Blog d'humeurs,
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blog d'interrogations, de questions,
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On pourrait le qualifier de "fourre-tout",
je préfère le penser... à mon image :
complexe, éclectique, et forcément fait d'un peu de tout.

mardi 11 octobre 2016

Complotisme et politiquement correct.

Je ne sais pas pour vous, mais il y a des trucs qui m'embêtent sérieusement ces derniers temps. En particulier quelque chose qui m'a sauté aux yeux il y a quelques mois, quelques temps après les attentats du 13 novembre à Paris. C'était déjà en germe après ceux du mois de janvier, mais ça a vraiment pris de l'ampleur pour moi au mois de décembre 2015 et dans les mois qui ont suivi. Il est vrai que je suis particulièrement lente, un "cerveau-lent", comme j'aime à dire, à comprendre les choses et à les analyser.
Donc, au mois de novembre, il y a eu ces horribles attentats au Bataclan et dans les rues de Paris, où plusieurs centaines de personnes ont trouvé la mort. On a alors vu fleurir sur les réseaux sociaux (et Facebook en particulier) ces "photos de profils" avec le drapeau de la France qui se superposait à la photo précédemment utilisée, pour permettre à ceux qui le voulaient de manifester ainsi leur attachement à leur pays. Au mois de janvier 2015, c'était "Je suis Charlie" en blanc sur fond noir, puis il y a eu novembre et le drapeau français et ensuite, le drapeau est revenu, avec les couleurs de la Belgique cette fois-ci, pour montrer qu'on était solidaires avec les victimes des attentats à Bruxelles.

Alors voilà. Si on laisse de côté le versant émotif de tout ça, si on se penche un peu sur la question de ce qui se passe actuellement dans notre monde, dans nos pays, en Europe et au-delà, il y a un certain nombre de choses qui sautent aux yeux.
- Des conflits, il y en a partout dans le monde (je ne vais pas faire une liste, ce serait monstrueux, mais le plus simple, c'est d'aller voir ici ce qui se passe, mais aussi ici ou .)
- De plus en plus de conflits ont trait à la religion (en incluant le terrorisme). Mais il ne faut pas oublier les actes de persécution ou de vandalisme à l'encontre des différentes communautés, avec des disparités flagrantes entre les confessions. Ce qui est frappant, notamment, c'est que quand on fait une rapide recherche sur Google, en mettant par exemple "statistiques persécutions religieuses" (sans préciser la confession), on tombe sur des sites qui parlent essentiellement de persécutions contre les Chrétiens. Pas les Juifs ou les Musulmans, non, les Chrétiens. Alors moi, il y a des choses que j'ai du mal à comprendre (je l'ai déjà mentionné dans d'autres billets, mais je vais en reparler parce que j'ai parfois l'impression que j'ai du mal à me faire comprendre) : comment se fait-il que dans notre pays, on nous accuse tout le temps d'Islamophobie (et pas que chez nous d'ailleurs) alors que les faits statistiques et avérés au niveau mondial montrent que ce ne sont pas les Musulmans qui sont les plus persécutés ? (voir ici, par exemple). En fait, quand j'ai cherché persécution anti musulmans sur Google, je suis tombée sur ça : un article sur les persécutions à l'encontre de la minorité musulmane en Birmanie, et une liste d'articles sur les persécutions envers les Chrétiens en pays musulmans... Ça laisse rêveur quand même...
Bref. Donc, on nous martèle, en France, que les Musulmans sont persécutés et qu'il faut les aider parce que c'est monstrueux de persécuter quelqu'un pour sa religion (ce qui, en soit, est tout à fait vrai : persécuter quelqu'un en raison de son appartenance religieuse est honteux), mais ce qui ne va pas dans tout ça, c'est de présenter les Musulmans comme une communauté persécutée, alors que c'est faux, tant en France qu'ailleurs. Si actes islamophobes il y a, ils sont plutôt récents et semblent liés aux attentats qui ont frappé la France en novembre 2015, pour lesquels il y a eu clairement des revendications émanant d'organisations islamistes. Je précise à toutes fins utiles qu'on peut observer une hausse de 80% des actes anti-chrétiens et une hausse de 223% des actes anti-musulmans, cela ne veut pas dire que les Musulmans sont plus persécutés que les Chrétiens mais que, proportionnellement, la hausse a été plus importante pour les actes commis contre les Musulmans que contre les Chrétiens. Seulement, si on compare les chiffres bruts, ils sont assez éloquents. Par exemple, sur 667 atteintes en 2012, 543 concernent des sites chrétiens (édifices et sépultures), 40 pour les sites israélites et 84 pour les sites musulmans. Ce qu'il faut observer, c'est que ces chiffres sont en hausse pour toutes les confessions par rapport à 2008 (304 atteintes en 2008, dont 275 pour les sites chrétiens, 15 pour les sites israélites et 14 pour les sites musulmans). La hausse est donc pour tous (ce qui peut vouloir dire que ce n'est pas dirigé vers une communauté en particulier, mais vers les religions en général) et que la hausse est proportionnellement moindre pour les atteintes envers les sites chrétiens, tout simplement parce que les chiffres de départ étaient bien plus élevés que pour les atteintes envers les sites israélites et musulmans... Donc on fait dire aux chiffres ce que l'on veut, selon la façon dont on les présente.

Mais si on sort de cette histoire de chiffres, cette bataille qui cherche à savoir qui est persécuté, et qu'on regarde les choses d'un peu plus loin, on se rend compte qu'il y a des trucs pas nets là-dedans, concernant ce qu'on nous dit des causes et des conséquences de tout cela.
Par exemple, on nous dit que la cause de tous nos maux vient justement des religions. Et que les guerres sont toutes avec un fondement religieux. Le meilleur exemple dans tout cela, c'est l'éternel retour sur les Croisades, pour justifier l'idée répandue un peu partout que les Chrétiens sont des gens belliqueux.
Alors j'essaie de regarder autour de moi, et ce que je vois n'a rien à voir avec ce qu'on me dit que je devrais voir.
D'abord, les Croisades, si je ne m'abuse, ça date du Moyen-Age. Que je sache, le Moyen-Age est terminé depuis un bout de temps et il m'est avis qu'il serait temps de s'en souvenir un peu, histoire de voir les choses de manière un peu distanciée et différente.

Ce que je vois, moi, c'est que les guerres aujourd'hui sont affaire de pouvoir et de domination (comme depuis toujours d'ailleurs). De domination des ressources naturelles en particulier, par exemple du pétrole ou, surtout, de l'eau. On trouve aussi, parmi les causes des conflits récents, l'urbanisation, la démographie, le développement d'Internet (notamment dans les conflits dits "Printemps arabes"), ou encore des causes économiques. Si la question religieuse n'est certes pas absente de certains conflits, elle n'en est pour autant pas une des causes premières.

Alors je me dis que je me retrouve souvent, ces derniers temps, devant un tas de mensonges plus ou moins flagrants, certains bien dissimulés sous une grosse couche de bons sentiments. Il est "mal" de faire porter le chapeau du terrorisme aux Musulmans ? On va dire que c'est la faute de Daesh. Ne surtout pas prononcer le mot "Musulman" ou "Islam", ça pourrait être pris pour de la persécution envers les Musulmans qui, eux, n'aspirent qu'à vivre en paix en France, c'est bien connu.
Soit.

Ce qui est marrant, c'est qu'il y a les explications officielles (distillées par les médias classiques type France 2 et consorts, TF1, ou la presse écrite comme Le Monde, Libération...) et puis il y a les autres explications, celles qu'on trouve sur Internet.
Je me souviens d'un truc qui m'avait particulièrement blessée il y a de cela un peu moins de 3 ans, sur Facebook, au moment du "débat" sur le mariage pour tous, où la question du genre s'était invitée dans les manifestations. Dans le même temps avait lieu la réforme de l'éducation par Vincent Peillon, avec une refonte des programmes scolaires. Il a, comme chacun sait, été remplacé deux fois, et nous nous retrouvons maintenant avec Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l'Education.
Et là, je me suis posé un certain nombre de questions concernant l'instruction de nos enfants. Ce que j'observais à ce moment-là, c'était la disparition d'un certain nombre d'enseignements, dont la chronologie en Histoire ou certains personnages importants de l'histoire de France. Dans le même temps, un rapport de l'OMS préconisant des cours d'éducation sexuelle avait été mis au jour sur Internet, ce rapport précisant quoi enseigner aux enfants dès l'âge de 4 ans, en matière de sexualité.
Je me demandais à ce moment-là quel pouvait bien être l'intérêt d'enseigner à des tout-petits ce que je perçois comme une forme de perversion de l'enfance, à savoir qu'à 4 ans, à 8 ans, à 11 ans, les enfants ont bien d'autres chats à fouetter que de s'occuper de savoir s'ils sont attirés par les filles ou les garçons et comment on fait les bébés... Bref, je m'interrogeais beaucoup sur les contenus des enseignements, notamment à l'école primaire et en maternelle.
Et là, je tombe sur un livre que j'avais dans ma bibliothèque, Balzac et la petite tailleuse chinoise. J'en parlais dans un commentaire sur Facebook, où je comparais la réforme de l'école du moment avec la révolution culturelle chinoise, durant laquelle des millions d'enfants ont été soustraits de leur milieu familial pour être rééduqués par le régime communiste, parce que leurs parents étaient susceptibles d'être des vendus au capitalisme et qu'il fallait donc soustraire ces enfants à l'influence néfaste que pourraient avoir sur eux leurs parents.
Je me suis pris des volées de bois verts de la part de certains de mes contacts, qui m'ont dit que j'étais encore une de ces victimes des théories du complot qui sévissent sur Internet.
Sur le coup, j'ai été interdite.

Et puis, j'ai fait un test.

Deux ans plus tard, un de mes contacts, à la suite des attentats du 13 novembre, a posté sur Facebook un message humoristique disant que les responsables des attentats n'étaient pas les islamistes mais les communistes. Or je venais de lire un article donnant une explication totalement rocambolesque et semblant tellement énorme que ça en devenait risible, disant que les organisateurs des attentats n'étaient autres que les services secrets français (ils en donnaient les raisons, les faits qui prouvaient selon eux leurs dires, etc.). Pour "rire", j'ai mis en deux lignes cette "explication" sur le profil de mon contact, et immédiatement, j'ai vu des personnes que je ne connaissais pas réagir comme je l'attendais : par des rires, des "lol !" et autres, signalant par là qu'elles avaient bien saisi l'humour et l'attaque cachée envers les théories complotistes qui sévissent sur la toile.
Quelques temps plus tard, j'ai vu passer une information comme quoi la ministre de l'éducation avait fait de la lutte contre les théories du complot une des priorités de l'Education nationale...

Alors la question que je me pose n'est pas du tout sur le bien-fondé de ces théories complotistes. Qu'elles soient vraies ou fausses n'a ici aucune incidence ni aucune importance. Ce qui est important, en revanche, c'est la réaction que ces théories suscitent. Ce qui m'a frappée, c'est qu'à partir du moment où une idée, plus ou moins saugrenue, est avancée et que cette idée contredit les explications données par les médias "officiels", cette idée est susceptible, en fonction de sa dangerosité, d'être taxée de "théorie du complot". Le problème n'est pas que ce soit une théorie d'un quelconque complot ou non, mais que, du fait même d'être identifiée comme un possible complot, cette idée perd immédiatement toute légitimité, toute crédibilité, même si, par hasard, elle recelait un fond de vérité.

