'aurai plus le choix. Et ça, ça m'horripile.
Ce que veut faire le gouvernement est louable dans les intentions affichées, mais va aboutir à moins de liberté pour les couples et les familles, et va mécaniquement augmenter un certain nombre de problèmes déjà ennuyeux :

- Si les femmes reprennent toutes leur travail au bout de deux ans et demi, et même si une bonne partie des hommes prennent les 6 mois suivants de congé parental, il va falloir trouver des milliers de places en crèches ou chez des nourrices pour s'occuper des enfants trop jeunes pour aller à l'école. Or il manque déjà beaucoup de places. Alors on fait quoi ? On les laisse seuls ?

- Si les familles ne peuvent pas trouver de mode de garde pour leurs enfants, alors elles auront deux options : soit ne pas avoir d'autres enfants, soit, vraisemblablement pour les femmes en majorité, arrêter purement et simplement de travailler pour pouvoir s'occuper des enfants, mais cette fois sans compensation financière. Du coup, on va assister à une plus grande paupérisation des familles. Parce qu'il ne faut pas se leurrer : celles qui vont devoir s'arrêter de travailler ne sont pas celles qui gagneront le plus d'argent. Elles, elles auront toujours les moyens de s'offrir une garde d'enfants à domicile ou une jeune fille au pair. Et on va donc augmenter encore les inégalités.

- Et puis, ça m'horripile encore d'imaginer que le gouvernement va m'obliger à faire quelque chose que je n'ai pas envie de faire. J'ai envie, pour une fois, de penser au bébé à venir, de m'occuper de lui, de prendre le temps de le voir tous les jours, sans stress. J'ai envie de le materner, de le voir grandir. Cela fait près de 15 ans que je travaille au même endroit, j'ai envie de faire une pause, trois ans, ça me paraît bien, pour pouvoir mener à bien d'autres projets que je ne peux pas monter parce que mon temps de travail et les charges de famille ne me le permettent pas actuellement. J'ai envie de m'épanouir dans autre chose que mon métier, même si ce n'est qu'une parenthèse dans ma vie. Au nom de quoi le gouvernement peut-il me l'interdire ? Au nom de quoi une ministre soi-disant des droits des femmes peut-elle décider à ma place et à la place de mon couple de ce qui est bon pour moi et ma famille ? Et si ça me plaît, à moi, de mitonner de bons petits plats pour mes enfants et mon mari ? Et si ça me plaît de passer plus de temps avec mes enfants ? Au nom de quoi Najat Vallaud-Belkacem peut-elle prétendre savoir mieux que moi ce qui me permettra de m'épanouir en tant que mère, qu'épouse, et surtout, en tant que femme ? Sommes-nous encore, oui ou non, au pays des Droits de l'homme, qui a, si je ne m'abuse, pour devise, « Liberté, Égalité, Fraternité » ?

Voilà, vous savez tout ou presque sur mon coup de gueule du jour. Une fois de plus, c'est un très long billet, mais vous me connaissez maintenant ! Je suis incorrigible de ce point de vue. Faudra vous y faire !