Alors je me pose de plus en plus de questions sur la liberté. Si on n'a plus la possibilité de débattre d'une idée qui sortirait un peu de l'ordinaire ou du "prêt-à-penser" émanant de la soupe que nous servent les médias, où se trouve encore la liberté de penser ? Si, en exprimant une opinion contraire au politiquement correct, on se retrouve taxé de fasciste, d'homophobe ou islamophobe, où se trouve donc la liberté de parole et d'opinion ? On en viendrait presque à penser que se dire Catholique ou Chrétien, c'est, de fait, être islamophobe et homophobe...
Notre pays est-il encore le pays des droits de l'homme ? Où se trouve ma liberté et celle de mes concitoyens quand ce sont mes concitoyens eux-mêmes qui sont tellement endoctrinés par les médias et le prêt-à-penser, qu'ils pensent sincèrement être libres, alors qu'en réalité, ils réagissent exactement de la façon dont on attend qu'ils réagissent, en discréditant de fait toute opinion qui sort un peu de l'ordinaire et, surtout, du mythe rassurant qu'on nous sert à longueur de journée ?

On nous dit que les musulmans ne sont pas responsables du terrorisme, que c'est le fait d'intégristes religieux de tous poils et que, dans ce domaine, peu importe la religion, tous les intégristes sont à mettre dans le même sac.
On nous dit que les responsables des conflits, ce sont les religions, et en particulier les Chrétiens.
On nous dit des tas de choses, mais si on cherche un peu, sur des sources alternatives (et tout est disponible sur Internet, pour peu qu'on cherche vraiment), on trouve aussi des articles, des vidéos, des études sérieuses qui semblent prouver le contraire...
On nous dit par exemple qu'il faut manger trois laitages par jour, que le lait est la meilleure source de calcium.
On ne nous dit pas que ce slogan a été inventé par les industriels de l'agro-alimentaire pour écouler les stocks de lait à cause de la politique agricole qui a consacré l'élevage intensif, et de la surproduction que cela a entraîné. On ne nous dit pas non plus que le calcium du lait est moins bien assimilé par l'homme que celui qui est contenu dans certaines légumineuses et le quinoa, par exemple. On ne nous dit surtout pas ce que le lait de vache contient d'autre que le calcium... et quels sont les risques que nous courons à cause de ce qui est dans le lait de vache et dont on ne nous parle pas. Le même problème, d'ailleurs, se pose avec l'eau que nous buvons...
De combien d'autres mensonges sommes-nous abreuvés au quotidien ?
Qui croire ?
Le gouvernement, qui nous ment depuis si longtemps (je n'étais pas bien vieille à l'époque, mais, vous y avez cru, vous, au fait que le nuage radioactif de Tchernobyl s'était gentiment arrêté aux frontières de notre pays ?) ?
Les industriels, dont l'objectif premier est de gagner de l'argent, peu importe que cela soit au prix de notre santé ?
Qui a intérêt à nous maintenir dans cette forme moderne d'esclavage qu'est la soumission volontaire aux diktats publicitaires et économiques ?

Le capitalisme est-il réellement une bonne chose pour l'homme ? Si tel était le cas, depuis la chute du communisme, on aurait du voir un réel changement, positif, dans les conditions de vies des hommes, non ? Ce que je vois, moi, c'est que les riches sont de moins en moins nombreux, mais de plus en plus riches, et que les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres.
N'est-il pas temps de se réveiller et de remettre en question ces idées toutes faites qui nous gouvernent au quotidien ?

Il y a bientôt quatre ans, nous avons déménagé dans un village proche de la ville que nous habitions jusqu'alors. Et dans la foulée, nous avons découvert que nous ne recevions plus les chaînes de télévision que nous avions jusque là, alors que nous étions équipés d'un décodeur satellite TNT, bien plus performant que la TNT de M. Tout-le-monde. Pendant un temps, nous avons hésité entre racheter l'équipement nécessaire pour recevoir les chaînes de télévision et ne rien faire, supprimer la télévision et ne garder qu'un lecteur DVD et un poste de télé pour regarder nos films préférés.
Finalement, nous avons opté pour le lecteur DVD, et nous ne le regrettons pas. Et c'est marrant, pendant que j'écrivais ces lignes, j'ai vu un post d'un de mes contacts. Et ce post donne un lien vers un article qui dit simplement qu'un projet est à l'étude pour autoriser non plus 20% mais jusqu'à 40% de publicité aux heures de grande écoute, soit entre 19 et 22 heures...
Moi, je me dis que j'ai bien fait de ne pas récupérer mon antenne TNT.
Je me dis aussi que ce qui m'aide encore à réfléchir par moi-même, ce qui me permet de garder un regard encore un peu critique sur le monde qui m'entoure, c'est justement cette absence de télévision.

Mon esprit est comme dépollué.
C'est exactement comme quand je travaillais, où je me retrouvais avec l'esprit comme formaté par ce que je lisais. Et ce que je lisais était contraire à mes opinions profondes et à ma foi. Et au bout d'un moment, je voyais bien le décalage, mais je ne savais plus comment m'en sortir et où était la vérité.
Et puis, je me suis retrouvée enceinte de mon quatrième enfant. J'ai donc pris un congé parental parce que ça devenait particulièrement sportif entre les quatre enfants, le travail et les déplacements professionnels de mon mari.
Et là, je me suis éloignée de mon milieu professionnel et j'ai peu à peu réappris à penser par moi-même. Ça a pris du temps, mais mes convictions se sont affermies et mes yeux se sont ouverts. Jusqu'à rendre impossible mon retour à mon ancien emploi, sous peine de perdre ma liberté de pensée et de me retrouver totalement en porte-à-faux entre la pensée officielle et mes opinions personnelles.
Je n'ai pas envie de sacrifier ma liberté de penser pour quelques centaines d'euros supplémentaires par mois.

Alors tant pis. Je fais le choix de préserver ma liberté, quitte à vivre avec moins chaque mois. Au moins, je connais le prix de ma liberté. Et je l'assume. La contre-partie, c'est que je me retrouve souvent assez seule et qu'il n'est pas forcément très simple de séparer les bons grains de l'ivraie et de savoir où trouver des informations fiables, entre les grands médias qui semblent noyautés par le pouvoir et les médias alternatifs où l'on trouve de tout, et souvent, d'ailleurs, du grand, grand n'importe quoi...
Mais ce qui me sidère régulièrement, c'est de voir le nombre de personnes qui n'ont pas le plus petit début de prise de conscience du fait qu'ils sont manipulés et que notre société, nos téléviseurs et autres médias nous disent exactement ce que nous devons penser et pourquoi... est-ce que tant de gens ont déjà abdiqué ?

dimanche 9 octobre 2016

La Théorie-du-genre-qui-n'existe-pas

Depuis à peu près une semaine, il n'est question (presque) que de ça : les propos du Pape François ont soulevé l'indignation de la Ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem !
Oui, parce que le Pape a osé dire que la théorie du genre (vous savez, celle qui n'existe pas !) est enseignée insidieusement dans les écoles en France. Alors là, j'ai écouté l'interview de Najat à France Inter (voir le lien ci-dessus), et je suis sidérée. J'avoue que je voyais Najat comme une femme machiavélique qui démolissait sciemment et méthodiquement nos enfants en leur inculquant un certain nombre de bêtises toutes à même de perturber grandement nos chères têtes blondes.
Et là, en l'écoutant, je me suis dit : "Mais bon sang ! En plus, elle est vraiment sincère ! Elle y croit, elle pense vraiment que l'origine de nos maux, c'est l'inégalité entre les hommes et les femmes et qu'il faut absolument, pour vaincre ces inégalités et ces violences, "déconstruire" ces stéréotypes de genre !"

Ah là là... j'avoue que j'en suis restée scotchée bien... au moins trois secondes. C'est flippant, quelque part, de se dire qu'un ministre, rompu aux exercices de la politique, peut être sincère dans ses propos tout en ayant parfaitement tort ! C'est flippant, parce que ça veut dire qu'en plus d'être une femme politique (nul n'est parfait, hihi !), avec tout ce que cela suppose de calculs et de compromis pour arriver là où elle en est, elle est tellement endoctrinée qu'elle ne sais plus faire la différence entre la réalité brute et l'idéologie débile qu'on lui a servi de cerveau durant je ne sais combien d'années... Je ne sais pas, moi, mais ça me fait penser à... de l'intégrisme, ça ! Ou à du sectarisme, au choix. Vous savez, ce truc qui fait que vous n'avez plus vraiment la possibilité d'user de votre libre arbitre, de votre liberté de conscience et de votre capacité d'analyse, de réflexion... Oui, ce truc, là, qu'on appelle l'esprit critique !

Bon, je vais arrêter d'être médisante et cynique. Après tout, Najat est peut-être, au fond d'elle-même, parfaitement consciente de ce qu'elle fait. Elle "joue" peut-être la sincérité tellement bien que je me fais avoir et que j'y crois, naïve comme je suis. Mais bon, je vais lui laisser le bénéfice du doute et faire comme si elle était vraiment sincère. Et au risque d'enfoncer une fois de plus des portes ouvertes, je vais vous partager ici un certain nombre de choses qui m'ont littéralement fait exploser de rire à la rentrée.

Il y a un truc marrant, avec les enfants, notamment les très jeunes enfants, c'est qu'ils ne trichent pas. Ils disent clairement les choses (quand ils savent parler) et vont toujours vers ce qu'ils préfèrent, peu importe ce qu'en pensent leurs parents.
Une de mes amies m'a bien fait rire en me racontant l'étonnement d'une femme de sa connaissance, qui fait partie des nouvelles mariées selon la loi Taubira (entendez par là qui s'est mariée avec une autre femme depuis que deux personnes du même sexe ont le droit de se marier civilement). Ces deux femmes, sans doute charmantes d'ailleurs, ont mis au monde quasiment simultanément deux enfants, un garçon et une fille, il y a de cela environ deux ans (oui, oui, elles devaient être dans les starting blocks et ont attendu la promulgation de la loi pour le mariage, mais pas pour la PMA artisanale !). Les deux enfants sont donc maintenant des bambins presque en âge d'aller à l'école (on verra ça, je pense, à la rentrée de 2017), et sont élevés par leurs deux mamans qui font absolument tout ce qui est en leur pouvoir pour en faire un homme et une des adultes dignes de ce nom (pardon, j'ai failli faire une grosse gaffe). Or l'une des mamans s'étonnait il y a quelques semaines de ce que le petit garçon s'intéressait surtout aux camions et aux voitures, quand la petite fille ne jurait que par les poupées, les robes roses et les princesses. Grand Dieux !!! Quelle horreur !!!

À ce stade-là du récit, j'ai juste éclaté de rire (gentiment, rassurez-vous), et ai eu envie de dire à cette maman : "Bonjour ! Bienvenue dans le monde réel !" Parce que, bien entendu, la réaction des deux enfants me semble tout à fait normale et naturelle, en ce sens qu'ils vont vers ce qu'ils préfèrent naturellement. Alors on peut toujours leur enseigner, leur apprendre qu'un garçon a le droit d'aimer les poupées et qu'une fille peut tout à fait préférer les voitures, si cela leur ouvre la possibilité de le faire, cela ne veut absolument pas dire que c'est ce qu'ils feront... Tout cela serait vraiment drôlissime, si ça ne soulevait pas le problème que la réaction - sincère - de cette maman révèle qu'elle croit réellement que les filles et les garçons, c'est pareil... 

Plus sérieusement, un autre fait m'a fait réfléchir et bondir, aussi, parce qu'il marque, a contrario, la réalité biologique et naturelle de la différence homme-femme et les dangers qu'une telle "théorie-du-genre-qui-n'existe-pas" peut faire courir aux êtres humains, dans un sens ou dans un autre d'ailleurs.
C'est cette information, où l'on apprend que la France a au moins dix ans de retard dans la recherche et le traitement des maladies, particulièrement dans le fait que les maladies n'ont ni les mêmes causes, ni les mêmes traitements, selon que l'on est un homme ou une femme, et que, pour guérir la personne, il convient de prendre en compte son sexe biologique. Et pourtant, Hippocrate l'avait déjà annoncé...

Alors là, je me dis que, décidément, dans notre pays, on marche vraiment sur la tête, et que, visiblement, ce n'est pas près de s'arrêter. Parce qu'il y a quelque chose qui me choque vraiment, c'est cette idée qu'il faut absolument dire aux filles et aux garçons qu'ils peuvent devenir quelqu'un d'autre que celui ou celle qu'ils sont en réalité. Je me demande vraiment pourquoi, mais pourquoi il faut absolument convaincre nos enfants qu'une fille et un garçon, c'est la même chose ? Pourquoi ? Parce que les femmes sont opprimées et que ce n'est pas juste ?
Certes. Oui, dans certaines cultures, dans certaines régions du monde, elles sont effectivement opprimées. Mais je me demande vraiment si la cause de cette oppression, c'est parce que ceux qui les oppriment pensent réellement qu'elles sont des sous-êtres humains parce qu'elles sont des femmes, ou s'ils ont pris ce prétexte qu'elles sont des sous-êtres humains (à la limite de l'esclavage) parce que, étant femmes, elles n'ont pas la même force physique que les hommes et qu'elles ont donc moins la possibilité de se défendre que les hommes en cas d'affrontement.
Alors vous allez me dire que ce n'est pas clair, et vous aurez peut-être raison (parce que des fois, moi aussi, je m'embrouille quelque peu). Donc, je reprend. Est-ce que les hommes qui oppriment les femmes, dans certaines régions ou dans certaines cultures, sont sincèrement persuadés que les femmes sont des sous-êtres humains tout justes bons à servir d'esclaves parce que ce sont des femmes ? Ou bien est-ce que, a contrario, dans les cultures où les femmes servent d'esclaves aux hommes, cet état de fait existe parce que les hommes ont réussi à imposer leur loi à cause de leur force physique ? Quel est le choix, dans ce cas-là, pour les femmes ? Subir et mourir, ou se soumettre ?
Mais si ces situations, tout à fait aberrantes, horribles, inacceptables, existent dans nombre de pays, de cultures du monde, n'y a-t-il pas un peu de tri à faire ? Est-ce que ce qui est vrai dans un pays et une culture donnée l'est forcément partout ailleurs de par le monde ? Ce n'est pas parce que dans certains pays, des hommes persécutent et réduisent les femmes en esclavage que toutes les femmes, dans le monde entier, sont les esclaves des hommes, si ? Pour ma part, je n'ai pas l'impression que ce soit le cas dans notre pays. Ni même en Europe ou en Occident en général. Alors bien sûr, il ne faut pas nier la violence physique, et il est vrai que les femmes sont plus susceptibles de souffrir sous les coups des hommes que l'inverse. Mais je serais curieuse de savoir quelle est la proportion d'hommes qui vivent sous la coupe de leurs femmes, subissant ainsi une autre violence, plus insidieuse, plus difficile à dénoncer et à contrer parce que parfaitement invisible. En gros, je ne pense pas que le problème de la violence conjugale (ou de la violence en général) soit un problème d'appartenance à un sexe ou à un autre, mais plutôt un  problème de respect de l'autre, quel qu'il soit...

Et puis, il y a autre chose qui me pose un petit problème. C'est l'anticléricalisme qui accompagne, en général, ce type d'allégations (les hommes et les femmes sont égaux, ils doivent donc être identiques). C'est marrant, cette constatation, parce qu'a priori, ça n'a vraiment aucun rapport, l'égalité hommes-femmes et l'anticléricalisme. Ce qui m'interroge, c'est de savoir pourquoi ceux qui pensent qu'un homme et une femme sont complémentaires, et que cette complémentarité dans la différence fait partie de la richesse de l'humanité, et est donc une bonne chose sont, le plus souvent, des gens qui croient en Dieu. Mais pas en n'importe quel Dieu. Pas en Allah (eux, ils pensent souvent que les femmes sont des esclaves, justement). Et c'est là que je me dis qu'on marche vraiment sur la tête, parce qu'en regardant bien l’Évangile, la Parole de Dieu, en regardant le Christ, on voit tout son amour pour les hommes et pour les femmes, et ce dès le début. On voit aussi tout le respect qu'Il a pour les femmes, sans pour autant dénigrer les hommes, comme le font tant de néo-féministes de nos jours. Et on voit encore combien le couple Homme et Femme est beau, bon, et voulu par Dieu. 

J'ai malheureusement souvent l'impression que beaucoup de problèmes seraient en passe d'être réglés, si tous les détracteurs de la religion chrétienne prenaient un peu de leur temps (précieux, certes, tout comme celui des chrétiens d'ailleurs) pour se renseigner vraiment sur ce que dit le Christ à propos de l'humanité, de l'homme et de la femme, du couple, de l'amour et de la beauté du don de soi. Si chacun avait l'honnêteté intellectuelle de se poser la question "Et s'ils avaient raison ? Et si c'était vrai ?", qu'est-ce qu'on gagnerait comme temps, comme énergie, et comme vies humaines !

L'homme est libre de croire ou de ne pas croire. Et je trouve ça absolument merveilleux de la part de notre Dieu de nous avoir laissé cette pleine et entière liberté de croire en Lui ou de Le rejeter. Mais c'est aussi totalement délirant, parce que du coup, l'homme est libre aussi de se laisser aller à toutes les folies qui lui passent par la tête, si un jour il a décidé qu'il voulait ou devait tester autre chose que ce que le bon sens et la Vérité lui inspirent. Et il me semble (mais je me trompe peut-être) qu'à force de vouloir tout tester, tout essayer, l'homme ne finisse par essayer de remplacer un Dieu auquel il ne croit pas par une multitude de dieux illusoires, jusqu'à arriver à se déifier lui-même. Ce qui se passe dans notre monde, aujourd'hui, me terrifie. Il ne se passe pas une journée sans qu'on entende parler d'un tremblement de terre, d'une catastrophe écologique (type nuisible, invasion de pucerons ou d'insectes) menaçant les récoltes ou bien d'un cyclone dévastateur faisant des centaines de victimes. Italie, France, Haïti, Etats-Unis... Les faits prouvent bien, rien que ces jours-ci, que l'homme n'est pas un dieu. Que l'homme n'est qu'une petite fourmi à l'échelle du monde et qu'il est extrêmement vulnérable face aux déchaînements de colère de notre planète. Et pourtant, l'homme se croit si puissant, si savant, si important qu'il en arrive à vouloir prendre la place de Dieu ? Mais rien que ces événements tragiques me poussent à croire en Dieu ! Tout simplement parce que, pour ordonner le monde tel qu'il est, si parfait, si magnifique, si incroyable, il fallait une intelligence supérieure ! Tout cela ne peut pas être le fruit de l'intelligence humaine, loin de là. La meilleure preuve, c'est que nombre de scientifiques, chercheurs, s'émerveillent encore aujourd'hui du nombre de choses qu'ils ne comprennent pas encore dans le monde, que ce soit dans la nature, son fonctionnement, ou encore sur l'homme, le corps humain ou son fonctionnement... Et c'est encore moins le fruit du hasard ! C'est tout bonnement impossible... sauf si le "hasard" a pour nom... Dieu. 
Et l'homme a l'outrecuidance, l'orgueil incroyable, de s'arroger le droit de prendre la place de Dieu en décidant qu'il était possible de faire n'importe quoi avec la Création ? 
Moi, la question que je me pose, c'est pourquoi on n'a pas encore fait le lien entre le déchaînement des forces de la nature et cet orgueil monstrueux dont les hommes savent faire preuve... Sans vouloir y voir forcément une punition, je me demande si, quelque part, il ne s'agirait pas d'un avertissement...

L'avenir nous dira ce qu'il en est... en tout cas à ceux qui cherchent sincèrement à comprendre. Pour les autres, ce sera sans doute plus difficile.

lundi 14 mars 2016

De la tiédeur dans la foi...

J'ai reçu ce matin deux mails distincts, l'un faisant suivre avec joie une information assez étonnante pour notre pays, surtout quand on connaît le laïcisme dont il fait preuve : des catholiques priant à genoux dans la rue.
L'autre mail était en fait une réponse au premier, précisant que les images datent de 2012 et que les catholiques en question sont membres de l'Institut Civitas, soit un groupe proche de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (des intégristes catholiques, quoi).

Certes, ces images datent de 2012... il n'empêche que certaines choses me frappent, comme si ces manifestations (dans le sillage de La Manif Pour Tous, voire en marge de celle-ci) étaient quelque peu "prophétiques" dans la mesure où c'est après qu'a commencé la vague d'immigration massive que nous connaissons aujourd'hui, un peu plus de trois ans plus tard (l'immigration, notamment clandestine, est un fait récurrent dans notre pays, mais il a pris une ampleur inédite ces derniers temps). Le fait qu'il s'agisse d'une initiative de Civitas ne doit pas cacher un certain nombre de réalités : notre pays est en train de renier réellement ses racines chrétiennes en mettant les contingences économiques en premier plan, comme si l'économie était la seule question qui vaille la peine d'être examinée en ce moment. J'en veux pour preuve la polémique ahurissante autour de la légion d'honneur décernée il y a quelques jours au prince héritier d'Arabie saoudite, apparemment à sa demande

[Petite parenthèse : Sophie Marceau, quant à elle, a refusé cette même légion d'honneur, au motif justement qu'elle avait été attribuée au prince héritier d'Arabie saoudite, pays responsable de plus de 70 exécutions capitales rien que depuis le mois de janvier... et des voix s'élèvent, nombreuses, quelques jours après les faits, pour demander à la France de retirer la légion d'honneur à ce prince héritier...]

Bref, il semble que notre gouvernement soit plus sensible aux pétrodollars et aux contrats que l'Arabie Saoudite pourrait encore signer chez nous qu'aux Droits de l'Homme, pourtant nés chez nous... Cette affaire semble très loin de ce qui nous préoccupe... et pourtant le lien est assez rapide à faire. Il semble malheureusement qu'aujourd'hui, on respecte plus, dans les hautes sphères de notre pays, des Musulmans que des Catholiques. Il n'y a qu'à voir le nombre de profanations dans les églises, sans aucune réaction de la part des autorités. Je vais enfoncer des portes ouvertes, là, mais si le même nombre de profanations avaient lieu dans les mosquées ou les synagogues, nous serions carrément en guerre civile... et ce serait plutôt normal, tant est importante la notion de respect des droits de l'autre à croire et à pratiquer sa propre religion. Mais bizarrement, ce droit est plus évident pour les Musulmans (et pour les Juifs, mais là, c'est comme une sorte de syndrome lié à la Shoah, sans aucun mépris d'ailleurs pour les Juifs : ils ont payé assez cher le simple fait d'être de cette confession) que pour les Catholiques ou que pour les Chrétiens en général. Alors est-ce que c'est parce que justement, la France est un pays chrétien à la base ? Et que du coup, on vit encore avec l'illusion que les Chrétiens sont les plus nombreux et qu'ils oppriment les autres ?
Plus je réfléchis à cette question, plus je me dis que là encore, on se trompe lourdement. D'un point de vue numérique, les Chrétiens sont loin d'être majoritaires en France, même si le nombre de baptisés est et reste important. Quand on sait que 63% des Français (selon diverses sources, par exemple celle-ci ou celle-là, les statistiques basées sur la religion étant interdites en France lors des recensements de population) se disent Catholiques mais que seuls 4,5% sont pratiquants, il est à se demander quelle est encore l'identité religieuse de notre pays. Mais c'est oublier un peu vite le poids de l'histoire et tout ce que l'Eglise Catholique en particulier a fait pour notre pays au cours de l'Histoire... En tout cas, si le nombre de Catholiques diminue, celui des Musulmans augmente et il est fort difficile de quantifier le phénomène. D'une part à cause de ces fameuses statistiques officielles où il est interdit de demander la religion et d'autre part parce que nombre d'immigrés  originaires de pays à majorité musulmane résidant en France sont clandestins...

Pour en revenir à ce mail que j'ai reçu, il me pose certaines questions de fond. Sans aller jusqu'à souhaiter le départ de notre pays des migrants qui y sont arrivés depuis quelques mois, je me dis qu'il faut essayer de faire preuve de bon sens et discerner jusqu'où on peut aller : est-ce que, parce que Civitas est d'extrême droite et liée à la Fraternité St Pie-X, cette organisation a tort sur toute la ligne ? Sans vouloir dire qu'ils ont raison sur tout, je me dis pour ma part qu'ils ont au moins le mérite et le courage de faire ce que nous, catholiques plus "ordinaires" et moins traditionalistes n'osons parfois même pas exprimer à nos proches quand ils ne partagent pas notre foi. Ils ont le mérite et le courage d'assumer et de proclamer leur foi au vu et au su de tous, y compris en se mettant à genoux pour prier dans la rue. Combien d'entre nous oseraient faire la même chose ? Combien d'entre nous pensent encore que la foi est une affaire exclusivement privée et qu'elle doit donc rester cantonnée à nos maisons, à nos chambres, et parfois à nos églises (quand on arrive à se prendre par la main pour aller à la messe de temps en temps) ?

Notre pays souffre de culpabilité aiguë concernant son histoire. Tellement aiguë que l'on n'arrête plus de demander pardon pour telle ou telle chose qui s'est passé dans les siècles derniers, depuis la colonisation jusqu'à l'inquisition, j'en oublie et des meilleures sans doute. Il est vrai que l'Eglise a fait des erreurs, mais il est faux de mettre toutes les erreurs commises dans les siècles passés sur le dos de l'Eglise. De nombreuses idées reçues sont véhiculées par les médias en particulier qui montrent à quel point ces mêmes médias (et donc l'opinion publique nourrie et "éduquée" par eux) méconnaissent les réalités de l'Eglise, de ses dogmes et de ses actions. 
Je ne vais pas refaire le laïus sur la prétendue misogynie de l'Eglise (l'hebdomadaire Famille Chrétienne a publié au mois d'août 2015 un excellent article sur le sujet). Mais en tout état de cause, il faudrait arrêter d'écouter tout et n'importe quoi, mais surtout pas l'Eglise elle-même, quand il s'agit de parler de ce que l'Eglise dit ou fait. Pourquoi serait-il plus légitime de lire un article du Monde ou de Libération que le Catéchisme de l'Eglise Catholique quand on veut connaître la position de l'Eglise sur les femmes, la contraception ou le pardon ? Zut alors, c'est vrai, ça ! 

Bref. Ceux qui veulent détruire la foi Catholique dans notre pays sont nombreux et ils utilisent pour cela les arguments classiques (misogynie, passéisme, liberticide...). 
Ce que j'observe, c'est que l'Eglise en France est en train de bouger. Il y a eu les manifestations monstres de 2012-2013, mais il y a aussi et surtout un courant souterrain extrêmement puissant, silencieux et quasiment invisible pour ceux qui ne veulent pas voir. Je parle de toutes ces initiatives prises par des personnes qui ne revendiquent d'ailleurs pas expressément leur appartenance religieuse mais qui, pour autant, sont animées par les valeurs chrétiennes et les portent haut au travers de leurs actions. Ce sont ceux-là, surtout des jeunes d'ailleurs, que l'on voit dans les mouvements politiques récents (type Sens Commun par exemple) ou dans les mouvements apolitiques de résistance (les Veilleurs, les Mères-Veilleuses, les Sentinelles...) ou encore qui s'engagent dans l'enseignement pour tenter de renverser la tendance (certains professeurs, de philosophie en particulier, mais pas uniquement bien sûr, œuvrant dans le privé comme dans le public, ou encore les cours Griffon, sur Internet, ou le Cours Alexandre Dumas en banlieue parisienne, qui a donné des idées à d'autres et est à l'origine de nombre de créations d'écoles libres hors-contrat, créations qui se multiplient ces dernières années, preuves que la faillite du système éducatif français n'est pas une fatalité...).
Dans l'un de mes précédents billets, je vous disais que malgré tout ce que l'on observe, il y a matière à garder intacte l'espérance.

Mon espérance, elle est là. Elle est dans ces jeunes qui s'engagent. Parce que la réponse de cette femme (deuxième mail) à la joie du premier, c'est la réponse de la génération qui a connu la pratique religieuse avant Vatican II, qui a grandi et transmis la foi dans les années 1970 et 1980, autant dire qui n'a pas transmis grand-chose, faute d'avoir elle-même reçu assez pour redonner, ou à qui on a dit de mettre tout ce qu'elle avait reçu avant au panier...
Je ne suis pas en train de faire une critique de Vatican II : je ne connais pas assez la question pour me le permettre. Je suis en train de dire que j'observe actuellement un truc proprement hallucinant car assez inexplicable, sauf à compter sur la Grâce et sur l'efficacité de la prière de ceux qui ont tenu bon dans les années 1970 et 1980 : Il y a actuellement un renouveau de la foi chez les jeunes âgés de 18 à 30 ans (c'est-à-dire nés après 1985) et qui donc n'ont pas reçu grand-chose parce que leurs parents eux-mêmes ont soit été invités à virer le bébé avec l'eau du bain, soit ont fait partie du contingent qui a été catéchisé par ceux-là mêmes qui avaient invité les premiers à virer le bébé avec l'eau du bain. Du côté de la transmission, c'est donc un zéro pointé pour tous, que l'on voit d'ailleurs aujourd'hui chez les couples qui se marient à l'Eglise puis qui viennent demander à la même Eglise le sacrement du baptême pour leurs enfants : ils ne savent rien ou presque, et pourtant, la transmission de la foi est importante pour eux. Seulement, ils ne savent pas du tout comment faire et font donc appel à l'Eglise pour cela. 
Et pourtant on observe par ailleurs un phénomène curieux, très minoritaire encore, mais bien établi : un renouveau dans la foi venant des jeunes générations. Ces jeunes sont plus fervents, vont plus souvent à la messe (y compris en semaine), prient davantage que leurs aînés (et utilisent pour cela les réseaux sociaux voire créent eux-mêmes des applications sur internet pour le faire et pour inciter d'autres à le faire)... et s'engagent aussi davantage, en particulier en politique. Ils sont de la génération Jean-Paul II, Benoît XVI ou François, ils sont croyants, pour certains issus des communautés charismatiques ou y ont fait un passage... en tout cas, ils s'engagent.

Contrairement à Civitas, ils ne montrent pas grand-chose dans la rue (ce ne sont pas eux qu'on voit prier à genoux dans les rues de Paris). Mais ils n'en sont pas moins efficaces et engagés.
Alors mon espérance est là. Parce qu'on a beau dire ce qu'on veut : si les églises sont remplies de têtes blanches le dimanche, toutes ces têtes blanches finiront par disparaître un jour puisque la mort fait partie de la vie. La relève qui se prépare et qui est déjà engagée aujourd'hui a sans doute une autre façon de pratiquer que ceux qui vont à la messe aujourd'hui (à l'exception notable de quelques familles, adultes jeunes (entre trente et quarante ans) avec des enfants qui font partie de ceux qui ont continué à recevoir la foi de leurs parents, durant ces mêmes années 1970 et 1980), mais elle est solide sur des bases saines car nourrie aux enseignements de l'Eglise et de ses trois derniers papes qui se sont tous les trois spécialement adressés à elle (notamment durant les JMJ qui ont marqué tant de chrétiens depuis plusieurs décennies maintenant).
Cette nouvelle génération (qui prend naturellement la place de celle qui est absente, entre les jeunes et les têtes blanches) est un défi à l'Eglise catholique en France, parce qu'elle est en dehors des schémas classiques des pratiquants. Mais cette génération a la foi et elle est sans doute plus nombreuse qu'on le croît et sûrement plus nombreuse que les 40-60 ans qui, eux, manquent à l'appel... Alors s'il y a un véritable recul de la pratique dominicale dans notre pays, ce n'est pas pour autant que la foi, et en particulier la foi catholique disparaît.

En tout état de cause, je pense de plus en plus souvent maintenant qu'il est dorénavant indispensable de ne plus cantonner notre foi à la chambre à coucher ou au domicile. Nous sommes dans un pays libre et laïc. Laïc certes, mais si nous continuons à penser nous-mêmes que notre foi doit rester dans le domaine privé, alors nous donnons raison à ceux qui considèrent que ce n'est qu'une question privée et que ce n'est donc pas grave si on détruit les lieux de culte ou si on démolit les statues comme ça a failli être le cas avec celle de Jean-Paul II. Si la France est un grand pays, c'est aussi grâce à son histoire, profondément chrétienne. Preuve que la foi est tout sauf uniquement privée. En privatisant la foi (et notamment la foi catholique parce qu'il y a vraiment deux poids - deux mesures en la matière selon la confession à laquelle on fait allusion), on ne fait que nier et faire oublier notre histoire. Or d'autres portent hautes les couleurs de leur religion, n'en ont pas honte, la proclament et la pratiquent, avec, pour certains, l'objectif de l'imposer à tous. Réaffirmer notre appartenance à notre religion et à notre pays, avec son histoire, c'est aussi dire non à cette dictature qui se prépare et affirmer notre amour pour notre pays.

Alors sans forcément aller prier à genoux dans la rue, je ne veux pas, pour ma part, être "tiède" dans la foi. Il est de notre devoir d'en vivre. Parce que c'est sur nos actes que nous serons jugés au dernier jour.

mardi 13 octobre 2015

Ils deviendront des moutons bêlants...

Je ne sais plus comment faire, que faire, surtout, pour que les choses changent, pour que les gens ouvrent les yeux. Quand je lis les infos, je me demande comment il se fait que si peu de personnes se rendent compte de ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Sommes-nous vraiment si peu nombreux à avoir un cerveau et à nous en servir ? Ou alors... la grande majorité de la population de ce pays a d'autres préoccupations plus importantes ? Ou encore... la grande majorité de la population de ce pays est déjà tellement endormie qu'elle ne voit même plus ce qui se passe ?

Je pense à plusieurs choses concomitantes :
- mariage pour tous, enfants pour tous
- réforme de l'éducation
- laïcité à tous les étages
- arrivée massive d'immigrants
pour ne prendre que ces quatre sujets bien assez importants en eux-mêmes, sans parler du reste (enfumage total sur l'évolution du monde, sur sa naissance, économie, etc.).

J'ai longtemps hésité à en parler ici (en fait, pas trop, tout simplement parce que je ne suis pas lue par beaucoup de monde), surtout parce que je me demande à quoi cela peut bien servir. Et puis, il y a la certitude que tout est surveillé, que rien de ce qui est écrit n'est ignoré, d'une manière ou d'une autre. Vu la portée de mes écrits, je me dis que ça ne risque pas grand-chose, si ce n'est de m'attirer un peu plus l'incompréhension de certains, donc j'y vais.

Sur le mariage pour tous, des enfants pour tous... en bref, sur le gender (parce que c'est ça, l'idéologie qui se cache derrière tout cela) :
- J'observe que nombre des enfants dans les classes de mes propres enfants sont issus de familles où les parents ont divorcé, ou bien où les parents se sont remariés ou vivent en couple avec un autre parent que le père ou la mère de leurs enfants.
- J'observe aussi que ces enfants, en général, sont à la pointe de la technologie : j'ai été totalement sidérée d'apprendre, par exemple, qu'un garçon de l'âge de ma troisième (donc environ 9 ans), avait en sa possession un smartphone. Oui, vous avez bien lu : comme son frère de 11 ans, il a un smartphone. Et aussi une ou deux DS, une Wii et une tablette tactile. Alors le gamin en question a précisé que ce téléphone ne sert pas à téléphoner pour qu'il n'y ait pas de dépassement de forfait ou je ne sais quoi. Il sert à quoi, alors ? Tout simplement à jouer. Avec son frère, il y a téléchargé des jeux depuis Internet et joue avec en dehors des heures de classe (je tiens à préciser quand même que dans leur école, les téléphones portables, DS, tablettes et autres sont totalement interdits, pour d'évidentes questions de sécurité, l'école ne pouvant être tenue pour responsable de la casse ou du vol des objets technologiques apportés par les enfants). D'entrée de jeu, là, il y a quelque chose qui me chiffonne un peu : pourquoi un enfant de 9 ans a-t-il besoin d'un téléphone portable tactile (et dans nombre de cas, il s'agit même d'un Iphone, si, si !!!), si ce téléphone ne sert pas à téléphoner (honnêtement, en primaire, quand il y a un problème, c'est l'école qui appelle les parents) et si le même enfant a chez lui une tablette tactile qui fait aussi appareil photo, lecteur MP3 et lit, en plus, les vidéos sur Youtube ou celles qui sont enregistrées dans la mémoire de l'appareil ? Pourquoi, sinon parce que, comme beaucoup d'enfants, il lui faut, à lui aussi, un téléphone parce que les autres en ont ?
- Du coup, je m'interroge. Si on crée à 9 ans ce genre de besoins, qu'est-ce qui se passe pour l'enfant du point de vue de sa construction mentale ? Ce que j'ai observé chez mes enfants, au début de l'été, c'est que l'interdiction de la télévision (ou plutôt du visionnage de DVDs plus de deux jours par semaine pendant les vacances) avait formidablement stimulé leur imagination. Entre la fin des classes, début juillet, et le 22 août, mes trois aînés, à force de s'ennuyer, ont fini par écrire et tourner un film qu'ils ont ensuite monté avec l'aide de mon petit frère, qui travaille dans le cinéma à Montréal et sait donc comment monter un film, supprimer des séquences trop longues, ajouter des bruitages et de la musique, créer un générique, etc.
Le 22 août, ce film a été projeté à la maison lors de la fête de mon anniversaire, où nous avions réuni pas loin de 40 personnes. Et cela a été un grand succès.
Or il se trouve que le 14 août, après une très longue réflexion, nous avons accepté, mon mari et moi, que nos enfants s'offrent une tablette ou une DS chacun. Au final, nous avons donc deux DS (avec deux jeux différents) et une tablette tactile à la maison, dont ils ont tous été privés au début parce qu'ils se disputaient et avaient commencé par s'asseoir sur toutes les règles que nous avions mis en place, avec eux et avec leur accord, quant à leur utilisation. C'est dans cette perspective qu'ils sont allés jusqu'à la fin du tournage du film et qu'ils en ont assuré la finalisation avec mon frère.
En d'autres termes, ce film a vu le jour parce qu'ils s'ennuyaient pendant les vacances. Et uniquement pour ça. S'ils avaient eu leurs DS et tablette à disposition, ils y auraient passé leurs journées et vous pouvez être certains que nous n'aurions jamais transformé le salon en salle de cinéma.
- Donc, l'ennui stimule la créativité parce que le cerveau a besoin d'être occupé, de travailler. Vous allez me dire : "Il n'y a pas de différence : quand ils sont sur leurs DS, le cerveau est occupé et ils travaillent d'autres capacités, comme la concentration, la dextérité, la réactivité..." et je ne sais quoi encore. Sauf que non. Enfin, pour les capacités, je ne sais pas, mais ce que j'ai pu observer, c'est que quand je récupère les enfants après leurs heures de jeu sur les DS et la tablette, ils sont en général hyper-énervés, très agressifs, insultants et violents. Ils sont aussi hyper-individualistes, égoïstes, refusent de participer aux tâches qui leur incombent (mettre et débarrasser la table par exemple) ou simplement de prendre soin d'eux (prendre une douche), simplement pour pouvoir passer un peu plus de temps avec leur DS ou leur tablette. A contrario, quand ils n'en avaient pas, ils jouaient plus ensemble, lisaient davantage, prenaient part à des discussions en famille (pour les douches, c'était déjà compliqué avant, j'avoue...) et j'en oublie sûrement.

Alors j'ai un peu dévié, mais pas tant que ça. Parce que ce que j'observe, c'est que pour tous les enfants à peu de choses près, c'est la même chose. L'attrait des objets technologiques est phénoménal et il faut beaucoup de volonté et de renoncement pour y résister.
Vous allez me dire : quel est le lien avec le mariage pour tous et le gender ?
Cela ne semble pas évident, mais ce que je vois, c'est que la loi de 2013 sur le mariage transforme radicalement le sens du mariage lui-même dans la mesure où le mariage est lié à la filiation. Si dans le mariage "classique" seuls un homme et une femme peuvent se marier, c'est pour la simple et bonne raison qu'il faut un homme et une femme pour avoir des enfants. Il y a d'autres raisons, notamment dans la Bible, mais je ne voudrais pas que mon argumentation ne tourne qu'autour de la Bible, donc je vais vous donner cette raison purement biologique : il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant. C'est aussi bête que ça. Donc en autorisant deux hommes ou deux femmes à se marier, on modifie le sens du mariage dans son sens profond qui est celui de l'engendrement. On dissocie donc artificiellement le mariage de l'engendrement. Alors vous me direz : "C'est absurde, il a toujours été possible d'avoir des enfants sans se marier !" Oui. Bien sûr, les naissances hors mariage ont toujours existé. Oui, les "filles-mères" ont toujours existé, de même que les "bâtards". Mais si le terme de "bâtard" a un sens aussi péjoratif, c'est bien parce qu'il a été très mal vu, à un moment de notre histoire, de n'être pas issu d'une union légitime. En plus des questions évidentes liées à l'héritage, il y a la honte pour la mère en particulier d'être clairement en situation d'adultère (pour les femmes mariées) et donc d'avoir trahi le mari (c'est la même chose pour les hommes mais, bizarrement, c'est beaucoup moins problématique d'être le "bâtard du roi"...). Bref. Les naissances hors mariage ont toujours existé, mais pour autant, il n'a jamais été mis en doute qu'un enfant était issu d'un homme et d'une femme.
Or cette loi sur le mariage pour tous a décidé que ça, c'était terminé et que puisque deux hommes peuvent s'aimer, ils doivent aussi avoir le droit de se marier (ou deux femmes...). Donc d'avoir des enfants.
Petit arrêt sur cette question : la question des enfants. Elle est liée au mariage, forcément. Et on va me dire : "Pourquoi forcément ?" Très bonne question. Pourquoi, forcément ? Parce que si la procréation n'est pas liée au mariage, alors le mariage n'a plus aucun sens. C'est un fait, c'est aussi simple que ça. Si ce n'était pas le cas, nous n'aurions jamais eu ce débat sur le mariage pour tous. Parce que ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est que l'enjeu du mariage, c'est la possibilité d'avoir des enfants légalement. Donc si les lobbys LGBT se sont battus pour avoir le droit de se marier, c'est pour une seule et unique raison : se marier leur donne le droit d'avoir des enfants. Le DROIT. Pas la possibilité. Le DROIT.
S'il y a un droit, alors il faut que ce droit devienne possible. Comme il n'est pas possible naturellement à deux hommes ou à deux femmes d'avoir un enfant ENSEMBLE, alors il faut leur donner le droit d'en avoir de manière artificielle. Donc par l'adoption bien sûr, mais aussi et surtout par la PMA pour les femmes et la GPA pour les hommes. C'est juste logique. D'où les revendications et la question du DROIT A L'ENFANT qui, dans notre pays, remplace de plus en plus les DROITS DES ENFANTS... Mais ceci est un autre débat.

Cela va encore plus loin qu'une simple question de droit. Ou même d'enfant. Parce qu'on pourrait se dire aussi, comme certains me l'ont déjà opposé, qu'il n'y a pas de raison pour que deux femmes ou deux hommes soient de moins bons parents qu'un couple homme-femme. Oui, mais non.
D'abord, il faut comparer ce qui est comparable. Pour un enfant, il est indispensable de grandir dans l'altérité homme-femme, afin de pouvoir se construire correctement en tant qu'homme s'il est un garçon ou en tant que femme si c'est une fille. On pourra toujours objecter qu'il y a des enfants qui ont grandi dans des familles monoparentales ou dont le père est mort à la guerre et qui n'ont pas eu trop de problèmes à se construire en tant qu'homme ou femme. Bien sûr. Mais n'est-ce pas plus facile pour un enfant de se construire quand tout est fait pour l'y aider plutôt qu'en lui donnant directement un puzzle avec des pièces manquantes ou défectueuses ? N'est-il pas un peu hypocrite de dire qu'un enfant s'adaptera et qu'il vaut mieux qu'il soit aimé par deux femmes plutôt que pas aimé par un homme et une femme ou aimé par sa mère seulement ? Bien sûr que l'enfant s'adaptera ! Il y est de toute façon obligé : quel autre choix a-t-il que de s'adapter à la situation de ceux qui prennent soin de lui, le nourrissent, lui offrent un toit et des vêtements ? Il n'a pas le choix ! Donc la question n'a rien à voir avec l'adaptation ou non de l'enfant à la situation de ses "parents".

Et si on plaçait les choses sous un autre angle ? Si on commençait enfin à comparer ce qui est comparable, du genre : que vaut-il mieux pour un enfant ? être élevé par ses deux parents ou par un seul ? être élevé par deux parents (homme et femme) qui s'aiment ou par deux hommes (ou deux femmes) qui s'aiment ? être élevé par deux parents (homme et femme) perturbés psychologiquement ou par deux hommes (ou deux femmes) perturbé(e)s psychologiquement ?
Le biais dans les discussions que nous avons eues lors du faux débat sur le mariage pour tous, ça a été de comparer des situations qui n'étaient pas comparables. Or des études ont montré que dans tous les cas, même les plus tordus, il était toujours préférable pour un enfant d'être élevé par ses deux parents plutôt que par deux hommes ou par deux femmes (pour peu que les situations soient comparables : couple avec l'un des deux alcoolique vs duo homosexuel dont l'un des deux est alcoolique).
Donc, dans les revendications en rapport avec le mariage pour tous, la question n'est pas le bien-être de l'enfant, mais bien le droit des couples à avoir des enfants, d'une manière ou d'une autre.

Alors je me suis longtemps demandé pourquoi c'était si important d'avoir des enfants à tout prix. Le problème n'est pas dans le fait d'avoir des enfants, mais dans le "à tout prix". C'est-à-dire que le moyen lui-même devient prépondérant. La manière d'avoir des enfants devient fondamentale parce qu'en autorisant les duos homosexuels à se marier, on légitime automatiquement des pratiques qui n'étaient même pas tolérées auparavant. À savoir la PMA artisanale pour les lesbiennes (c'est-à-dire une insémination artificielle avec donneur pas du tout anonyme, faite à la maison, le plus souvent avec une simple seringue dans laquelle le sperme du donneur a été recueilli et qui est injecté ensuite dans le vagin de la candidate à la maternité) et la GPA à l'étranger pour les hommes. La meilleure preuve : la prolifération d'émissions de télévision qui vantent ces nouvelles "familles" qui ont su aller jusqu'au bout des galères pour réaliser leur rêve : avoir un enfant, même si, pour cela, elles devaient contourner la loi ou, pire, la transgresser (alors qu'il y a un moyen tout à fait simple : avoir des relations sexuelles avec un partenaire de sexe opposé, c'est-à-dire faire comme tout le monde. Mais cela, c'est aller contre le principe de la fidélité à sa ou à son partenaire du même sexe, et c'est profondément inacceptable (1)).
Donc, nous sommes maintenant au point où il est parfaitement toléré, sinon admis ou légal que deux personnes de même sexe qui souhaitent avoir un enfant puissent en avoir un. C'est non seulement toléré, mais c'est décrit aussi comme la "preuve" ultime que les homosexuels sont "normaux" (puisqu'ils ont les mêmes désirs que les couples hommes-femmes, il n'y a donc pas lieu de les stigmatiser et de leur rappeler en tout temps leur différence liée à leur sexualité, différence visible et évidente par le fait de leur impossibilité biologique à concevoir un enfant).
Ceci étant majoritairement admis dans notre société, la question de l'enfant va donc se poser avec de plus en plus d'acuité. La GPA et la PMA pour les célibataires sont toujours interdits en France, mais je ne doute pas que les choses vont très rapidement changer maintenant. Pourquoi ? Parce qu'il y a des intérêts énormes derrière ces questions.
On pense bien sûr tout de suite aux intérêts financiers, tant des mères porteuses que des laboratoires qui effectueront les inséminations artificielles. Tout cela ayant un coût énorme pour les couples, il va bien falloir les aider (sous peine de créer une discrimination insupportable entre les duos riches qui pourront s'offrir une PMA ou une GPA selon les cas et les duos pauvres qui, eux, n'en auront pas les moyens). On va donc arriver très vite à une autorisation et même à la légalisation de ces pratiques, assorties d'un remboursement par la sécurité sociale (au motif que, sinon, c'est pas juste), comme c'est déjà le cas pour les couples hommes-femmes stériles, qui peuvent être remboursés de 4 essais de fécondation si je ne me trompe pas.

Mais il y a d'autres intérêts financiers bien plus cachés et qui ne se verront que dans très longtemps, c'est-à-dire au plus tôt quand les enfants nés dans ces "familles" seront grands.
La question du "pourquoi" m'a longtemps posé problème, jusqu'à ce que j'observe les enfants dans les familles recomposées. Pas de bol pour eux, deux des copains de mon second ont vu leurs parents divorcer l'an dernier et j'ai pu suivre par l'intermédiaire de mon fils comment ils vivaient la chose. Alors certes, je ne suis pas dans leurs têtes et ce ne sont que 3 enfants au total (l'un des deux a un petit frère que je connais aussi). Qui plus est, les enfants réagissent tous différemment aux événements de la vie. Ce que j'ai pu observer, c'est que ces enfants avaient tout en double : deux chambres, deux maisons (ça, c'est normal), deux fois plus de jouets que les autres. J'y vois (mais ce n'est sans doute que de la psychologie de comptoir) quelque chose de l'ordre du rattrapage de la part des parents, qui, séparés, se rendent bien compte que la situation fait souffrir leurs enfants. Ils ont alors tendance à accorder plus facilement aux enfants ce qu'ils veulent pour les aider à supporter la situation. Seulement, les enfants ne sont pas dupes : certains sont allés jusqu'à dire aux enfants vivant avec leurs deux parents qu'ils n'avaient pas de bol, parce que c'est plus "cool" d'avoir des parents divorcés : on a tout ce qu'on veut, les parents sont moins regardants en général, on fait ce qu'on veut... bref, à les entendre, c'est la belle vie, celle d'enfants de divorcés.
Mais si c'est la "belle vie", c'est sans doute parce que les parents, eux, ont une vision plus réaliste des choses. Ils savent bien, eux, que c'est un choc pour un enfant de voir ses parents se séparer, même si c'est de plus en plus banal. Donc ils font tout pour arrondir les angles, de manière à ce que l'enfant en souffre moins. En bref, ils banalisent la situation. Et ils la rendent ludique en comblant le vide laissé par l'absent par une prolifération de jouets, jeux vidéos, activités diverses et variées... histoire d'endormir le cerveau de l'enfant et de lui faire oublier la séparation.
Vous voyez où je veux en venir ?
Non ? Toujours pas ?

Imaginez un bataillon d'enfants qui, comme c'est le cas actuellement, grandissent avec un seul de leurs parents (ou les deux, mais séparés), ou encore avec des parents dont l'un au moins des deux ne l'est pas réellement. Ces enfants sont gavés de biens de consommation (jeux, distractions diverses, activités variées, DS, tablettes, ordinateurs, télévision...) et n'ont pas d'autre solution, pour survivre à ça, que de s'adapter. À votre avis, que deviendront-ils plus tard ?

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(1) alors même que la fidélité, dans les duos homosexuels, n'est sans doute pas la première des vertus, même si, là encore, de nombreux exemples seront là pour dire combien je suis mauvaise langue et pour justifier le désir d'enfant et donc l'accomplissement de ce désir par la PMA ou la GPA, etc....

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Maintenant, parlons un peu de la réforme de l'éducation. Pas forcément la réforme actuelle, celle qui sera (ou pas) appliquée à partir de la rentrée 2016, mais les multiples réformes que nous subissons depuis des décennies.
En 2006 ou 2007, je ne sais plus exactement, Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, a supprimé l'école le samedi matin et créé les Aides Personnalisées, destinées aux enfants en difficulté. Chez nous, cela s'est traduit par une baisse du volume horaire (présence des enfants à l'école) de 3 heures (les trois heures du samedi) hebdomadaires pour les enfants qui n'avaient pas de difficultés et de 1 heure et demie pour les enfants en difficulté. Je m'explique.
Pour les enfants "normaux", ceux qui n'avaient pas besoin de "soutien", le samedi a été purement et simplement supprimé. Trois heures de moins dans l'emploi du temps, non remplacées par autre chose. Donc trois heures nettes de moins d'apprentissages ou de révisions (le samedi matin, notamment en maternelle chez nous, était destiné à consolider les acquis des enfants en reprenant certaines activités qu'ils avaient déjà faites durant la semaine, sans rien apprendre de nouveau pour ne pas pénaliser les enfants qui restaient à la maison pour profiter du week-end avec leurs parents, ce qui ne choquait personne étant donné que l'école n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans, donc du CP. En primaire, la situation était différente, mais n'ayant pas d'enfants en primaire au moment de la réforme, je ne sais pas exactement comment tout cela a été géré tant par les familles que par les enseignants).
Pour les enfants en difficulté, et ce dès la maternelle, des heures de soutien étaient proposées comme suit : Aide personnalisée de 16h à 17h le mardi et/ou le jeudi en fonction des besoins de l'enfant et des groupes formés par les enseignants qui avaient la possibilité de ne prendre que certains enfants pendant un certain temps et sur certains sujets seulement, histoire de consolider des acquis trop faibles, soit par discipline, soit par groupe de niveau (ou les deux à la fois). Au final, les enfants étaient en classe de 8h à 11h30 et de 13h30 à 16h puis de 16h à 17h s'ils allaient au soutien. Du coup, comme il y avait aussi la question de la sortie des autres et les questions des parents à 16h, une pause de 15 minutes a été accordée aux enfants avant d'aller au soutien pour qu'ils puissent s'aérer, prendre un petit goûter, courir un peu avant de retourner dans la classe. Tout cela est bien pour l'enfant et tient compte de ses besoins (dur dur d'être assis sur une chaise non stop de 15h à 17h quand on a 6 ans !). Mais au final, l'aide personnalisée, programmée pour 2 heures hebdomadaires, a été réduite à 1h30... sans aucune répercussion sur le salaire des enseignants d'ailleurs, qui ont donc gagné un même salaire pour 1h30 de travail hebdomadaire en moins. Alors je précise tout de suite que je ne suis pas en train de polémiquer sur le mode "les enseignants, c'est tous des planqués..." ou autre. La question n'est pas là. La question, c'est que je me souviens très bien qu'au moment où cette réforme est passée, le ministre de l'éducation de l'époque se trouvait face à une fronde des enseignants qui s'estimaient trop peu payés au regard de leur travail, de leurs missions et de leurs responsabilités. Ce en quoi ils avaient raison ou pas, je n'en sais rien. Mais ce que je constate, c'est qu'ils ont obtenu une augmentation substantielle sous la forme d'une belle réduction de temps de travail (passer de 27 heures de présence hebdomadaire devant les élèves à 25h30 pour le même salaire, c'est plutôt cool, même si la contrepartie c'était, je crois, des réunions pédagogiques le mercredi matin...

Et puis, l'an dernier, il y a eu le retour de la semaine de 4 jours et demi. Ou comment défaire ce qui avait péniblement été mis en place... en moins bien pour en faire quelque chose d'encore moins bien.
Chez nous, cette réforme a donc vu l'apparition du mercredi matin (surtout, ne pas retourner au samedi, on aurait trop l'impression de revenir en arrière et, surtout, ce serait un mauvais signe envoyé tant aux familles recomposées qu'il faut choyer (voir plus haut) qu'aux lobbys touristiques qui ont gagné quelques clients sur les week-ends...), mais seulement pour deux heures. Ces deux heures, il a bien sûr été hors de question de les ajouter à l'emploi du temps des enfants. Il a fallu les prendre ailleurs pour ne pas alourdir les choses. Donc on a supprimé trente minutes par jour (les enfants finissent donc à 15h30 au lieu de 16h), quatre jours par semaine, pour les mettre le mercredi matin, de 8h à 10h. Oui, vous avez bien lu. De 8h à 10h. Je rappelle à toutes fins utiles, que cette réforme est dite celle des "rythmes scolaires" et est basée au départ sur les observations de chronobiologistes qui ont déclaré que les enfants apprenaient mieux le matin et qu'il fallait donc revoir l'organisation du temps scolaire pour lutter contre l'échec des enfants à l'école. Soit. L'intention est certes louable, mais ce que j'ai observé, pour ma part, c'est que le mercredi, les enfants dormaient, avant la réforme, parce qu'ils étaient fatigués par deux jours entiers d'apprentissages. Ils profitaient donc du mercredi pour se reposer, faire autre chose, jouer, faire diverses activités (sportives, musicales...) ou ne faisaient rien d'ailleurs, avant de retourner en classe le jeudi et le vendredi. En fait, quand ils ont annoncé cette réforme, j'étais plutôt contente au départ, parce que le samedi matin, je trouvais ça sympa pour les enfants. Une matinée, courte (trois heures au lieu de trois heures et demie), consacrée à des révisions la plupart du temps, et, surtout, trois heures de plus dans la semaine pour apprendre... Las, cette matinée supplémentaire a été imposée le mercredi. Uniquement le mercredi (je ne suis pas loin de penser que c'est toujours en rapport avec les lobbys touristiques et les familles recomposées...). Et seulement deux heures, pas en plus, mais autrement réparties dans la semaine, donc. Alors on aurait pu penser que quitte à faire venir les enfants deux heures le mercredi matin, on aurait pu les laisser dormir un peu plus longtemps que les autres jours et les faire venir à 9h... mais non. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être pour pouvoir "caser" des réunions pédagogiques le mercredi matin, de 10h à 12h ? Ou pour "caser" les APC (Activités Pédagogiques Complémentaires qui ont remplacé les heures de soutien de la réforme de 2006-2007) ? Je ne sais pas. Ce que je sais, en revanche, c'est que le bénéfice pour les enfants est nul ou presque... En revanche, il est clair qu'il a renforcé les difficultés des élèves. Moins de temps pour approfondir, moins de temps pour apprendre... au final, la seule solution pour éviter le pétage de plomb des enseignants face aux programmes scolaires trop lourds au regard du nombre d'heures disponibles consiste à... alléger les programmes scolaires.
Quand je me remémore ce que je savais à la fin du primaire, j'avoue avoir le vertige. Rien qu'en Français, en CM2, je savais toute la grammaire sur le bout des doigts, je connaissais les conjugaisons des tous les verbes (des trois groupes) à tous les temps et à tous les modes. Nous avions une dictée par jour et les difficultés qu'avaient les enfants en orthographe étaient sans commune mesure avec celles des enfants d'aujourd'hui. À titre d'exemple, ma fille, en CE1, n'arrivait même pas à écrire phonétiquement... Quant aux grands, ils apprennent, en 6e seulement, les temps composés... de l'indicatif (sauf le passé composé, qu'ils ont appris en CE2 si mes souvenirs sont bons). Quant au subjonctif et au conditionnel, ils leur sont... inconnus...
Pour les mathématiques, c'est à peu près la même chose : je me souviens de peu de choses du programme de primaire, si ce n'est que c'est en CM2 que j'ai appris la règle de trois. Je crois bien que ma fille ne l'a apprise qu'en 6e. Donc, rien que sur ces deux exemples, il est clair que les enfants savent moins de choses que nous (qui en savions également bien moins que nos parents et nos grands-parents : j'aurais, je pense, été quelque peu en difficulté si j'avais dû passer le certificat d'études primaires comme l'ont fait mes grands-parents !) au même âge. Alors certes, ils savent des choses dans des domaines plus étendus que nous : ils utilisent l'ordinateur et doivent apprendre à le maîtriser dès le CE1, ils apprennent davantage de choses dans les domaines des sciences. Seulement, à diversifier trop tôt les matières, on en finit par négliger les bases, à savoir lire, écrire, compter. Simplement. D'autant plus que ces apprentissages "secondaires" ont besoin des bases pour se faire. Ce qui n'est possible que si on sait correctement lire, écrire et compter...

Alors avec cette nouvelle réforme qui s'annonce, je ne peux m'empêcher de me poser exactement la même question que celle du mariage : Pourquoi ?
Pourquoi, alors qu'on voit bien où se situe le problème (l'apprentissage des bases), pourquoi s'acharner à baisser le nombre d'heures de classe, à diminuer le temps d'enseignement du français et des mathématiques, pourquoi diversifier encore les apprentissages secondaires au détriment des fondamentaux, pourquoi s'occuper d'éducation sexuelle ou morale, pourquoi imposer une charte de la laïcité (signée obligatoirement par les parents, c'est la nouveauté applicable directement cette année), alors même que le remède semble simple à trouver : revenir aux bases, aux bases, aux bases ?
Pourquoi, mais pourquoi, s'acharner à demander encore moins aux enfants qui en savent déjà si peu ? Pourquoi crier au loup quand on voit le naufrage de l'éducation, quand on voit le niveau désastreux de nos enfants en matière scolaire (niveau que l'on peut comparer périodiquement au niveau mondial grâce à l'enquête PISA, dans laquelle la France ne cesse de régresser) et identifier les problèmes en leur donnant des solutions qui vont à l'inverse de l'effet recherché ? Qu'est-ce qui ne va pas chez ceux qui pondent les programmes scolaires pour qu'ils ne comprennent pas que moins on apprend aux enfants, et moins ils apprennent ? Que plus on baisse le niveau d'exigence et plus ils sont nuls ?
N'y a-t-il pas une once de bon sens chez ceux qui décident de l'avenir intellectuel de nos enfants ?

À force de tourner la question dans ma tête, j'ai fini par comprendre quelque chose : tout cela n'est pas fortuit. Rien de tout cela n'est dû au hasard ou à l'incompétence des personnes chargées de créer et de réformer les programmes scolaires. Parce que cela voudrait dire qu'ils ont mis des gens incompétents aux postes clés de l'avenir de notre pays. Et je ne pense pas que nos chefs d'état successifs soient des imbéciles. Ils roulent pour eux, certes, mais pour arriver là où ils sont arrivés, ils sont loin d'être des imbéciles, au contraire. Je pense qu'ils sont particulièrement intelligents, redoutables, même, et qu'ils sont prêts à sacrifier l'avenir du pays (la formation intellectuelle de nos enfants) à leurs ambitions personnelles. J'aimerais avoir tort. J'aimerais pouvoir me dire que nos élites sont là pour le bien de notre pays, pour le bien de nos enfants, pour notre avenir. Mais il y a une chose (et j'en parlerai dans un autre billet, sinon celui-ci sera beaucoup trop long) qui me fait dire que ce n'est pas le cas et que nos élites, au lieu de voir à long terme l'avenir de notre pays regardent le très court terme, leur avenir électoral immédiat, à savoir s'ils seront encore président de la République ou ministre d'Etat dans un peu moins de deux ans maintenant (tout comme les autres ont pu le faire avant eux...).
Finalement, et c'est là que l'on rejoint mon premier questionnement autour du mariage, je me dis que la raison majeure, l'intérêt premier de nos dirigeants à faire ce qui semble aller à l'encontre du bon sens sur des sujets aussi fondamentaux que la famille ou l'éducation, c'est d'assurer leur pérennité à eux. Leurs intérêts personnels. Il n'y a pas de complot, rien d'ésotérique ou de mondial là-dedans (encore que...), juste une question de pouvoir et d'argent.
Seulement toute cette question de pouvoir et d'argent (en fait, c'est un peu redondant, pouvoir et argent, quand on y regarde de plus près), c'est la question de l'opinion, de la masse, des consommateurs de base, c'est-à-dire de ceux qui, par leurs achats, leurs centres d'intérêts, font tourner l'économie et "engraissent" ceux qui en sont les magnats.

Je sais, c'est répugnant. C'est incroyable et répugnant. Mais logique.
Si vous faites en sorte que les enfants dont vous avez la charge ne soient plus capables de bien lire et donc de bien comprendre le monde dans lequel ils vivent, alors vous avez en face de vous des bataillons de futurs consommateurs prêts à acheter n'importe quoi, pour peu que vous leur vantiez les bienfaits de ce n'importe quoi et que vous leur démontriez par a+b que ce que vous leur dites est vrai. Or il y a un moyen très simple de faire avaler ce n'importe quoi à n'importe qui : il suffit de l'empêcher de penser et de développer son esprit critique.

Je me suis posé la question de savoir où se développait l'esprit critique. Est-ce que c'est à l'école ? Je ne le pense pas. À l'école, on y est, normalement, pour apprendre. C'est-à-dire que le discours est descendant du haut (le professeur) vers le bas (l'élève). Et c'est la meilleure façon de le faire, parce que le professeur sait ce que l'élève ne sait pas et qu'il doit apprendre. Toutes ces histoires de l'enfant qui doit construire son savoir par l'expérience ne sont que perte de temps et fadaises. Pourquoi demander à un enfant de réinventer la roue alors qu'il suffit de lui expliquer comment elle est et pourquoi il est important qu'elle soit ronde et non pas carrée ? Pourquoi vouloir à tout prix que l'enfant soit à l'origine de la construction de son savoir ? Pourquoi, sinon pour l'enfermer dans des savoirs primaires qui l'empêcheront après, faute de temps, d'aller plus loin ? Pourquoi, sinon pour le maintenir sous la dépendance de ceux qui savent et qui se gardent bien de partager ce qu'ils savent ?

Donc, l'esprit critique, ce n'est pas à l'école qu'il se développe. Entre pairs, alors ? Entre enfants ? Mais les enfants sont grandement influençables. Ils apprennent, spontanément, en faisant comme l'adulte. En copiant. Donc, quand les enfants discutent entre eux à l'école, dans la cour pendant la récréation, (s'ils discutent ?), c'est sûrement en adoptant le point de vue qu'ils entendent le plus, à savoir celui de leurs parents.
L'esprit critique, les opinions diverses que l'on rencontre dans notre société se forgent donc en famille. Si l'on détruit la famille, on empêche cette transmission de l'opinion, on empêche la formation de l'esprit critique des enfants et on en fait... des moutons bien dociles prêts à avaler n'importe quelle bêtise pondue par la télévision, que ce soit la dernière publicité vantant la meilleure soupe en sachet ou le téléphone tactile dernier cri qui vient de sortir... ou ce que l'on doit penser face à un catholique, un homosexuel, un immigrant de Syrie ou d'Irak ou encore ce qu'il convient de faire quand on se retrouve dans un isoloir pour élire un maire, un député ou... un président de la République.

En détruisant la famille, on détruit la cohésion entre personnes, on détruit aussi la transmission entre les générations. On détruit également la capacité à vivre ensemble, à se confronter à l'autre que l'on n'a pas choisi mais avec qui on est obligé de vivre. On détruit la capacité à aimer gratuitement.
Or on a tous soif d'aimer et d'être aimé. C'est même le principal moteur dans la vie. Aimer, être aimé, faire quelque chose pour celui ou celle qu'on aime.
Que se passera-t-il pour ces enfants privés de leurs parents "naturels" et conçus artificiellement à l'aide d'une PMA ou d'une GPA ? Que se passera-t-il quand les "parents" de ces enfants se rendront compte que l'enfant rêvé ne correspond pas à celui qu'ils ont si chèrement payé, même si c'est avec l'aide de la sécurité sociale ? Que se passera-t-il quand ces enfants, coupés de leur famille, devenus adultes, se retrouveront seuls simplement parce qu'ils n'auront pas connaissance de ceux qui les auront conçus ou, pire, parce qu'ils auront été conçus par intérêt financier ?
Il y a fort à parier que cette boule dans le ventre que l'on ressent quand on est seul, quand on vient de rompre avec son petit ami ou sa petite amie, quand on vient de voir une amitié de longue date voler en éclats, les accompagnera au quotidien et qu'elle ne trouvera aucun soulagement. Que ce vide affectif ne pourra pas être comblé parce que, simplement, ces enfants auront grandi dans un monde où ils ne sont que des objets de désir et non pas des personnes.
Privé de cet amour inconditionnel, est-il possible d'être heureux ?

J'en arrive à me dire que ce qui peut combler, bien imparfaitement, certes, un enfant lors du divorce de ses parents pourrait devenir le moyen de combler aussi ce manque affectif primordial. Au point, peut-être, de voir ces enfants qui n'en seront plus se perdre dans la course à la consommation, dans la recherche éperdue du produit dernier cri qui leur donnera l'illusion d'exister pleinement...

Ce que sont en train de créer nos gouvernements successifs, c'est très simple : des enfants sans familles, avec des liens affectifs très pauvres, sans éducation ou presque et en tout cas sans possibilité de penser par eux-mêmes, sans esprit critique, qui deviendront des adultes sans repères, sans opinion personnelle autre que le prêt-à-penser délivré par les médias officiels qui n'auront d'autre but dans la vie que de s'offrir le dernier gadget inutile dont on leur aura vanté les mérites...

Vous croyez que je déraille ? J'aimerais bien... Seulement, je vois fleurir sur Facebook des "statuts" à pleurer... Je vois de jeunes adultes de 15 ou 20 ans de moins que moi considérer les biens matériels comme bien plus essentiels à leur vie que l'amour de leur conjoint ou de leurs enfants (quand ils en ont... mais pourquoi continuer à en avoir quand on prend conscience qu'avoir des enfants, c'est renoncer à sa sacro-sainte liberté de sortir, de faire la fête, de partir en vacances où on veut quand on veut... ?)
Je ne suis pas pessimiste. Parce qu'il y a quelque chose qui me permet de garder l'Espérance. je vous en parlerai un peu plus tard, parce que j'ai déjà suffisamment abusé de votre patience. Et puis, j'ai aussi pitié de votre vue ! La suite, donc, au prochain épisode...

mercredi 30 septembre 2015

Maternité et vocation ou vocation à la maternité

Cela fait longtemps que je n'avais pas écrit ici. Pas le temps, pas envie, impression de n'avoir rien de neuf à dire… Sans doute un peu tout cela à la fois. Mais à midi, en terminant la lecture de ce petit livre, j'ai eu envie de m'y remettre, parce que ce livre-témoignage a eu un profond écho en moi.
En particulier deux aspects que l'auteur évoque :
« Mère et consacrée » et « Les dons de la grâce donnés par Dieu », en particulier les « moyens nécessaires ».

La maternité est une vocation. Tout comme la prêtrise, le mariage ou la vie religieuse. Pendant longtemps, je me suis dit que la plus haute vocation, pour une femme, c'était d'être religieuse, entièrement donnée à Dieu, avec tout le temps disponible pour être « branchée » en direct sur Lui par la prière. J'y voyais une opposition avec la vie d'épouse et de mère, comme si cette vie maritale était un pis-aller pour celles qui ne pouvaient supporter de vivre seules, sans homme, et ne pouvaient renoncer aux « plaisirs de la chair », comme on dit souvent.
C'est ma rencontre avec une amie très croyante, quelques jours après « la » rencontre avec celui qui allait devenir mon mari, qui a tout changé en moi. Je l'ai déjà dit dans un autre billet, mais cette phrase (« Le mariage est aussi une vocation ») a balayé tous mes doutes en un quart de seconde, alors même que ces mots, en eux-mêmes, ne réglaient en rien ma question à ce moment-là. En effet, la question, c'était « À quoi Dieu m'appelle-t-il ? Au mariage ou à la vie religieuse ? » Mais il faut croire que le seul frein que j'avais par rapport au mariage, c'était que je le voyais comme une solution de secours pour ceux et celles qui n'étaient pas assez forts spirituellement pour embrasser la vie consacrée.
Des années après, en fait en juillet 2014, lors d'une formation à la théologie du corps de Jean-Paul II, j'ai commencé à percevoir en quoi le mariage est une vocation et, surtout, sa beauté.

Pour en revenir à ce livre d'Isabelle Laurent, elle y parle de la rencontre avec Christian, son mari, et de l'évidente évidence qui s'est emparée d'elle à ce moment-là. J'ai eu l'impression, en lisant ces lignes, de lire une version alternative de ma propre histoire, parce que j'ai, moi aussi, senti qu'il n'y avait rien d'autre à faire que de dire « oui ». Que c'était Jean-Luc et personne d'autre et que le Seigneur me confiait à lui, tout en me le confiant à moi, pour notre bonheur à tous les deux. D'où, d'ailleurs, mon désarroi quelques jours plus tard quand tous ces signes contradictoires sont venus perturber ma logique et mes certitudes...

Alors après, nous avons obéi à ce qui nous était demandé et avons entamé la préparation au mariage proposée par notre paroisse. Et c'est là que j'ai compris le décalage. Au CPM (Centre de Préparation au Mariage) et dans toutes les autres préparations au mariage, on insiste sur le dialogue, l'apprentissage de la connaissance de l'autre, le discernement, le temps à s'accorder et à accorder au couple pour pouvoir dire « oui », « librement et sans contraintes » le jour « J ». Pour ma part, c'était tellement évident que c'était lui que je ne voyais même pas l'intérêt de me poser la question. Par ailleurs, le décalage était aussi flagrant avec les autres couples de fiancés qui se posaient des tas de questions, avaient besoin de s'éprouver et d'éprouver leur amour par la vie commune avant le mariage… À un moment, j'ai pensé que nous étions fous. Fous parce que ça allait très vite (un mois entre le jour de la rencontre et le jour où nous avons fixé la date du mariage, oui, c'est possible : nous l'avons fait !), fous aussi parce que nous étions, nous nous sentions différents. Chaque histoire, chaque couple est unique et beau dans son unicité. Pour nous, c'était un savant mélange de saut sans filet, d'inconscience totale de ce qui nous attendait et de confiance absolue en l'autre et en l'Autre.

Parce qu'il était très clair dès le départ que notre couple ne se serait jamais construit par notre seule volonté, il était évident pour Jean-Luc comme pour moi que notre couple était voulu par Dieu, qu'Il avait un plan pour chacun d'entre nous, mais aussi pour nous deux en tant que couple.
C'est pour cette raison que je pense qu'il est fondamental d'être « branché » sur Dieu. Parce que Dieu nous aime et nous veut heureux. De cela, je suis absolument certaine. Et en plus, Dieu connaît intimement chacun d'entre nous. Il sait donc exactement ce dont j'ai besoin et qui, sur cette terre, est susceptible de m'aimer assez pour faire le pari complètement délirant de passer avec moi le reste de sa vie, « pour le meilleur et pour le pire ». Très honnêtement, plus de 14 ans après, je m'émerveille encore du « Oui » de Jean-Luc…
Donc, il y a une chose très simple à faire pour être heureux : s'en remettre à Dieu. S'abandonner à Sa volonté, Lui laisser les rênes. Cela suppose de mettre son ego, son orgueil et sa propre volonté directement aux oubliettes. Parce que si je laisse Dieu prendre les rênes, alors je dois Lui faire confiance et Le laisser me guider toute ma vie, y compris sans rien comprendre et là où ma propre volonté humaine ne voudrait pas que j'aille. Et, finalement, c'est sans doute cela qui est le plus difficile : Lui faire une confiance absolue et se laisser conduire. C'est l'une des choses les plus difficiles parce qu'il est parfaitement humain de vouloir choisir dans sa vie, de vouloir conduire sa propre destinée. C'est d'ailleurs dans tous les magazines : comment être acteur de sa propre vie ? M'accomplir en tant qu'adulte ? Etc. Cela me fait beaucoup penser aux discours des psys de comptoir : il faut prendre son destin en main, ne pas laisser les événements décider à notre place, j'en passe et des meilleures. Ce que j'ai expérimenté, pour ma part, c'est tout le contraire : les meilleurs choix que j'ai fait, ce sont ceux où je me suis abandonnée à la volonté de Dieu… Ce sont les choix qui ont été les plus difficiles à faire, mais aussi ceux qui me rendent heureuse le plus durablement, parce qu'ils sont fondés sur le roc : Dieu lui-même. Dieu ne peut pas se tromper. Donc si je le laisse faire, il n'y a aucune raison qu'Il m'envoie dans le mur… et pourtant, ma propre volonté résiste si souvent !

L'autre aspect de ce livre qui m'a touchée, parce qu'il me conforte dans mes choix, ce sont ces quelques pages sur les moyens nécessaires. Là, l'auteur parle clairement des moyens matériels. Élever neuf enfants, ce n'est possible que si l'un des deux seulement travaille et qu'il a un revenu suffisant pour assurer la subsistance de onze personnes.
Mais ce qui m'a frappée, c'est que là où le monde dit : « Ils peuvent avoir des enfants, ils ont les moyens de les nourrir. », l'auteur dit : « Je suis persuadée que c'est parce que nous avons des enfants, que nous avons les moyens de les nourrir. Nous ne gagnerions pas autant avec moins d'enfants. Le Seigneur nous connaît, il savait dès le départ que nous dirions « oui » à la vie. Il nous a donc aidés à trouver l'endroit pour nous installer avec les personnes adéquates avec qui nous associer » (p. 124).
Cette manière de voir les choses me conforte dans les choix que nous avons faits. Lorsque j'ai réfléchi avec Jean-Luc au retrait du stérilet que je portais, la première question qui se posait pour nous était de savoir ce que nous ferions dans l'hypothèse d'une nouvelle grossesse. Pour les trois aînés, il me paraissait impossible d'arrêter de travailler. Bizarrement, en 2011-2012, alors que, professionnellement, les choses devenaient plus intéressantes pour moi, l'hypothèse d'une nouvelle grossesse s'est immédiatement accompagnée de la nécessité d'arrêter de travailler. En effet, la situation professionnelle de Jean-Luc avait beaucoup évolué depuis les naissances de nos trois premiers enfants. De salarié à mi-temps, il était devenu chef d'entreprise avec de nombreux déplacements qui l'empêcheraient à l'avenir de faire avec un nouvel enfant ce qu'il avait pu faire avec nos trois aînés : s'occuper de lui à mi-temps. Mais bizarrement, quand il m'a demandé « Qu'est-ce que tu feras si tu es à nouveau enceinte ? » j'ai immédiatement répondu « je vais le garder, bien sûr ! », tout en étant très étonnée qu'il pose la question, sachant que l'avortement, pour lui comme pour moi, n'était pas et n'avait jamais été une option. Il a donc du préciser sa question : « Mais après la naissance ? Parce que moi, je ne pourrai pas m'en occuper ! » Et j'ai été à la fois rassurée parce que la réponse était évidente et simple pour moi (« Ben j'arrête de travailler, bien sûr ! ») et confondue par ma propre bêtise d'avoir pu imaginer que mon mari avait pu ne serait-ce que penser une seconde à l'avortement…

Bref. Louise-Marie est arrivée et je suis en congé parental, jusqu'au 4 juin 2016. Mais il est évident pour moi que ce « congé » va être prolongé. Maintenant, avec le recul de deux ans, je sais qu'il ne serait pas raisonnable pour notre famille que je reprenne le travail. Je sais que ça peut paraître paradoxal parce que nous n'aurons donc plus qu'un salaire alors que nous avons souvent du mal à joindre les deux bouts… Mais ma présence à la maison fait du bien aux enfants parce que c'est là qu'est ma place, tout simplement. J'ai beaucoup aimé travailler. Je n'ai que très peu de mauvais souvenirs de ces quinze années. Mais il font partie du passé, un passé désormais révolu parce que ma place, aujourd'hui et pour les prochaines années, est auprès des enfants que le Seigneur nous a confiés.
En fait, Dieu nous les a confiés à nous, Amélie et Jean-Luc, parce que c'est nous qui sommes seuls capables, avec son aide, de les comprendre et de les guider vers Lui pour qu'ils ne se perdent pas sur les chemins du monde. Déléguer leur éducation, les soins à leur apporter, fût-ce à des personnes qualifiées et rémunérées pour cela n'est plus une option acceptable pour moi. Le principal, maintenant, le plus important pour nous, c'est de les élever dans l'amour et la connaissance de Dieu. Donc dans l'amour de leurs frères, les autres êtres humains, puisque le Christ a énoncé ce commandement comme étant semblable au premier des Dix Commandements de la Loi de Moïse :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Rien n'est donc plus important que d'élever les enfants dans l'amour de Dieu et du prochain. À cette mission primordiale s'ajoute celle qui en découle directement : aider nos enfants à devenir des adultes debout, heureux et responsables, peu importe le chemin que nous avons rêvé pour eux. Leur chemin sera sûrement différent de celui que nous avons balisé. Mais s'ils gardent l'essentiel, à savoir l'amour de Dieu et du prochain, alors le Père les rejoindra sur ce qui sera leur propre chemin et alors ils seront heureux et sauvés.
Alors, bien sûr, il y a la question financière. Étrangement, ce « problème » me pose moins de soucis que de savoir si rester à long terme à la maison m'ira et me satisfera. Parce que nous avons expérimenté, Jean-Luc et moi, la sollicitude du Seigneur pour nous. Malgré les ennuis financiers, les baisses de revenus liées au temps partiel ou à l'arrêt du travail, nous avons toujours eu largement de quoi nourrir nos enfants, de quoi les vêtir, les loger… Dieu s'occupe de nous dans les moindres détails, pour peu, une fois de plus, qu'on Lui laisse le champ libre et qu'on lui permette, finalement, de s'occuper de nous, justement. Étrange liberté...


La maternité est une vocation. Ce n'est pas un métier. D'ailleurs, ce n'est pas payé et c'est très peu reconnu. À l'heure de la contraception et de l'avortement pour toutes, c'est même assez mal compris d'être mère de plus de trois enfants. Dans notre entourage, heureusement, beaucoup de personnes ayant la foi nous comprennent et vivent aussi les joies des grandes familles. Malgré tout, la maternité est, tout comme la vocation religieuse ou la prêtrise, une vocation indispensable à notre monde. Petit à petit, je m'approche du Sens de ce terme qu'employait le Saint Pape Jean-Paul II à propos des femmes qu'il appelait les « Sentinelles de l'Invisible ». Et j'aime bien cette idée de veiller, dans l'ombre, à l'éclosion de nouvelles vies et d'aider Dieu à leur épanouissement et à leur bonheur en Lui. C'est ça, finalement, la maternité. Avec le secours de la grâce de Dieu et l'exemple de Marie, LA mère par excellence. Mettre au monde des enfants et les entourer d'amour, de cet amour imparfait à la manière humaine mais qui est sans doute ce qu'il y a de plus proche de l'amour du Père pour chacun de ses enfants. On pourrait d'ailleurs en dire autant de la paternité. Un jour, il faudra quand même que j'en parle ici !